אָמַר רַב: ״טוֹל בָּרוּךְ, טוֹל בָּרוּךְ״ — אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ. ״הָבֵא מֶלַח״ ״הָבֵא לִפְתָּן״ — צָרִיךְ לְבָרֵךְ. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אֲפִילּוּ ״הָבִיאוּ מֶלַח״ ״הָבִיאוּ לִפְתָּן״ נָמֵי אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ, ״גַּבֵּיל לְתוֹרֵי, גַּבֵּיל לְתוֹרֵי״ צָרִיךְ לְבָרֵךְ. וְרַב שֵׁשֶׁת אָמַר: אֲפִילּוּ ״גַּבֵּיל לְתוֹרֵי״ נָמֵי אֵינוֹ צָרִיךְ לְבָרֵךְ, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אָסוּר לָאָדָם שֶׁיֹּאכַל קוֹדֶם שֶׁיִּתֵּן מַאֲכָל לִבְהֶמְתּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָתַתִּי עֵשֶׂב בְּשָׂדְךָ לִבְהֶמְתֶּךָ״ וַהֲדַר ״וְאָכַלְתָּ וְשָׂבָעְתָּ״.
Poursuivant la discussion des halakhot de la rupture du pain, Rav a dit : Celui qui a rompu le pain et, avant de le manger, en a offert un morceau à un autre, et a dit : Prends-le et récite une bénédiction, prends-le et récite une bénédiction, n’a pas besoin de réciter la bénédiction une seconde fois, car cela est considéré comme étant pour les besoins de la bénédiction. Toutefois, s’il a dit : Apportez du sel ou apportez du condiment, il doit réciter la bénédiction une seconde fois, car cela est considéré comme une interruption entre la bénédiction et le fait de manger le pain. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Même s’il a dit : Apportez du sel ou apportez du condiment, cela n’est pas considéré comme une interruption et il n’a pas besoin de réciter la bénédiction une seconde fois. Ce n’est que s’il a dit : Mélangez la nourriture pour les bœufs, mélangez la nourriture pour les bœufs, que cela est considéré comme une interruption et il est tenu de réciter la bénédiction une seconde fois. Et Rav Sheshet a dit : Même s’il a dit : Mélangez pour les bœufs, il n’a pas besoin de réciter une bénédiction une seconde fois, car cela aussi est considéré comme étant pour les besoins de la bénédiction, comme Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Il est interdit de manger avant d’avoir nourri ses animaux, comme il est dit : « Et je donnerai de l’herbe dans tes champs pour tes animaux » d’abord et seulement ensuite : « et tu mangeras et tu seras rassasié » (Deutéronome 11:15). Dans le verset, la préparation de la nourriture pour le bétail d’une personne précède la préparation de sa propre nourriture. Par conséquent, cela est considéré comme faisant partie de la préparation de son propre repas.
אָמַר רָבָא בַּר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: אֵין הַבּוֹצֵעַ רַשַּׁאי לִבְצוֹעַ עַד שֶׁיָּבִיאוּ מֶלַח אוֹ לִפְתָּן לִפְנֵי כׇּל אֶחָד וְאֶחָד. רָבָא בַּר שְׁמוּאֵל אִקְּלַע לְבֵי רֵישׁ גָּלוּתָא, אַפִּיקוּ לֵיהּ רִיפְתָּא, וּבְצַע לְהֶדְיָא. אֲמַרוּ לֵיהּ: הֲדַר מָר מִשְּׁמַעְתֵּיהּ? אֲמַר לְהוּ: לֵית דֵּין צְרִיךְ בְּשַׁשׁ.
Rava bar Shmuel a dit au nom de Rabbi Ḥiyya : Celui qui rompt le pain n’est pas autorisé à le rompre jusqu’à ce qu’on apporte du sel ou un condiment devant chacun et tous ceux qui sont attablés. Cependant, la Guemara rapporte que Rava bar Shmuel lui-même se trouva venir à la Maison de l’Exilarque. On lui apporta du pain, qu’il rompit immédiatement, sans attendre qu’on apporte du sel ou un condiment. On lui dit : Le Maître a-t-il reconsidéré sa décision halakhique ? Il leur dit : Bien qu’un pain de mauvaise qualité ait besoin de sel pour lui donner du goût, et qu’il faille donc attendre avant de rompre le pain, ce pain raffiné servi dans la Maison de l’Exilarque n’a pas besoin de sel et ne nécessite pas d’attendre.
וְאָמַר רָבָא בַּר שְׁמוּאֵל מִשּׁוּם רַבִּי חִיָּיא: אֵין מֵי רַגְלַיִם כָּלִים אֶלָּא בִּישִׁיבָה. אָמַר רַב כָּהֲנָא: וּבְעָפָר תִּיחוּחַ, אֲפִילּוּ בַּעֲמִידָה. וְאִי לֵיכָּא עָפָר תִּיחוּחַ, יַעֲמוֹד בְּמָקוֹם גָּבוֹהַּ וְיַשְׁתִּין לִמְקוֹם מִדְרוֹן.
Et Rava bar Shmuel dit au nom de Rabbi Ḥiyya : L’urine ne sort complètement du corps que si l’on urine assis, car autrement, par crainte que des gouttes d’urine ne tombent sur ses vêtements, on essaie de terminer prématurément. Rav Kahana dit : Sur une terre meuble qui absorbe l’urine, on ne craint pas qu’elle éclabousse sur lui ; par conséquent, même debout l’urine sort du corps. Et s’il n’y a pas de terre meuble il existe une autre manière d’empêcher l’urine d’éclabousser ses vêtements lorsqu’on est debout. Tenez-vous sur un endroit surélevé et urinez vers le bas sur un plan incliné.
וְאָמַר רָבָא בַּר שְׁמוּאֵל מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא אַחַר כׇּל אֲכִילָתְךָ אֱכוֹל מֶלַח, וְאַחַר כׇּל שְׁתִיָּיתְךָ שְׁתֵה מַיִם, וְאִי אַתָּה נִזּוֹק. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: אַחַר כׇּל אֲכִילָתְךָ אֱכוֹל מֶלַח, וְאַחַר כׇּל שְׁתִיָּיתְךָ שְׁתֵה מַיִם, וְאִי אַתָּה נִזּוֹק. תַּנְיָא אִידַּךְ: אָכַל כׇּל מַאֲכָל וְלֹא אָכַל מֶלַח, שָׁתָה כׇּל מַשְׁקִין וְלֹא שָׁתָה מַיִם, בַּיּוֹם — יִדְאַג מִן רֵיחַ הַפֶּה, וּבַלַּיְלָה — יִדְאַג מִפְּנֵי אַסְכָּרָה.
Et Rava bar Shmuel dit le conseil suivant au nom de Rabbi Ḥiyya : Après tout repas, mange du sel, et après toute boisson, bois de l’eau, et tu ne subiras aucun dommage. Cela a également été enseigné dans une baraita : Après tout repas, mange du sel, et après toute boisson, bois de l’eau, et tu ne subiras aucun dommage. Il a été enseigné dans une autre baraita : Si quelqu’un a mangé un aliment quelconque et n’a pas mangé de sel ensuite, ou s’il a bu un liquide quelconque et n’a pas bu d’eau ensuite, pendant la journée, il doit craindre la mauvaise haleine, et la nuit il doit craindre la diphtérie.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמַּקְפֶּה אֲכִילָתוֹ בְּמַיִם, אֵינוֹ בָּא לִידֵי חוֹלִי מֵעַיִם. וְכַמָּה? אָמַר רַב חִסְדָּא: קִיתוֹן לְפַת.
Au sujet de la santé, la Guemara cite que les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui qui inonde sa nourriture d’eau, c’est-à-dire celui qui boit une grande quantité d’eau, n’en viendra pas à souffrir de maladie intestinale. La Guemara demande : Et quelle quantité d’eau ? Rav Ḥisda a dit : Une cruche [kiton] par pain.
אָמַר רַב מָרִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָרָגִיל בַּעֲדָשִׁים אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם מוֹנֵעַ אַסְכָּרָה מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ. אֲבָל כׇּל יוֹמָא — לָא. מַאי טַעְמָא? — מִשּׁוּם דְּקָשֶׁה לְרֵיחַ הַפֶּה.
Rav Mari a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Celui qui a l’habitude de manger des lentilles une fois tous les trente jours empêche la diphtérie d’atteindre sa maison. La Guemara commente : Cependant, il ne faut pas manger des lentilles tous les jours. Quelle en est la raison ? Parce que c’est nuisible, en ce que cela cause une mauvaise haleine.
וְאָמַר רַב מָרִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָרָגִיל בְּחַרְדָּל אַחַת לִשְׁלשִׁים יוֹם — מוֹנֵעַ חֳלָאִים מִתּוֹךְ בֵּיתוֹ. אֲבָל כׇּל יוֹמָא — לָא, מַאי טַעְמָא? — מִשּׁוּם דְּקָשֵׁה לְחוּלְשָׁא דְלִבָּא.
Et Rav Mari a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Celui qui a l’habitude de manger de la moutarde une fois tous les trente jours empêche les maladies de frapper sa maison. La Guemara commente : Cependant, il ne faut pas manger de la moutarde tous les jours. Quelle en est la raison ? Parce qu’elle est nuisible, en ce qu’elle provoque une faiblesse du cœur.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: הָרָגִיל בְּדָגִים קְטַנִּים — אֵינוֹ בָּא לִידֵי חוֹלִי מֵעַיִם. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁדָּגִים קְטַנִּים מַפְרִין וּמַרְבִּין וּמַבְרִין כׇּל גּוּפוֹ שֶׁל אָדָם.
Une autre recommandation de santé : Rabbi Ḥiyya bar Ashi a dit que Rav a dit : Celui qui a l’habitude de manger de petits poissons ne viendra pas à souffrir de maladie intestinale. De plus, manger de petits poissons fait que tout le corps de la personne s’épanouit, grandit et soit en bonne santé.
אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: הָרָגִיל בְּקֶצַח אֵינוֹ בָּא לִידֵי כְּאֵב לֵב. מֵיתִיבִי: רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: קֶצַח — אֶחָד מִשִּׁשִּׁים סַמָּנֵי הַמָּוֶת הוּא, וְהַיָּשֵׁן לְמִזְרַח גׇּרְנוֹ — דָּמוֹ בְּרֹאשׁוֹ. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרֵיחוֹ, הָא בְּטַעְמוֹ. אִימֵּיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה אָפְיָא לֵיהּ רִיפְתָּא, וּמְדַבְּקָא לֵיהּ וּמְקַלְּפָא לֵיהּ.
Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Celui qui a l’habitude de manger du cumin noir, un remède pour le cœur, n’en viendra pas à souffrir de douleurs au cœur. La Guemara soulève une objection : Rabban Shimon ben Gamliel dit : Le cumin noir est l’un des soixante poisons mortels, et par conséquent celui qui dort à l’est de son lieu de stockage, là où son odeur est portée par le vent d’ouest, la responsabilité de son sang est sur sa propre tête. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile, car ceci, là où Rabban Shimon ben Gamliel a dit que le cumin noir est nuisible, se réfère à son odeur, tandis que ceci, là où Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, a dit qu’il est bénéfique pour le cœur, se réfère seulement à son goût. Et la Guemara raconte : La mère de Rabbi Yirmeya lui faisait cuire du pain et y collait du cumin noir dessus afin que son goût soit absorbé, puis elle l’en retirait, afin que son odeur ne lui fasse pas de mal.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר ״בּוֹרֵא מִינֵי דְשָׁאִים״. אָמַר רַבִּי זֵירָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה. וְאָמַר רַבִּי זֵירָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי יְהוּדָה — אָמַר קְרָא ״בָּרוּךְ ה׳ יוֹם יוֹם״. וְכִי בַּיּוֹם מְבָרְכִין אוֹתוֹ, וּבַלַּיְלָה אֵין מְבָרְכִין אוֹתוֹ? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: כׇּל יוֹם וָיוֹם תֵּן לוֹ מֵעֵין בִּרְכוֹתָיו, הָכָא נָמֵי כׇּל מִין וּמִין תֵּן לוֹ מֵעֵין בִּרְכוֹתָיו.
Nous avons appris dans la michna que Rabbi Yehouda dit que l’on récite sur les herbes et les légumes-feuilles : Qui crée diverses sortes d’herbes. Rabbi Zeira, et certains disent Rabbi Ḥinnana bar Pappa, a dit : La halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda. Et Rabbi Zeira, et certains disent Rabbi Ḥinnana bar Pappa, a dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehouda ? Le verset dit : « Béni soit le Seigneur, jour après jour » (Psaumes 68:20). La question se pose : Est-ce ainsi qu’on Le bénit le jour et qu’on ne Le bénit pas la nuit ? Au contraire, le verset vient te dire : Chaque jour, donne au Seigneur les bénédictions appropriées à ce jour. Ici aussi, en ce qui concerne les bénédictions récitées sur la nourriture, pour chaque type d’aliment, donne au Seigneur les bénédictions appropriées à cet aliment.
וְאָמַר רַבִּי זֵירָא וְאִיתֵּימָא רַבִּי חִינָּנָא בַּר פָּפָּא: בּוֹא וּרְאֵה שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מִדַּת בָּשָׂר וָדָם. מִדַּת בָּשָׂר וָדָם — כְּלִי רֵיקָן מַחֲזִיק, מָלֵא אֵינוֹ מַחֲזִיק. אֲבָל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵינוֹ כֵן, מָלֵא מַחֲזִיק, רֵיקָן אֵינוֹ מַחֲזִיק. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר אִם שָׁמוֹעַ תִּשְׁמַע״, אִם שָׁמוֹעַ — תִּשְׁמַע, וְאִם לָאו — לֹא תִשְׁמָע. דָּבָר אַחֵר: אִם שָׁמוֹעַ — בַּיָּשָׁן, תִּשְׁמַע — בֶּחָדָשׁ. וְאִם יִפְנֶה לְבָבְךָ — שׁוּב לֹא תִשְׁמָע.
Et Rabbi Zeira, et certains disent Rabbi Ḥinnana bar Pappa, a dit : Viens et vois que l’attribut de la chair et du sang n’est pas comme l’attribut du Saint, béni soit-Il. L’attribut de la chair et du sang est qu’un récipient vide contient ce qu’on y place, tandis qu’un récipient plein ne le contient pas. L’attribut du Saint, béni soit-Il, cependant, n’est pas ainsi, car si Dieu ajoute à une personne qui est un récipient plein en termes de connaissance ou de bonnes qualités, elle le contiendra ; une personne qui est un récipient vide ne le contiendra pas. Cela est suggéré par le verset où il est dit : « Et Il dit, si tu écoutes attentivement [shamo’a tishma] la voix du Seigneur ton Dieu et fais ce qui est droit à Ses yeux » (Exode 15:26). Ce verset est interprété de manière homilétique : Si tu écoutes [shamo’a] dans le présent, tu écouteras [tishma] aussi dans l’avenir ; et sinon, tu n’écouteras pas. Autrement : si tu as écouté [shamo’a] l’ancien, tu révises ce que tu as déjà appris, alors tu écouteras [tishma] aussi le nouveau. Mais si tu détournes ton cœur, tu ne pourras plus entendre.
מַתְנִי׳ בֵּירַךְ עַל פֵּירוֹת הָאִילָן ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ — יָצָא. וְעַל פֵּירוֹת הָאָרֶץ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״ — לֹא יָצָא. וְעַל כּוּלָּם, אִם אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״ — יָצָא.
MICHNA : Cette michna explique comment, a posteriori, une bénédiction plus générale dispense de l’obligation de réciter une bénédiction plus spécifique. Celui qui a récité : Qui crée le fruit de la terre, sur le fruit de l’arbre, s’est acquitté de son obligation. Celui qui a récité : Qui crée le fruit de l’arbre, sur les fruits de la terre, ne s’est pas acquitté de son obligation. Et pour tous les aliments, celui qui a récité : Par la parole de qui toute chose est venue à l’existence, s’est acquitté de son obligation.
גְּמָ׳ מַאן תַּנָּא דְּעִיקַּר אִילָן אַרְעָא הִיא?! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: רַבִּי יְהוּדָה הִיא, דִּתְנַן: יָבֵשׁ הַמַּעְיָן וְנִקְצַץ הָאִילָן — מֵבִיא וְאֵינוֹ קוֹרֵא. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מֵבִיא וְקוֹרֵא.
GUEMARA : La Guemara commence par établir : Qui est le tanna qui soutient que le facteur principal dans la croissance d’un arbre est la terre, et que, par conséquent, celui qui récite : Qui crée le fruit de la terre, sur les fruits de l’arbre, s’acquitte de son obligation ? Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : C’est l’opinion de Rabbi Yehouda, comme nous l’avons appris dans une michna traitant des halakhot des prémices : Si, après avoir cueilli les prémices de son champ, la source s’est tarie et l’arbre sur lequel le fruit a poussé a été coupé, il apporte les prémices au Temple mais ne lit pas la louange qui les accompagne. L’arbre ou la source, qui étaient les éléments principaux de la croissance du fruit, n’existent plus, et il ne peut pas réciter le passage remerciant Dieu pour « la bonne terre ». Rabbi Yehouda dit : Il apporte les prémices et lit la louange qui les accompagne, car la terre est le facteur principal dans la croissance de l’arbre, et l’arbre lui-même n’est qu’une extension de la terre. Même après que l’arbre a été abattu, la terre demeure intacte. De même, en ce qui concerne les bénédictions, la halakha maintient que le fruit de l’arbre est également considéré comme le fruit de la terre.
עַל פֵּירוֹת הָאָרֶץ וְכוּ׳. פְּשִׁיטָא! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לֹא נִצְרְכָה אֶלָּא לְרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר חִטָּה מִין אִילָן הִיא. דְּתַנְיָא: אִילָן שֶׁאָכַל מִמֶּנּוּ אָדָם הָרִאשׁוֹן, רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: גֶּפֶן הָיָה, שֶׁאֵין לְךָ דָּבָר שֶׁמֵּבִיא יְלָלָה עַל הָאָדָם אֶלָּא יַיִן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֵּשְׁתְּ מִן הַיַּיִן וַיִּשְׁכָּר״. רַבִּי נְחֶמְיָה אוֹמֵר: תְּאֵנָה הָיְתָה, שֶׁבַּדָּבָר שֶׁנִּתְקַלְקְלוּ בּוֹ נִתַּקְּנוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתְפְּרוּ עֲלֵה תְאֵנָה״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: חִטָּה הָיְתָה, שֶׁאֵין הַתִּינוֹק יוֹדֵעַ לִקְרוֹת ״אַבָּא״ וְ״אִמָּא״ עַד שֶׁיִּטְעוֹם טַעַם דָּגָן.
Nous avons appris dans la michna : Celui qui a récité : Qui crée le fruit de l’arbre, sur les fruits de la terre, ne s’est pas acquitté de son obligation. La Guemara demande : Cela est évident, car les fruits de la terre ne relèvent pas de la catégorie des arbres. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Cette décision dans la michna n’est nécessaire que selon l’opinion de Rabbi Yehuda, qui a dit dans un autre contexte que le blé est une sorte d’arbre, comme nous l’avons appris dans une baraita : L’arbre dont Adam, le premier homme, a mangé, Rabbi Meir dit : C’était une vigne, car rien n’apporte des lamentations et du malheur à l’homme encore aujourd’hui si ce n’est le vin, comme il est dit au sujet de Noé : « Et il but du vin et s’enivra » (Genèse 9:21). Rabbi Neḥemya dit : C’était un figuier, car c’est avec l’objet par lequel ils furent corrompus et péchèrent qu’ils furent réhabilités, comme il est dit : « Et ils cousirent des feuilles de figuier et se firent des ceintures » (Genèse 3:7). Ils ont dû prendre les feuilles de l’arbre le plus proche, l’Arbre de la Connaissance. Rabbi Yehuda dit : C’était du blé, car, encore aujourd’hui, l’enfant ne sait pas appeler son père et sa mère avant d’avoir goûté au goût du grain.
סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא, הוֹאִיל וְאָמַר רַבִּי יְהוּדָה חִטָּה מִין אִילָן הִיא, לִיבָרֵךְ עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״. קָא מַשְׁמַע לַן, הֵיכָא מְבָרְכִינַן בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ — הֵיכָא דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ לְפֵירֵי אִיתֵיהּ לִגְווֹזָא, וַהֲדַר מַפֵּיק,
Sur cette base, il aurait pu vous venir à l’esprit de dire, puisque Rabbi Yehouda a dit que le blé est une sorte d’arbre, on devrait réciter à son sujet : Celui qui crée le fruit de l’arbre. C’est pourquoi la michna nous a enseigné que, en ce qui concerne les bénédictions, le principe est différent. Où récite-t-on : Celui qui crée le fruit de l’arbre ? Uniquement dans un cas où, lorsque vous prenez le fruit, la branche reste et produit de nouveau un fruit.