אִם תַּלְמִיד חָכָם הוּא — אֵין צָרִיךְ. אָמַר אַבָּיֵי: אַף תַּלְמִיד חָכָם מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמֵימַר חַד פְּסוּקָא דְרַחֲמֵי, כְּגוֹן: ״בְּיָדְךָ אַפְקִיד רוּחִי, פָּדִיתָה אוֹתִי ה׳ אֵל אֱמֶת״.
Si quelqu’un est un érudit de la Torah, il n’a pas besoin de réciter le Shema dans son lit, puisqu’il est toujours engagé dans l’étude de la Torah et s’endormira probablement absorbé par des paroles de Torah. Abaye a dit : Même un érudit de la Torah doit réciter au moins un verset de prière, tel que : « Entre Tes mains je remets mon esprit ; Tu m’as racheté, Seigneur, Dieu de vérité » (Psaumes 31:6).
אָמַר רַבִּי לֵוִי בַּר חָמָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: לְעוֹלָם יַרְגִּיז אָדָם יֵצֶר טוֹב עַל יֵצֶר הָרַע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״רִגְזוּ וְאַל תֶּחֱטָאוּ״ אִם נִצְּחוֹ — מוּטָב, וְאִם לָאו — יַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִמְרוּ בִלְבַבְכֶם״. אִם נִצְּחוֹ — מוּטָב, וְאִם לָאו — יִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל מִשְׁכַּבְכֶם״. אִם נִצְּחוֹ — מוּטָב, וְאִם לָאו — יִזְכּוֹר לוֹ יוֹם הַמִּיתָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְדֹמּוּ סֶלָה״.
Incidemment au verset : « Tremblez, et ne péchez pas », la Guemara mentionne que Rabbi Levi bar Ḥama a dit que Rabbi Shimon ben Lakish a dit : On doit toujours inciter son bon penchant contre son mauvais penchant, c’est-à-dire qu’il faut lutter constamment afin que son mauvais penchant ne le conduise pas à la transgression, comme il est dit : "Tremblez, et ne péchez pas."
Si l’on réussit à soumettre son mauvais penchant, excellent, mais si l’on n’y parvient pas, on doit étudier la Torah, comme l’indique le verset : « Parlez en votre cœur. »
Si l’on soumet son mauvais penchant, excellent ; sinon, on doit réciter le Shema, qui contient l’acceptation du joug de Dieu et le concept de récompense et de punition, comme il est dit dans le verset : « Sur votre couche, » ce qui fait allusion au Shema, où il est dit : « Quand tu te couches. »
Si l’on soumet son mauvais penchant, excellent ; sinon, on doit se rappeler le jour de la mort, dont le silence est évoqué dans la suite du verset : « Et taisez-vous, Sélah. »
וְאָמַר רַבִּי לֵוִי בַּר חָמָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, מַאי דִּכְתִיב ״וְאֶתְּנָה לְךָ אֶת לֻחֹת הָאֶבֶן וְהַתּוֹרָה וְהַמִּצְוָה אֲשֶׁר כָּתַבְתִּי לְהוֹרֹתָם״. ״לֻחֹת״ — אֵלּוּ עֲשֶׂרֶת הַדִּבְּרוֹת, ״תּוֹרָה״ — זֶה מִקְרָא, ״וְהַמִּצְוָה״ — זוֹ מִשְׁנָה, ״אֲשֶׁר כָּתַבְתִּי״ — אֵלּוּ נְבִיאִים וּכְתוּבִים, ״לְהוֹרוֹתָם״ — זֶה תַּלְמוּד, מְלַמֵּד שֶׁכּוּלָּם נִתְּנוּ לְמֹשֶׁה מִסִּינַי.
Et Rabbi Levi bar Ḥama a dit que Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Dieu dit à Moïse : « Monte vers Moi sur la montagne et reste là, et Je te donnerai les tables de pierre, la Torah et la mitzva que J’ai écrites afin que tu les enseignes » (Exode 24:12), ce qui signifie que Dieu révéla à Moïse non seulement la Torah écrite, mais toute la Torah, telle qu’elle serait transmise à travers les générations.
Les « tables » sont les dix commandements qui furent écrits sur les tables de l’Alliance,
la « Torah » est les cinq livres de Moïse.
La « mitzva » est la Michna, qui comprend des explications des mitzvot et de la manière dont elles doivent être accomplies.
« Que J’ai écrites » renvoie aux Prophètes et aux Écrits, rédigés avec une inspiration divine.
« Afin que tu les enseignes » renvoie au Talmud, qui explique la Michna.
Ces explications sont le fondement des décisions de halakha pratique. Ce verset enseigne que tous les aspects de la Torah ont été donnés à Moïse au Sinaï.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע עַל מִטָּתוֹ, כְּאִלּוּ אוֹחֵז חֶרֶב שֶׁל שְׁתֵּי פִיּוֹת בְּיָדוֹ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״רוֹמְמוֹת אֵל בִּגְרוֹנָם וְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם״, מַאי מַשְׁמַע? אָמַר מָר זוּטְרָא וְאִיתֵּימָא רַב אָשֵׁי: מֵרֵישָׁא דְעִנְיָנָא, דִּכְתִיב: ״יַעְלְזוּ חֲסִידִים בְּכָבוֹד יְרַנְּנוּ עַל מִשְׁכְּבוֹתָם״. וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״רוֹמְמוֹת אֵל בִּגְרוֹנָם וְחֶרֶב פִּיפִיּוֹת בְּיָדָם״.
La Guemara poursuit son traitement de la récitation du Shema sur le lit d’une personne. Rabbi Yitzḥak a dit : Quiconque récite le Shema sur son lit, c’est comme s’il tenait une épée à double tranchant, le protégeant de tout mal, comme il est dit : « Hautes louanges de Dieu dans leurs bouches, et une épée à double tranchant dans leurs mains » (Psaumes 149:6). La Guemara demande : D’où déduit-on que ce verset des Psaumes fait référence à la récitation du Shema ? Mar Zutra, et certains disent Rav Ashi, a dit : Nous le dérivons du verset précédent, comme il est écrit : « Que les pieux exultent dans la gloire ; qu’ils chantent avec joie sur leurs lits. » La louange de Dieu depuis le lit d’une personne est la récitation du Shema. Et il est écrit ensuite : « Hautes louanges de Dieu dans leurs bouches, et une épée à double tranchant dans leurs mains. »
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הַקּוֹרֵא קְרִיאַת שְׁמַע עַל מִטָּתוֹ — מַזִּיקִין בְּדֵילִין הֵימֶנּוּ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְנֵי רֶשֶׁף יַגְבִּיהוּ עוּף״, וְאֵין ״עוּף״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲתָעִיף עֵינֶיךָ בּוֹ וְאֵינֶנּוּ״. וְאֵין ״רֶשֶׁף״ אֶלָּא מַזִּיקִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מְזֵי רָעָב וּלְחֻמֵי רֶשֶׁף וְקֶטֶב מְרִירִי״.
Et Rabbi Yitzḥak a dit : Quiconque récite le Shema sur son lit, les démons s’éloignent de lui. Cela est suggéré, comme il est dit : « Mais l’homme naît pour la peine, et les étincelles [reshef] s’envolent [uf] vers le haut » (Job 5:7). Le verset est expliqué ainsi : le mot « s’envolent [uf] » ne signifie rien d’autre que Torah, car la Torah est difficile à saisir et facile à perdre, comme quelque chose qui s’envole, comme il est dit : « Porteras-tu tes yeux sur elle ? Elle n’est plus là ; car assurément la richesse se fait des ailes, comme l’aigle qui s’envole vers les cieux » (Proverbes 23:5). Le mot « étincelles » ne signifie rien d’autre que des démons, comme il est dit : « Consumés par la faim, et dévorés par les étincelles [reshef] et par la destruction amère [ketev meriri], et j’enverrai contre eux les dents des bêtes, avec le venin des créatures qui rampent dans la poussière » (Deutéronome 32:24). Ici, nous voyons que reshef est mentionné avec ketev meriri, tous deux compris par les Sages comme des noms de démons.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: כׇּל הָעוֹסֵק בַּתּוֹרָה — יִסּוּרִין בְּדֵילִין הֵימֶנּוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וּבְנֵי רֶשֶׁף יַגְבִּיהוּ עוּף״. וְאֵין ״עוּף״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר ״הֲתָעִיף עֵינֶיךָ בּוֹ וְאֵינֶנּוּ״, וְאֵין ״רֶשֶׁף״ אֶלָּא יִסּוּרִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מְזֵי רָעָב וּלְחֻמֵי רֶשֶׁף״.
Concernant ce verset obscur, Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Si l’on s’adonne à l’étude de la Torah, la souffrance s’éloigne de lui, comme il est dit : « Et les étincelles s’envolent vers le haut. » Et s’envolent ne signifie rien d’autre que la Torah, comme il est dit : « Porteras-tu tes yeux sur elle ? Elle n’est plus là ; et étincelles ne signifie rien d’autre que la souffrance, comme il est dit : « Dépérissement par la faim et dévoration des étincelles, » assimilant la dévoration des étincelles au dépérissement par la faim, puisque les deux sont des types de souffrance. De là, nous déduisons que par la Torah, s’envolent, on est capable de se distancer, vers le haut, de la souffrance, étincelles.
אָמַר לֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן: הָא אֲפִילּוּ תִּינוֹקוֹת שֶׁל בֵּית רַבָּן, יוֹדְעִין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיֹּאמֶר אִם שָׁמוֹעַ תִּשְׁמַע לְקוֹל ה׳ אֱלֹהֶיךָ וְהַיָּשָׁר בְּעֵינָיו תַּעֲשֶׂה וְהַאֲזַנְתָּ לְמִצְוֹתָיו וְשָׁמַרְתָּ כׇּל חֻקָּיו כׇּל הַמַּחֲלָה אֲשֶׁר שַׂמְתִּי בְמִצְרַיִם לֹא אָשִׂים עָלֶיךָ כִּי אֲנִי ה׳ רוֹפְאֶךָ״. אֶלָּא: כׇּל שֶׁאֶפְשָׁר לוֹ לַעֲסוֹק בַּתּוֹרָה וְאֵינוֹ עוֹסֵק — הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מֵבִיא עָלָיו יִסּוּרִין מְכוֹעָרִין וְעוֹכְרִין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נֶאֱלַמְתִּי דוּמִיָּה הֶחֱשֵׁיתִי מִטּוֹב וּכְאֵבִי נֶעְכָּר״, וְאֵין ״טוֹב״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם תּוֹרָתִי אַל תַּעֲזֹבוּ״.
Rabbi Yoḥanan lui dit : Même les écoliers, qui n’apprennent que la Torah écrite, savent cela, comme il est dit : « Et Il dit : si tu écoutes attentivement la voix du Seigneur ton Dieu, si tu fais ce qui est droit à Ses yeux, si tu prêtes l’oreille à Ses mitzvot et gardes toutes Ses lois, aucune des maladies que J’ai mises sur l’Égypte, Je ne les mettrai sur toi, car Je suis le Seigneur qui te guérit » (Exode 15:26). Plutôt, il faut interpréter le verset ainsi : Quiconque est capable de s’adonner à l’étude de la Torah mais ne s’y adonne pas, non seulement le Saint, béni soit-Il, ne le protège pas, mais Il fait venir sur lui d’horribles afflictions, qui le couvrent de honte et le tourmentent, comme il est dit : « Je suis resté muet dans le silence ; je me suis tu même loin du bien, et ma douleur s’est aggravée » (Psaumes 39:3). Le mot bien ne signifie rien d’autre que la Torah, comme il est dit : « Car Je vous ai donné une bonne part, Ma Torah, ne l’abandonnez pas » (Proverbes 4:2). Le verset doit être compris ainsi : « Je me suis tu quant à l’étude de la Torah, et ma douleur s’est aggravée. »
אָמַר רַבִּי זֵירָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי חֲנִינָא בַּר פָּפָּא: בֹּא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, אָדָם מוֹכֵר חֵפֶץ לַחֲבֵירוֹ, מוֹכֵר עָצֵב, וְלוֹקֵחַ שָׂמֵחַ, אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵינוֹ כֵּן, נָתַן לָהֶם תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — וְשָׂמַח, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֶקַח טוֹב נָתַתִּי לָכֶם תּוֹרָתִי אַל תַּעֲזֹבוּ״.
Concernant le verset : « Car Je vous ai donné une bonne part », Rabbi Zeira, et certains disent Rabbi Ḥanina bar Pappa, a dit : Venez voir combien les attributs du Saint, béni soit-Il, sont différents des attributs de chair et de sang. Il est dans la nature de la chair et du sang que, lorsqu’une personne vend un objet à une autre personne, le vendeur s’attriste de la perte de son bien et l’acheteur se réjouit. En ce qui concerne le Saint, béni soit-Il, cependant, il n’en est pas ainsi. Il a donné la Torah à Israël et s’en est réjoui, comme il est dit : « Car Je vous ai donné une bonne part, Ma Torah, ne l’abandonnez pas. » Une bonne part est comprise comme un bon achat ; bien que Dieu ait vendu la Torah à Israël, Il se réjouit de la vente et loue l’objet devant son nouveau propriétaire (Rabbi Yoshiyahu Pinto).
אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב חִסְדָּא: אִם רוֹאֶה אָדָם שֶׁיִּסּוּרִין בָּאִין עָלָיו — יְפַשְׁפֵּשׁ בְּמַעֲשָׂיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״נַחְפְּשָׂה דְרָכֵינוּ וְנַחְקֹרָה וְנָשׁוּבָה עַד ה׳״. פִּשְׁפֵּשׁ וְלֹא מָצָא — יִתְלֶה בְּבִטּוּל תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי הַגֶּבֶר אֲשֶׁר תְּיַסְּרֶנּוּ יָּהּ וּמִתּוֹרָתְךָ תְלַמְּדֶנּוּ״.
Auparavant, la Guemara a traité de la souffrance qui résulte des transgressions d’une personne. La Guemara déplace ensuite l’attention et traite de la souffrance qui ne résulte pas des transgressions d’une personne, ainsi que de la souffrance des justes. Rava, et certains disent Rav Ḥisda, a dit : Si une personne voit que la souffrance l’a frappée, elle doit examiner ses actes. En général, la souffrance survient comme punition pour les transgressions d’une personne, comme il est dit : « Nous examinerons et sonderons nos voies, et nous retournerons vers Dieu » (Lamentations 3:40). S’il a examiné ses voies et n’a trouvé aucune transgression à laquelle cette souffrance conviendrait, il peut attribuer sa souffrance à une négligence dans l’étude de la Torah. Dieu punit un individu pour sa négligence dans l’étude de la Torah afin de souligner la gravité de la question, comme il est dit : « Heureux l’homme que Tu châties, Seigneur, et que Tu instruis à partir de Ta Torah » (Psaumes 94:12). Ce verset nous enseigne que sa souffrance le fera revenir à Ta Torah.
וְאִם תָּלָה וְלֹא מָצָא — בְּיָדוּעַ שֶׁיִּסּוּרִין שֶׁל אַהֲבָה הֵם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי אֶת אֲשֶׁר יֶאֱהַב ה׳ יוֹכִיחַ״.
Et s’il a attribué sa souffrance à une négligence dans l’étude de la Torah, et n’a pas trouvé que ce soit le cas, il peut être assuré qu’il s’agit d’afflictions d’amour, comme il est dit : « Car celui que le Seigneur aime, Il le réprimande, comme un père le fils en qui il prend plaisir » (Proverbes 3:12).
אָמַר רָבָא, אָמַר רַב סְחוֹרָה, אָמַר רַב הוּנָא: כׇּל שֶׁהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא חָפַץ בּוֹ — מְדַכְּאוֹ בְּיִסּוּרִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַה׳ חָפֵץ דַּכְּאוֹ הֶחֱלִי״.
De même, Rava a dit que Rav Seḥora a dit que Rav Houna a dit : Quiconque fait les délices du Saint, béni soit-Il, Il l’accable de souffrances, comme il est dit : « Pourtant, celui en qui le Seigneur se complaît, Il l’accable de maladie ; pour voir si son âme s’offrirait en culpabilité, afin qu’il voie ses enfants, prolonge ses jours, et que le désir du Seigneur prospère par sa main » (Isaïe 53:10). Ce verset illustre que quiconque fait les délices de Dieu, Il l’afflige de maladie.
יָכוֹל אֲפִילּוּ לֹא קִבְּלָם מֵאַהֲבָה? — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אִם תָּשִׂים אָשָׁם נַפְשׁוֹ״, מָה אָשָׁם לְדַעַת, אַף יִסּוּרִין — לְדַעַת.
J’aurais pu penser que Dieu prend plaisir en lui même s’il n’accepte pas sa souffrance avec amour. C’est pourquoi le verset enseigne : « Si son âme s’offrait en culpabilité. » De même qu’une offrande de culpabilité est apportée en pleine conscience, puisqu’elle fait partie des sacrifices offerts volontairement, sans contrainte, de même sa souffrance doit être acceptée en pleine conscience.
וְאִם קִבְּלָם מַה שְּׂכָרוֹ: ״יִרְאֶה זֶרַע יַאֲרִיךְ יָמִים״. וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁתַּלְמוּדוֹ מִתְקַיֵּים בְּיָדוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְחֵפֶץ ה׳ בְּיָדוֹ יִצְלָח״.
Et si quelqu’un accepte cette souffrance avec amour, quelle est sa récompense ? Comme l’énonce la seconde partie du verset : « Qu’il voie ses enfants, qu’il prolonge ses jours. » De plus, en plus de ces récompenses terrestres, son étude de la Torah durera et son étude de la Torah réussira, comme il est dit : « Le dessein du Seigneur, » la Torah, la révélation de la volonté de Dieu, « prospérera par sa main. »
פְּלִיגִי בַּהּ רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי וְרַבִּי אַחָא בַּר חֲנִינָא. חַד אָמַר: אֵלּוּ הֵם יִסּוּרִין שֶׁל אַהֲבָה — כׇּל שֶׁאֵין בָּהֶן בִּטּוּל תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי הַגֶּבֶר אֲשֶׁר תְּיַסְּרֶנּוּ יָּהּ וּמִתּוֹרָתְךָ תְלַמְּדֶנּוּ״.
En ce qui concerne l’acceptation de l’affliction avec amour et ce que cela implique exactement, Rabbi Ya’akov bar Idi et Rabbi Aḥa bar Ḥanina sont en désaccord. L’un d’eux a dit : Les afflictions d’amour sont toutes celles qui n’entraînent pas de négligence dans l’étude de la Torah, c’est-à-dire toutes celles qui n’affligent pas son corps au point qu’il soit incapable d’étudier la Torah, comme il est dit : « Heureux l’homme que Tu affliges, Seigneur, et que Tu instruis de Ta Torah. » Les afflictions d’amour, c’est lorsque Tu « instruis de Ta Torah ».
וְחַד אָמַר: אֵלּוּ הֵן יִסּוּרִין שֶׁל אַהֲבָה — כׇּל שֶׁאֵין בָּהֶן בִּטּוּל תְּפִלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בָּרוּךְ אֱלֹהִים אֲשֶׁר לֹא הֵסִיר תְּפִלָּתִי וְחַסְדּוֹ מֵאִתִּי״.
Et l’un dit : Les afflictions d’amour sont toutes celles qui ne causent pas d’abandon dans la récitation de la prière, comme il est dit : « Béni soit Dieu, qui n’a pas détourné ma prière » (Psaumes 66:20). Malgré sa souffrance, l’affligé est encore capable de prier Dieu.
אָמַר לְהוּ רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, הָכִי אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵלּוּ וָאֵלּוּ יִסּוּרִין שֶׁל אַהֲבָה הֵן, שֶׁנֶּאֱמַר ״כִּי אֶת אֲשֶׁר יֶאֱהַב ה׳ יוֹכִיחַ״.
Rabbi Abba, fils de Rabbi Ḥiyya bar Abba, a dit : Mon père, Rabbi Ḥiyya bar Abba, a dit que Rabbi Yoḥanan a dit ce qui suit : Les deux, aussi bien les souffrances qui entraînent une négligence dans l’étude de la Torah que celles qui entraînent une négligence dans la récitation de la prière, sont des souffrances d’amour, car au sujet de celui qui souffre sans transgression, il est dit : « Car celui qu’Il aime, Il le réprimande, » et l’incapacité d’étudier la Torah et de prier fait partie de ses souffrances.
אֶלָּא מַה תַּלְמוּד לוֹמַר ״וּמִתּוֹרָתְךָ תְלַמְּדֶנּוּ״ — אַל תִּקְרֵי ״תְלַמְּדֶנּוּ״, אֶלָּא תְלַמְּדֵנוּ. דָּבָר זֶה — מִתּוֹרָתְךָ תְּלַמְּדֵנוּ.
Quel est donc le sens lorsque le verset déclare : « Et enseigne-lui de Ta Torah » ? Ne lis pas « et enseigne » au sens de « enseigne-lui », mais plutôt « enseigne-nous ». Tu nous enseignes la valeur de cette affliction à partir de Ta Torah.
קַל וָחוֹמֶר מִשֵּׁן וָעַיִן. מַה שֵּׁן וָעַיִן שֶׁהֵן אֶחָד מֵאֵבָרָיו שֶׁל אָדָם — עֶבֶד יוֹצֵא בָּהֶן לְחֵרוּת, יִסּוּרִין שֶׁמְּמָרְקִין כׇּל גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם — עַל אַחַת כַּמָּה וְכַמָּה.
Cela s’enseigne au moyen d’une inférence a fortiori tirée de la loi concernant la dent et l’œil d’un esclave : La dent et l’œil sont chacun un seul membre d’une personne et, si son maître endommage l’un d’eux, l’esclave obtient ainsi sa liberté ; une souffrance qui purifie tout le corps d’une personne, à plus forte raison lui fait atteindre la liberté, l’expiation, de ses péchés.
וְהַיְינוּ דְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ: נֶאֱמַר ״בְּרִית״ בְּמֶלַח, וְנֶאֱמַר ״בְּרִית״ בְּיִסּוּרִין, נֶאֱמַר ״בְּרִית״ בְּמֶלַח, דִּכְתִיב: ״וְלֹא תַשְׁבִּית מֶלַח בְּרִית״ וְנֶאֱמַר ״בְּרִית״ בְּיִסּוּרִין, דִּכְתִיב: ״אֵלֶּה דִבְרֵי הַבְּרִית״, מַה ״בְּרִית״ הָאָמוּר בְּמֶלַח — מֶלַח מְמַתֶּקֶת אֶת הַבָּשָׂר, אַף ״בְּרִית״ הָאָמוּר בְּיִסּוּרִין — יִסּוּרִין מְמָרְקִין כׇּל עֲוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם.
Et c’est là l’enseignement de Rabbi Shimon ben Lakish, car Rabbi Shimon ben Lakish a dit : Le mot alliance est employé au sujet du sel, et le mot alliance est employé au sujet des afflictions. Le mot alliance est employé au sujet du sel, comme il est écrit : « Le sel de l’alliance avec ton Dieu ne doit pas être omis de ton offrande de grain ; avec tous tes sacrifices tu offriras du sel » (Lévitique 2:13). Et le mot alliance est employé au sujet des afflictions, comme il est écrit : « Voici les paroles de l’alliance » (Deutéronome 28:69). De même que, dans l’alliance mentionnée au sujet du sel, le sel adoucit le goût de la viande et la rend comestible, de même dans l’alliance mentionnée au sujet de la souffrance, la souffrance purifie les transgressions d’une personne, la purifiant pour une existence plus sublime.
תַּנְיָא, רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי אוֹמֵר: שָׁלֹשׁ מַתָּנוֹת טוֹבוֹת נָתַן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל, וְכוּלָּן לֹא נְתָנָן אֶלָּא עַל יְדֵי יִסּוּרִין, אֵלּוּ הֵן: תּוֹרָה וְאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל וְהָעוֹלָם הַבָּא.
De plus, il a été enseigné dans une baraita au sujet de la souffrance : Rabbi Shimon ben Yoḥai dit : Le Saint, béni soit-Il, a donné à Israël trois dons précieux, qui n’ont tous été donnés que par le biais de la souffrance, laquelle a purifié Israël afin qu’ils méritent de les recevoir. Ces dons sont : Torah, Eretz Yisrael et le Monde à venir.
תּוֹרָה מִנַּיִן — שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי הַגֶּבֶר אֲשֶׁר תְּיַסְּרֶנּוּ יָּהּ וּמִתּוֹרָתְךָ תְלַמְּדֶנּוּ״.
D’où est-il déduit que la Torah ne s’acquiert que par le biais de la souffrance ? Comme il est dit : « Heureux l’homme que Tu affliges, Seigneur, » après quoi il est dit : « et Tu lui enseignes de Ta Torah. »
אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״כִּי כַּאֲשֶׁר יְיַסֵּר אִישׁ אֶת בְּנוֹ ה׳ אֱלֹהֶיךָ מְיַסְּרֶךָּ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״כִּי ה׳ אֱלֹהֶיךָ מְבִיאֲךָ אֶל אֶרֶץ טוֹבָה״.
Eretz Yisrael, comme il est écrit : « Comme un homme reprend son fils, ainsi le Seigneur ton Dieu te reprend » (Deutéronome 8:5), et il est écrit ensuite : « Car le Seigneur ton Dieu te conduira vers une bonne terre » (Deutéronome 8:7).
הָעוֹלָם הַבָּא, דִּכְתִיב: ״כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר וְדֶרֶךְ חַיִּים תּוֹכְחוֹת מוּסָר״.
Le Monde à Venir, comme il est écrit : « Car la mitzva est une lampe, la Torah est lumière, et les réprimandes de l’instruction sont le chemin de la vie » (Proverbes 6:23). On ne peut parvenir à la lampe de la mitzva et à la lumière de la Torah qui existent dans le Monde à Venir que par le moyen des réprimandes de l’instruction dans ce monde.
תָּנֵי תַּנָּא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים
Un tanna a enseigné la baraita suivante devant Rabbi Yoḥanan : Si quelqu’un s’adonne à la Torah et à des actes de charité