אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה בֶּן אֶלְעָזָר: נִתְקַלְּלָה בָּבֶל — נִתְקַלְּלוּ שְׁכֵנֶיהָ. נִתְקַלְּלָה שׁוֹמְרוֹן — נִתְבָּרְכוּ שְׁכֵנֶיהָ: נִתְקַלְּלָה בָּבֶל — נִתְקַלְּלוּ שְׁכֵנֶיהָ, דִּכְתִיב: ״וְשַׂמְתִּיהָ לְמוֹרַשׁ קִפֹּד וְאַגְמֵי מָיִם״. נִתְקַלְּלָה שׁוֹמְרוֹן נִתְבָּרְכוּ שְׁכֵנֶיהָ — דִּכְתִיב: ״וְשַׂמְתִּי שֹׁמְרוֹן לְעִי הַשָּׂדֶה לְמַטָּעֵי כָרֶם וְגוֹ׳״.
En ce qui concerne Babylone, la Guemara cite ce que Rabbi Yirmeya ben Elazar a dit : Lorsque Babylone fut maudite, ses voisins furent maudits avec elle. Lorsque Samarie fut maudite, ses voisins furent bénis. Lorsque Babylone fut maudite, ses voisins furent maudits avec elle, comme il est écrit : « Je ferai aussi d’elle la possession du butor, un oiseau échassier, et des mares d’eau » (Isaïe 14:23) ; non seulement elle sera détruite, mais le site deviendra un habitat pour des créatures destructrices et nuisibles à l’environnement. Lorsque Samarie fut maudite, en revanche, ses voisins furent bénis, comme il est écrit : « C’est pourquoi je ferai de Samarie un monceau dans les champs, un lieu pour planter des vignes » (Michée 1:6) ; bien que détruite, elle servira à une fin bénéfique.
וְאָמַר רַב הַמְנוּנָא: הָרוֹאֶה אוּכְלוּסֵי יִשְׂרָאֵל, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … חֲכַם הָרָזִים״. אוּכְלוּסֵי גּוֹיִם, אוֹמֵר: ״בּוֹשָׁה אִמְּכֶם וְגוֹ׳״.
Et Rav Hamnuna a dit : Celui qui voit des multitudes d’Israël, six cent mille Juifs, récite : Béni… Celui qui connaît tous les secrets. Celui qui voit des multitudes de gentils récite : « Ta mère sera profondément honteuse, celle qui t’a enfanté sera confuse ; voici, la dernière des nations sera un désert, une terre sèche et une solitude » (Jérémie 50:12).
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאֶה אוּכְלוּסֵי יִשְׂרָאֵל, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … חֲכַם הָרָזִים״ — שֶׁאֵין דַּעְתָּם דּוֹמָה זֶה לָזֶה, וְאֵין פַּרְצוּפֵיהֶן דּוֹמִים זֶה לָזֶה. בֶּן זוֹמָא רָאָה אוּכְלוּסָא עַל גַּב מַעֲלָה בְּהַר הַבַּיִת, אָמַר: ״בָּרוּךְ … חֲכַם הָרָזִים וּבָרוּךְ … שֶׁבָּרָא כׇּל אֵלּוּ לְשַׁמְּשֵׁנִי״.
Les Sages ont enseigné dans une Tosefta : Celui qui voit des multitudes d’Israël récite : Béni… Celui qui connaît tous les secrets. Pourquoi cela ? Il voit toute une nation dont les esprits ne se ressemblent pas et dont les visages ne se ressemblent pas, et Celui qui connaît tous les secrets, Dieu, sait ce qu’il y a dans le cœur de chacun d’eux. La Guemara raconte : Ben Zoma vit un jour une multitude [okhlosa] d’Israël alors qu’il se tenait sur une marche du Mont du Temple. Il récita immédiatement : Béni… Celui qui connaît tous les secrets, et Béni… Celui qui a créé tous ceux-ci pour me servir.
הוּא הָיָה אוֹמֵר: כַּמָּה יְגִיעוֹת יָגַע אָדָם הָרִאשׁוֹן עַד שֶׁמָּצָא פַּת לֶאֱכוֹל: חָרַשׁ, וְזָרַע, וְקָצַר, וְעִמֵּר, וְדָשׁ, וְזָרָה, וּבָרַר, וְטָחַן, וְהִרְקִיד, וְלָשׁ, וְאָפָה, וְאַחַר כָּךְ אָכַל. וַאֲנִי מַשְׁכִּים וּמוֹצֵא כׇּל אֵלּוּ מְתוּקָּנִין לְפָנַי. וְכַמָּה יְגִיעוֹת יָגַע אָדָם הָרִאשׁוֹן עַד שֶׁמָּצָא בֶּגֶד לִלְבּוֹשׁ: גָּזַז, וְלִבֵּן, וְנִפֵּץ, וְטָוָה, וְאָרַג, וְאַחַר כָּךְ מָצָא בֶּגֶד לִלְבּוֹשׁ, וַאֲנִי מַשְׁכִּים וּמוֹצֵא כׇּל אֵלֶּה מְתוּקָּנִים לְפָנַי. כׇּל אוּמּוֹת שׁוֹקְדוֹת וּבָאוֹת לְפֶתַח בֵּיתִי, וַאֲנִי מַשְׁכִּים וּמוֹצֵא כׇּל אֵלּוּ לְפָנַי.
Expliquant sa coutume, il disait : Combien d’efforts Adam, le premier homme, a-t-il déployés avant de trouver du pain à manger : Il a labouré, semé, moissonné, mis en gerbes, battu, vanné au vent, séparé le grain de la balle, moulu le grain en farine, tamisé, pétri et cuit, et ce n’est qu’ensuite qu’il a mangé. Et moi, en revanche, je me réveille et trouve tout cela préparé pour moi. La société humaine repose sur une division du travail, et chaque individu bénéficie du service du monde entier. De même, combien d’efforts Adam, le premier homme, a-t-il déployés avant de trouver un vêtement à porter ? Il a tondu, lavé, cardé, filé et tissé, et ce n’est qu’ensuite qu’il a trouvé un vêtement à porter. Et moi, en revanche, je me réveille et trouve tout cela préparé pour moi. Des membres de toutes les nations, marchands et artisans, viennent assidûment à l’entrée de ma maison, et je me réveille et trouve tout cela devant moi.
הוּא הָיָה אוֹמֵר: אוֹרֵחַ טוֹב מַהוּ אוֹמֵר? — כַּמָּה טְרָחוֹת טָרַח בַּעַל הַבַּיִת בִּשְׁבִילִי, כַּמָּה בָּשָׂר הֵבִיא לְפָנַי, כַּמָּה יַיִן הֵבִיא לְפָנַי, כַּמָּה גְּלוּסְקָאוֹת הֵבִיא לְפָנַי, וְכׇל מַה שֶּׁטָּרַח — לֹא טָרַח אֶלָּא בִּשְׁבִילִי. אֲבָל אוֹרֵחַ רַע מַהוּ אוֹמֵר? — מַה טּוֹרַח טָרַח בַּעַל הַבַּיִת זֶה? פַּת אַחַת אָכַלְתִּי, חֲתִיכָה אַחַת אָכַלְתִּי, כּוֹס אֶחָד שָׁתִיתִי, כׇּל טוֹרַח שֶׁטָּרַח בַּעַל הַבַּיִת זֶה — לֹא טָרַח אֶלָּא בִּשְׁבִיל אִשְׁתּוֹ וּבָנָיו.
Ben Zoma avait coutume de dire : Un bon invité, que dit-il ? Combien d’efforts l’hôte a déployés en ma faveur, combien de viande il l’hôte a apportée devant moi. Combien de vin il a apporté devant moi. Combien de pains [geluskaot] il a apportés devant moi. Tous les efforts qu’il a déployés, il ne les a déployés que pour moi. Cependant, un mauvais invité, que dit-il ? Quels efforts l’hôte a-t-il déployés ? J’ai mangé seulement un morceau de pain, j’ai mangé seulement un morceau de viande et j’ai bu seulement une coupe de vin. Tous les efforts que le maître de maison a déployés, il ne les a déployés qu’en faveur de sa femme et de ses enfants.
עַל אוֹרֵחַ טוֹב מַהוּ אוֹמֵר? — ״זְכֹר כִּי תַשְׂגִּיא פׇעֳלוֹ אֲשֶׁר שֹׁרְרוּ אֲנָשִׁים״. עַל אוֹרֵחַ רַע כְּתִיב: ״לָכֵן יְרֵאוּהוּ אֲנָשִׁים וְגוֹ׳״.
En ce qui concerne un bon invité, que dit-il ? « Souviens-toi que tu magnifies son œuvre, dont les hommes ont chanté » (Job 36:24) ; il loue et reconnaît ceux qui l’ont aidé. En ce qui concerne un mauvais invité, il est écrit : « C’est pourquoi les hommes le craignent ; il ne considère aucun de ceux qui sont sages de cœur » (Job 37:24).
״וְהָאִישׁ בִּימֵי שָׁאוּל זָקֵן בָּא בַאֲנָשִׁים״. אָמַר רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַב זְבִיד, וְאִיתֵּימָא רַב אוֹשַׁעְיָא: זֶה יִשַׁי אֲבִי דָּוִד שֶׁיָּצָא בְּאוּכְלוּסָא, וְנִכְנַס בְּאוּכְלוּסָא, וְדָרַשׁ בְּאוּכְלוּסָא. אָמַר עוּלָּא: נְקִיטִינַן אֵין אוּכְלוּסָא בְּבָבֶל. תָּנָא: אֵין אוּכְלוּסָא פְּחוּתָה מִשִּׁשִּׁים רִבּוֹא.
Au sujet des multitudes, la Guemara cite un autre verset : « Et l’homme aux jours de Saül était vieux, et venait parmi les hommes » (I Samuel 17:12). Rava, et certains disent Rav Zevid, et certains disent Rav Oshaya, a dit : Cela fait référence à Yishai, père de David, qui toujours sortait avec des multitudes, et entrait avec des multitudes, et enseignait la Torah avec des multitudes. Ulla a dit : Nous soutenons qu’il n’y a pas de multitude en Babylonie. Le Sage a enseigné : Une multitude n’est pas moins de six cent mille personnes.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָרוֹאֶה חַכְמֵי יִשְׂרָאֵל, אוֹמֵר ״בָּרוּךְ … שֶׁחָלַק מֵחׇכְמָתוֹ לִירֵאָיו״. חַכְמֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁנָּתַן מֵחׇכְמָתוֹ לְבָשָׂר וָדָם״. הָרוֹאֶה מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁחָלַק מִכְּבוֹדוֹ לִירֵאָיו״. מַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ … שֶׁנָּתַן מִכְּבוֹדוֹ לְבָשָׂר וָדָם״.
Les Sages ont enseigné : Celui qui voit les Sages d’Israël récite : Béni…Qui a partagé de Sa sagesse avec ceux qui Le révèrent. Celui qui voit les Sages des nations du monde récite : Béni…Qui a donné de Sa sagesse à la chair et au sang. Celui qui voit les rois d’Israël récite : Béni…Qui a partagé de Sa gloire avec ceux qui Le révèrent. Celui qui voit les rois des autres nations du monde récite : Béni…Qui a donné de Sa gloire à la chair et au sang.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לְעוֹלָם יִשְׁתַּדֵּל אָדָם לָרוּץ לִקְרַאת מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל. וְלֹא לִקְרַאת מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל בִּלְבַד, אֶלָּא אֲפִילּוּ לִקְרַאת מַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם, שֶׁאִם יִזְכֶּה — יַבְחִין בֵּין מַלְכֵי יִשְׂרָאֵל לְמַלְכֵי אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
Rabbi Yoḥanan a dit : Il faut toujours s’efforcer de courir à la rencontre des rois d’Israël pour les saluer. Et non seulement faut-il courir à la rencontre des rois d’Israël, mais aussi à la rencontre des rois des nations du monde, afin que, s’il a le privilège d’être témoin de la gloire du Messie (Rachi) et du Monde à venir, il puisse distinguer entre les rois d’Israël et les rois des nations du monde.
רַב שֵׁשֶׁת סַגִּי נְהוֹר הֲוָה. הֲווֹ קָאָזְלִי כּוּלֵּי עָלְמָא לְקַבּוֹלֵי אַפֵּי מַלְכָּא, וְקָם אֲזַל בַּהֲדַיְיהוּ רַב שֵׁשֶׁת. אַשְׁכְּחֵיהּ הָהוּא מִינָא, אֲמַר לֵיהּ: חַצְבֵי לְנַהְרָא, כַּגְנֵי לְיָיא? אֲמַר לֵיהּ: תָּא חֲזִי דְּיָדַעְנָא טְפֵי מִינָּךְ. חֲלַף גּוּנְדָּא קַמַּיְיתָא. כִּי קָא אָוְושָׁא, אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא: אֲתָא מַלְכָּא. אֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת: לָא קָאָתֵי. חֲלַף גּוּנְדָּא תִּנְיָינָא. כִּי קָא אָוְושָׁא, אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא: הַשְׁתָּא קָא אָתֵי מַלְכָּא. אֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת: לָא קָא אָתֵי מַלְכָּא. חָלֵיף תְּלִיתַאי. כִּי קָא שָׁתְקָא, אֲמַר לֵיהּ רַב שֵׁשֶׁת: וַדַּאי הַשְׁתָּא אָתֵי מַלְכָּא.
La Guemara raconte : Rav Sheshet était aveugle. Tout le monde allait saluer le roi, et Rav Sheshet se leva et partit avec eux. Cet hérétique le trouva là et lui dit : Les cruches intactes vont à la rivière, où vont les brisées ? Pourquoi une personne aveugle va-t-elle voir le roi ? Rav Sheshet lui dit : Viens voir que j’en sais plus que toi. La première troupe passa, et lorsque le bruit s’intensifia, cet hérétique lui dit : Le roi arrive. Rav Sheshet lui dit : Le roi n’arrive pas. La deuxième troupe passa, et lorsque le bruit s’intensifia, cet hérétique lui dit : Maintenant le roi arrive. Rav Sheshet lui dit : Le roi n’arrive pas. La troisième troupe passa, et lorsqu’il y eut le silence, Rav Sheshet lui dit : Assurément, maintenant le roi arrive.
אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לֵיהּ: דְּמַלְכוּתָא דְאַרְעָא כְּעֵין מַלְכוּתָא דִרְקִיעָא, דִּכְתִיב: ״צֵא וְעָמַדְתָּ בָהָר לִפְנֵי ה׳ וְהִנֵּה ה׳ עֹבֵר וְרוּחַ גְּדוֹלָה וְחָזָק מְפָרֵק הָרִים וּמְשַׁבֵּר סְלָעִים לִפְנֵי ה׳ לֹא בָרוּחַ ה׳ וְאַחַר הָרוּחַ רַעַשׁ לֹא בָרַעַשׁ ה׳. וְאַחַר הָרַעַשׁ אֵשׁ לֹא בָאֵשׁ ה׳ וְאַחַר הָאֵשׁ קוֹל דְּמָמָה דַקָּה״.
Cet hérétique lui dit : Comment sais-tu cela ? Rav Sheshet lui dit : La royauté sur terre est comme la royauté dans les cieux, comme il est écrit au sujet de la révélation de Dieu à Élie le Prophète sur le mont Horeb :
« Et Il dit : Sors, et tiens-toi sur la montagne devant le Seigneur.
Et voici, le Seigneur passait, et un vent grand et puissant fendait les montagnes et brisait les rochers devant le Seigneur ;
mais le Seigneur n’était pas dans le vent ;
et après le vent, un tremblement de terre ;
mais le Seigneur n’était pas dans le tremblement de terre ;
et après le tremblement de terre, un feu ;
mais le Seigneur n’était pas dans le feu ;
et après le feu, une voix douce et subtile.
Et il arriva que, lorsqu’Élie l’entendit, il s’enveloppa le visage de son manteau, sortit et se tint à l’entrée de la caverne » (I Rois 19:11–13). La révélation de Dieu eut lieu précisément au moment du silence.
כִּי אֲתָא מַלְכָּא, פָּתַח רַב שֵׁשֶׁת וְקָא מְבָרֵךְ לֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ הָהוּא מִינָא: לְמַאן דְּלָא חָזֵית לֵיהּ קָא מְבָרְכַתְּ? וּמַאי הֲוִי עֲלֵיהּ דְּהָהוּא מִינָא? אִיכָּא דְּאָמְרִי: חַבְרוֹהִי כַּחְלִינְהוּ לְעֵינֵיהּ, וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: רַב שֵׁשֶׁת נָתַן עֵינָיו בּוֹ, וְנַעֲשָׂה גַּל שֶׁל עֲצָמוֹת.
Lorsque le roi arriva, Rav Sheshet commença à le bénir. L’hérétique dit moqueusement à son sujet : Bénis-tu quelqu’un que tu ne vois pas ? La Guemara demande : Et qu’est-il finalement arrivé à cet hérétique ? Certains disent que ses compagnons lui ont crevé les yeux, et certains disent que Rav Sheshet fixa son regard sur lui, et l’hérétique devint un tas d’ossements.
רַבִּי שֵׁילָא נַגְּדֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא דִּבְעַל גּוֹיָה. אֲזַל אֲכַל בֵּיהּ קוּרְצֵי בֵּי מַלְכָּא, אֲמַר: אִיכָּא חַד גַּבְרָא בִּיהוּדָאֵי דְּקָא דָּיֵין דִּינָא בְּלָא הַרְמָנָא דְמַלְכָּא. שַׁדַּר עֲלֵיהּ פְּרִיסְתְּקָא. כִּי אֲתָא אָמְרִי לֵיהּ: מַאי טַעְמָא נַגֵּדְתֵּיהּ לְהַאי? אֲמַר לְהוּ: דְּבָא עַל חֲמָרְתָא. אָמְרִי לֵיהּ: אִית לְךָ סָהֲדִי? אֲמַר לְהוּ: אִין. אֲתָא אֵלִיָּהוּ אִדְּמִי לֵיהּ כְּאִינִישׁ, וְאַסְהֵיד. אָמְרִי לֵיהּ: אִי הָכִי, בַּר קְטָלָא הוּא! אֲמַר לְהוּ: אֲנַן מִיּוֹמָא דִּגְלֵינַן מֵאַרְעִין לֵית לַן רְשׁוּתָא לְמִקְטַל. אַתּוּן, מַאי דְּבָעֵיתוּן עֲבִידוּ בֵּיהּ.
Quant au lien entre la royauté divine et la royauté terrestre, la Guemara cite une autre histoire : Rabbi Sheila ordonna que l’on inflige la flagellation à un homme qui avait eu des relations avec une femme non juive. Cet homme alla informer le roi et dit : Il y a un homme parmi les Juifs qui rend des jugements sans l’autorité du roi [harmana]. Le roi envoya un messager [peristaka] chercher Rabbi Sheila pour le traduire en justice. Lorsque Rabbi Sheila vint, on lui dit : Pourquoi as-tu ordonné de flageller cet homme ? Il leur dit : Parce qu’il avait eu des relations avec une ânesse. Selon la loi perse, c’était un crime extrêmement odieux, alors ils lui dirent : As-tu des témoins qu’il a fait cela ? Il répondit : Oui, et Élie le prophète vint et apparut sous forme humaine et témoigna. Ils dirent à Rabbi Sheila : Si c’est le cas, il est passible de la peine de mort ; pourquoi ne l’as-tu pas condamné à mort ? Il répondit : Depuis le jour où nous avons été exilés de notre terre, nous n’avons pas l’autorité d’exécuter, mais vous, faites de lui comme vous le souhaitez.
עַד דִּמְעַיְּינִי בֵּיהּ בְּדִינָא, פְּתַח רַבִּי שֵׁילָא וַאֲמַר: ״לְךָ ה׳ הַגְּדֻלָּה וְהַגְּבוּרָה וְגוֹ׳״. אָמְרִי לֵיהּ: מַאי קָאָמְרַתְּ? אֲמַר לְהוּ, הָכִי קָאָמֵינָא: ״בְּרִיךְ רַחֲמָנָא דְּיָהֵיב מַלְכוּתָא בְּאַרְעָא כְּעֵין מַלְכוּתָא דִרְקִיעָא, וִיהַב לְכוּ שׁוּלְטָנָא וְרָחֲמִי דִּינָא״. אֲמַרוּ: חַבִּיבָא עֲלֵיהּ יְקָרָא דְמַלְכוּתָא כּוּלֵּי הַאי! יָהֲבִי לֵיהּ קוּלְפָא אֲמַרוּ לֵיהּ: דּוּן דִּינָא.
Pendant qu’ils examinaient la sentence, Rabbi Sheila loua Dieu de l’avoir sauvé du danger : « À Toi, Seigneur, la grandeur, la puissance, la gloire, la victoire et la majesté ; car tout ce qui est dans les cieux et sur la terre est à Toi ; à Toi, Seigneur, le règne, et Tu es exalté comme chef au-dessus de tout » (I Chroniques 29:11). Ils lui demandèrent : Qu’as-tu dit ? Il leur répondit : Voici ce que j’ai dit : Béni soit le Miséricordieux qui accorde la royauté sur la terre qui est un microcosme de la royauté dans les cieux, et vous a accordé la domination et l’amour de la justice. Ils lui dirent : En effet, l’honneur de la royauté t’est si cher. Ils lui donnèrent un bâton pour symboliser son autorisation à siéger en jugement et lui dirent : Juge.
כִּי הֲוָה נָפֵיק, אֲמַר לֵיהּ הַהוּא גַּבְרָא: עָבֵיד רַחֲמָנָא נִיסָּא לְשַׁקָּרֵי הָכִי? אֲמַר לֵיהּ: רָשָׁע, לָאו חֲמָרֵי אִיקְּרוּ? דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר בְּשַׂר חֲמוֹרִים בְּשָׂרָם״. חַזְיֵיהּ דְּקָאָזֵיל לְמֵימְרָא לְהוּ דִּקְרִינְהוּ חֲמָרֵי, אֲמַר: הַאי רוֹדֵף הוּא. וְהַתּוֹרָה אָמְרָה: אִם בָּא לְהׇרְגְּךָ — הַשְׁכֵּם לְהׇרְגוֹ. מַחְיֵיהּ בְּקוּלְפָא וְקַטְלֵיהּ.
Alors qu’il partait, cet homme dit à Rabbi Sheila : Dieu accomplit-il de tels miracles pour des menteurs ? Il répondit : Misérable ! Les gentils ne sont-ils pas appelés des ânes ? Comme il est écrit : « Dont la chair est comme la chair des ânes » (Ézéchiel 23:20). Rabbi Sheila vit qu’il allait rapporter aux autorités perses qu’il les avait appelés des ânes. Il dit : Cet homme a le statut juridique d’un poursuivant. Il cherche à faire en sorte que je sois tué. Et la Torah dit : Si quelqu’un vient pour te tuer, tue-le d’abord. Il le frappa avec le bâton et le tua.
אֲמַר: הוֹאִיל וְאִתְעֲבִיד לִי נִיסָּא בְּהַאי קְרָא, דָּרֵישְׁנָא לֵיהּ: ״לְךָ ה׳ הַגְּדֻלָּה״ — זוֹ מַעֲשֵׂה בְרֵאשִׁית, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״עֹשֶׂה גְדֹלוֹת עַד אֵין חֵקֶר״. ״וְהַגְּבוּרָה״ — זוֹ יְצִיאַת מִצְרַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּרְא יִשְׂרָאֵל אֶת הַיָּד הַגְּדֹלָה וְגוֹ׳״. ״וְהַתִּפְאֶרֶת״ — זוֹ חַמָּה וּלְבָנָה שֶׁעָמְדוּ לוֹ לִיהוֹשֻׁעַ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּדֹּם הַשֶּׁמֶשׁ וְיָרֵחַ עָמָד וְגוֹ׳״. ״וְהַנֵּצַח״ — זוֹ מַפַּלְתָּהּ שֶׁל רוֹמִי. וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״וְיֵז נִצְחָם עַל בְּגָדַי וְגוֹ׳״. ״וְהַהוֹד״ — זוֹ מִלְחֶמֶת נַחֲלֵי אַרְנוֹן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״עַל כֵּן יֵאָמַר בְּסֵפֶר מִלְחֲמֹת ה׳ אֶת וָהֵב בְּסוּפָה וְגוֹ׳״. ״כִּי כֹל בַּשָּׁמַיִם וּבָאָרֶץ״ — זוֹ מִלְחֶמֶת סִיסְרָא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״מִן שָׁמַיִם נִלְחָמוּ הַכּוֹכָבִים מִמְּסִלּוֹתָם וְגוֹ׳״. ״לְךָ ה׳ הַמַּמְלָכָה״ — זוֹ מִלְחֶמֶת עֲמָלֵק, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״כִּי יָד עַל כֵּס יָהּ״. ״וְהַמִּתְנַשֵּׂא״ — זוֹ מִלְחֶמֶת גּוֹג וּמָגוֹג, וְכֵן הוּא אוֹמֵר: ״הִנְנִי אֵלֶיךָ גּוֹג נְשִׂיא רֹאשׁ מֶשֶׁךְ וְתֻבָל״. ״לְכֹל לְרֹאשׁ״ — אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲפִילּוּ רֵישׁ גַּרְגִּיתָא מִן שְׁמַיָּא מַנּוּ לֵיהּ.
Rabbi Sheila a dit : Puisqu’un miracle a été accompli en ma faveur au moyen de ce verset que j’ai cité, je vais l’interpréter de manière homilétique : À Toi, Seigneur, la grandeur ; c’est l’acte de la création, comme il est dit : « Celui qui fait de grandes choses insondables » (Job 9:10) ;
Et la puissance ; c’est l’exode d’Égypte, comme il est dit : « Et Israël vit la grande œuvre que le Seigneur accomplit contre les Égyptiens » (Exode 14:31) ;
Et la gloire ; c’est le soleil et la lune qui s’arrêtèrent pour Josué, comme il est dit : « Et le soleil s’arrêta, et la lune demeura immobile, jusqu’à ce que la nation se soit vengée de ses ennemis » (Josué 10:13) ;
Et le triomphe ; c’est la chute de Rome, et ainsi il est dit en décrivant la chute d’Édom, que les Sages ont identifié comme l’ancêtre de Rome : « Leur sang a rejailli sur Mes vêtements et J’ai taché tout Mon habit » (Isaïe 63:3) ;
Et la majesté ; c’est la guerre des vallées de l’Arnon, comme il est dit : « C’est pourquoi il est dit dans le livre des Guerres du Seigneur : Vahev en Soufa, et les vallées de l’Arnon » (Nombres 21:14) ;
Car tout ce qui est dans le ciel et sur la terre est à Toi ; c’est la guerre de Sisera, comme il est dit : « Ils combattirent depuis le ciel, les étoiles dans leurs courses combattirent contre Sisera » (Juges 5:20).
À Toi est le règne, Seigneur ; c’est la guerre d’Amalek, et ainsi il est dit : « Et il dit : La main sur le trône du Seigneur : le Seigneur fera la guerre à Amalek de génération en génération » (Exode 17:16), car alors Dieu siégera sur Son trône.
Et Tu es exalté ; c’est la guerre de Gog et Magog, et ainsi il est dit : « Je suis contre toi, Gog, prince suprême de Méchek et de Toubal » (Ézéchiel 38:3) ; et :
Comme tête au-dessus de tout ; Rav Ḥanan bar Rava a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Toute direction et toute autorité, même la plus insignifiante, même celui qui est chargé de distribuer l’eau, est nommé par le ciel.
בְּמַתְנִיתָא תַּנָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא: ״לְךָ ה׳ הַגְּדֻלָּה״ — זוֹ קְרִיעַת יַם סוּף. ״וְהַגְּבוּרָה״ — זוֹ מַכַּת בְּכוֹרוֹת. ״וְהַתִּפְאֶרֶת״ — זוֹ מַתַּן תּוֹרָה. ״וְהַנֵּצַח״ — זוֹ יְרוּשָׁלַיִם. ״וְהַהוֹד״ — זוֹ בֵּית הַמִּקְדָּשׁ.
Il a été enseigné dans une baraita au nom de Rabbi Akiva :
À Toi, Seigneur, la grandeur ; c’est la séparation de la mer Rouge ;
la puissance ; c’est la plaie des premiers-nés ;
la gloire ; c’est le don de la Torah ;
le triomphe ; c’est Jérusalem ;
et la majesté ; c’est le Temple.