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תַּנְיָא, בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: עַל כׇּל מִשְׁכָּב שְׁכַב, חוּץ מִן הַקַּרְקַע. עַל כׇּל מוֹשָׁב שֵׁב, חוּץ מִן הַקּוֹרָה. אָמַר שְׁמוּאֵל: שֵׁינָה בְּעַמּוּד הַשַּׁחַר כְּאִסְטָמָא לְפַרְזְלָא. יְצִיאָה בְּעַמּוּד הַשַּׁחַר כְּאִסְטָמָא לְפַרְזְלָא.
Poursuivant sur le thème de la santé, il a été enseigné dans une baraita : Ben Azzai dit : Sur tous les lits, couche-toi, sauf sur le sol. Sur tous les sièges, assieds-toi, sauf sur une poutre, de peur d’en tomber. Shmuel a dit : Dormir à l’aube est aussi efficace que le forgeage [istema] l’est pour le fer. Une selle à l’aube est aussi bénéfique que le forgeage l’est pour le fer.
בַּר קַפָּרָא הֲוָה מְזַבֵּן מִילֵּי בְּדִינָרֵי: עַד דְּכָפְנַתְּ — אֱכוֹל. עַד דְּצָחֵית — שְׁתִי, עַד דְּרָתְחָא קִדְרָךָ — שְׁפוֹךְ. קַרְנָא קָרְיָא בְּרוֹמִי, בַּר מְזַבֵּין תְּאֵנֵי, תְּאֵנֵי דַּאֲבוּךְ זַבֵּין.
De même, la Guemara rapporte : Bar Kappara vendait des maximes pour des dinars ; il exprimait ses idées en brèves sentences. Par exemple : Si tu as faim, mange ; ne tarde pas à manger, car la faim peut passer et ta nourriture ne te sera d’aucun profit. De même, si tu as soif, bois ; tant que le pot bout encore, verse-le avant qu’il ne refroidisse. C’est une métaphore pour se soulager. Bar Kappara disait aussi : Quand la corne retentit à Rome, signifiant qu’il y a une demande de figues sur le marché romain, fils d’un vendeur de figues, vends les figues de ton père, même sans sa permission, afin de ne pas manquer l’occasion.
אֲמַר לְהוּ אַבָּיֵי לְרַבָּנָן: כִּי עָיְילִיתוּ בִּשְׁבִילֵי דְמָחוֹזָא לְמִיפַּק בֵּיהּ בְּחַקְלָא, לָא תֶּחֱזוֹ לָא לְהַךְ גִּיסָא וְלָא לְהַךְ גִּיסָא, דִּלְמָא יָתְבֵי נְשֵׁי, וְלָאו אוֹרַח אַרְעָא לְאִסְתַּכּוֹלֵי בְּהוּ.
Abaye dit aux Sages : Lorsque vous entrez dans les sentiers de la ville de Meḥoza afin de sortir et de vous soulager dans un champ, ne regardez ni d’un côté ni de l’autre, car peut-être des femmes y sont assises et il est inconvenant de les regarder.
רַב סָפְרָא עָל לְבֵית הַכִּסֵּא. אֲתָא רַבִּי אַבָּא, נְחַר לֵיהּ אַבָּבָא. אֲמַר לֵיהּ: לֵיעוּל מָר. בָּתַר דִּנְפַק אֲמַר לֵיהּ: עַד הַשְׁתָּא לָא עֲיַילְתְּ לְשֵׂעִיר, וּגְמַרְתְּ לָךְ מִילֵּי דְשֵׂעִיר! לָאו הָכִי תְּנַן: מְדוּרָה הָיְתָה שָׁם וּבֵית הַכִּסֵּא שֶׁל כָּבוֹד. וְזֶה הָיָה כְּבוֹדוֹ: מְצָאוֹ נָעוּל — בְּיָדוּעַ שֶׁיֵּשׁ שָׁם אָדָם, מְצָאוֹ פָּתוּחַ — בְּיָדוּעַ שֶׁאֵין שָׁם אָדָם. אַלְמָא לָאו אוֹרַח אַרְעָא הוּא!
La Guemara rapporte : Rav Safra entra un jour dans des toilettes, lorsque Rabbi Abba arriva. Pour déterminer s’il pouvait entrer, Rabbi Abba toussa près de la porte. Rav Safra lui dit : Entrez, maître. Lorsqu’il sortit, Rabbi Abba lui dit : Jusqu’à présent, tu n’es jamais entré à Séïr, le pays des Édomites, qui ne sont pas stricts dans leur pratique de la pudeur, et pourtant tu as déjà appris les coutumes de Séïr ? N’avons-nous pas appris dans la michna au sujet du Temple : Il y avait un feu à côté du bain rituel, et des toilettes d’honneur. Et voici en quoi consistait leur honneur : si quelqu’un les trouvait verrouillées, on savait que quelqu’un était à l’intérieur ; s’il les trouvait ouvertes, on savait qu’il n’y avait personne à l’intérieur. Parler dans les toilettes n’est pas une manière de se conduire souhaitable.
וְהוּא סָבַר מְסוּכָּן הוּא. דְּתַנְיָא, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: עַמּוּד הַחוֹזֵר מֵבִיא אֶת הָאָדָם לִידֵי הִדְרוֹקָן. סִילוֹן הַחוֹזֵר מֵבִיא אֶת הָאָדָם לִידֵי יֵרָקוֹן.
La Guemara explique l’opinion de Rav Safra, qui dit à Rabbi Abba qu’il pouvait entrer pendant qu’il était aux toilettes : Rav Safra estimait que c’était dangereux pour Rabbi Abba. S’il attendait et n’était pas certain de pouvoir entrer ou non, il se mettrait en danger. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Rabbi Shimon ben Gamliel dit : Une colonne d’excréments retenue parce qu’on ne peut pas se soulager provoque l’hydropisie [hidrokan]. Un jet [silon] d’urine retenu provoque la jaunisse.
רַבִּי אֶלְעָזָר עָל לְבֵית הַכִּסֵּא. אֲתָא הַהוּא רוֹמָאָה דַּחֲקֵיהּ. קָם רַבִּי אֶלְעָזָר וּנְפַק. אֲתָא דְּרָקֹונָא שַׁמְטֵיהּ לְכַרְכְּשֵׁיהּ. קָרֵי עֲלֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר: ״וְאֶתֵּן אָדָם תַּחְתֶּיךָ״, אַל תִּקְרֵי ״אָדָם״ אֶלָּא ״אֱדוֹם״.
La Guemara raconte que Rabbi Elazar entra dans des toilettes. Ce Romain vint et le poussa dehors. Rabbi Elazar se leva et sortit, et un serpent vint et arracha les entrailles du Romain. Rabbi Elazar récita le verset suivant au sujet du Romain : « C’est pourquoi je donnerai un homme [adam] pour toi » (Isaïe 43:4) ; ne lis pas adam, mais lis plutôt Edom, c’est-à-dire un Romain.
״וְאָמַר לַהֲרָגֲךָ וַתָּחָס עָלֶיךָ״.
Concernant la pudeur dans une salle de bain, la Guemara cite une allusion biblique supplémentaire. Lorsque David trouva Saül dans la grotte et l’épargna, déchirant le pan de son manteau, il lui dit : « Voici, en ce jour, tes yeux ont vu comment le Seigneur t’a livré aujourd’hui entre mes mains dans la grotte, et il a dit de te tuer ; et il t’a épargné » (I Samuel 24:10).
״וְאָמַר״, ״וְאָמַרְתִּי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! ״וַתָּחָס״, ״וְחַסְתִּי״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמַר לוֹ דָּוִד לְשָׁאוּל: מִן הַתּוֹרָה בֶּן הֲרִיגָה אַתָּה, שֶׁהֲרֵי רוֹדֵף אַתָּה, וְהַתּוֹרָה אָמְרָה: בָּא לְהׇרְגְּךָ — הַשְׁכֵּם לְהָרְגוֹ, אֶלָּא צְנִיעוּת שֶׁהָיְתָה בְּךָ, הִיא חָסָה עָלֶיךָ.
La Guemara demande : Pourquoi le verset dit-il : « Et il dit » ? Il aurait dû dire : « Et je dis ». Pourquoi le verset dit-il : « Et tu as épargné » ? Il aurait dû dire : « Et j’ai épargné ». Au contraire, rabbi Elazar a dit : David dit à Saül : Selon la loi de la Torah, tu devrais être mis à mort, car tu es un poursuivant qui cherche à me tuer, et la Torah dit : Si quelqu’un vient pour te tuer, tue-le d’abord. Mais c’est la pudeur dont tu as fait preuve qui t’a épargné.
וּמַאי הִיא? — דִּכְתִיב: ״וַיָּבֹא אֶל גִּדְרוֹת הַצֹּאן עַל הַדֶּרֶךְ וְשָׁם מְעָרָה וַיָּבֹא שָׁאוּל לְהָסֵךְ אֶת רַגְלָיו״. תָּנָא: גָּדֵר לִפְנִים מִן גָּדֵר, וּמְעָרָה לִפְנִים מִמְּעָרָה לְהָסֵךְ. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מְלַמֵּד שֶׁסִּיכֵּךְ עַצְמוֹ כְּסוּכָּה.
Et qu’est-ce que cette pudeur ? Comme il est écrit : « Il arriva aux parcs à brebis sur le chemin, où il y avait une caverne, et Saül entra pour se couvrir les pieds, pour déféquer. Or David et ses hommes étaient assis au fond de la caverne » (I Samuel 24:3). Il a été enseigné que les Sages ont dit : Il y avait une clôture à l’intérieur d’une clôture, et une caverne à l’intérieur d’une caverne, et Saül entra pour déféquer par pudeur. Quant à l’emploi du terme couvrir ses pieds, Rabbi Elazar a dit : Cela enseigne que, même là, il se couvrit avec son vêtement comme une soucca.
״וַיָּקָם דָּוִד וַיִּכְרֹת אֶת כְּנַף הַמְּעִיל אֲשֶׁר לְשָׁאוּל בַּלָּט״, אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: כׇּל הַמְבַזֶּה אֶת הַבְּגָדִים, סוֹף אֵינוֹ נֶהֱנֶה מֵהֶם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהַמֶּלֶךְ דָּוִד זָקֵן בָּא בַּיָּמִים וַיְכַסֻּהוּ בַּבְּגָדִים וְלֹא יִחַם לוֹ״.
La Guemara poursuit avec une interprétation homilétique du verset : « Alors David se leva et coupa en secret le pan du manteau de Saül » (I Samuel 24:4). Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Quiconque traite les vêtements avec mépris, comme David qui déchira le manteau de Saül sans raison, sera puni en ce que finalement il ne tirera aucun bénéfice de ses vêtements, comme il est dit : « Or le roi David était vieux et avancé en âge ; on le couvrit de vêtements, mais il ne pouvait pas se réchauffer » (I Rois 1:1).
״אִם ה׳ הֱסִיתְךָ בִי יָרַח מִנְחָה״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמַר לֵיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְדָוִד: ״מֵסִית״ קָרֵית לִי? הֲרֵי אֲנִי מַכְשִׁילְךָ בְּדָבָר שֶׁאֲפִילּוּ תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן יוֹדְעִים אוֹתוֹ. דִּכְתִיב: ״כִּי תִשָּׂא אֶת רֹאשׁ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לִפְקֻדֵיהֶם וְנָתְנוּ אִישׁ כֹּפֶר נַפְשׁוֹ וְגוֹ׳״. מִיָּד, ״וַיַּעֲמֹד שָׂטָן עַל יִשְׂרָאֵל״, וּכְתִיב: ״וַיָּסֶת אֶת דָּוִד בָּהֶם לֵאמֹר לֵךְ מְנֵה אֶת יִשְׂרָאֵל״. וְכֵיוָן דִּמְנִינְהוּ לָא שְׁקַל מִינַּיְיהוּ כּוֹפֶר. דִּכְתִיב: ״וַיִּתֵּן ה׳ דֶּבֶר בְּיִשְׂרָאֵל מֵהַבֹּקֶר וְעַד עֵת מוֹעֵד״.
Quant à la déclaration de David à Saül : « Si c’est le Seigneur qui t’a incité contre moi, qu’Il accepte une offrande » (I Samuel 26:19), Rabbi Elazar a dit que le Saint, béni soit-Il, a dit à David : M’appelles-tu un incitateur ? En rétribution, Je te ferai échouer dans une chose que même les écoliers savent, comme il est écrit : « Lorsque tu feras le dénombrement des enfants d’Israël, selon leur nombre, alors chacun donnera une rançon pour son âme au Seigneur, quand tu les compteras ; afin qu’il n’y ait pas de plaie parmi eux, quand tu les compteras » (Exode 30:12). Immédiatement après que Dieu eut dit cela à David, « Satan se dressa contre Israël et incita David à dénombrer Israël » (I Chroniques 21:1). De plus, il est écrit : « Et de nouveau la colère du Seigneur s’enflamma contre Israël, et Il incita David contre eux, en disant : Va, dénombre Israël et Juda » (II Samuel 24:1). La réponse proportionnelle au fait que David ait appelé Dieu un incitateur fut qu’Il incita David. Et lorsqu’il les dénombra, il ne prit pas de rançon d’eux, et il fut puni, comme il est écrit : « Ainsi le Seigneur envoya une peste sur Israël depuis le matin jusqu’au temps fixé » (II Samuel 24:15).
מַאי ״עֵת מוֹעֵד״? אָמַר שְׁמוּאֵל סָבָא חַתְנֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא: מִשְּׁעַת שְׁחִיטַת הַתָּמִיד עַד שְׁעַת זְרִיקָתוֹ. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: עַד חֲצוֹת מַמָּשׁ.
La Guemara demande : Quel est le sens de le temps fixé ? Shmuel l’ancien, beau-père de Rabbi Ḥanina, a dit au nom de Rabbi Ḥanina : Cela signifie depuis le moment où l’offrande quotidienne est abattue jusqu’au moment où son sang est aspergé. Rabbi Yoḥanan a dit : Cela signifie précisément jusqu’à midi.
״וַיֹּאמֶר לַמַּלְאָךְ הַמַּשְׁחִית בָּעָם רַב״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֲמַר לֵיהּ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמַלְאָךְ: טוֹל לִי רַב שֶׁבָּהֶם, שֶׁיֵּשׁ בּוֹ לִיפָּרַע מֵהֶם כַּמָּה חוֹבוֹת. בְּאוֹתָהּ שָׁעָה מֵת אֲבִישַׁי בֶּן צְרוּיָה, שֶׁשָּׁקוּל כְּרוּבָּהּ שֶׁל סַנְהֶדְרִין.
Il est également dit là-bas : « Le Seigneur se repentit du mal et dit à l’ange qui détruisait le peuple nombreux [rav] : C’est assez ; maintenant retire ta main » (II Samuel 24:16). En expliquant le sens du mot rav, Rabbi Elazar dit que le Saint, béni soit-Il, dit à l’ange : Prends-Moi un grand [rav] parmi eux, qui soit digne d’acquitter plusieurs des dettes d’Israël. En conséquence, à ce moment-là, Avishaï ben Tzerouya, qui équivalait à la majorité du Sanhédrin, mourut. Sa mort fit expiation pour toute la nation.
״וּבְהַשְׁחִית רָאָה ה׳ וַיִּנָּחֶם״, מַאי רָאָה?
Dans un parallèle, il est dit : «Le Seigneur vit, et se repentit du mal» (I Chroniques 21:15). La Guemara demande : Qu’a vu le Seigneur ?
אָמַר רַב: רָאָה יַעֲקֹב אָבִינוּ, דִּכְתִיב: ״וַיֹּאמֶר יַעֲקֹב כַּאֲשֶׁר רָאָם״. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֶפְרוֹ שֶׁל יִצְחָק רָאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהִים יִרְאֶה לּוֹ הַשֶּׂה״.
Rav a dit : Il vit et se souvint du patriarche, Jacob, au sujet duquel le terme de voir est employé : « Et Jacob dit lorsqu’il les vit [ra’am] : Ceci est le camp de Dieu » (Torah 32:3). Et Shmuel a dit : Il vit et se souvint des cendres d’Isaac, comme il est dit dans la section de la ligature d’Isaac : « Dieu pourvoira [yireh] Lui-même à l’agneau pour l’holocauste » (Torah 22:8).
רַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא אָמַר: כֶּסֶף כִּפּוּרִים רָאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלָקַחְתָּ אֶת כֶּסֶף הַכִּפּוּרִים מֵאֵת בְּנֵי יִשְׂרָאֵל וְגוֹ׳״. רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: בֵּית הַמִּקְדָּשׁ רָאָה, דִּכְתִיב: ״בְּהַר ה׳ יֵרָאֶה״.
Rabbi Yitzḥak Nappaḥa a dit : Il a vu l’argent de l’expiation qu’Israël a donné lorsqu’ils furent dénombrés pendant l’Exode d’Égypte, comme il est dit : « Tu prendras l’argent de l’expiation des enfants d’Israël, et tu l’affecteras au service de la tente d’assignation, afin qu’il soit un mémorial pour les enfants d’Israël devant le Seigneur, pour faire l’expiation pour vos âmes » (Exode 30:16). Rabbi Yoḥanan a dit : Il a vu le Temple, comme il est écrit : « Sur la montagne où le Seigneur est vu [yera’e] » (Genèse 22:14).
פְּלִיגִי בָּהּ רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידֵּי וְרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי. חַד אָמַר כֶּסֶף הַכִּפּוּרִים רָאָה, וְחַד אָמַר בֵּית הַמִּקְדָּשׁ רָאָה. וּמִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר בֵּית הַמִּקְדָּשׁ רָאָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲשֶׁר יֵאָמֵר הַיּוֹם בְּהַר ה׳ יֵרָאֶה״.
D’autres amora’im, Rabbi Ya’akov bar Idi et Rabbi Shmuel bar Naḥmani, divergèrent dans leurs opinions sur ce que Dieu vit. L’un dit : Il vit l’argent de l’expiation, et l’autre dit : Il vit le Temple. Et cela correspond à l’avis de celui qui dit qu’il vit le Temple, comme il est dit : « Et Abraham appela le nom de ce lieu : Le Seigneur verra ; comme on dit jusqu’à ce jour : Sur la montagne où le Seigneur est vu” (Genèse 22:14) ; des générations plus tard, ils se souviendront de la révélation initiale sur le mont Moriah, car l’ange apparut aussi à David sur cette montagne.
לֹא יִכָּנֵס אָדָם לְהַר הַבַּיִת בְּמַקְלוֹ וְכוּ׳. מַאי ״קַפֶּנְדַּרְיָא״? אָמַר רָבָא: קַפֶּנְדַּרְיָא כִּשְׁמָהּ. וְרַב חָנָא בַּר אַדָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב סַמָּא בְּרֵיהּ דְּרַב מָרִי אָמַר: כְּמַאן דְּאָמַר אִינָשׁ: ״אַדְּמַקֵּיפְנָא אַדָּרֵי, אֵיעוּל בְּהָא״. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת עַל מְנָת שֶׁלֹּא לַעֲשׂוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא — מוּתָּר לַעֲשׂוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא.
Nous avons appris dans la michna que, par déférence envers le Temple, une personne ne peut pas entrer sur le mont du Temple avec son bâton et ses chaussures. On ne peut pas non plus en faire un kappandarya. La Guemara demande : Que signifie kappandarya ? Rava a dit : Kappandarya, comme son nom l’indique ; un raccourci. Rav Ḥana bar Adda, au nom de Rav Sama, fils de Rav Mari, a dit : On peut l’interpréter comme un acronyme, comme les gens disent : Au lieu de contourner les rangées de maisons [ademakifna adarei], j’entrerai par celle-ci [ei’ol beha]. Rav Naḥman a dit que Rabba bar Avuh a dit : Cette halakha s’applique aussi à une synagogue. Cependant, celui qui entre dans une synagogue sans l’intention d’en faire un raccourci est autorisé à en faire un raccourci s’il change ensuite d’avis.
רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר: אִם הָיָה שְׁבִיל מֵעִיקָּרוֹ — מוּתָּר. אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ אָמַר רַב הוּנָא: הַנִּכְנָס לְבֵית הַכְּנֶסֶת לְהִתְפַּלֵּל, מוּתָּר לַעֲשׂוֹתוֹ קַפֶּנְדַּרְיָא. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְבֹא עַם הָאָרֶץ לִפְנֵי ה׳ בַּמּוֹעֲדִים וְגוֹ׳״.
De même, Rabbi Abbahu a dit : Si, à l’origine, c’était un chemin qui passait par l’endroit où la synagogue a été construite, il est permis d’y passer, car le droit public de passage n’est pas annulé par la construction d’une synagogue. Rabbi Ḥelbo a dit que Rav Huna a dit : Celui qui entre dans une synagogue pour prier est autorisé à en faire un raccourci, comme il est dit : « Mais lorsque le peuple du pays viendra devant le Seigneur aux fêtes fixées, celui qui entrera par le chemin de la porte du nord pour se prosterner sortira par le chemin de la porte du sud » (Ézéchiel 46:9).
וּרְקִיקָה מִקַּל וָחוֹמֶר. אָמַר רַב בִּיבִי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הָרוֹקֵק בְּהַר הַבַּיִת בַּזְּמַן הַזֶּה, כְּאִילּוּ רוֹקֵק בְּבַת עֵינוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיוּ עֵינַי וְלִבִּי שָׁם כָּל הַיָּמִים״.
Nous avons appris dans la michna que cracher sur le mont du Temple est interdit au moyen d’une inférence a fortiori. Rav Beivai a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Quiconque crache sur le mont du Temple, même aujourd’hui, c’est comme s’il crachait dans la prunelle de l’œil de Dieu, comme il est dit : « Mes yeux et Mon cœur y seront perpétuellement » (I Rois 9:3).
אָמַר רָבָא: רְקִיקָה בְּבֵית הַכְּנֶסֶת — שַׁרְיָא, מִידֵּי דְּהָוֵה אַמִּנְעָל. מָה מִנְעָל בְּהַר הַבַּיִת אָסוּר, בְּבֵית הַכְּנֶסֶת מוּתָּר. אַף רְקִיקָה, בְּהַר הַבַּיִת הוּא דְּאָסוּר, בְּבֵית הַכְּנֶסֶת שְׁרֵי.
Rava a dit : Cracher dans une synagogue est permis, comme dans le cas des chaussures. De même que le port de chaussures est interdit sur le mont du Temple mais permis dans une synagogue, de même cracher est interdit sur le mont du Temple mais permis dans une synagogue.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְרָבָא, וְאָמְרִי לַהּ רָבִינָא לְרָבָא, וְאָמְרִי לַהּ רַב אַדָּא בַּר מַתְנָא לְרָבָא: אַדְּיָלֵיף מִמִּנְעָל, נֵילַף מִקַּפֶּנְדַּרְיָא!
Rav Pappa dit à Rava, et certains disent que Ravina dit à Rava, et certains disent que Rav Adda bar Mattana dit à Rava : Au lieu de déduire cela du cas du port d’une chaussure, déduis-le du cas d’un raccourci. De même qu’il est interdit d’utiliser une synagogue comme raccourci, il est également interdit de cracher.
אָמַר לֵיהּ: תַּנָּא יָלֵיף מִמִּנְעָל, וְאַתְּ אָמְרַתְּ מִקַּפֶּנְדַּרְיָא?! מַאי הִיא? — דְּתַנְיָא לֹא יִכָּנֵס אָדָם לְהַר הַבַּיִת לֹא בְּמַקְלוֹ שֶׁבְּיָדוֹ, וְלֹא בְּמִנְעָלוֹ שֶׁבְּרַגְלוֹ, וְלֹא בְּמָעוֹת הַצְּרוּרִים לוֹ בִּסְדִינוֹ, וּבְפוּנְדָּתוֹ מוּפְשֶׁלֶת לַאֲחוֹרָיו, וְלֹא יַעֲשֶׂנָּה קַפֶּנְדַּרְיָא. וּרְקִיקָה מִקַּל וָחוֹמֶר מִמִּנְעָל: וּמָה מִנְעָל, שֶׁאֵין בּוֹ דֶּרֶךְ בִּזָּיוֹן, אָמְרָה תּוֹרָה: ״שַׁל נְעָלֶיךָ מֵעַל רַגְלֶיךָ״. רְקִיקָה, שֶׁהִיא דֶּרֶךְ בִּזָּיוֹן — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?!
Rava lui dit : Le tanna déduit l’interdiction de cracher du cas d’une chaussure, et toi tu dis qu’elle devrait être déduite du cas d’un raccourci ? La Guemara développe : Quelle est cette déduction à partir du cas d’une chaussure ? Comme cela a été enseigné dans une baraita : On ne peut entrer sur le mont du Temple ni avec son bâton à la main, ni avec ses chaussures aux pieds, ni avec de l’argent attaché dans son vêtement et avec sa bourse pendue derrière lui, ni en faire un raccourci. À plus forte raison, cracher est interdit a fortiori à partir de la halakha concernant le port d’une chaussure. De même que concernant une chaussure, qui n’est généralement pas considérée comme méprisante, la Torah a dit : « Ôte tes chaussures de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte » (Exode 3:5), à plus forte raison cracher, qui est considéré comme méprisant, devrait être interdit.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵינוֹ צָרִיךְ: הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״כִּי אֵין לָבוֹא אֶל שַׁעַר הַמֶּלֶךְ בִּלְבוּשׁ שָׂק״. וַהֲלֹא דְּבָרִים קַל וָחוֹמֶר: וּמָה שַׂק, שֶׁאֵינוֹ מָאוּס, לִפְנֵי בָּשָׂר וָדָם — כָּךְ. רְקִיקָה, שֶׁהִיא מְאוּסָה, לִפְנֵי מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?!
Rabbi Yosei bar Yehuda dit : Cette inférence a fortiori est inutile. Cela pourrait être dérivé autrement. Il est dit : « Car nul ne peut entrer dans la porte du roi vêtu d’un sac » (Esther 4:2). Cette chose peut être déduite a fortiori : De même que le sac, qui en général n’est pas considéré comme répugnant devant un être de chair et de sang, est interdit dans la porte du roi, à plus forte raison cracher, qui est répugnant, doit être interdit devant le Roi des rois.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא הָכִי קָאָמֵינָא: נֵימָא הָכָא לְחוּמְרָא וְהָכָא לְחוּמְרָא,
Celui qui l’a contesté, Rav Pappa ou Ravina, dit à Rava : Je voulais dire ce qui suit : Disons, soyons rigoureux ici, concernant le mont du Temple, et soyons rigoureux ici, concernant la synagogue,

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