וְלֹא בְּיָדַיִם מְזוֹהָמוֹת.
ni en ce qui concerne les mains sales, c’est-à-dire en ce qui concerne le lavage des mains à la fin d’un repas.
רָבִין וְאַבָּיֵי הֲווֹ קָא אָזְלִי בְּאוֹרְחָא, קַדְמֵיהּ חֲמָרֵיהּ דְּרַבִּין לִדְאַבָּיֵי וְלָא אֲמַר לֵיהּ ״נֵיזִיל מָר״. אֲמַר: מִדִּסְלִיק הַאי מֵרַבָּנַן מִמַּעְרְבָא, גַּס לֵיהּ דַּעְתֵּיהּ. כִּי מְטָא לְפִתְחָא דְבֵי כְנִישְׁתָּא אֲמַר לֵיהּ: נֵיעַל מָר. אֲמַר לֵיהּ: וְעַד הַשְׁתָּא לָאו מָר אֲנָא? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מְכַבְּדִין אֶלָּא בְּפֶתַח שֶׁיֵּשׁ בָּהּ מְזוּזָה.
La Guemara raconte : Ravin et Abaye voyageaient sur la route à dos d’ânes. L’âne de Ravin précédait celui d’Abaye et Ravin ne dit pas à Abaye : Que le Maître passe en premier. Abaye se dit à lui-même : Depuis que ce Sage, Ravin, est monté de l’Ouest, Eretz Yisrael, il est devenu arrogant. Lorsqu’ils arrivèrent à la porte de la synagogue, Ravin dit à Abaye : Que le Maître entre en premier. Abaye lui dit : Jusqu’à présent, n’étais-je pas le Maître ? Pourquoi commences-tu seulement maintenant à me céder le passage, alors que tu ne l’as pas fait pendant que nous voyagions ? Ravin lui dit : Rabbi Yoḥanan a dit ce qui suit : On ne cède le passage qu’à ceux qui sont plus grands que soi à une porte qui a une mezouza, car ce n’est que là qu’il convient de le laisser passer en premier.
דְּאִית בַּהּ מְזוּזָה — אִין, דְּלֵית בַּהּ מְזוּזָה — לָא, אֶלָּא מֵעַתָּה, בֵּית הַכְּנֶסֶת וּבֵית הַמִּדְרָשׁ, דְּלֵית בְּהוּ מְזוּזָה, הָכִי נָמֵי דְּאֵין מְכַבְּדִין? אֶלָּא אֵימָא: בְּפֶתַח הָרָאוּי לִמְזוּזָה.
La Guemara objecte : Une entrée qui a une mezouza, oui, on y fait preuve de déférence ; une entrée qui n’a pas de mezouza, non, on n’y fait pas preuve de déférence ? Si c’est le cas, une synagogue ou une maison d’étude qui n’a pas de mezouza, là aussi n’y fait-on pas preuve de déférence à leurs entrées ? Dis plutôt que tel est le principe : On ne montre de déférence à une entrée que lorsqu’elle est digne de recevoir une mezouza, mais non sur une route ou sur un pont.
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב שְׁמוּאֵל בַּר שִׁילַת מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: אֵין הַמְסוּבִּין רַשָּׁאִין לֶאֱכוֹל כְּלוּם עַד שֶׁיִּטְעוֹם הַבּוֹצֵעַ. יָתֵיב רַב סָפְרָא וְקָאָמַר: ״לִטְעוֹם״ אִיתְּמַר.
La Guemara poursuit avec le sujet de s’en remettre à son supérieur pendant un repas : Rav Yehouda, fils de Rav Shmuel bar Sheilat, a dit au nom de Rav : Ceux qui sont attablés à un repas ne peuvent rien manger jusqu’à ce que celui qui rompt le pain ait goûté le pain. Rav Safra s’assit et dit : Ce n’est pas manger, qui a été dit par Rav, mais : goûter.
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? שֶׁחַיָּיב אָדָם לוֹמַר בִּלְשׁוֹן רַבּוֹ.
La Guemara demande : Quelle différence cela fait-il que Rav ait dit goûter ou manger ? La Guemara explique qu’il n’y a pas de différence et que l’insistance de Rav Safra enseigne que l’on doit dire ce qui lui a été enseigné dans le langage précis employé par son maître, sans modifier un seul détail.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁנַיִם מַמְתִּינִין זֶה לָזֶה בַּקְּעָרָה, שְׁלֹשָׁה — אֵין מַמְתִּינִין. הַבּוֹצֵעַ הוּא פּוֹשֵׁט יָדוֹ תְּחִלָּה, וְאִם בָּא לַחֲלוֹק כָּבוֹד לְרַבּוֹ אוֹ לְמִי שֶׁגָּדוֹל הֵימֶנּוּ — הָרְשׁוּת בְּיָדוֹ.
La Guemara continue de discuter du sujet des honneurs pendant un repas. Les Sages ont enseigné : Deux personnes qui mangent dans un même plat doivent s’attendre l’une l’autre, mais s’il y en a trois, chacun mange quand il le souhaite et ils n’ont pas besoin d’attendre les uns les autres. En général, celui qui rompt le pain tend la main pour prendre de la nourriture en premier, mais s’il souhaite céder l’honneur à son maître ou à quelqu’un de plus grand que lui, il en a la permission.
רַבָּה בַּר בַּר חָנָה הֲוָה עָסֵיק לֵיהּ לִבְרֵיהּ בֵּי רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב קַטִּינָא, קָדֵים וְיָתֵיב וְקָמַתְנֵי לֵיהּ לִבְרֵיהּ: אֵין הַבּוֹצֵעַ רַשַּׁאי לִבְצוֹעַ עַד שֶׁיִּכְלֶה ״אָמֵן״ מִפִּי הָעוֹנִים. רַב חִסְדָּא אָמַר מִפִּי רוֹב הָעוֹנִים.
La Guemara rapporte : Rabba bar bar Ḥana s’occupa des préparatifs du mariage de son fils dans la maison de Rav Shmuel bar Rav Ketina. Il arriva tôt, s’assit et enseigna à son fils les halakhot des repas : Celui qui rompt le pain ne peut pas le rompre tant que le amen n’est pas terminé dans la bouche de ceux qui répondent. Rav Ḥisda dit : Il suffit d’attendre jusqu’à ce que le amen soit terminé dans la bouche de la majorité de ceux qui répondent.
אָמַר לוֹ רָמֵי בַּר חָמָא: מַאי שְׁנָא רוּבָּא — דְּאַכַּתִּי לָא כָּלְיָא בְּרָכָה, מִיעוּטָא נָמֵי לָא כָּלְיָא בְּרָכָה?
Rami bar Ḥama lui dit : Qu’est-ce qui est différent concernant la majorité pour qu’il faille attendre que leur amen se termine avant de poursuivre ? C’est que jusque-là, la bénédiction n’est pas encore terminée. Si c’est le cas, lorsque l’amen de la minorité n’est pas encore terminé lui aussi, la bénédiction n’est pas encore terminée. Pourquoi celui qui rompt le pain n’a-t-il pas besoin d’attendre dans ce cas ?
אֲמַר לֵיהּ: שֶׁאֲנִי אוֹמֵר, כׇּל הָעוֹנֶה ״אָמֵן״ יוֹתֵר מִדַּאי — אֵינוֹ אֶלָּא טוֹעֶה.
Rav Ḥisda lui dit : Parce que je dis que quiconque répond un amen d'une durée excessive se trompe simplement.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין עוֹנִין לֹא ״אָמֵן״ חֲטוּפָה, וְלֹא ״אָמֵן״ קְטוּפָה, וְלֹא ״אָמֵן״ יְתוֹמָה, וְלֹא יִזְרוֹק בְּרָכָה מִפִּיו.
En ce qui concerne la réponse amen, les Sages ont enseigné : il ne faut pas répondre par un amen abrégé [ḥatufa], dans lequel la première syllabe n’est pas correctement énoncée, ni un amen tronqué [ketufa], dans lequel la seconde syllabe n’est pas correctement énoncée, ni un amen orphelin [yetoma], dans lequel celui qui répond ne sait pas à quelle bénédiction il répond. De même, il ne faut pas laisser échapper rapidement et avec indifférence une bénédiction de sa bouche.
בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: כׇּל הָעוֹנֶה ״אָמֵן״ יְתוֹמָה — יִהְיוּ בָּנָיו יְתוֹמִים, חֲטוּפָה — יִתְחַטְּפוּ יָמָיו, קְטוּפָה — יִתְקַטְּפוּ יָמָיו. וְכׇל הַמַּאֲרִיךְ בְּ״אָמֵן״ — מַאֲרִיכִין לוֹ יָמָיו וּשְׁנוֹתָיו.
Ben Azzai dit : Quiconque récite un amen orphelin, ses enfants deviendront orphelins ; celui qui récite un amen abrégé, ses jours seront abrégés et incomplets ; celui qui récite un amen tronqué, ses jours seront tronqués. Celui qui prolonge son amen, on lui prolongera ses jours et ses années. Néanmoins, il ne faut pas le prolonger excessivement.
רַב וּשְׁמוּאֵל הֲווֹ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא. אֲתָא רַב שִׁימִי בַּר חִיָּיא, הֲוָה קָמְסַרְהֵב וְאָכֵיל. אֲמַר לֵיהּ רַב: מָה דַעְתָּךְ — לְאִיצְטְרוֹפֵי בַּהֲדַן, אֲנַן אֲכִילְנָא לַן. אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל: אִלּוּ מַיְיתוּ לִי אַרְדִּילַיָּא וְגוֹזָלַיָּא לְאַבָּא, מִי לָא אָכְלִינַן?
Revenant aux questions de zimoun, la Guemara raconte : Rav et Shmuel étaient assis à un repas lorsque, bien plus tard, Rav Shimi bar Ḥiyya arriva et se hâtait tout en mangeant. Rav lui dit : À quoi penses-tu ? Te hâtes-tu afin de te joindre à nous pour un zimoun ? Nous avons déjà mangé et terminé notre repas avant ton arrivée. Shmuel dit à Rav : Nous n’avons pas vraiment terminé notre repas, car si l’on m’apportait des truffes ou un jeune pigeon pour Abba, Rav, n’en mangerions-nous pas ? Puisque nous mangerions encore, nous n’avons pas encore terminé notre repas et Rabbi Shimi bar Ḥiyya peut se joindre à nous pour le zimoun.
תַּלְמִידֵי דְּרַב הֲווֹ יָתְבִי בִּסְעוֹדְתָּא. עָל רַב אַחָא. אָמְרִי: אֲתָא גַּבְרָא רַבָּא דִּמְבָרֵךְ לַן. אָמַר לְהוּ: מִי סָבְרִיתוּ דְּגָדוֹל מְבָרֵךְ? עִיקָּר שֶׁבַּסְּעוּדָה מְבָרֵךְ. וְהִלְכְתָא גָּדוֹל מְבָרֵךְ, אַף עַל גַּב דַּאֲתָא לְבַסּוֹף.
Les élèves de Rav étaient assis à un repas lorsque Rav Aḥa entra. Les élèves dirent : Un grand homme est arrivé, qui peut réciter la bénédiction en notre nom. Rav Aḥa leur dit : Pensez-vous que le plus grand est celui qui récite la bénédiction ? Il n’en est pas ainsi. Au contraire, l’un des participants principaux, qui était présent depuis le début du repas, récite la bénédiction. La Guemara conclut : La halakha, cependant, est que le plus grand des présents récite la bénédiction, même s’il est arrivé à la fin du repas.
אָכַל דְּמַאי וְכוּ׳: הָא לָא חֲזֵי לֵיהּ! כֵּיוָן דְּאִי בָּעֵי מַפְקַר לְהוּ לְנִכְסֵיהּ וְהָוֵי עָנִי, וַחֲזֵי לֵיהּ, דִּתְנַן: מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים דְּמַאי, וְאֶת הָאַכְסַנְיָא דְּמַאי. וְאָמַר רַב הוּנָא: תָּנָא, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אֵין מַאֲכִילִין אֶת הָעֲנִיִּים וְאֶת הָאַכְסַנְיָא דְּמַאי.
Dans la michna, nous avons appris que si, parmi les convives, l’un a mangé un produit dont la dîme est douteuse [demai], il est inclus parmi les trois pour obliger ceux avec qui il a mangé à faire un zimmun. La Guemara soulève une objection : Mais le demai n’est pas propre à sa consommation. Il lui est interdit de manger du demai. La Guemara répond : Il peut réciter la bénédiction après le repas à son sujet parce que, s’il le voulait, il pourrait déclarer tous ses biens sans propriétaire [hefker] et il deviendrait pauvre, auquel cas le demai serait propre à sa consommation. Comme nous l’avons appris dans une michna : On peut donner du demai aux pauvres et on peut donner du demai aux soldats [akhsania], dont l’entretien est imposé aux habitants de la ville. Et Rav Houna a dit : Il a été enseigné dans une baraita que Beit Shammaï disent : On ne peut pas donner de demai aux pauvres ni aux soldats.
מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁנִּטְּלָה תְּרוּמָתוֹ: פְּשִׁיטָא? לָא צְרִיכָא אֶלָּא שֶׁהִקְדִּימוֹ בַּשִּׁבֳּלִים, וְהִפְרִישׁ מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר, וְלֹא הִפְרִישׁ מִמֶּנּוּ תְּרוּמָה גְּדוֹלָה, וְכִדְרַבִּי אֲבָהוּ. דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַעֲשֵׂר רִאשׁוֹן שֶׁהִקְדִּימוֹ בַּשִּׁבֳּלִים — פָּטוּר מִתְּרוּמָה גְּדוֹלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַהֲרֵמֹתֶם מִמֶּנּוּ תְּרוּמַת ה׳ מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר״ — מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר אָמַרְתִּי לְךָ, וְלֹא תְּרוּמָה גְּדוֹלָה וּתְרוּמַת מַעֲשֵׂר מִן הַמַּעֲשֵׂר.
Nous avons appris dans la michna : si, parmi les convives, l’un a mangé la première dîme dont la teruma avait déjà été prélevée, il peut être inclus dans un zimmun. La Guemara remarque : Cela va de soi que si la teruma a déjà été prélevée, il n’y a pas de problème. Pourquoi était-il nécessaire que la michna enseigne qu’une telle personne peut se joindre à un zimmun ? La Guemara explique : Cela n’était nécessaire que pour enseigner cette halakhadans un cas où le lévite a précédé le prêtre alors que le grain était encore sur les épis, et il a séparé la teruma de la dîme mais n’a pas séparé la teruma gedola. La teruma gedola n’a pas été séparée de la dîme mangée par le lévite. Bien que cela ne doive pas être fait a priori, après coup cela est permis, et celui qui mange un produit de première dîme dans ces circonstances peut être inclus dans un zimmun. Et cela est conforme à l’opinion de Rabbi Abbahu, comme Rabbi Abbahu a dit que Reish Lakish a dit : la première dîme dans laquelle le lévite a précédé le prêtre alors que le grain était encore sur les épis est exemptée de teruma gedola, comme il est dit : « Vous en prélèverez une offrande pour le Seigneur, un dixième de la dîme » (Nombres 18:26). Ce verset enseigne que le lévite est tenu de prélever un dixième de la dîme, c’est-à-dire la teruma de la dîme et non la teruma gedola et la teruma de la dîme.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: אִי הָכִי, אֲפִילּוּ הִקְדִּימוֹ בִּכְרִי נָמֵי! אֲמַר לֵיהּ: עָלֶיךָ אָמַר קְרָא
Rav Pappa dit à Abaye : Si tel est le cas, même si le Lévite a précédé le prêtre après que les grains ont été retirés des épis et placés en tas, le Lévite ne devrait pas avoir à prélever la teruma gedola. Abaye lui dit : En ce qui concerne ton affirmation, le verset déclare :