אֲבָל הֵיכָא דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ לְפֵירֵי לֵיתֵיהּ לִגְווֹזָא דַּהֲדַר מַפֵּיק, לָא מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״ אֶלָּא ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.
Cependant, dans une situation où, lorsque vous prenez le fruit, la branche ne reste pas et ne produit pas de nouveau de fruit, nous ne récitons pas la bénédiction : Qui crée le fruit de l’arbre, mais plutôt : Qui crée le fruit de la terre.
וְעַל כּוּלָּן אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל״ וְכוּ׳. אִתְּמַר. רַב הוּנָא אָמַר: חוּץ מִן הַפַּת וּמִן הַיַּיִן. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ פַּת וְיַיִן.
Nous avons appris dans la michna : Et pour tous les aliments, s’il a récité : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence, il s’est acquitté de son obligation. Il a été déclaré que les amora’im ont débattu de l’explication précise de la michna. Rav Houna a dit : Cette halakha s’applique à tous les aliments sauf au pain et au vin. Puisqu’ils ont des bénédictions particulières, on ne s’acquitte pas de son obligation en récitant la bénédiction générale : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence. Et Rabbi Yoḥanan a dit : On s’acquitte de son obligation avec la bénédiction : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence, même pour le pain et le vin.
נֵימָא כְּתַנָּאֵי: רָאָה פַּת וְאָמַר: ״כַּמָּה נָאָה פַּת זוֹ, בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁבְּרָאָהּ״ — יָצָא. רָאָה תְּאֵנָה וְאָמַר ״כַּמָּה נָאָה תְּאֵנָה זוֹ, בָּרוּךְ הַמָּקוֹם שֶׁבְּרָאָהּ״ — יָצָא, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל הַמְשַׁנֶּה מִמַּטְבֵּעַ שֶׁטָּבְעוּ חֲכָמִים בִּבְרָכוֹת — לֹא יָצָא יְדֵי חוֹבָתוֹ. נֵימָא רַב הוּנָא דְּאָמַר כְּרַבִּי יוֹסֵי, וְרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר כְּרַבִּי מֵאִיר?!
La Guemara remarque : Disons que cette controverse est parallèle à une controverse tannaïtique trouvée ailleurs, comme cela a été enseigné dans une Tosefta : Celui qui a vu du pain et a dit : Comme ce pain est agréable, béni soit l’Omniprésent qui l’a créé, s’est acquitté de son obligation de réciter une bénédiction. Celui qui a vu une figue et a dit : Comme cette figue est agréable, béni soit l’Omniprésent qui l’a créée, s’est acquitté de son obligation. Telle est la déclaration de Rabbi Meir. Rabbi Yossei dit : Celui qui s’écarte de la formule instituée par les Sages dans les bénédictions ne s’est pas acquitté de son obligation. Si tel est le cas, disons que Rav Houna, qui a dit que celui qui récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence, sur du pain ou du vin, ne s’est pas acquitté de son obligation, tient conformément à l’opinion de Rabbi Yossei ; et Rabbi Yoḥanan, qui a dit que celui qui récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence, sur du pain ou du vin s’acquitte de son obligation, tient conformément à l’opinion de Rabbi Meir.
אָמַר לָךְ רַב הוּנָא: אֲנָא דַּאֲמַרִי אֲפִילּוּ לְרַבִּי מֵאִיר, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי מֵאִיר הָתָם, אֶלָּא הֵיכָא דְּקָא מַדְכַּר שְׁמֵיהּ דְּפַת, אֲבָל הֵיכָא דְּלָא קָא מַדְכַּר שְׁמֵיהּ דְּפַת אֲפִילּוּ רַבִּי מֵאִיר מוֹדֶה.
La Guemara rejette cela : Rav Houna aurait pu te dire : J’ai dit ma déclaration, même conformément à l’opinion de Rabbi Meïr, car Rabbi Meïr n’a énoncé son opinion, selon laquelle celui qui modifie la formule de la bénédiction s’acquitte de son obligation, là-bas, où l’individu mentionne explicitement le terme pain dans sa bénédiction, mais là où il ne mentionne pas le terme pain, même Rabbi Meïr reconnaît qu’il ne s’est pas acquitté de son obligation.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר לָךְ: אֲנָא דַּאֲמַרִי אֲפִילּוּ לְרַבִּי יוֹסֵי, עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַבִּי יוֹסֵי הָתָם אֶלָּא מִשּׁוּם דְּקָאָמַר בְּרָכָה דְּלָא תַּקִּינוּ רַבָּנַן, אֲבָל אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן, אֲפִילּוּ רַבִּי יוֹסֵי מוֹדֶה.
Et Rabbi Yoḥanan aurait pu te dire : J’ai dit ma déclaration, même conformément à l’opinion de Rabbi Yosei, car Rabbi Yosei n’a énoncé son opinion, selon laquelle celui qui modifie la formule de la bénédiction ne s’acquitte pas de son obligation, là-bas, parce qu’il a récité une bénédiction qui n’a pas été instituée par les Sages ; cependant, s’il a récité : Par la parole duquel toutes choses sont venues à l’existence, qui a été instituée par les Sages, même Rabbi Yosei convient que, a posteriori, il s’est acquitté de son obligation de réciter une bénédiction.
בִּנְיָמִין רָעֲיָא כְּרַךְ רִיפְתָּא, וַאֲמַר: ״בְּרִיךְ מָרֵיהּ דְּהַאי פִּיתָּא״. אָמַר רַב: יָצָא. וְהָאָמַר רַב: כׇּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם אֵינָהּ בְּרָכָה! דְּאָמַר: ״בְּרִיךְ רַחֲמָנָא מָרֵיהּ דְּהַאי פִּיתָּא״.
Concernant les bénédictions qui ne sont pas conformes à la formule instituée par les Sages, la Guemara rapporte que Binyamin le berger mangea du pain et ensuite récita en araméen : Béni soit le Maître de ce pain. Rav dit qu’il avait ainsi accompli son obligation de réciter une bénédiction. La Guemara objecte : Mais Rav lui-même n’a-t-il pas dit : Toute bénédiction qui ne contient pas la mention du nom de Dieu n’est pas considérée comme une bénédiction ? La Guemara corrige la formule de sa bénédiction. Il dit : Béni soit le Miséricordieux, Maître de ce pain.
וְהָא בָּעֵינַן שָׁלֹשׁ בְּרָכוֹת? מַאי ״יָצָא״ דְּקָאָמַר רַב — נָמֵי יָצָא יְדֵי בְּרָכָה רִאשׁוֹנָה.
La Guemara demande : Mais n’exigeons-nous pas trois bénédictions dans la Grâce après les repas ? Comment s’est-il acquitté de son obligation avec une seule phrase ? La Guemara explique : Que signifie : Il s’acquitte de son obligation, comme Rav l’a également dit ? Il s’acquitte de l’obligation de la première des trois bénédictions, et doit en réciter encore deux pour s’acquitter complètement de son obligation.
מַאי קָמַשְׁמַע לַן? אַף עַל גַּב דַּאֲמָרָהּ בִּלְשׁוֹן חוֹל.
La Guemara demande : Que vient-il nous enseigner ? La Guemara répond : Bien qu'il ait récité la bénédiction dans une langue profane, autre que l'hébreu, il s'est acquitté de son obligation.
תְּנֵינָא: וְאֵלּוּ נֶאֱמָרִים בְּכָל לְשׁוֹן: פָּרָשַׁת סוֹטָה, וִידּוּי מַעֲשֵׂר, קְרִיאַת שְׁמַע, וּתְפִלָּה, וּבִרְכַּת הַמָּזוֹן. אִצְטְרִיךְ: סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא, הָנֵי מִילֵּי דַּאֲמָרָהּ בִּלְשׁוֹן חוֹל כִּי הֵיכִי דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ, אֲבָל לֹא אֲמָרָהּ בִּלְשׁוֹן חוֹל כִּי הֵיכִי דְּתַקִּינוּ רַבָּנַן בִּלְשׁוֹן קֹדֶשׁ, אֵימָא לָא. קָא מַשְׁמַע לַן.
Cela reste difficile, car nous avons déjà appris cela dans une michna de Sota : Et ceux-ci sont récités dans n’importe quelle langue que l’on comprend : Le passage de l’adjuration de la sota, la confession des dîmes lorsqu’un propriétaire déclare qu’il a donné toute la terouma et les dîmes comme il convient, la récitation du Shema, et la prière de la Amida ainsi que le Bénédicité après le repas. Si le Bénédicité après le repas figure clairement dans la liste des éléments qui peuvent être récités dans n’importe quelle langue, qu’est-ce que Rav nous a enseigné ? La Guemara répond : la décision de Rav au sujet de Binyamin le Berger est nécessaire, car il aurait pu te venir à l’esprit de dire : Ceci, la permission de réciter le Bénédicité après le repas dans n’importe quelle langue, ne s’applique que dans un cas où l’on l’a récité dans une langue profane, tel qu’il a été institué par les Sages dans la langue sainte. Cependant, dans un cas où l’on n’a pas récité la bénédiction dans une langue profane, tel qu’il a été institué par les Sages dans la langue sainte, dis que non, on ne s’est pas acquitté de son obligation. Par conséquent, Rav nous enseigne qu’a posteriori, non seulement la langue n’empêche pas l’accomplissement de son obligation de réciter une bénédiction, mais la formulation non plus.
גּוּפָא. אָמַר רַב: כׇּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ הַזְכָּרַת הַשֵּׁם — אֵינָהּ בְּרָכָה. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: כׇּל בְּרָכָה שֶׁאֵין בָּהּ מַלְכוּת אֵינָהּ בְּרָכָה. אָמַר אַבָּיֵי: כְּווֹתֵיהּ דְּרַב מִסְתַּבְּרָא, דְּתַנְיָא: ״לֹא עָבַרְתִּי מִמִּצְוֹתֶיךָ וְלֹא שָׁכָחְתִּי״: לֹא עָבַרְתִּי — מִלְּבָרֶכְךָ, וְלֹא שָׁכָחְתִּי — מִלְּהַזְכִּיר שִׁמְךָ עָלָיו. וְאִילּוּ מַלְכוּת לָא קָתָנֵי.
La Guemara examine la question elle-même de l’opinion de Rav et cite la controverse fondamentale à ce sujet. Rav a dit : Toute bénédiction qui ne contient pas la mention du nom de Dieu n’est pas considérée comme une bénédiction. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Toute bénédiction qui ne contient pas la mention de la souveraineté de Dieu n’est pas considérée comme une bénédiction. Abaye a dit : Cela est logique conformément à l’opinion de Rav, comme cela a été enseigné dans une Tosefta : Dans la confession des dîmes, on récite : « Je n’ai pas transgressé Tes mitzvot et je n’ai pas oublié » (Deutéronome 26:13). Le sens de l’expression « Je n’ai pas transgressé » est que je ne me suis pas abstenu de Te bénir lors de la séparation des dîmes ; et le sens de l’expression « et je n’ai pas oublié » est que je n’ai pas oublié de mentionner Ton nom dans la bénédiction récitée à son sujet. Cependant, cette baraita n’a pas enseigné qu’il faut mentionner la souveraineté de Dieu dans la bénédiction.
וְרַבִּי יוֹחָנָן תָּנֵי: ״וְלֹא שָׁכָחְתִּי״ — מִלְּהַזְכִּיר שִׁמְךָ וּמַלְכוּתְךָ עָלָיו.
Et Rabbi Yoḥanan avait l’habitude de dire : Amende la baraita : Et je n’ai pas oublié de mentionner Ton nom et Ta souveraineté dans la bénédiction récitée à son sujet ; indiquant qu’il faut mentionner à la fois le nom de Dieu et la souveraineté de Dieu.
מַתְנִי׳ וְעַל דָּבָר שֶׁאֵין גִּדּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. עַל הַחוֹמֶץ וְעַל הַנּוֹבְלוֹת וְעַל הַגּוֹבַאי, אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּל שֶׁהוּא מִין קְלָלָה אֵין מְבָרְכִין עָלָיו.
MICHNA :Et sur un aliment dont la croissance ne vient pas de la terre, on récite : Par la parole duquel toutes choses sont venues à l’existence. Et sur le vinaigre, du vin qui a fermenté et s’est gâté, et sur les novelot, des dattes qui se sont gâtées, et sur les sauterelles, on récite : Par la parole duquel toutes choses sont venues à l’existence. Rabbi Yehouda dit : Sur tout aliment qui est un type résultant d’une malédiction, on ne récite aucune bénédiction sur lui du tout. Aucun des éléments énumérés n’existe dans des conditions normales, et ils surviennent comme résultat d’une malédiction.
הָיוּ לְפָנָיו מִינִין הַרְבֵּה, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אִם יֵשׁ בֵּינֵיהֶן מִין שִׁבְעָה — עָלָיו הוּא מְבָרֵךְ. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מְבָרֵךְ עַל אֵיזֶה מֵהֶן שֶׁיִּרְצֶה.
Par ailleurs : s’il y avait de nombreux types d’aliments devant lui, sur quel aliment devrait-il réciter d’abord une bénédiction ? Rabbi Yehouda dit : S’il y a parmi eux l’une des sept espèces pour lesquelles Eretz Yisrael a été louée, il récite d’abord la bénédiction sur celle-ci. Et les Sages disent : Il récite une bénédiction sur celle qu’il veut.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: עַל דָּבָר שֶׁאֵין גִּדּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ, כְּגוֹן בְּשַׂר בְּהֵמוֹת חַיּוֹת וְעוֹפוֹת וְדָגִים אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. עַל הֶחָלָב וְעַל הַבֵּיצִים וְעַל הַגְּבִינָה אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל״. עַל הַפַּת שֶׁעִפְּשָׁה, וְעַל הַיַּיִן שֶׁהִקְרִים, וְעַל הַתַּבְשִׁיל שֶׁעִבֵּר צוּרָתוֹ אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל״. עַל הַמֶּלַח וְעַל הַזָּמִית וְעַל כְּמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל״. לְמֵימְרָא דִּכְמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת לָאו גִּדּוּלֵי קַרְקַע נִינְהוּ? וְהָתַנְיָא הַנּוֹדֵר מִפֵּירוֹת הָאָרֶץ — אָסוּר בְּפֵירוֹת הָאָרֶץ, וּמוּתָּר בִּכְמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת, וְאִם אָמַר ״כׇּל גִּדּוּלֵי קַרְקַע עָלַי״ — אָסוּר אַף בִּכְמֵהִין וּפִטְרִיּוֹת.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Sur un aliment dont la croissance ne vient pas de la terre, par exemple la viande d’animaux domestiques, d’animaux non domestiqués, de volaille et de poisson, on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. De même, sur le lait, sur les œufs et sur le fromage, on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Cela n’est pas vrai seulement à l’égard des éléments provenant des animaux, mais sur du pain moisi, sur du vin qui a légèrement fermenté, et sur un plat cuit qui s’est gâté, on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, car la bénédiction désignée est inappropriée pour un aliment partiellement avarié. De même, sur le sel et sur la saumure, et sur les truffes et les champignons, on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. La Guemara demande : Faut-il dire par là que les truffes et les champignons ne sont pas des éléments qui poussent de la terre ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Celui qui fait le vœu de ne pas manger des fruits de la terre a l’interdiction de manger tous les fruits de la terre ; toutefois, il lui est permis de manger des truffes et des champignons. Et s’il a dit : Tous les éléments qui poussent de la terre me sont interdits, il lui est interdit de manger même des truffes et des champignons. Apparemment, les truffes et les champignons sont des éléments qui poussent de la terre.
אָמַר אַבָּיֵי: מִירְבָּא רָבוּ מֵאַרְעָא, מֵינָק לָא יָנְקִי מֵאַרְעָא.
Abaye a dit : En ce qui concerne la croissance, ils poussent de la terre, mais en ce qui concerne la subsistance, ils ne tirent pas leur subsistance de la terre.
וְהָא ״עַל דָּבָר שֶׁאֵין גִּדּוּלוֹ מִן הָאָרֶץ״ קָתָנֵי! תְּנִי: עַל דָּבָר שֶׁאֵין יוֹנֵק מִן הָאָרֶץ.
La Guemara demande : Pourquoi cette distinction est-elle significative ? N’a-t-on pas enseigné : Sur un aliment dont la croissance ne vient pas de la terre, on récite la bénédiction : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence ? Même selon Abaye, les champignons poussent de la terre. La Guemara répond : Amende la baraita pour qu’elle se lise ainsi : Sur un aliment qui ne tire pas sa subsistance de la terre, on récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence. Par conséquent, même sur les champignons on récite : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence.
וְעַל הַנּוֹבְלוֹת: מַאי נוֹבְלוֹת? רַבִּי זֵירָא וְרַבִּי אִילְעָא. חַד אָמַר: בּוּשְׁלֵי כַמְרָא. וְחַד אָמַר: תַּמְרֵי דְזִיקָא.
Nous avons appris dans la michna que sur les novelot on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. La Guemara demande : Que sont les novelot ? La Guemara répond que les amora’im Rabbi Zeira et Rabbi Il’a ont discuté de cela. L’un a dit que le terme désigne des dattes qui, en raison de conditions extrêmes, ont été brûlées par la chaleur du soleil et ont mûri prématurément. Et l’un a dit qu’il s’agit de dattes tombées de l’arbre à cause du vent.
תְּנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֹּל שֶׁהוּא מִין קְלָלָה אֵין מְבָרְכִין עָלָיו. בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר בּוּשְׁלֵי כַמְרָא, הַיְינוּ דְּקָרֵי לֵיהּ ״מִין קְלָלָה״, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר תַּמְרֵי דְזִיקָא — מַאי מִין קְלָלָה?
Nous avons appris plus loin dans la michna que Rabbi Yehouda dit : Sur tout aliment qui est une sorte résultant d’une malédiction, on ne récite aucune bénédiction sur lui du tout. Soit, selon celui qui a dit que les novelot sont des dattes brûlées par la chaleur du soleil, c’est la raison pour laquelle il les considère comme une sorte de malédiction ; cependant, selon celui qui a dit que les novelot sont des dattes qui sont tombées à cause du vent, quelle est la raison pour laquelle cela est considéré comme une sorte de malédiction ? Les dattes tombées de l’arbre ne sont pas pires que les autres dattes.
אַשְּׁאָרָא.
La Guemara concilie : la déclaration de Rabbi Yehouda portait sur le reste, le vinaigre et les sauterelles, et non sur les novelot.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר בּוּשְׁלֵי כַמְרָא, הַיְינוּ דִּמְבָרְכִינַן עֲלַיְיהוּ ״שֶׁהַכֹּל״. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר תַּמְרֵי דְזִיקָא, ״שֶׁהַכֹּל״?! ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״ מִבְּעֵי לֵיהּ לְבָרוֹכֵי!
Certains disent que la Guemara a soulevé la question différemment : Soit, selon celui qui a dit que les novelot sont des dattes brûlées par la chaleur du soleil, c’est la raison pour laquelle nous récitons sur elles : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence, car elles sont de qualité inférieure. Cependant, selon celui qui a dit que les novelot sont des dattes qui sont tombées à cause du vent, devrions-nous réciter sur elles : Par la parole de qui toutes choses sont venues à l’existence ? Nous devrions réciter : Qui crée le fruit de l’arbre.
אֶלָּא, בְּנוֹבְלוֹת סְתָמָא כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּבוּשְׁלֵי כַמְרָא נִינְהוּ. כִּי פְּלִיגִי בְּנוֹבְלוֹת תְּמָרָה. דִּתְנַן: הַקַּלִּין שֶׁבַּדְּמַאי: הַשִּׁיתִין, וְהָרִימִּין, וְהָעוּזְרָדִין, בְּנוֹת שׁוּחַ, וּבְנוֹת שִׁקְמָה, וְגוּפְנִין, וְנִצְפָּה, וְנוֹבְלוֹת תְּמָרָה.
Au contraire, la conclusion est que, en ce qui concerne novelot sans modification, tous s’accordent à dire qu’il s’agit de dattes brûlées par la chaleur du soleil. Lorsqu’ils discutent, cela concerne ces dattes connues sous le nom de novelot temara, comme nous l’avons appris dans une michna concernant les lois des produits dont la dîme est douteuse [demai] : Bien que, dans des circonstances normales, les fruits qui parviennent en la possession de quelqu’un par l’intermédiaire d’un am ha’aretz doivent être soumis à la dîme par crainte que l’am ha’aretz ne l’ait pas fait, les fruits suivants, de qualité inférieure, font l’objet d’une indulgence en ce qui concerne le demai et il n’est pas nécessaire de les soumettre à la dîme : Shittin, rimin, uzradin, benot shuaḥ, benot shikma, gufnin, nitzpa, and novelot temara.
שִׁיתִין, אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִין תְּאֵנִים. רִימִּין — כַּנְדֵי. הָעוּזְרָדִין — טוּלְשֵׁי. בְּנוֹת שׁוּחַ, אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: תְּאֵינֵי חִיוָּרָתָא. בְּנוֹת שִׁקְמָה, אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דּוּבְלֵי. גּוּפְנִין — שִׁילְהֵי גּוּפְנֵי. נִצְפָּה — פִּרְחָה. נוֹבְלוֹת תְּמָרָה — רַבִּי אִילְעָא וְרַבִּי זֵירָא, חַד אָמַר: בּוּשְׁלֵי כַמְרָא, וְחַד אָמַר: תַּמְרֵי דְזִיקָא.
La Guemara identifie ces plantes. Shittin, Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Ce sont une sorte de figues. Rimin sont lote. Uzradin sont des pommes sauvages. Benot shuaḥ, Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Ce sont des figues blanches. Benot shikma, Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Ce sont le fruit du sycomore. Gufnin sont les derniers raisins qui restent sur l’arbre à la fin de la saison. Nitzpa sont le fruit du câprier. Novelot temara, Rabbi Il’a et Rabbi Zeira étaient en désaccord. L’un a dit que ce sont des dattes brûlées par la chaleur du soleil, et l’autre a dit que ce sont des dattes tombées à cause du vent.
בִּשְׁלָמָא לְמַאן דְּאָמַר בּוּשְׁלֵי כַמְרָא — הַיְינוּ דְּקָתָנֵי הַקַּלִּין שֶׁבַּדְּמַאי סְפֵיקָן הוּא דְּפָטוּר, הָא וַדָּאָן — חַיָּיב. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר תַּמְרֵי דְזִיקָא — וַדָּאָן חַיָּיב?! הֶפְקֵרָא נִינְהוּ!
Ici aussi, la Guemara demande : Soit, selon celui qui a dit que les novelot temara sont des dattes brûlées par la chaleur du soleil, c’est la raison pour laquelle il a été enseigné à leur sujet : leurs halakhot sont indulgentes en ce qui concerne le demai, c’est-à-dire que ce sont celles au sujet desquelles il y a incertitude quant au fait qu’elles aient été prélevées ou non qui sont exemptées d’être prélevées. Celles au sujet desquelles il y a certitude qu’elles n’ont pas été prélevées, on est tenu de prélever ces dattes. Cependant, selon celui qui a dit que les novelot temara sont des dattes tombées à cause du vent, cela est difficile : Celles au sujet desquelles il y a certitude qu’elles n’ont pas été prélevées, on est tenu ? Elles sont sans propriétaire, et les produits sans propriétaire sont exemptés de l’obligation de prélèvement.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — שֶׁעֲשָׂאָן גּוֹרֶן. דְּאָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב: הַלֶּקֶט וְהַשִּׁכְחָה וְהַפֵּאָה שֶׁעֲשָׂאָן גּוֹרֶן — הוּקְבְּעוּ לְמַעֲשֵׂר.
La Guemara répond : De quoi s’agit-il ici ? D’un cas où il a ramassé les dattes tombées à cause du vent et les a mises en tas, comme un tas de grain battu, indiquant que le produit est un produit fini. Comme l’a dit Rabbi Yitzḥak, selon qui Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Eliezer ben Ya’akov : Même les dons aux pauvres tels que les glanures, les gerbes oubliées et les produits des coins du champ, qui sont normalement exemptés des dîmes, si un pauvre les a rassemblés et les a mis en tas comme du grain battu, selon la loi rabbinique ils sont devenus assujettis aux dîmes. Dans ce cas, seul le demai serait exempté des dîmes.
אִיכָּא דְּאָמְרִי:
Certains disent que la discussion était la suivante :