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וְאִמְרוּ לְאַחֵינוּ שֶׁבַּגּוֹלָה: אִם שׁוֹמְעִין — מוּטָב, וְאִם לָאו, יַעֲלוּ לְהַר, אֲחִיָּה יִבְנֶה מִזְבֵּחַ, חֲנַנְיָה יְנַגֵּן בְּכִנּוֹר, וְיִכְפְּרוּ כּוּלָּם, וְיֹאמְרוּ אֵין לָהֶם חֵלֶק בֵּאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל.
Et pour souligner cela, dites à nos frères en exil : s’ils obéissent aux Sages d’Eretz Yisrael pour excommunier Ḥanina, très bien ; et si ils ne nous obéissent pas, c’est comme s’ils faisaient sécession du peuple juif. Qu’ils montent sur une montagne ; Aḥiya, l’un des dirigeants de la communauté juive babylonienne, construira un autel, Ḥananya, fils du frère de Rabbi Yehoshua, qui était lévite, jouera du luth, et tous proclameront l’hérésie et diront qu’ils n’ont aucune part dans le Dieu d’Israël.
מִיָּד גָּעוּ כׇּל הָעָם בִּבְכִיָּה וְאָמְרוּ: חַס וְשָׁלוֹם, יֵשׁ לָנוּ חֵלֶק בֵּאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל.
Ce message eut un impact profond sur les gens, et immédiatement toute la nation fondit en larmes, disant : À Dieu ne plaise. Nous avons bien une part dans le Dieu d’Israël. Ils reconsidérèrent leurs projets d’établir Babylone comme centre du peuple juif.
וְכׇל כָּךְ לָמָּה? מִשּׁוּם שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי מִצִּיּוֹן תֵּצֵא תוֹרָה וּדְבַר ה׳ מִירוּשָׁלָיִם״.
La Guemara demande : Pourquoi les Sages de la Terre d’Israël sont-ils allés si loin pour arrêter Ḥanina ? La Guemara répond : Parce qu’il est dit : « Car de Sion sortira la Torah, et la parole du Seigneur de Jérusalem » (Isaïe 2:3).
בִּשְׁלָמָא הוּא מְטַהֵר, וְהֵם מְטַמְּאִין — לְחוּמְרָא. אֶלָּא הוּא מְטַמֵּא וְהֵם מְטַהֲרִין, הֵיכִי הָוֵי? וְהָא תַּנְיָא: חָכָם שֶׁטִּמֵּא — אֵין חֲבֵרוֹ רַשַּׁאי לְטַהֵר, אָסַר — אֵין חֲבֵרוֹ רַשַּׁאי לְהַתִּיר! קָסָבְרִי כִּי הֵיכִי דְּלָא נִגָּרְרוּ בָּתְרֵיהּ.
La Guemara examine les détails de cet événement : Soit, Ḥanina déclarerait un objet pur et les Sages d’Eretz Yisrael le déclareraient impur ; ils ont statué avec rigueur. Mais dans un cas où il déclarait un objet impur et eux le déclaraient pur, quelles sont les circonstances ? Comment pouvaient-ils déclarer pur ce qu’il avait déclaré impur ? N’a-t-il pas été enseigné dans une baraita : Si un Sage a déclaré un objet impur, son collègue n’est pas autorisé à le déclarer pur ; s’il l’a interdit, son collègue ne peut pas le permettre ? La Guemara explique : Ils soutenaient qu’ils devaient agir ainsi dans ce cas, afin que les gens ne soient pas attirés à sa suite ; en raison des exigences du moment, ils ont annulé ses décisions.
תָּנוּ רַבָּנַן כְּשֶׁנִּכְנְסוּ רַבּוֹתֵינוּ לַכֶּרֶם בְּיַבְנֶה, הָיוּ שָׁם רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי נְחֶמְיָה וְרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי. פָּתְחוּ כּוּלָּם בִּכְבוֹד אַכְסַנְיָא וְדָרְשׁוּ.
Les Sages ont enseigné : Lorsque nos Rabbins, les Sages de la Mishna, entrèrent dans la vigne, l’académie, à Yavne, Rabbi Yehuda, Rabbi Yosei, Rabbi Neḥemya et Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yosei HaGelili, étaient là présidant les Sages. Tous commencèrent à parler en l’honneur de leurs hôtes, la population locale qui les accueillait, eux et leurs élèves, comme invités, et ils enseignèrent.
פָּתַח רַבִּי יְהוּדָה רֹאשׁ הַמְדַבְּרִים בְּכָל מָקוֹם בִּכְבוֹד תּוֹרָה, וְדָרַשׁ: ״וּמֹשֶׁה יִקַּח אֶת הָאֹהֶל וְנָטָה לוֹ מִחוּץ לַמַּחֲנֶה״. וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה אֲרוֹן ה׳ שֶׁלֹּא הָיָה מְרוּחָק אֶלָּא שְׁנֵים עָשָׂר מִיל אָמְרָה תּוֹרָה ״וְהָיָה כׇּל מְבַקֵּשׁ ה׳ יֵצֵא אֶל אֹהֶל מוֹעֵד״ — תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁהוֹלְכִים מֵעִיר לָעִיר וּמִמְּדִינָה לִמְדִינָה לִלְמוֹד תּוֹרָה, עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Yehouda, chef des orateurs en tout lieu, ouvrit son discours en l’honneur de la Torah, et enseigna : Il est dit : « Or Moïse prenait la tente et la dressait hors du camp, loin du camp ; et il l’appela la Tente d’Assignation. Et il arriva que quiconque cherchait Dieu sortait vers la Tente d’Assignation, qui était hors du camp » (Exode 33:7). Il dit : N’est-ce pas là une inférence a fortiori ? De même que la Torah dit de l’arche de Dieu, qui n’était qu’à douze mil du camp : « quiconque cherchait Dieu sortait vers la Tente d’Assignation » ; à plus forte raison les sages de la Torah, qui parcourent de grandes distances et vont de ville en ville et de pays en pays pour étudier la Torah, doivent-ils être appelés chercheurs de Dieu.
״וְדִבֶּר ה׳ אֶל מֹשֶׁה פָּנִים אֶל פָּנִים״, אָמַר רַבִּי יִצְחָק: אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: מֹשֶׁה, אֲנִי וְאַתָּה נַסְבִּיר פָּנִים בַּהֲלָכָה. אִיכָּא דְּאָמְרִי כָּךְ אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: כְּשֵׁם שֶׁאֲנִי הִסְבַּרְתִּי לְךָ פָּנִים, כָּךְ אַתָּה הַסְבֵּר פָּנִים לְיִשְׂרָאֵל, וְהַחֲזֵר הָאֹהֶל לִמְקוֹמוֹ.
La Guemara continue : Il est dit : « Et le Seigneur parla à Moïse face à face » (Exode 33:11). Rabbi Yitzḥak a dit : Le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : Moïse, toi et Moi montrerons des visages joyeux dans l’étude de la halakha à ceux qui viennent étudier. Certains disent que le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : De même que Je t’ai montré un visage joyeux, de même toi aussi tu montreras à Israël un visage joyeux et tu remettras la tente à sa place dans le camp.
״וְשָׁב אֶל הַמַּחֲנֶה״ וְגוֹ׳, אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: אָמַר לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: עַכְשָׁיו יֹאמְרוּ הָרַב בְּכַעַס וְתַלְמִיד בְּכַעַס, יִשְׂרָאֵל מַה תְּהֵא עֲלֵיהֶם? אִם אַתָּה מַחֲזִיר הָאֹהֶל לִמְקוֹמוֹ — מוּטָב, וְאִם לָאו — יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן תַּלְמִידְךָ מְשָׁרֵת תַּחְתֶּיךָ.
Il est dit : « Et il retournait au camp ; mais son serviteur, Josué bin-Noun, un jeune homme, ne quittait pas la Tente » (Exode 33:11). Rabbi Abbahou a dit : Le Saint, béni soit-Il, dit à Moïse : Maintenant, ils diront : Le Maître, Dieu, est en colère et le disciple, Moïse, est lui aussi en colère, et qu’adviendra-t-il d’Israël ? Au contraire, tu dois remettre la tente à sa place parmi le peuple. Si tu remets la tente à sa place, très bien ; et sinon, Josué bin-Noun, ton disciple, servira comme dirigeant d’Israël à ta place.
וְהַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וְשָׁב אֶל הַמַּחֲנֶה״. אָמַר רָבָא: אַף עַל פִּי כֵן, לֹא יָצָא הַדָּבָר לְבַטָּלָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּמְשָׁרְתוֹ יְהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן נַעַר לֹא יָמִישׁ מִתּוֹךְ הָאֹהֶל״.
Et voici ce qui est écrit : « Et il retournait au camp ; mais son ministre, Josué bin-Noun, un jeune homme, ne quittait pas la Tente. » Rava dit : Néanmoins, bien que Moïse ait obéi et rétabli la tente, la déclaration écrite au sujet du rôle de Josué n’a pas été prononcée en vain. Josué bin-Noun demeura l’adjoint de Moïse et finit par le remplacer, comme il est dit : « Mais son ministre, Josué bin-Noun, un jeune homme, ne quittait pas la Tente. »
וְעוֹד פָּתַח רַבִּי יְהוּדָה בִּכְבוֹד תּוֹרָה וְדָרַשׁ: ״הַסְכֵּת וּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל הַיּוֹם הַזֶּה נִהְיֵיתָ לְעָם״, וְכִי אוֹתוֹ הַיּוֹם נִתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל? וַהֲלֹא אוֹתוֹ יוֹם סוֹף אַרְבָּעִים שָׁנָה הָיָה! אֶלָּא לְלַמֶּדְךָ שֶׁחֲבִיבָה תּוֹרָה עַל לוֹמְדֶיהָ בְּכָל יוֹם וָיוֹם כַּיּוֹם שֶׁנִּתְּנָה מֵהַר סִינַי.
Et Rabbi Yehuda recommença à parler en l’honneur de la Torah et enseigna : Lorsque Moïse prit congé d’Israël lors de son dernier jour dans ce monde, il dit : « Garde le silence [hasket] et écoute, Israël ; en ce jour tu es devenu un peuple pour l’Éternel, ton Dieu » (Deutéronome 27:9). Cela est étonnant : La Torah a-t-elle été donnée à Israël ce jour-là ? Ce jour-là n’était-il pas à la fin de quarante années depuis que la Torah avait été donnée ? Au contraire, cela vient enseigner que chaque jour la Torah est aussi chère à ceux qui l’étudient qu’elle l’était au jour où elle fut donnée depuis le mont Sinaï.
אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא אִישׁ כְּפַר עַכּוֹ: תֵּדַע — שֶׁהֲרֵי אָדָם קוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע שַׁחֲרִית וְעַרְבִית, וְעֶרֶב אֶחָד אֵינוֹ קוֹרֵא — דּוֹמֶה כְּמִי שֶׁלֹּא קָרָא קְרִיאַת שְׁמַע מֵעוֹלָם.
Rabbi Tanḥum, fils de Rabbi Ḥiyya, du village d’Akko, dit : Sache que la Torah est en effet bien-aimée, car celui qui récite le Shema, matin et soir, toute sa vie, et ne le récite pas un soir, c’est comme s’il n’avait jamais récité le Shema. Il ne peut pas compenser ce qu’il a manqué.
״הַסְכֵּת״ — עֲשׂוּ כִּתּוֹת כִּתּוֹת וְעִסְקוּ בַּתּוֹרָה. לְפִי שֶׁאֵין הַתּוֹרָה נִקְנֵית אֶלָּא בַּחֲבוּרָה. כִּדְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב ״חֶרֶב אֶל הַבַּדִּים וְנֹאָלוּ״ — חֶרֶב עַל שׂוֹנְאֵיהֶם שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁיּוֹשְׁבִים בַּד בְּבַד וְעוֹסְקִים בַּתּוֹרָה. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁמִּטַּפְּשִׁים, כְּתִיב הָכָא ״וְנֹאָלוּ״, וּכְתִיב הָתָם ״אֲשֶׁר נוֹאַלְנוּ״. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁחוֹטְאִים, שֶׁנֶּאֱמַר ״וַאֲשֶׁר חָטָאנוּ״.
La Guemara interprète le mot hasket dans ce verset de manière homilétique, comme un acronyme des mots as, faire, et kat, groupe. Formez [asu] de nombreux groupes [kitot] et étudiez la Torah, car la Torah ne s’acquiert que par l’étude en groupe. Cela est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina ; car Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Une épée est sur les fanfarons [habaddim], et ils deviendront insensés [noalu] » (Jérémie 50:36) ? Ce verset peut être interprété de manière homilétique : Une épée sur les ennemis des érudits de la Torah, un euphémisme pour les érudits de la Torah eux-mêmes, qui s’assoient seuls [bad bevad] et étudient la Torah. Et de plus, ceux qui étudient seuls deviennent insensés, comme il est écrit ici, noalu, et ailleurs il est écrit qu’après que Myriam eut été frappée de lèpre, Aaron dit à Moïse : « Car nous avons agi follement [noalnu] » (Nombres 12:11). Et de plus, ils fautent à cause de cette ignorance, comme à la fin de ce même verset il est dit : « Car nous avons agi follement, et car nous avons péché. »
אִיבָּעֵית אֵימָא מֵהָכָא: ״נוֹאֲלוּ שָׂרֵי צֹעַן״.
Si vous le souhaitez, dites plutôt que cela est dérivé d’ici : « Les princes de Tzoan sont devenus insensés [noalu] » (Isaïe 19:13).
דָּבָר אַחֵר: ״הַסְכֵּת וּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל״ — כַּתְּתוּ עַצְמְכֶם עַל דִּבְרֵי תוֹרָה. כִּדְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ, דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מִנַּיִן שֶׁאֵין דִּבְרֵי תוֹרָה מִתְקַיְּימִין אֶלָּא בְּמִי שֶׁמֵּמִית עַצְמוֹ עָלֶיהָ — שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֹאת הַתּוֹרָה אָדָם כִּי יָמוּת בְּאֹהֶל״.
La Guemara propose une explication alternative de ce verset : « Garde le silence [hasket] et écoute, Israël » ; brisez-vous [kattetu] sur les paroles de la Torah. Cela est conforme à l’opinion de Reish Lakish, car Reish Lakish a dit : D’où est-il déduit que les paroles de la Torah ne sont conservées que par celui qui se tue pour elle ? Comme il est dit : « Voici la Torah : Quand un homme meurt dans une tente » (Nombres 19:14) ; la véritable étude de la Torah exige le dévouement total de celui qui est prêt à consacrer sa vie dans la tente de la Torah.
דָּבָר אַחֵר: ״הַסְכֵּת וּשְׁמַע יִשְׂרָאֵל״ — הַס, וְאַחַר כָּךְ כַּתֵּת. כִּדְרָבָא, דְּאָמַר רָבָא: לְעוֹלָם יִלְמוֹד אָדָם תּוֹרָה, וְאַחַר כָּךְ יֶהֱגֶה.
La Guemara propose encore une explication alternative de ce verset : « Garde le silence [hasket] et écoute, Israël » ; d’abord sois silencieux [has] et écoute, puis étudie intensément afin d’analyser [kattet] et de clarifier les détails. Cela est conforme à l’opinion de Rava, comme Rava l’a dit : Il faut toujours étudier la Torah et en acquérir la maîtrise, et seulement ensuite analyser et l’approfondir.
אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: מַאי דִּכְתִיב ״כִּי מִיץ חָלָב יוֹצִיא חֶמְאָה וּמִיץ אַף יוֹצִיא דָם וּמִיץ אַפַּיִם יוֹצִיא רִיב״?
Dans l’école de Rabbi Yannai, ils ont dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Car le barattage du lait produit du caillé, et le fait de presser le nez [af] produit du sang, ainsi le fait de forcer la colère [appayim] produit la querelle » (Proverbes 30:33) ?
בְּמִי אַתָּה מוֹצֵא חֶמְאָה שֶׁל תּוֹרָה — בְּמִי שֶׁמֵּקִיא חָלָב שֶׁיָּנַק מִשְׁדֵּי אִמּוֹ עָלֶיהָ.
En ce qui concerne le début du verset : Car le barattage du lait produit du caillé ; chez qui trouves-tu la crème de la Torah ? Chez celui qui recrache le lait qu’il a tété des seins de sa mère pour elle ; celui qui lutte de toutes ses forces pour étudier la Torah.
״וּמִיץ אַף יוֹצִיא דָם״ — כׇּל תַּלְמִיד שֶׁכּוֹעֵס עָלָיו רַבּוֹ פַּעַם רִאשׁוֹנָה וְשׁוֹתֵק — זוֹכֶה לְהַבְחִין בֵּין דָּם טָמֵא לְדָם טָהוֹר.
En ce qui concerne : Et presser le nez fait sortir du sang ; tout élève dont le rabbin est en colère [af] contre lui la première fois et qui garde le silence et ne réagit pas, méritera d’être capable de distinguer entre le sang rituellement impur et le sang rituellement pur.
״וּמִיץ אַפַּיִם יוֹצִיא רִיב״ — כׇּל תַּלְמִיד שֶׁכּוֹעֵס עָלָיו רַבּוֹ פַּעַם רִאשׁוֹנָה וּשְׁנִיָּה וְשׁוֹתֵק — זוֹכֶה לְהַבְחִין בֵּין דִּינֵי מָמוֹנוֹת לְדִינֵי נְפָשׁוֹת. דִּתְנַן, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: הָרוֹצֶה שֶׁיִּתְחַכֵּם — יַעֲסוֹק בְּדִינֵי מָמוֹנוֹת, שֶׁאֵין לָךְ מִקְצוֹעַ בַּתּוֹרָה יוֹתֵר מֵהֶן, שֶׁהֵן כְּמַעְיָן נוֹבֵעַ.
Quant à : Et la pression de la colère [appayim] engendre la querelle ; tout élève dont le rabbin est en colère contre lui une première et une deuxième fois,appayim étant le pluriel de af, et qu’il garde le silence, mérite de distinguer entre les affaires pécuniaires, querelle, et les affaires capitales, car c’est le plus haut niveau d’apprentissage. Comme nous l’avons appris dans une michna : Rabbi Yishmaël dit : Celui qui cherche à devenir sage doit s’occuper des lois pécuniaires, car il n’existe pas de discipline plus grande dans la Torah, car elles sont comme une source jaillissante dans laquelle des innovations surgissent constamment.
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: מַאי דִּכְתִיב ״אִם נָבַלְתָּ בְהִתְנַשֵּׂא וְאִם זַמּוֹתָ יָד לְפֶה״ — כׇּל הַמְנַבֵּל עַצְמוֹ עַל דִּבְרֵי תוֹרָה — סוֹפוֹ לְהִתְנַשֵּׂא. וְאִם זָמַם — יָד לְפֶה.
De même, Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Si tu as agi follement en t’élevant, ou si tu as médité des desseins [zamota], mets ta main sur ta bouche » (Proverbes 30:32) ? Quiconque s’abaisse dans les questions de Torah, en posant des questions malgré la honte qu’il ressent de son ignorance, finira par être exalté. Et s’il se muselle [zamam] par embarras, il finira avec la main sur la bouche, incapable de répondre.
פָּתַח רַבִּי נְחֶמְיָה בִּכְבוֹד אַכְסַנְיָא וְדָרַשׁ: מַאי דִּכְתִיב ״וַיֹּאמֶר שָׁאוּל אֶל הַקֵּינִי לְכוּ סֻּרוּ רְדוּ מִתּוֹךְ עֲמָלֵקִי פֶּן אוֹסִפְךָ עִמּוֹ וְאַתָּה עָשִׂיתָה חֶסֶד עִם כׇּל בְּנֵי יִשְׂרָאֵל״? וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה יִתְרוֹ שֶׁלֹּא קֵרַב אֶת מֹשֶׁה אֶלָּא לִכְבוֹד עַצְמוֹ — כָּךְ, הַמְאָרֵחַ תַּלְמִיד חָכָם בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וּמַאֲכִילוֹ וּמַשְׁקֵהוּ וּמְהַנֵּהוּ מִנְּכָסָיו — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
La Guemara revient aux homélies proposées par les Sages dans la vigne de Yavné. Rabbi Neḥemya commença à parler en l’honneur des hôtes et enseigna : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et Saül dit aux Qénites : Allez, retirez-vous, descendez du milieu des Amalécites, de peur que je ne vous détruise avec eux ; car vous avez montré de la bonté à tous les Enfants d’Israël lorsqu’ils sont montés d’Égypte » (I Samuel 15:6) ? N’est-ce pas là un raisonnement a fortiori : De même que Yitro, l’ancêtre de la tribu des Qénites, qui ne s’est lié d’amitié avec Moïse que pour son propre honneur, est traité de cette manière et récompensé par le fait que son mérite protégerait ses descendants ; à plus forte raison celui qui accueille chez lui un érudit de Torah, en lui fournissant nourriture et boisson et en mettant ses biens à sa disposition, sera récompensé par cette protection.
פָּתַח רַבִּי יוֹסֵי בִּכְבוֹד אַכְסַנְיָא וְדָרַשׁ: ״לֹא תְתַעֵב אֲדֹמִי כִּי אָחִיךָ הוּא לֹא תְתַעֵב מִצְרִי כִּי גֵר הָיִיתָ בְאַרְצוֹ״, וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה מִצְרִיִּים שֶׁלֹּא קֵרְבוּ אֶת יִשְׂרָאֵל אֶלָּא לְצוֹרֶךְ עַצְמָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאִם יָדַעְתָּ וְיֶשׁ בָּם אַנְשֵׁי חַיִל וְשַׂמְתָּם שָׂרֵי מִקְנֶה עַל אֲשֶׁר לִי״ — כָּךְ, הַמְאָרֵחַ תַּלְמִיד חָכָם בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ וּמַאֲכִילוֹ וּמַשְׁקֵהוּ וּמְהַנֵּהוּ מִנְּכָסָיו — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Yosei commença à parler en l’honneur des hôtes, et enseigna : Il est dit : « Tu n’auras pas en abomination un Édomite, car il est ton frère ; tu n’auras pas en abomination un Égyptien, car tu as été étranger dans son pays » (Deutéronome 23:8). N’est-ce pas là un raisonnement a fortiori : De même que les Égyptiens, qui n’ont fait preuve d’amitié envers Israël que même lorsqu’ils les ont accueillis, pour leur propre profit, comme Pharaon dit à Joseph, comme il est dit : « Et si tu sais qu’il y a parmi eux des hommes capables, établis-les chefs de mes troupeaux » (Genèse 47:6), sont traités de cette manière, à plus forte raison doit l’être celui qui accueille chez lui un érudit de la Torah, lui donnant à manger et à boire et mettant ses biens à sa disposition sans souci de gain personnel.
פָּתַח רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי בִּכְבוֹד אַכְסַנְיָא וְדָרַשׁ: ״וַיְבָרֶךְ ה׳ אֶת עֹבֵד אֱדֹם הַגִּתִּי בַּעֲבוּר אֲרוֹן הָאֱלֹהִים״, וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה אָרוֹן שֶׁלֹּא אָכַל וְשָׁתָה, אֶלָּא כִּבֵּד וְרִבֵּץ לְפָנָיו — כָּךְ, הַמְאָרֵחַ תַּלְמִיד חָכָם בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וּמַאֲכִילוֹ וּמַשְׁקֵהוּ וּמְהַנֵּהוּ מִנְּכָסָיו — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Rabbi Eliezer, fils de Rabbi Yosei HaGelili, commença à parler en l’honneur des hôtes, et enseigna : Il est dit : « Le Seigneur a béni la maison d’Oved-edom… à cause de l’arche de Dieu » (II Samuel 6:12). N’est-ce pas là une inférence a fortiori : De même qu’en récompense pour avoir honoré l’arche, qui ne mangeait ni ne buvait, mais devant laquelle Oved-edom ne fit que balayer et asperger de l’eau pour faire retomber la poussière, il fut traité de cette manière et mérita une bénédiction, à plus forte raison celui qui accueille chez lui un érudit de Torah, en lui fournissant nourriture et boisson et en mettant ses biens à sa disposition sans se soucier de son profit personnel, sera récompensé par une telle bénédiction.
מַאי הִיא בְּרָכָה שֶׁבֵּרְכוֹ? אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִידָא: זוֹ חָמוֹת וּשְׁמוֹנֶה כַּלּוֹתֶיהָ שֶׁיָּלְדוּ שִׁשָּׁה שִׁשָּׁה בְּכָרֵס אֶחָד.
La Guemara demande : Quelle est cette bénédiction par laquelle Oved-Edom fut béni ? Rav Yehouda bar Zevida a dit : Il s’agit de Ḥamot et de ses huit belles-filles, dont chacune enfanta six enfants dans un seul ventre,

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