אַף ״בָּרְכוּ״, וּמִכׇּל מָקוֹם ״נְבָרֵךְ״ עֲדִיף, דְּאָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה, אָמְרִי בֵּי רַב, תְּנֵינָא: שִׁשָּׁה נֶחְלָקִין עַד עֲשָׂרָה.
Il peut même dire : Bénissez ; néanmoins : Bénissons, est préférable, comme l’a dit Rav Adda bar Ahava, à savoir que l’on a dit dans l’école de Rav : Nous avons appris : Un groupe de six à dix personnes peut se diviser en deux groupes, chacun formant son propre zimmun. Cependant, un groupe de dix, qui invoque le nom de Dieu dans le zimmun, ne peut pas se diviser en deux groupes, car cela annulerait la possibilité d’invoquer le nom de Dieu.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״נְבָרֵךְ״ עֲדִיף — מִשּׁוּם הָכִי נֶחְלָקִין, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״בָּרְכוּ״ עֲדִיף — אַמַּאי נֶחְלָקִין! אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ ״נְבָרֵךְ״ עֲדִיף. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara poursuit : Soit, si vous dites : Bénissons est préférable, c’est pourquoi six personnes qui ont mangé ensemble peuvent se diviser en deux groupes. Cependant, si vous dites : Bénissez est préférable, pourquoi leur est-il permis de se diviser en deux groupes ? Aucun des groupes ne pourrait dire : Bénissez. Au contraire, ne faut-il pas conclure de cela : Bénissons est préférable, puisque celui qui récite le zimmun ne s’exclut pas du groupe ? La Guemara résume la discussion : En effet, concluez de cela que tel est le cas.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: בֵּין שֶׁאָמַר ״בָּרְכוּ״ בֵּין שֶׁאָמַר ״נְבָרֵךְ״ — אֵין תּוֹפְסִין אוֹתוֹ עַל כָּךְ, וְהַנַּקְדָּנִין תּוֹפְסִין אוֹתוֹ עַל כָּךְ. וּמִבִּרְכוֹתָיו שֶׁל אָדָם נִיכָּר אִם תַּלְמִיד חָכָם הוּא אִם לָאו. כֵּיצַד? רַבִּי אוֹמֵר: ״וּבְטוּבוֹ״ — הֲרֵי זֶה תַּלְמִיד חָכָם, ״וּמִטּוּבוֹ״ — הֲרֵי זֶה בּוּר.
Cela aussi a été enseigné dans la Tosefta : Que l’on dise : Bénissez, ou que l’on dise : Bénissons, on ne le réprimande pas pour avoir fait ainsi ; et les scrupuleux le réprimandent pour avoir fait ainsi. Et la Guemara dit : En règle générale, au vu du style des bénédictions d’une personne, il est évident de savoir si elle est ou non un érudit de la Torah. Comment cela ? Par exemple, Rabbi Yehuda HaNasi dit : Dans un zimoun, celui qui récite : Béni soit Celui de la nourriture duquel nous avons mangé et par la bonté duquel nous vivons, c’est un érudit de la Torah. En revanche, celui qui récite : Béni soit Celui de la nourriture duquel nous avons mangé et de la bonté duquel nous vivons, c’est un ignorant, car cette expression laisse entendre que seule une partie de la bonté de Dieu lui a été accordée, ce qui équivaut à nier la bienveillance de Dieu.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי לְרַב דִּימִי: וְהָכְתִיב: ״וּמִבִּרְכָתְךָ יְבֹרַךְ (אֶת) בֵּית עַבְדְּךָ לְעוֹלָם״! — בִּשְׁאֵלָה שָׁאנֵי. בִּשְׁאֵלָה נָמֵי, הָכְתִיב: ״הַרְחֶב פִּיךָ וַאֲמַלְּאֵהוּ״! — הַהוּא, בְּדִבְרֵי תוֹרָה כְּתִיב.
Abaye dit à Rav Dimi : N’est-il pas écrit que le roi David formula sa prière de cette manière : « Veuille donc bénir la maison de Ton serviteur, afin qu’elle demeure à jamais devant Toi ; car Toi, Seigneur Dieu, Tu as parlé. Et par Ta bénédiction, la maison de Ton serviteur sera bénie à jamais” (II Samuel 7:29). David a dit : Par Ta bénédiction. La Guemara répond : Dans un cas de requête, c’est différent, car il n’est pas convenable d’exiger toute l’abondance de la bénédiction de Dieu. La Guemara objecte : Même dans un cas de requête, n’est-il pas écrit qu’une demande de toute l’abondance de la bénédiction de Dieu est accordée : « Ouvre grand ta bouche, et Je la remplirai » (Psaumes 81:11) ? Ce que l’on reçoit correspond à ce que l’on demande. La Guemara répond : Ce verset est écrit au sujet des questions de Torah, où il est tout à fait approprié de faire des demandes excessives.
תַּנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: ״בְּטוּבוֹ חָיִינוּ״ — הֲרֵי זֶה תַּלְמִיד חָכָם, ״חַיִּים״ — הֲרֵי זֶה בּוּר. נְהַרְבְּלָאֵי מַתְנִי אִיפְּכָא, וְלֵית הִילְכָתָא כִּנְהַרְבְּלָאֵי.
Au sujet de la formule du zimmun, il a été enseigné dans une baraita : Rabbi Yehuda HaNasi dit : Celui qui récite dans un zimmun : Et par Sa bonté nous vivons, est un érudit de la Torah. Cependant, celui qui récite : Et par Sa bonté ils vivent, est un sot, car il s’est exclu de la collectivité. Les Sages de Neharbela ont enseigné l’inverse. Selon eux, ils vivent est préférable parce que c’est une formule plus inclusive, tandis que nous vivons est plus limité et personnel. Néanmoins, la Guemara conclut : La halakha n’est pas conforme à l’opinion des Sages de Neharbela.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״נְבָרֵךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ״ — הֲרֵי זֶה תַּלְמִיד חָכָם, ״לְמִי שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ״ — הֲרֵי זֶה בּוּר.
Dans le même esprit, Rabbi Yoḥanan a dit : Celui qui récite dans un zimmun : Bénissons Celui de la nourriture duquel nous avons mangé, c’est un érudit de Torah. Cependant, celui qui récite : Bénissons à Lui, de la nourriture duquel nous avons mangé, c’est un ignorant, car il semble que la bénédiction soit adressée à l’hôte du repas.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא לְרַב אָשֵׁי: וְהָא אָמְרִינַן ״לְמִי שֶׁעָשָׂה לַאֲבוֹתֵינוּ וְלָנוּ אֶת כׇּל הַנִּסִּים הָאֵלּוּ״. אֲמַר לֵיהּ: הָתָם מוֹכְחָא מִילְּתָא, מַאן עָבֵיד נִיסֵּי — קוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא.
Rabbi Aḥa, fils de Rava, souleva cette question et dit à Rav Ashi : Ne disons-nous pas pendant le séder de Pessa'h : À Celui qui a accompli tous ces miracles pour nos ancêtres et pour nous, en employant l’expression : À Celui qui ? Rav Ashi lui dit : Là-bas, dans le cas des miracles accomplis pour nos ancêtres et pour nous, il va de soi que la bénédiction se rapporte à Dieu. Qui accomplit des miracles ? Le Saint, béni soit-Il. Dans le cas de la nourriture, en revanche, cela ne va pas de soi, car l’hôte du repas a lui aussi fourni la nourriture qui a été mangée.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: ״בָּרוּךְ שֶׁאָכַלְנוּ מִשֶּׁלּוֹ״ — הֲרֵי זֶה תַּלְמִיד חָכָם, ״עַל הַמָּזוֹן שֶׁאָכַלְנוּ״ — הֲרֵי זֶה בּוּר.
Rabbi Yoḥanan a dit au sujet de la formule du zimmun que celui qui récite dans un zimmun : Béni soit Celui de la nourriture duquel nous avons mangé, c’est un érudit de Torah. Cependant, celui qui récite : Pour la nourriture que nous avons mangée, c’est un ignorant, car il semble qu’il bénisse l’hôte du repas. S’il bénissait Dieu, pourquoi limiterait-il la bénédiction à la nourriture (Tosafot) ?
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּשְׁלֹשָׁה, דְּלֵיכָּא שֵׁם שָׁמַיִם, אֲבָל בַּעֲשָׂרָה, דְּאִיכָּא שֵׁם שָׁמַיִם — מוֹכְחָא מִילְּתָא, כְּדִתְנַן: כָּעִנְיָן שֶׁהוּא מְבָרֵךְ, כָּךְ עוֹנִין אַחֲרָיו: ״בָּרוּךְ ה׳ אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל אֱלֹהֵי הַצְּבָאוֹת יוֹשֵׁב הַכְּרוּבִים עַל הַמָּזוֹן שֶׁאָכַלְנוּ״.
Rav Houna, fils de Rav Yehoshoua, a dit : Nous n’avons dit cette halakhaqu’au sujet d’un zimmun de trois, où il n’y a pas mention du nom de Dieu. Dans un zimmun de dix, en revanche, où il y a mention du nom de Dieu, il est évident à qui la bénédiction se rapporte, comme nous l’avons appris dans notre michna : De même qu’il récite la bénédiction, de même les personnes présentes répondent : Béni soit le Seigneur notre Dieu, le Dieu d’Israël, le Dieu des Armées, qui siège sur les chérubins, pour la nourriture que nous avons mangée.
אֶחָד עֲשָׂרָה, וְאֶחָד עֲשָׂרָה רִבּוֹא. הָא גוּפָא קַשְׁיָא, אָמְרַתְּ אֶחָד עֲשָׂרָה וְאֶחָד עֲשָׂרָה רִבּוֹא, אַלְמָא כִּי הֲדָדֵי נִינְהוּ, וַהֲדַר קָתָנֵי בְּמֵאָה אוֹמֵר, בְּאֶלֶף אוֹמֵר, בְּרִבּוֹא אוֹמֵר!
Nous avons appris dans notre michna au sujet de la formule du zimoun : Cette formule est récitée aussi bien dans un groupe de dix que dans un groupe de cent mille. La Guemara soulève une objection : La michna elle-même est difficile. D’une part, tu as dit : Cette formule est récitée aussi bien dans un groupe de dix que dans un groupe de cent mille ; par conséquent, les deux cas sont identiques. D’autre part, il est ensuite enseigné : Dans un groupe de cent personnes, celui qui récite le zimoundit ; dans un groupe de mille personnes, celui qui récite le zimoundit ; dans un groupe de dix mille personnes, celui qui récite le zimoundit. De toute évidence, la formule dépend du nombre de personnes.
אָמַר רַב יוֹסֵף: לָא קַשְׁיָא, הָא רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, הָא רַבִּי עֲקִיבָא. דִּתְנַן, רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי אוֹמֵר: לְפִי רוֹב הַקָּהָל הֵם מְבָרְכִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמַקְהֵלוֹת בָּרְכוּ אֱלֹהִים״.
Rav Yossef a dit : Cela n’est pas difficile, car ces deux déclarations sont les opinions de différents Sages. Ceci est l’opinion de Rabbi Yossei HaGelili, et cela est l’opinion de Rabbi Akiva. Comme nous l’avons appris dans notre michna : Rabbi Yossei HaGelili dit : Selon la taille de l’assemblée, ils récitent la bénédiction, comme il est dit : « Bénissez Dieu dans les assemblées plénières, même le Seigneur, vous qui êtes de la source d’Israël » (Psaumes 68:27).
אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: מַה מָּצִינוּ בְּבֵית הַכְּנֶסֶת וְכוּ׳. וְרַבִּי עֲקִיבָא, הַאי קְרָא דְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי מַאי עָבֵיד לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתַנְיָא, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁאֲפִילּוּ עוּבָּרִין שֶׁבִּמְעֵי אִמָּן אָמְרוּ שִׁירָה עַל הַיָּם — שֶׁנֶּאֱמַר: ״בְּמַקְהֵלוֹת בָּרְכוּ אֱלֹהִים ה׳ מִמְּקוֹר יִשְׂרָאֵל״. וְאִידַּךְ? מִ״מְּקוֹר״ נָפְקָא.
Nous avons également appris dans notre michna que Rabbi Akiva a dit qu’il n’y a pas de distinctions selon la taille de l’assemblée : Que trouvons-nous dans la synagogue ? Qu’ils soient nombreux ou peu nombreux, tant qu’il y a un quorum de dix, l’officiant dit : Bénissez le Seigneur. De même, dans le cas de la Grâce après les repas, la formule reste la même quel que soit le nombre de personnes participant au zimmun. La Guemara demande : Et Rabbi Akiva, que fait-il de ce verset cité par Rabbi Yosei HaGelili ? La Guemara répond : Il en a besoin pour déduire ce qui a été enseigné dans une baraita : Rabbi Meir dit : D’où est-il déduit que même les fœtus dans le ventre de leur mère ont récité le chant à la mer Rouge ? Comme il est dit dans le chapitre des Psaumes qui décrit la sortie d’Égypte : "Dans les assemblées, bénissez Dieu, le Seigneur, depuis la source d’Israël," et les fœtus sont inclus dans ces assemblées. La Guemara demande : Et d’où l’autre Sage, Rabbi Yosei HaGelili, déduit-il la question du chant des fœtus ? La Guemara répond : Il le déduit de "de la source d’Israël", qu’il interprète comme une allusion au ventre.
אָמַר רָבָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא. רָבִינָא וְרַב חָמָא בַּר בּוּזִי אִקְּלַעוּ לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא. קָם רַב חָמָא וְקָא מְהַדַּר אַבֵּי מְאָה. אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא: לָא צְרִיכַתְּ, הָכִי אָמַר רָבָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא.
Rava a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva. La Guemara raconte que Ravina et Rav Ḥama bar Buzi se rendirent à un banquet dans la maison de l’Exilarque. À la fin du repas, Rav Ḥama se leva et cherchait à rassembler un groupe de cent participants au repas afin que le zimoun pour cent puisse être récité. Ravina lui dit : Tu n’as pas besoin de faire cela, car Rava a déclaré ce qui suit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, et la formule reste la même quel que soit le nombre de personnes participant au zimoun, tant qu’il y en a au moins dix.
אָמַר רָבָא: כִּי אָכְלִינַן רִפְתָּא בֵּי רֵישׁ גָּלוּתָא, מְבָרְכִינַן שְׁלֹשָׁה שְׁלֹשָׁה. וְלִיבָרְכוּ עֲשָׂרָה עֲשָׂרָה! — שְׁמַע רֵישׁ גָּלוּתָא וְאִיקְּפַד. וְנִיפְּקוּ בְּבִרְכְּתָא דְּרֵישׁ גָּלוּתָא! — אַיְּידֵי דְּאָוְושׁוּ כּוּלֵּי עָלְמָא, לָא שָׁמְעִי.
La Guemara discute de la conduite de Rava lors des repas à la maison de l’Exilarque. Rava a dit : Lorsque nous mangions du pain à la maison de l’Exilarque, nous récitions la bénédiction après les repas en groupes de trois. La Guemara demande : Qu’ils récitent la bénédiction en groupes de dix. La Guemara répond : Alors l’Exilarque entendrait et se mettrait en colère en voyant un grand groupe de Sages réciter la bénédiction après les repas avant qu’il n’ait terminé son repas. La Guemara demande : Pourquoi ne pouvaient-ils pas s’acquitter de leur obligation par la bénédiction de l’Exilarque ? La Guemara répond : Puisque tout le monde fait du bruit, ils n’entendent pas et ne s’acquitteraient donc pas de leur obligation.
אָמַר רַבָּה תּוֹסְפָאָה: הָנֵי שְׁלֹשָׁה דְּכָרְכִי רִפְתָּא בַּהֲדֵי הֲדָדֵי, וּקְדֵים חַד מִינַּיְיהוּ וּבָרֵיךְ לְדַעְתֵּיהּ — אִינּוּן נָפְקִין בְּזִמּוּן דִּידֵיהּ, אִיהוּ לָא נָפֵיק בְּזִמּוּן דִּידְהוּ — לְפִי שֶׁאֵין זִמּוּן לְמַפְרֵעַ.
Rabba Tosefa’a a dit : Ces trois personnes, qui rompent le pain ensemble et dont l’une a pris les devants et a récité la Grâce après le repas de son propre chef sans zimmun, elles, les deux autres convives, s’acquittent de leur obligation grâce à sa participation à leur zimmun ; lui, cependant, ne s’acquitte pas de son obligation par sa participation à leur zimmun, car il n’existe pas de zimmun rétroactif, et une fois qu’il a récité sa bénédiction, participer au zimmun ne lui apporte plus rien.
רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר. רַפְרָם בַּר פָּפָּא אִקְּלַע לְבֵי כְּנִישְׁתָּא דַּאֲבִי גִיבָּר, קָם קְרָא בְּסִפְרָא וַאֲמַר ״בָּרְכוּ אֶת ה׳״, וְאִשְׁתִּיק, וְלָא אֲמַר ״הַמְבוֹרָךְ״. אֲוַושׁוּ כּוּלֵּי עָלְמָא: ״בָּרְכוּ אֶת ה׳ הַמְבוֹרָךְ״. אֲמַר רָבָא: פַּתְיָא אוּכָּמָא, בַּהֲדֵי פְּלוּגְתָּא לְמָה לְךָ? וְעוֹד, הָא נְהוּג עָלְמָא כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל.
La michna déclare que Rabbi Akiva soutient que, dans la synagogue, on récite : Bénissez le Seigneur, tandis que Rabbi Yishmaël a dit qu’on récite : Bénissez le Seigneur, le Béni. Il arriva que Rafram bar Pappa vint à la synagogue d’Abei Givar lorsque, s’étant levé pour lire dans le rouleau de la Torah, il récita : Bénissez le Seigneur, puis se tut, et ne récita pas : le Béni. Parce que Rafram bar Pappa suivait le principe selon lequel la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, et que les personnes présentes n’étaient pas habituées à cette décision, tout le monde dans la synagogue s’écria : Bénissez le Seigneur, le Béni. Rava dit à Rafram bar Pappa : Pot noir, un surnom affectueux pour un érudit de la Torah qui investit de grands efforts dans l’étude de la Torah et le culte de Dieu, pourquoi t’impliques-tu dans cette controverse tannaïtique ? Bien que Rabbi Akiva et Rabbi Yishmaël soient en désaccord, la formule de Rabbi Yishmaël, dans laquelle la formule de Rabbi Akiva est incluse, est acceptable pour les deux. En outre, la pratique courante est conforme à l’opinion de Rabbi Yishmaël.
מַתְנִי׳ שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְּאַחַת — אֵינָן רַשָּׁאִין לֵיחָלֵק. וְכֵן אַרְבָּעָה, וְכֵן חֲמִשָּׁה. שִׁשָּׁה — נֶחְלָקִין, עַד עֲשָׂרָה. וַעֲשָׂרָה — אֵין נֶחֱלָקִין, עַד עֶשְׂרִים.
MISHNA :Trois personnes qui ont mangé ensemble ne sont pas autorisées à se séparer et à réciter individuellement la Grâce après le repas ; elles récitent plutôt le zimmun ensemble. Et il en va de même pour quatre qui ont mangé ensemble, et il en va de même pour cinq. Cependant, un groupe de six, jusqu’à mais sans inclure dix personnes qui ont mangé ensemble peut se diviser en deux groupes, chacun récitant son propre zimmun. Et un groupe de dix ne peut pas se diviser en deux groupes tant qu’il n’y a pas vingt personnes présentes. Le principe général est qu’un groupe ne peut pas se diviser à moins que les groupes plus petits puissent réciter la même formule de zimmun que l’ensemble du groupe aurait récitée.
שְׁתֵּי חֲבוּרוֹת שֶׁהָיוּ אוֹכְלוֹת בְּבַיִת אֶחָד, בִּזְמַן שֶׁמִּקְצָתָן רוֹאִין אֵלּוּ אֶת אֵלּוּ — הֲרֵי אֵלּוּ מִצְטָרְפִין לְזִמּוּן, וְאִם לָאו — אֵלּוּ מְזַמְּנִין לְעַצְמָן וְאִלּוּ מְזַמְּנִין לְעַצְמָן.
La michna énonce une halakha concernant deux groupes qui se joignent : Deux groupes qui mangeaient dans une même maison, lorsque certains membres de chaque groupe peuvent se voir les uns les autres, ils peuvent se réunir pour former un zimmun. Et sinon, ceux-ci récitent un zimmun pour eux-mêmes et ceux-là récitent un zimmun pour eux-mêmes.
אֵין מְבָרְכִין עַל הַיַּיִן עַד שֶׁיִּתֵּן לְתוֹכוֹ מַיִם, דִּבְרֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְבָרְכִין.
La michna parle aussi de la bénédiction sur le vin : On ne récite pas de bénédiction sur le vin avant d’y ajouter de l’eau, c’est-à-dire telle est l’opinion de Rabbi Eliezer. Le vin non dilué est trop fort pour être bu, et une bénédiction est inappropriée. Et les Sages disent : Puisqu’il est possible de boire du vin non dilué, on récite une bénédiction sur celui-ci.
גְּמָ׳ מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא חֲדָא זִימְנָא, שְׁלֹשָׁה שֶׁאָכְלוּ כְּאַחַת חַיָּיבִין לְזַמֵּן!
GUEMARA : Au début de la michna, nous avons appris que trois personnes qui ont mangé ensemble ne peuvent pas se disperser. La Guemara demande : Qu’est-ce que cette michna nous enseigne ? Nous avons déjà appris cela une fois : Trois personnes qui ont mangé comme une seule sont tenues de former un zimoun.
הָא קָא מַשְׁמַע לַן, כִּי הָא דְּאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר שְׁמוּאֵל: שְׁלֹשָׁה שֶׁיָּשְׁבוּ לֶאֱכוֹל כְּאַחַת, וַעֲדַיִן לֹא אָכְלוּ — אֵינָן רַשָּׁאִין לֵיחָלֵק.
La Guemara répond : Cela nous enseigne que lahalakhaqu’a dite Rabbi Abba, à savoir que Shmuel a dit : Trois personnes qui se sont assises pour manger ensemble et n’ont pas encore commencé à manger, malgré cela, n’ont pas le droit de se séparer et de réciter individuellement la Bénédiction après le repas.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא: אָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר שְׁמוּאֵל, הָכִי קָתָנֵי: שְׁלֹשָׁה שֶׁיָּשְׁבוּ לֶאֱכוֹל כְּאַחַת, אַף עַל פִּי שֶׁכָּל אֶחָד וְאֶחָד אוֹכֵל מִכִּכָּרוֹ, אֵינָן רַשָּׁאִין לֵיחָלֵק. אִי נָמֵי כִּי הָא דְּרַב הוּנָא, דְּאָמַר רַב הוּנָא: שְׁלֹשָׁה שֶׁבָּאוּ מִשָּׁלֹשׁ חֲבוּרוֹת, אֵינָן רַשָּׁאִין לֵיחָלֵק.
La Guemara cite une autre version : Rabbi Abba a dit que Shmuel a dit que voici ce que la michna enseigne : Trois personnes qui se sont assises pour manger ensemble, bien que elles ne partagent pas un même repas, mais que chacune et chacune d’entre elles mange de son propre pain, elles sont considérées comme un seul groupe en matière de zimoun, et n’ont pas le droit de se diviser. Ou bien, peut-être que la michna vient enseigner lahalakha de Rav Houna, comme Rav Houna l’a dit : Trois personnes venues de trois groupes différents et qui se sont assises ensemble pour poursuivre leurs repas forment elles aussi un zimoun et n’ont pas le droit de se diviser.
אָמַר רַב חִסְדָּא: וְהוּא שֶׁבָּאוּ מִשָּׁלֹשׁ חֲבוּרוֹת שֶׁל שְׁלֹשָׁה בְּנֵי אָדָם.
Rav Ḥisda a dit : Et cela n’est la halakha que dans un cas où les trois individus sont venus de trois groupes de trois personnes chacun, de sorte que chaque groupe d’origine était indépendamment tenu de réciter le zimmun, et cette obligation ne s’est jamais éteinte.
אָמַר רָבָא:
Rava a nuancé cela, et a dit :