תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאֶה בָּתֵּי יִשְׂרָאֵל בְּיִשּׁוּבָן, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מַצִּיב גְּבוּל אַלְמָנָה״. בְּחוּרְבָּנָן, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ דַּיַּין הָאֱמֶת״. בָּתֵּי אוּמּוֹת הָעוֹלָם בְּיִשּׁוּבָן, אוֹמֵר: ״בֵּית גֵּאִים יִסַּח ה׳״. בְּחוּרְבָּנָן, אוֹמֵר: ״אֵל נְקָמוֹת ה׳ אֵל נְקָמוֹת הוֹפִיעַ״.
Les Sages ont enseigné : Celui qui voit les maisons d’Israël habitées et paisibles récite : Béni… Celui qui établit la frontière de la veuve. Celui qui les voit en ruines récite : Béni… le Juge véritable. Celui qui voit les maisons des nations du monde habitées récite : « Le Seigneur détruira la maison des orgueilleux, mais Il établira la frontière de la veuve » (Proverbes 15:25). Et s’il les voit en ruines il récite : « Dieu des vengeances, Seigneur, Dieu des vengeances, resplendis » (Psaumes 94:1).
עוּלָּא וְרַב חִסְדָּא הֲווֹ קָא אָזְלִי בְּאוֹרְחָא. כִּי מְטוֹ אַפִּתְחָא דְּבֵי רַב חָנָא בַּר חֲנִילַאי נְגַד רַב חִסְדָּא וְאִתְּנַח. אֲמַר לֵיהּ עוּלָּא: אַמַּאי קָא מִתְּנַחַתְּ? וְהָאָמַר רַב: אֲנָחָה שׁוֹבֶרֶת חֲצִי גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה בֶן אָדָם הֵאָנַח בְּשִׁבְרוֹן מׇתְנַיִם וְגוֹ׳״. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר אַף כׇּל גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהָיָה כִּי יֹאמְרוּ אֵלֶיךָ עַל מָה אַתָּה נֶאֱנָח וְאָמַרְתָּ אֶל שְׁמוּעָה כִי בָאָה וְנָמֵס כׇּל לֵב וְגוֹ׳״.
La Guemara rapporte que Ulla et Rav Ḥisda marchaient un jour sur la route lorsqu’ils arrivèrent à l’entrée de la maison de Rav Ḥana bar Ḥanilaï. Rav Ḥisda gémit et soupira. Ulla lui demanda : Pourquoi soupires-tu ? Rav n’a-t-il pas dit : Soupirer brise la moitié du corps d’une personne ? Comme il est dit : « Gémis donc, fils de l’homme, avec le brisement de tes reins » (Ézéchiel 21:11) ; le soupir brise la personne jusqu’aux reins. Et Rabbi Yoḥanan a dit que le soupir brise même le corps entier d’une personne, comme il est dit : « Et il arrivera que, lorsqu’ils te diront : Pourquoi soupires-tu ? tu diras : À cause de la nouvelle, car elle vient ; et tout cœur fondra, et toutes les mains faibliront, et tout esprit défaillira, et tous les genoux se dissoudront en eau » (Ézéchiel 21:12).
אֲמַר לֵיהּ: הֵיכִי לָא אֶתְּנַח — בֵּיתָא דַּהֲווֹ בַּהּ שִׁיתִּין אָפְיָיתָא בִּימָמָא וְשִׁיתִּין אָפְיָיתָא בְּלֵילְיָא, וְאָפְיָין לְכׇל מַאן דִּצְרִיךְ, וְלָא שְׁקַל יְדָא מִן כִּיסָא, דִּסְבַר דִּילְמָא אָתֵי עָנֵי בַּר טוֹבִים וְאַדְּמָטוּ לֵיהּ לְכִיסָא קָא מִכְּסִיף. וְתוּ, הֲווֹ פְּתִיחִין לֵיהּ אַרְבַּע בָּבֵי לְאַרְבַּע רוּחָתָא דְעָלְמָא, וְכֹל דַּהֲוָה עָיֵיל כָּפֵין נָפֵיק כִּי שָׂבַע. וַהֲווֹ שָׁדוּ לֵיהּ חִטֵּי וּשְׂעָרֵי בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת אַבָּרַאי, דְּכׇל מַאן דִּכְסִיפָא מִילְּתָא לְמִשְׁקַל בִּימָמָא, אָתֵי וְשָׁקֵיל בְּלֵילְיָא. הַשְׁתָּא נְפַל בְּתִלָּא — וְלָא אֶתְּנַח?
Rav Ḥisda dit à Oulla : Comment pourrais-je ne pas soupirer ? Nous voyons cette maison où il y avait soixante cuisiniers le jour et soixante cuisiniers la nuit, qui cuisinaient pour quiconque était dans le besoin, et Rav Ḥana ne retirait jamais sa main de sa poche parce qu’il pensait : Peut-être qu’une personne pauvre de bonne famille viendra et, dans le temps qui s’écoulerait jusqu’à ce qu’il mette sa main dans sa poche pour lui donner la charité, la personne pauvre serait embarrassée. De plus, cette maison avait quatre portes ouvertes dans les quatre directions, et quiconque entrait affamé repartait rassasié. Et ils dispersaient du blé et de l’orge dehors pendant les années de sécheresse afin que quiconque était embarrassé de prendre le grain pendant la journée puisse venir le prendre la nuit. Maintenant que la maison est tombée en ruines, comment pourrais-je ne pas soupirer ?
אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן — מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נִגְזְרָה גְּזֵירָה עַל בָּתֵּיהֶן שֶׁל צַדִּיקִים שֶׁיֶּחֶרְבוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּאׇזְנָי ה׳ צְבָאוֹת אִם לֹא בָּתִּים רַבִּים לְשַׁמָּה יִהְיוּ גְּדֹלִים וְטוֹבִים מֵאֵין יוֹשֵׁב״. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִירָן לְיִשּׁוּבָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שִׁיר הַמַּעֲלוֹת לְדָוִד הַבֹּטְחִים בַּה׳ כְּהַר צִיּוֹן״. מָה הַר צִיּוֹן עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִירוֹ לְיִשּׁוּבוֹ, אַף בָּתֵּיהֶן שֶׁל צַדִּיקִים עָתִיד הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְהַחֲזִירָן לְיִשּׁוּבָן. חַזְיֵיהּ דְּלָא מְיַישְּׁבָא דַּעְתֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: דַּיּוֹ לְעֶבֶד שֶׁיְּהֵא כְּרַבּוֹ.
Oulla dit à Rav Ḥisda : Tu n’as rien au sujet de quoi soupirer, car rabbi Yoḥanan a dit ce qui suit : Depuis le jour où le Temple a été détruit, un décret a été prononcé contre les maisons des justes, selon lequel elles seraient détruites, comme il est dit : « À mes oreilles a dit le Seigneur des armées : En vérité, beaucoup de maisons seront désolées, même grandes et belles, sans habitant » (Isaïe 5:9). Et rabbi Yoḥanan a dit : Dans le futur, à la fin des jours, le Saint, béni soit-Il, les rétablira à leurs emplacements d’origine et à leur état habité, comme il est dit : « Cantique des degrés, de David. Ceux qui ont confiance dans le Seigneur sont comme le mont Sion, qui ne peut être ébranlé, mais demeure à jamais » (Psaumes 125:1). De ce verset, on peut déduire que, de même que dans le futur le Saint, béni soit-Il, rétablira le mont Sion à son état habité, de même, dans le futur, le Saint, béni soit-Il, rétablira les maisons des justes à leur état habité, tu n’as donc aucune raison de soupirer. Voyant qu’il n’était toujours pas satisfait, Oulla lui dit : Il suffit au serviteur d’être comme son maître. Puisque Dieu laisse Sa maison, le Saint Temple, en ruines, on ne doit pas s’affliger de la destruction des maisons des justes.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאֶה קִבְרֵי יִשְׂרָאֵל, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … אֲשֶׁר יָצַר אֶתְכֶם בַּדִּין, וְזָן אֶתְכֶם בַּדִּין, וְכִלְכֵּל אֶתְכֶם בַּדִּין, וְאָסַף אֶתְכֶם בַּדִּין, וְעָתִיד לַהֲקִימְכֶם בַּדִּין״. מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא מְסַיֵּים בַּהּ, מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: ״וְיוֹדֵעַ מִסְפַּר כּוּלְּכֶם, וְהוּא עָתִיד לְהַחְיוֹתְכֶם וּלְקַיֵּים אֶתְכֶם. בָּרוּךְ … מְחַיֵּה הַמֵּתִים״. קִבְרֵי גוֹיִם, אוֹמֵר: ״בּוֹשָׁה אִמְּכֶם וְגוֹ׳״.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui qui voit les tombes d’Israël récite :
Béni… Celui qui vous a formés avec jugement,
et Celui qui vous a nourris avec jugement,
et Celui qui vous a soutenus avec jugement,
et a recueilli votre âme avec jugement,
et à l’avenir vous relèvera d’entre les morts avec jugement.
Et Mar, fils de Ravina, conclut la formule de cette bénédiction au nom de Rav Naḥman :
Et Celui qui connaît votre nombre à tous,
et qui à l’avenir vous rendra à la vie et vous soutiendra.
Béni… Celui qui fait revivre les morts.
Celui qui voit les tombes des gentils récite : « Votre mère sera profondément honteuse, celle qui vous a enfantés sera confuse ; voici, la dernière des nations sera un désert, une terre aride et une solitude » (Jérémie 50:12).
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָרוֹאֶה אֶת חֲבֵירוֹ לְאַחַר שְׁלֹשִׁים יוֹם, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁהֶחֱיָינוּ וְקִיְּימָנוּ וְהִגִּיעָנוּ לַזְּמַן הַזֶּה״. לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְחַיֵּה הַמֵּתִים״. אָמַר רַב: אֵין הַמֵּת מִשְׁתַּכֵּחַ מִן הַלֵּב אֶלָּא לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״נִשְׁכַּחְתִּי כְּמֵת מִלֵּב הָיִיתִי כִּכְלִי אוֹבֵד״.
Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Celui qui voit son ami après trente jours écoulés depuis la dernière fois qu’il l’a vu récite : Béni…Qui nous a donné la vie, nous a soutenus et nous a fait parvenir à ce moment. Celui qui voit son ami après douze mois récite : Béni…Qui fait revivre les morts. Car Rav a dit : Une personne morte n’est oubliée du cœur qu’après douze mois écoulés, comme il est dit : « Je suis oublié comme un mort, hors de l’esprit ; je suis comme un vase perdu » (Psaumes 31:13), et en ce qui concerne les lois des objets perdus, il est dans la nature humaine de désespérer de retrouver un objet perdu après douze mois (voir Bava Metzia 28a).
רַב פָּפָּא וְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ הֲווֹ קָאָזְלִי בְּאוֹרְחָא. פְּגַעוּ בֵּיהּ בְּרַב חֲנִינָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא. אֲמַרוּ לֵיהּ: בַּהֲדֵי דַּחֲזֵינָךְ בָּרֵיכִינַן עֲלָךְ תַּרְתֵּי: ״בָּרוּךְ … אֲשֶׁר חָלַק מֵחׇכְמָתוֹ לִירֵאָיו״ וְ״שֶׁהֶחֱיָינוּ״. אֲמַר לְהוּ: אֲנָא נָמֵי, כֵּיוָן דַּחֲזִתִינְכוּ חַשֵּׁבְתִּינְכוּ עִלָּוַאי כְּשִׁיתִּין רִבְּווֹן בֵּית יִשְׂרָאֵל, וּבָרֵיכְנָא עֲלַיְיכוּ תְּלָתָא: הָנָךְ תַּרְתֵּי, וּ״בָרוּךְ … חֲכַם הָרָזִים״. אֲמַרוּ לֵיהּ: חֲכִימַתְּ כּוּלֵּי הַאי! יָהֲבִי בֵּיהּ עֵינַיְיהוּ, וּשְׁכֵיב.
La Guemara raconte : Rav Pappa et Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, marchaient un jour sur la route lorsqu’ils rencontrèrent Rav Ḥanina, fils de Rav Ika. Ils lui dirent : Quand nous t’avons vu, nous avons récité deux bénédictions à l’occasion de te rencontrer : Béni…Qui a partagé de Sa sagesse avec ceux qui Le révèrent, et : Qui nous a donné la vie… car ils ne l’avaient pas vu depuis plus d’un mois. Il leur dit : Moi aussi, dès que je vous ai vus, je vous ai considérés à mes yeux comme l’équivalent de six cent mille de la maison d’Israël, et j’ai récité sur vous trois bénédictions. J’ai récité ces deux-là que vous avez récitées, ainsi que : Béni…Qui connaît tous les secrets, qui est la bénédiction récitée lorsqu’on voit six cent mille Israélites. Ils lui dirent : Es-tu si sage que cela ? Ils fixèrent leur regard sur lui, et il mourut.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הָרוֹאֶה אֶת הַבַּהֲקָנִים, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְשַׁנֶּה הַבְּרִיּוֹת״. מֵיתִיבִי: רָאָה אֶת הַכּוּשִׁי, וְאֶת הַגִּיחוֹר, וְאֶת הַלַּוְוקָן, וְאֶת הַקִּפֵּחַ, וְאֶת הַנַּנָּס, וְאֶת הַדַּרְנִיקוֹס, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְשַׁנֶּה אֶת הַבְּרִיּוֹת״. אֶת הַקִּטֵּעַ, וְאֶת הַסּוֹמֵא, וְאֶת פְּתוּיֵי הָרֹאשׁ, וְאֶת הַחִגֵּר, וְאֶת הַמּוּכֵּה שְׁחִין, וְאֶת הַבַּהֲקָנִים, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … דַּיֵּין אֱמֶת״!
La Guemara continue de discuter de l’obligation de réciter une bénédiction sur des phénomènes inhabituels. Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Celui qui voit des personnes tachetées récite : Béni…Qui rend les créatures différentes. La Guemara soulève une objection : Celui qui voit une personne à la peau anormalement noire, une personne à la peau anormalement rouge, une personne à la peau anormalement blanche [lavkan], une personne anormalement grande et mince, un nain, ou une personne couverte de verrues [darnikos] récite : Béni…Qui rend les créatures différentes. Cependant, celui qui voit un amputé, un aveugle, une personne à la tête aplatie, un boiteux, une personne atteinte de furoncles, ou des personnes tachetées récite : Béni…le Juge véritable, et non : Qui rend les créatures différentes.
לָא קַשְׁיָא: הָא מִמְּעֵי אִמּוֹ, הָא בָּתַר דְּאִיתְיְלִיד. דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי דּוּמְיָא דְּקִטֵּעַ. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ceci, où Rabbi Yehoshua ben Levi dit de réciter : Celui qui rend les créatures différentes, fait référence à un cas où la personne était tachetée depuis le moment où elle était dans le ventre de sa mère, c’est-à-dire depuis la naissance. Tandis que ceci, où l’on récite : Le Juge véritable, fait référence à un cas où la personne n’est devenue tachetée qu’après sa naissance. La Guemara remarque : Le langage de la baraitaest également précis en établissant un parallèle avec d’autres cas, car elle a enseigné qu’une personne tachetée est semblable à un amputé, ce qui, en général, est un handicap survenu après la naissance. La Guemara conclut : En effet, conclus-en cela.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאָה פִּיל, קוֹף וְקִפֹוף, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … מְשַׁנֶּה אֶת הַבְּרִיּוֹת״. רָאָה בְּרִיּוֹת טוֹבוֹת, וְאִילָנוֹת טוֹבוֹת, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁכָּכָה לוֹ בְּעוֹלָמוֹ״.
Les Sages ont enseigné : Celui qui voit un éléphant, un singe ou un vautour (Rachi) récite : Béni… qui rend les créatures שונות. Celui qui a vu de belles ou autrement remarquables créatures ou de beaux arbres récite : Béni… qui a de telles choses dans Son monde.
עַל הַזִּיקִין: מַאי זִיקִין? אָמַר שְׁמוּאֵל: כּוֹכְבָא דְּשָׁבֵיט. וְאָמַר שְׁמוּאֵל: נְהִירִין לִי שְׁבִילֵי דִשְׁמַיָּא כִּשְׁבִילֵי דִנְהַרְדָּעָא, לְבַר מִכּוֹכְבָא דְּשָׁבֵיט דְּלָא יָדַעְנָא מַאי נִיהוּ. וּגְמִירִי דְּלָא עָבַר כִּסְלָא, וְאִי עָבַר כִּסְלָא — חָרֵב עָלְמָא. וְהָא קָא חָזֵינַן דְּעָבַר! — זִיוֵיהּ הוּא דְּעָבַר, וּמִתְחֲזֵי כִּדְעָבַר אִיהוּ. רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ אָמַר: וִילוֹן הוּא דְּמִקְּרַע, דְּמִגַּלְגַּל וּמִחֲזֵי נְהוֹרָא דְרָקִיעַ. רַב אָשֵׁי אָמַר: כּוֹכְבָא הוּא דְּעָקַר מֵהַאי גִּיסָא דְכִסְלָא וְחָזֵי לֵיהּ חַבְרֵיהּ מֵהַךְ גִּיסָא, וּמִיבְּעִית, וּמִחֲזֵי כְּמַאן דְּעָבַר.
Nous avons appris dans la michna qu’au sujet de zikin, on récite : Celui dont la force et la puissance remplissent le monde. La Guemara demande : Que sont les zikin ? Shmuel a dit : Une comète. Shmuel a également dit : Les chemins du ciel me sont aussi clairs que les chemins de ma ville, Neharde’a, sauf les comètes, dont je ne sais pas ce qu’elles sont. Et nous apprenons par tradition qu’une comète ne passe pas la constellation d’Orion, et si elle passe Orion, le monde sera détruit. La Guemara demande : Ne voyons-nous pas que les comètes passent Orion ? La Guemara rejette cela : L’aura de la comète passe Orion et il semble comme si la comète elle-même passait. Rav Houna, fils de Rav Yehoshua, a dit une réponse différente : C’est simplement que vilon, l’un des firmaments, se déchire et se replie, et la lumière du firmament suivant est visible, et cela ressemble à une comète. Rav Ashi a dit une autre explication : Ce n’est pas une comète qui passe Orion, mais une étoile qui est arrachée d’un côté d’Orion, et une autre étoile, de l’autre côté d’Orion, la voit et s’effraie et tremble, et semble comme si elle passait.
שְׁמוּאֵל רָמֵי. כְּתִיב ״עֹשֶׂה עָשׁ כְּסִיל וְכִימָה״, וּכְתִיב: ״עֹשֵׂה כִימָה וּכְסִיל״. הָא כֵּיצַד? אִלְמָלֵא חַמָּה שֶׁל כְּסִיל, לֹא נִתְקַיֵּים עוֹלָם מִפְּנֵי צִינָּה שֶׁל כִּימָה, וְאִלְמָלֵא צִינָּה שֶׁל כִּימָה — לֹא נִתְקַיֵּים עוֹלָם מִפְּנֵי חַמָּה שֶׁל כְּסִיל.
Au sujet des étoiles, la Guemara note que Shmuel a soulevé une contradiction entre les implications de deux versets concernant les constellations. D’une part, il est écrit : « Celui qui fait la Grande Ourse, Orion et les Pléiades, et les chambres du sud » (Job 9:9) ; Orion précède les Pléiades. Et, d’autre part, il est écrit : « Lui qui fait les Pléiades et Orion » (Amos 5:8) ; les Pléiades précèdent Orion. Alors, comment cela se concilie-t-il ? La Guemara répond : n’était-ce la chaleur d’Orion, l’univers ne pourrait exister à cause du froid des Pléiades ; et inversement, n’était-ce le froid des Pléiades, l’univers ne pourrait exister à cause de la chaleur d’Orion.
וּגְמִירִי אִי לָאו עוּקְצָא דְעַקְרַבָּא דְּמַנַּח בִּנְהַר דִּינוּר, כֹּל מַאן דַּהֲוָה טָרְקָא לֵיהּ עַקְרַבָּא לָא הֲוָה חָיֵי. וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא לְאִיּוֹב: ״הַתְקַשֵּׁר מַעֲדַנּוֹת כִּימָה אוֹ מֹשְׁכוֹת כְּסִיל תְּפַתֵּחַ״.
Et nous avons appris une tradition selon laquelle si la queue de la constellation du Scorpion ne reposait pas dans le Fleuve de Feu, quiconque serait piqué par un scorpion ne survivrait pas. Et c’est ce que le Miséricordieux dit à Job au sujet de la relation entre la chaleur et le froid parmi les étoiles : « Peux-tu nouer les liens des Pléiades ou desserrer les attaches d’Orion ? » (Job 38:31) ; Dieu alterne le renforcement du pouvoir de différentes constellations afin d’élever ou d’abaisser la température.
מַאי ״כִּימָה״? אָמַר שְׁמוּאֵל: כִּמְאָה כֹּכְבֵי. אָמְרִי לַהּ דִּמְכַנְּפִי, וְאָמְרִי לַהּ דִּמְבַדְּרָן.
Concernant les Pléiades, la Guemara demande : Que sont les Pléiades [Kima] ? Pourquoi sont-elles appelées par ce nom ? Shmuel a dit : Parce qu’il y a environ cent [keme’a] étoiles, car c’est le nombre d’étoiles dans cette constellation ; certains disent qu’elles sont concentrées et certains disent qu’elles sont dispersées.
מַאי ״עָשׁ״? אָמַר רַב יְהוּדָה: יוֹתָא. מַאי ״יוֹתָא״? אָמְרִי לַהּ זְנַב טָלֶה. וְאָמְרִי לַהּ רֵישָׁא דְעִגְלָא. וּמִסְתַּבְּרָא כְּמַאן דְּאָמַר זְנַב טָלֶה, דִּכְתִיב: ״וְעַיִשׁ עַל בָּנֶיהָ תַנְחֵם״. אַלְמָא חָסְרָה וּמִתְחַזְיָא
Concernant le verset : “Qui fait la Grande Ourse, Orion et les Pléiades” (Job 9:9), la Guemara demande : Qu’est-ce que la Grande Ourse [Ash] ? Rav Yehuda a dit : C’est l’étoile appelée Yota. Ce nom aussi était peu familier, alors la Guemara demande : Qu’est-ce que Yota ? Il y a un désaccord ; certains disent que Yota est le groupe d’étoiles constituant la queue du Bélier, tandis que d’autres disent que Yota appartient à la tête du Taureau. La Guemara conclut : Et cela est logique conformément à l’avis de celui qui a dit que Yota est le groupe d’étoiles constituant la queue du Bélier, comme il est écrit : “Ou peux-tu guider la Grande Ourse avec ses petits ?” (Job 38:32) ; apparemment elle était incomplète et la queue apparaît