אָמַר רַב גִּידֵּל אָמַר רַב: הַאי סִמְלָק — מְבָרְכִין עִלָּוֵיהּ ״בּוֹרֵא עֲצֵי בְּשָׂמִים״. אָמַר רַב חֲנַנְאֵל אָמַר רַב: הָנֵי חִלְפֵי דְיַמָּא — מְבָרְכִין עֲלַיְיהוּ ״בּוֹרֵא עֲצֵי בְּשָׂמִים״. אָמַר מָר זוּטְרָא: מַאי קְרָאָה — ״וְהִיא הֶעֱלָתַם הַגָּגָה וַתִּטְמְנֵם בְּפִשְׁתֵּי הָעֵץ״.
Rav Giddel a dit que Rav a dit : Sur ce jasmin [simlak], on récite : Celui qui crée des arbres odorants. Rav Ḥananel a dit que Rav a dit : Sur ces nards, qui poussent près de la mer, on récite : Celui qui crée des arbres odorants. Mar Zutra a dit : Quel est le verset d’où nous déduisons que même une plante aux tiges souples peut être appelée un arbre ? Du verset : « Elle les avait fait monter sur le toit et les avait cachés sous les arbres de lin » (Josué 2:6) ; il est évident que même les tiges de lin sont appelées « arbres ».
רַב מְשַׁרְשְׁיָא אָמַר: הַאי נַרְקוֹם דְּגִינוּנִיתָא — מְבָרְכִין עִלָּוֵיהּ ״בּוֹרֵא עֲצֵי בְשָׂמִים״. דְּדַבְרָא — ״בּוֹרֵא עִשְׂבֵי בְשָׂמִים״. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: הָנֵי סִיגְלֵי — מְבָרְכִין עֲלַיְיהוּ ״בּוֹרֵא עִשְׂבֵי בְשָׂמִים״. אָמַר מָר זוּטְרָא: הַאי מַאן דְּמוֹרַח בְּאֶתְרוֹגָא אוֹ בְּחַבּוּשָׁא אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ שֶׁנָּתַן רֵיחַ טוֹב בַּפֵּירוֹת״.
Rav Mesharshiya a dit : Sur ce narcisse de jardin, on récite : Qui crée des arbres parfumés, tandis que sur un narcisse sauvage qui pousse dans le champ, on récite : Qui crée des plantes parfumées. Rav Sheshet a dit : Sur des violettes parfumées, on récite : Qui crée des plantes parfumées. Mar Zutra a dit : Celui qui sent un cédrat [etrog] ou un coing récite : Béni…qui a donné une agréable fragrance aux fruits.
אָמַר רַב יְהוּדָה: הַאי מַאן דְּנָפֵיק בְּיוֹמֵי נִיסָן וְחָזֵי אִילָנֵי דְּקָא מְלַבְלְבִי, אוֹמֵר: ״בָּרוּךְ שֶׁלֹּא חִיסֵּר בְּעוֹלָמוֹ כְּלוּם וּבָרָא בּוֹ בְּרִיּוֹת טוֹבוֹת וְאִילָנוֹת טוֹבוֹת לְהִתְנָאוֹת בָּהֶן בְּנֵי אָדָם״. אָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב: מִנַּיִן שֶׁמְּבָרְכִין עַל הָרֵיחַ? — שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּל הַנְּשָׁמָה תְּהַלֵּל יָהּ״. אֵיזֶהוּ דָּבָר שֶׁהַנְּשָׁמָה נֶהֱנֵית מִמֶּנּוּ וְאֵין הַגּוּף נֶהֱנֶה מִמֶּנּוּ? — הֱוֵי אוֹמֵר: זֶה הָרֵיחַ.
Sur un sujet connexe, la Guemara cite que Rav Yehuda a dit : Celui qui sort pendant Nissan et voit des arbres en fleur récite : Béni… qui n’a rien retenu de Son monde, et y a créé de belles créatures et des arbres pour que les êtres humains en profitent. Rav Zutra bar Toviya a dit que Rav a dit : D’où est-il dérivé que l’on récite une bénédiction sur une odeur ? Comme il est dit : « Que toute âme loue le Seigneur » (Psaumes 150:6). Il explique le verset : Qu’est-ce dont l’âme tire profit et dont le corps ne tire pas profit ? Il faut dire : C’est l’odeur. Même pour des choses dont seule l’âme tire profit, il faut réciter une bénédiction et louer Dieu.
וְאָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב: עֲתִידִים בַּחוּרֵי יִשְׂרָאֵל שֶׁיִּתְּנוּ רֵיחַ טוֹב כַּלְּבָנוֹן. שֶׁנֶּאֱמַר: ״יֵלְכוּ יוֹנְקוֹתָיו וִיהִי כַזַּיִת הוֹדוֹ וְרֵיחַ לוֹ כַּלְּבָנוֹן״.
Et Rav Zutra bar Toviya dit que Rav dit : Les jeunes hommes d’Israël sont destinés à exhaler un doux parfum comme le Liban, comme il est dit : « Ses branches s’étendront, et sa beauté sera comme l’olivier, et son parfum comme le Liban » (Osée 14:7).
וְאָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב: מַאי דִּכְתִיב ״אֶת הַכֹּל עָשָׂה יָפֶה בְעִתּוֹ״ — מְלַמֵּד שֶׁכָּל אֶחָד וְאֶחָד יִפָּה לוֹ הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אוּמָּנוּתוֹ בְּפָנָיו.
Et Rav Zutra bar Toviya a dit que Rav a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Il a rendu toute chose belle en son temps, et Il a aussi mis le monde dans leur cœur, sans que l’homme puisse découvrir l’œuvre que Dieu a faite du commencement jusqu’à la fin » (Ecclésiaste 3:11) ? Cela enseigne que pour chaque individu, Dieu a rendu son travail agréable à ses propres yeux. De cette manière, chaque individu sera satisfait de son travail, permettant au monde de fonctionner correctement.
אָמַר רַב פָּפָּא: הַיְינוּ דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: ״תְּלֵה לֵיהּ קוֹרָא לְדָבָר אַחֵר, וְאִיהוּ דִּידֵיהּ עָבֵיד״.
Rav Pappa a dit : C’est le proverbe que les gens disent : Accroche un cœur de palmier à un cochon, et il continuera à accomplir ses activités habituelles. Bien que le cœur de palmier soit un mets délicat, un cochon le roulera dans la boue, comme c’est son habitude. Chaque créature a ses goûts particuliers, et on ne peut pas tirer de conclusions au sujet de l’une en se fondant sur les critères d’une autre.
וְאָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב: אֲבוּקָה כִּשְׁנַיִם, וְיָרֵחַ כִּשְׁלֹשָׁה. אִיבַּעְיָא לְהוּ: אֲבוּקָה כִּשְׁנַיִם בַּהֲדֵי דִידֵיהּ, אוֹ דִילְמָא אֲבוּקָה כִּשְׁנַיִם לְבַר מִדִּידֵיהּ? תָּא שְׁמַע: וְיָרֵחַ כִּשְׁלֹשָׁה, אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בַּהֲדֵי דִידֵיהּ — שַׁפִּיר. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְבַר מִדִּידֵיהּ, אַרְבָּעָה לְמָה לִי? וְהָאָמַר מָר: לְאֶחָד נִרְאֶה וּמַזִּיק, לִשְׁנַיִם נִרְאֶה וְאֵינוֹ מַזִּיק, לִשְׁלֹשָׁה אֵינוֹ נִרְאֶה כׇּל עִיקָּר. אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ אֲבוּקָה כִּשְׁנַיִם — בַּהֲדֵי דִידֵיהּ. שְׁמַע מִינַּהּ.
Et Rav Zutra bar Toviya dit que Rav dit : Pour quelqu’un qui marche sur un chemin obscur, s’il a une torche à la main, c’est comme si deux marchaient sur ce chemin, et la lumière de la lune est comme trois. La Guemara soulève un dilemme : une torche est-elle comme deux en incluant celui qui porte la torche, ou peut-être une torche est-elle comme deux en plus de lui, pour un total de trois ? Viens et écoute une preuve de ce que Rav a dit : Et la lune est comme trois. Certes, si tu dis trois en l’incluant, cela s’explique bien. Cependant, si tu dis trois en plus de lui, pourquoi ai-je besoin de quatre, à quoi servent-ils ? Le Maître n’a-t-il pas dit : Pour une personne qui marche seule, un démon peut être vu et lui causer du tort. Pour deux personnes, un démon peut être vu et ne leur cause pas de tort. Pour trois personnes, il ne peut pas être vu du tout. Quatre personnes ne valent pas mieux que trois. Plutôt, ne pouvons-nous pas apprendre de cela qu’une torche est comme deux, c’est-à-dire deux en l’incluant. La Guemara commente : En effet, conclus-en cela.
וְאָמַר רַב זוּטְרָא בַּר טוֹבִיָּה אָמַר רַב, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַב חָנָא בַּר בִּיזְנָא אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן חֲסִידָא, וְאָמְרִי לַהּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: נוֹחַ לוֹ לְאָדָם שֶׁיַּפִּיל עַצְמוֹ לְתוֹךְ כִּבְשַׁן הָאֵשׁ וְאַל יַלְבִּין פְּנֵי חֲבֵרוֹ בָּרַבִּים. מְנָלַן? — מִתָּמָר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הִיא מוּצֵאת וְגוֹ׳״.
Et Rav Zutra bar Toviya dit que Rav dit ; et certains disent que Rav Ḥana bar Bizna dit que Rabbi Shimon Ḥasida dit ; et certains disent que Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Il est préférable, d’un point de vue éthique, qu’une personne se jette dans une fournaise ardente plutôt que d’humilier autrui en public. D’où apprenons-nous cela ? De Tamar, la belle-fille de Juda, lorsqu’elle fut conduite pour être brûlée, comme il est dit : « Comme elle était amenée dehors, elle envoya vers son beau-père, en disant : Je suis enceinte de l’homme à qui appartiennent ces choses ; et elle dit : Reconnais, je te prie, à qui appartiennent ce sceau, ce cordon et ce bâton » (Genèse 38:25). Malgré sa situation désespérée, elle ne révéla pas qu’elle était enceinte de l’enfant de Juda ; au contraire, elle lui laissa la décision, afin d’éviter de l’humilier en public.
תָּנוּ רַבָּנַן: הֵבִיאוּ לְפָנָיו שֶׁמֶן וַהֲדַס, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: מְבָרֵךְ עַל הַשֶּׁמֶן וְאַחַר כָּךְ מְבָרֵךְ עַל הַהֲדַס. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: מְבָרֵךְ עַל הַהֲדַס וְאַחַר כָּךְ מְבָרֵךְ עַל הַשֶּׁמֶן. אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: אֲנִי אַכְרִיעַ. שֶׁמֶן — זָכִינוּ לְרֵיחוֹ וְזָכִינוּ לְסִיכָתוֹ, הֲדַס — לְרֵיחוֹ זָכִינוּ לְסִיכָתוֹ לֹא זָכִינוּ. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמַּכְרִיעַ.
Les Sages ont enseigné : Si l’on apporta devant lui à la fois de l’huile parfumée et une branche de myrte, Beit Shammaï disent : On récite une bénédiction sur l’huile d’abord puis sur le myrte ensuite. Et Beit Hillel disent : On récite une bénédiction sur le myrte d’abord puis sur l’huile ensuite. Rabban Gamliel dit : Je trancherai ce différend en faveur de l’opinion de Beit Shammaï, selon laquelle il faut réciter une bénédiction sur l’huile d’abord, car elle est plus importante. En ce qui concerne l’huile ; nous avons le privilège de profiter de son parfum et nous avons le privilège d’en profiter par onction avec elle. En ce qui concerne la branche de myrte ; nous avons le privilège de profiter de son parfum, nous n’avons pas le privilège d’en profiter par onction avec elle. Rabbi Yoḥanan dit : La halakha est conforme à l’opinion du décideur, Rabban Gamliel.
רַב פָּפָּא אִיקְּלַע לְבֵי רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב אִיקָא. אַיְיתוֹ לְקַמַּיְיהוּ שֶׁמֶן וַהֲדַס. שְׁקַל רַב פָּפָּא בָּרֵיךְ אַהֲדַס בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר בָּרֵיךְ אַשֶּׁמֶן. אָמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הַמַּכְרִיעַ? אָמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רָבָא: הֲלָכָה כְּבֵית הִלֵּל. וְלָא הִיא, לְאִשְׁתְּמוֹטֵי נַפְשֵׁיהּ הוּא דַּעֲבַד.
La Guemara raconte : Rav Pappa se trouva arriver à la maison de Rav Houna, fils de Rav Ika. On apporta devant lui à la fois de l’huile parfumée et une branche de myrte. Rav Pappa prit et récita une bénédiction d’abord sur la branche de myrte, puis récita une bénédiction sur l’huile. Rav Houna lui dit : Et le Maître ne soutient-il pas que la halakha est conforme à l’opinion du déciseur ? Si tel est le cas, tu aurais dû réciter une bénédiction sur l’huile d’abord. Rav Pappa dit : Rava a dit ce qui suit : La halakha est conforme à l’opinion de Beit Hillel. La Guemara commente : Ce n’est pas le cas, car Rava n’a pas rendu cette décision. Au contraire, Rav Pappa a fait cela afin de se tirer d’une situation désagréable et de justifier sa conduite.
תָּנוּ רַבָּנַן: הֵבִיאוּ לִפְנֵיהֶם שֶׁמֶן וְיַיִן, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: אוֹחֵז הַשֶּׁמֶן בִּימִינוֹ וְאֶת הַיַּיִן בִּשְׂמֹאלוֹ, מְבָרֵךְ עַל הַשֶּׁמֶן וְחוֹזֵר וּמְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן. בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים: אוֹחֵז אֶת הַיַּיִן בִּימִינוֹ וְאֶת הַשֶּׁמֶן בִּשְׂמֹאלוֹ, מְבָרֵךְ עַל הַיַּיִן וְחוֹזֵר וּמְבָרֵךְ עַל הַשֶּׁמֶן, וְטָחוֹ בְּרֹאשׁ הַשַּׁמָּשׁ. וְאִם שַׁמָּשׁ תַּלְמִיד חָכָם הוּא — טָחוֹ בַּכּוֹתֶל, מִפְּנֵי שֶׁגְּנַאי לְתַלְמִיד חָכָם לָצֵאת לַשּׁוּק כְּשֶׁהוּא מְבוּשָּׂם.
Nos Sages ont enseigné dans une baraita : Si on leur apporta à la fois de l’huile parfumée et du vin, Beit Shammai disent : Il prend l’huile dans sa main droite, puisqu’il récite d’abord une bénédiction sur l’huile, et le vin dans sa main gauche. Il récite une bénédiction sur l’huile puis il récite une bénédiction sur le vin. Beit Hillel disent le contraire : Il prend le vin dans sa main droite et l’huile dans sa main gauche. Il récite une bénédiction sur le vin puis il récite une bénédiction sur l’huile. Et après avoir récité une bénédiction sur l’huile et s’en être oint les mains, il l’essuie sur la tête du serviteur afin que ses mains ne restent pas parfumées. Et si le serviteur est un érudit de la Torah, il essuie l’huile sur le mur, car il ne convient pas à un érudit de la Torah de sortir parfumé au marché.
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁשָּׁה דְּבָרִים גְּנַאי לוֹ לְתַלְמִיד חָכָם: אַל יֵצֵא כְּשֶׁהוּא מְבוּשָּׂם לַשּׁוּק, וְאַל יֵצֵא יְחִידִי בַּלַּיְלָה, וְאַל יֵצֵא בְּמִנְעָלִים הַמְטוּלָּאִים, וְאַל יְסַפֵּר עִם אִשָּׁה בַּשּׁוּק, וְאַל יָסֵב בַּחֲבוּרָה שֶׁל עַמֵּי הָאָרֶץ, וְאַל יִכָּנֵס בָּאַחֲרוֹנָה לְבֵית הַמִּדְרָשׁ. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף לֹא יַפְסִיעַ פְּסִיעָה גַּסָּה, וְאַל יְהַלֵּךְ בְּקוֹמָה זְקוּפָה.
Incidemment à la mention d’une conduite indigne d’un érudit de la Torah, les Sages ont enseigné dans une baraita : Six choses sont honteuses pour un érudit de la Torah : il ne peut pas sortir parfumé au marché ; il ne peut pas sortir de chez lui seul la nuit ; il ne peut pas sortir en portant des chaussures rapiécées ; il ne peut pas converser avec une femme au marché ; il ne peut pas s’accouder et participer à un repas en compagnie d’ignorants ; et il ne peut pas être le dernier à entrer dans la maison d’étude. Et certains disent qu’il ne peut pas faire de grands pas et il ne peut pas marcher avec une posture droite.
אַל יֵצֵא כְּשֶׁהוּא מְבוּשָּׂם לַשּׁוּק: אָמַר רַבִּי אַבָּא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּמָקוֹם שֶׁחֲשׁוּדִים עַל מִשְׁכַּב זָכוּר. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּבִגְדוֹ, אֲבָל בְּגוּפוֹ — זֵיעָה מְעַבְּרָא לֵיהּ. אָמַר רַב פָּפָּא: וּשְׂעָרוֹ כְּבִגְדוֹ דָּמֵי, וְאָמְרִי לַהּ כְּגוּפוֹ דָּמֵי.
La Guemara développe les déclarations de la baraita. Il ne peut pas sortir parfumé au marché ; Rabbi Abba, fils de Rabbi Ḥiyya bar Abba, a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Cette interdiction ne s'applique que dans un endroit où ils sont soupçonnés d'homosexualité. Celui qui sort au marché parfumé éveillera les soupçons. Rav Sheshet a dit : Nous n'avons dit cela qu'à l'égard de ses vêtements qui étaient parfumés, mais à l'égard de son corps, cela est permis, car sa sueur fait dissiper le parfum. Rav Pappa a dit : À cet égard, ses cheveux sont considérés comme ses vêtements. Et certains disent : Ses cheveux sont considérés comme son corps.
וְאַל יֵצֵא יְחִידִי בַּלַּיְלָה: מִשּׁוּם חֲשָׁדָא. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא קְבִיעַ לֵיהּ עִידָּנָא, אֲבָל קְבִיעַ לֵיהּ עִידָּנָא — מִידָּע יְדִיעַ דִּלְעִידָּנֵיהּ קָא אָזֵיל.
Il ne peut pas sortir de sa maison seul la nuit en raison d’un soupçon de débauche. Et, par conséquent, cela n’a été interdit que s’il n’a pas d’heure fixe pendant la nuit pour étudier avec son maître, mais s’il a une heure fixe, tout le monde sait qu’il va étudier avec son maître à son heure fixe, et on ne le soupçonnera pas.
וְאַל יֵצֵא בְּמִנְעָלִים הַמְטוּלָּאִים: מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא. דְּאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: גְּנַאי הוּא לְתַלְמִיד חָכָם שֶׁיֵּצֵא בְּמִנְעָלִים הַמְטוּלָּאִים. אִינִי? וְהָא רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא נָפֵיק! אָמַר מָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: בִּטְלַאי עַל גַּבֵּי טְלַאי. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּפַנְתָּא, אֲבָל בְּגִילְדָּא — לֵית לַן בַּהּ. וּבְפַנְתָּא לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאוֹרְחָא, אֲבָל בְּבֵיתָא — לֵית לַן בַּהּ. וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא בִּימוֹת הַחַמָּה, אֲבָל בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים — לֵית לַן בַּהּ.
Il ne peut pas sortir en portant des chaussures rapiécées. Cela confirme l’affirmation de Rabbi Ḥiyya bar Abba, car Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit : Il est honteux pour un érudit de la Torah de sortir en portant des chaussures rapiécées. La Guemara objecte : Est-ce bien le cas ? Rabbi Ḥiyya bar Abba n’est-il pas lui-même sorti en portant des chaussures rapiécées ? Mar Zutra, fils de Rav Naḥman, a dit : Cela n’est interdit que lorsque la chaussure a une pièce sur une autre pièce. Et nous n’avons dit cela qu’à l’égard de pièces sur la partie supérieure de la chaussure, mais si la pièce est sur la semelle, cela ne s’applique pas. Et à l’égard de pièces sur la partie supérieure de la chaussure, nous n’avons dit cela que lorsqu’il est sur la route, mais dans sa maison, nous n’avons pas à nous en soucier. Et nous n’avons dit cela qu’à l’égard de l’été lorsque les pièces seraient visibles de tous, mais pendant la saison des pluies, lorsque la boue obscurcit la vue des pièces, nous n’avons pas à nous en soucier.
וְאַל יְסַפֵּר עִם אִשָּׁה בַּשּׁוּק: אָמַר רַב חִסְדָּא: וַאֲפִילּוּ הִיא אִשְׁתּוֹ. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אֲפִילּוּ הִיא אִשְׁתּוֹ, וַאֲפִילּוּ הִיא בִּתּוֹ, וַאֲפִילּוּ הִיא אֲחוֹתוֹ — לְפִי שֶׁאֵין הַכֹּל בְּקִיאִין בִּקְרוֹבוֹתָיו.
Il ne peut pas converser avec une femme au marché. Rav Ḥisda a dit : Même si c’est son épouse. Cela a également été enseigné dans une baraita : On ne peut pas converser avec une femme au marché, même si c’est son épouse, même si c’est sa fille et même si c’est sa sœur, car tout le monde ne connaît pas bien l’identité de ses parentes féminines et ils soupçonneront qu’il parle avec des femmes qui ne sont pas ses parentes.
וְאַל יָסֵב בַּחֲבוּרָה שֶׁל עַמֵּי הָאָרֶץ: מַאי טַעְמָא? — דִּילְמָא אָתֵי לְאִמְּשׁוֹכֵי בָּתְרַיְיהוּ.
Il ne peut pas s’accouder et participer à un repas en compagnie d’ignorants. La Guemara explique : Quelle en est la raison ? Peut-être sera-t-il entraîné à leur suite et les imitera.
וְאַל יִכָּנֵס בָּאַחֲרוֹנָה לְבֵית הַמִּדְרָשׁ: מִשּׁוּם דְּקָרוּ לֵיהּ ״פּוֹשֵׁעַ״.
Il ne peut pas être le dernier à entrer dans la maison d’étude. La Guemara explique : Parce qu’ils le qualifieront de négligent, autrement dit, inattentif et paresseux.
וְיֵשׁ אוֹמְרִים, אַף לֹא יַפְסִיעַ פְּסִיעָה גַּסָּה: דְּאָמַר מָר, פְּסִיעָה גַּסָּה נוֹטֶלֶת אֶחָד מֵחֲמֵשׁ מֵאוֹת מִמְּאוֹר עֵינָיו שֶׁל אָדָם. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? לַהְדְּרֵיהּ בְּקִדּוּשָׁא דְבֵי שִׁמְשֵׁי.
Et certains disent qu’il ne peut pas faire de longues enjambées, comme le Maître l’a dit : Une longue enjambée enlève un cinq-centième de la vue d’une personne. La Guemara demande : Quel est son remède s’il a fait de longues enjambées ? La Guemara répond : Il peut la restaurer en buvant le vin du kiddush le soir de Chabbat .
וְאַל יְהַלֵּךְ בְּקוֹמָה זְקוּפָה: דְּאָמַר מָר הַמְהַלֵּךְ בְּקוֹמָה זְקוּפָה אֲפִילּוּ אַרְבַּע אַמּוֹת, כְּאִילּוּ דּוֹחֵק רַגְלֵי שְׁכִינָה, דִּכְתִיב: ״מְלֹא כׇל הָאָרֶץ כְּבוֹדוֹ״.
Et il ne doit pas marcher avec une posture droite, mais légèrement courbé, comme le Maître l’a dit : Celui qui marche avec une posture droite et de manière arrogante, même quatre coudées, c’est comme s’il repoussait les pieds de la Présence divine, car il est écrit : « Toute la terre est pleine de Sa gloire » (Isaïe 6:3). Celui qui marche d’une manière arrogante montre un manque d’égard pour la gloire et l’honneur de Dieu qui l’entourent, et chasse ainsi Dieu de cet endroit.