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וְלוֹקֵחַ — וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יִרְאֶנּוּ לוֹקֵט.
et prendre du fruit de orla, et tant que le Juif ne le voit pas le cueillir, il peut acheter le fruit au non-Juif. Si tel est le cas, alors en dehors d’Eretz Yisrael, on peut agir conformément à l’opinion de Beit Shammai, qui soutiennent que le câprier a le statut d’orla douteuse, et manger même les baies sans crainte.
רַבִּי עֲקִיבָא בִּמְקוֹם רַבִּי אֱלִיעֶזֶר עָבְדִינַן כְּוָתֵיהּ, וּבֵית שַׁמַּאי בִּמְקוֹם בֵּית הִלֵּל — אֵינָהּ מִשְׁנָה.
La Guemara répond : La règle générale selon laquelle, en dehors d’Eretz Yisrael, on agit conformément à l’opinion la plus indulgente dans un différend au sein d’Eretz Yisrael s’applique lorsque Rabbi Akiva exprime une opinion plus indulgente à la place de Rabbi Eliezer, et nous agissons conformément à son opinion. Cependant, lorsque Beit Shammai expriment une opinion là où Beit Hillel sont en désaccord, leur opinion est considérée comme si elle n’était pas dans la mishna, et elle est complètement ignorée.
וְתִיפּוֹק לֵיהּ דְּנַעֲשָׂה שׁוֹמֵר לַפְּרִי, וְרַחֲמָנָא אָמַר: ״וַעֲרַלְתֶּם עׇרְלָתוֹ אֶת פִּרְיוֹ״, אֶת הַטָּפֵל לְפִרְיוֹ, וּמַאי נִיהוּ — שׁוֹמֵר לַפְּרִי.
La Guemara aborde cette question sous un angle différent : Dérivons la halakha selon laquelle les bourgeons sont inclus dans l’interdiction de orla du fait que le bourgeon sert de protection au fruit, et la Torah dit : « Lorsque vous entrerez dans le pays et planterez tout arbre pour la nourriture, vous considérerez son fruit [et piryo] comme orla » (Lévitique 19:23), et et piryo est interprété comme signifiant ce qui est secondaire par rapport au fruit. Qu’est-ce que c’est ? Cette partie de la plante qui protège le fruit. Les bourgeons devraient être interdits au titre de orla, puisqu’ils protègent le fruit.
אָמַר רָבָא: הֵיכָא אָמְרִינַן דְּנַעֲשָׂה שׁוֹמֵר לַפְּרִי — הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ בֵּין בְּתָלוּשׁ בֵּין בִּמְחוּבָּר, הָכָא בִּמְחוּבָּר — אִיתֵיהּ, בְּתָלוּשׁ — לֵיתֵיהּ.
Rava a dit : Où disons-nous qu’une partie de la plante devient une protection pour le fruit ? C’est précisément lorsqu’elle existe à la fois lorsque le fruit est détaché de l’arbre et lorsqu’il est encore attaché à l’arbre. Cependant, ici, elle existe lorsque le fruit est attaché à l’arbre, mais lorsqu’il est détaché elle n’existe pas, et puisque la protection tombe du fruit lorsqu’il est cueilli, elle n’est plus considérée comme une protection.
אֵיתִיבֵיהּ אַבָּיֵי: פִּיטְמָא שֶׁל רִמּוֹן מִצְטָרֶפֶת, וְהַנֵּץ שֶׁלּוֹ אֵין מִצְטָרֵף. מִדְּקָאָמַר הַנֵּץ שֶׁלּוֹ אֵין מִצְטָרֵף, אַלְמָא דְּלָאו אוֹכֶל הוּא. וּתְנַן גַּבֵּי עׇרְלָה: קְלִיפֵּי רִמּוֹן וְהַנֵּץ שֶׁלּוֹ, קְלִיפֵּי אֱגוֹזִים וְהַגַּרְעִינִין חַיָּיבִין בְּעׇרְלָה.
Abaye a soulevé une objection sur la base de ce que nous avons appris au sujet des halakhot de l’impureté rituelle : La couronne d’une grenade s’unit à la grenade comme une entité unifiée en ce qui concerne le calcul de la taille requise pour devenir rituellement impure. Et sa fleur, cependant, ne s’unit pas à la grenade dans ce calcul. Du fait qu’il est dit que la fleur de la grenade ne s’unit pas, il s’ensuit que la fleur est secondaire par rapport au fruit et n’est pas considérée comme aliment. Et nous avons appris dans une michna concernant les lois de orla : Les écorces d’une grenade et sa fleur, les coquilles de noix et les noyaux de toutes sortes sont tous soumis à l’interdiction de orla. Cela indique que les critères déterminant ce qui est considéré comme la protection d’un fruit et ce qui est considéré comme le fruit lui-même en matière d’impureté rituelle ne sont pas les mêmes que ceux utilisés en matière de orla, comme l’illustre le cas de la fleur de la grenade. Par conséquent, même si les bourgeons ne sont pas considérés comme protégeant le fruit en matière d’impureté rituelle, ils peuvent néanmoins être considérés comme le fruit en matière de orla.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: הֵיכָא אָמְרִינַן דְּנַעֲשָׂה לְהוּ שׁוֹמֵר לְפֵירֵי — הֵיכָא דְּאִיתֵיהּ בִּשְׁעַת גְּמַר פֵּירָא, הַאי קַפְרֵס לֵיתֵיהּ בִּשְׁעַת גְּמַר פֵּירָא.
Au contraire, Rava a dit une autre explication : Où disons-nous qu’une partie de la plante devient une protection pour le fruit ? Là où elle existe lorsque le fruit est mûr. Ce bourgeon n’existe pas lorsque le fruit est mûr, parce qu’il tombe auparavant.
אִינִי?! וְהָאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: הָנֵי מְתַחֲלֵי דְעׇרְלָה אֲסִירִי, הוֹאִיל וְנַעֲשׂוּ שׁוֹמֵר לְפֵירֵי. וְשׁוֹמֵר לְפֵירֵי אִימַּת הָוֵי — בְּכוּפְרָא, וְקָא קָרֵי לֵיהּ ״שׁוֹמֵר לְפֵירֵי״.
La Guemara conteste également cette explication : Est-ce bien le cas ? Rav Naḥman n’a-t-il pas dit que Rabba bar Avuh a dit : Ces enveloppes de dattes de orla sont interdites, parce qu’elles sont devenues une protection pour le fruit. Et quand ces enveloppes servent-elles de protection pour le fruit ? Lorsque le fruit est encore jeune ; et lui, néanmoins, les appelle protection pour le fruit. Cela indique que, pour être considérée comme une protection pour le fruit, il n’est pas nécessaire qu’elle demeure jusqu’à ce que le fruit soit complètement mûr. La question demeure : Pourquoi les bourgeons ne reçoivent-ils pas le même statut que les baies du câprier ?
רַב נַחְמָן סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי, דִּתְנַן רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: סְמָדַר אָסוּר מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֶּרִי. וּפְלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ.
La Guemara explique que Rav Naḥman soutenait conformément à l’opinion de Rabbi Yossei, comme nous l’avons appris dans une michna où Rabbi Yossei dit : le bourgeon de raisin, c’est-à-dire une grappe de raisins à son stade le plus précoce, immédiatement après que les fleurs sont tombées de la vigne, est interdit en raison de la orla, car il est déjà considéré comme un fruit. Selon cette opinion, même les enveloppes des dattes qui existent au stade le plus précoce du processus de maturation sont néanmoins considérées comme une protection pour le fruit et interdites en raison de la orla. Les Sages sont en désaccord avec lui, expliquant qu’à ce stade, le fruit n’est pas considéré comme un fruit ; et, par conséquent, les enveloppes des dattes et les bourgeons du câprier ne sont pas considérés comme une protection pour le fruit et ne sont pas interdits en raison de la orla.
מַתְקִיף לַהּ רַב שִׁימִי מִנְּהַרְדְּעָא: וּבִשְׁאָר אִילָנֵי מִי פְּלִיגִי רַבָּנַן עֲלֵיהּ? וְהָתְנַן: מֵאֵימָתַי אֵין קוֹצְצִין אֶת הָאִילָנוֹת בַּשְּׁבִיעִית — בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: כׇּל הָאִילָנוֹת מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: הֶחָרוּבִין מִשֶּׁיְּשַׁרְשְׁרוּ, וְהַגְּפָנִים מִשֶּׁיְּגָרְעוּ, וְהַזֵּיתִים מִשֶּׁיָּנֵיצוּ, וּשְׁאָר כׇּל הָאִילָנוֹת מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ.
Rav Shimi de Neharde’a s’oppose vivement à cettehalakha : Les Sages sont-ils en désaccord avec l’opinion de Rabbi Yosei au sujet des fruits de tous les autres arbres en dehors des raisins, au point que même au tout premier stade de maturation ils sont considérés comme un fruit ? N’avons-nous pas appris dans une michna : En ce qui concerne les fruits qui poussent pendant l’année sabbatique, la Torah dit : « Et le Shabbat de la terre sera pour vous pour manger » (Lévitique 25:6). Les Sages en ont déduit : pour manger, et non pour la perte. Puisqu’il est interdit de jeter des fruits cultivés pendant l’année sabbatique, la question est posée : À partir de quand ne peut-on plus abattre des arbres pendant l’année sabbatique, puisqu’on endommage ainsi le fruit ? Beit Shammaï disent : Tous les arbres, à partir du moment où les fleurs tombent et où le fruit commence à apparaître à son tout premier stade. Et Beit Hillel disent : Il existe une distinction entre différents types d’arbres. Les caroubiers ne peuvent pas être abattus à partir du moment où ils forment des chaînes de caroubes, les vignes ne peuvent pas être abattues misheyegaru, comme expliqué ci-dessous, les oliviers à partir du moment où ils fleurissent, et tous les autres arbres à partir du moment où le fruit apparaît.
וְאָמַר רַב אַסִּי: הוּא בּוֹסֶר, הוּא גֵּרוּעַ, הוּא פּוֹל הַלָּבָן. פּוֹל הַלָּבָן סָלְקָא דַעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: שִׁיעוּרוֹ כְּפוֹל הַלָּבָן. מַאן שָׁמְעַתְּ לֵיהּ דְּאָמַר בּוֹסֶר אִין, סְמָדַר לָא — רַבָּנַן, וְקָתָנֵי שְׁאָר כׇּל הָאִילָנוֹת — מִשֶּׁיּוֹצִיאוּ?
Et Rav Asi dit :Sheyegaru dans notre michna doit être compris ainsi : C’est un raisin non mûr, c’est un pépin de raisin, c’est un haricot blanc. Avant même que cela ne soit expliqué, la Guemara exprime son étonnement : Vous viendrait-il à l’esprit que le raisin soit, à un quelconque stade, un haricot blanc ? Plutôt, dis : Sa taille, celle d’un raisin non mûr, est équivalente à la taille d’un haricot blanc. En tout cas, qui avez-vous entendu dire que : Un raisin non mûr, oui, est considéré comme un fruit, tandis qu’un bourgeon de raisin, non, n’est pas considéré comme un fruit ? N’étaient-ce pas les Sages qui sont en désaccord avec Rabbi Yossei, et il est enseigné que, selon ces Sages, il est interdit de couper tous les autres arbres à partir du moment où le fruit émerge. Cela indique que même eux conviennent que, dès le tout début du processus de maturation, le fruit est interdit en raison de l’orla. La question demeure : Pourquoi les bourgeons sont-ils permis ?
אֶלָּא אָמַר רָבָא: הֵיכָא אָמְרִינַן דְּהָוֵי שׁוֹמֵר לְפֵרֵי — הֵיכָא דְּכִי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ לְשׁוֹמֵר מָיֵית פֵּירָא. הָכָא כִּי שָׁקְלַתְּ לֵיהּ — לָא מָיֵית פֵּירָא.
Au contraire, Rava a donné une explication différente : Où disons-nous qu’une partie de la plante devient une protection pour le fruit ? Là où, si l’on enlève la protection, le fruit meurt. Ici, dans le cas du câprier, quand on enlève le bourgeon, le fruit ne meurt pas.
הֲוָה עוֹבָדָא וְשַׁקְלוּהּ לְנֵץ דְּרִמּוֹנָא, וִיבַשׁ רִמּוֹנָא, וְשַׁקְלוּהּ לְפִרְחָא דְבִיטִיתָא — וְאִיקַּיַּים בִּיטִיתָא.
En fait, il y a eu un incident et ils ont retiré la fleur d’une grenade, et la grenade s’est flétrie. Et ils ont retiré la fleur du fruit d’un câprier, et le fruit du câprier a survécu. Par conséquent, les bourgeons ne sont pas considérés comme une protection pour le fruit.
(וְהִלְכְתָא כְּמָר בַּר רַב אָשֵׁי דְּזָרֵיק אֶת הָאֲבִיּוֹנוֹת וְאָכֵיל אֶת הַקַּפְרֵיסִין. וּמִדִּלְגַבֵּי עׇרְלָה לָאו פֵּירָא נִינְהוּ, לְגַבֵּי בְּרָכוֹת נָמֵי לָאו פֵּירָא נִינְהוּ, וְלָא מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״, אֶלָּא ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״.)
La Guemara conclut : La halakha est conforme à l’opinion de Mar bar Rav Ashi, qui a jeté les baies et mangé les bourgeons. Et puisqu’ils ne sont pas considérés comme un fruit en ce qui concerne la orla, ils ne sont pas non plus considérés comme un fruit en ce qui concerne les bénédictions, et on ne récite pas sur eux : Qui crée le fruit de l’arbre, mais plutôt : Qui crée le fruit de la terre.
פִּלְפְּלֵי, רַב שֵׁשֶׁת אָמַר: ״שֶׁהַכֹּל״, רָבָא אָמַר: לָא כְלוּם. וְאָזְדָא רָבָא לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רָבָא: כַּס פִּלְפְּלֵי בְּיוֹמָא דְכִפּוּרֵי — פָּטוּר, כַּס זַנְגְּבִילָא בְּיוֹמָא דְכִפּוּרֵי — פָּטוּר.
La question s’est posée au sujet de la bénédiction sur les poivres. Rav Sheshet a dit : Celui qui mange des poivres doit réciter : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Rava a dit : Il n’est pas nécessaire de réciter une bénédiction du tout.Cela est conforme à l’opinion de Rava selon laquelle manger des poivres n’est pas considéré comme manger, comme Rava l’a dit : Celui qui mâche des poivres à Yom Kippour est exempté ; celui qui mâche du gingembre à Yom Kippour est exempté. Manger des épices piquantes est une pratique inhabituelle et n’est donc pas considéré comme manger, ce qui est interdit par la loi de la Torah à Yom Kippour.
מֵיתִיבִי, הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״וַעֲרַלְתֶּם עׇרְלָתוֹ אֶת פִּרְיוֹ״ אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁעֵץ מַאֲכָל הוּא? אֶלָּא מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״עֵץ מַאֲכָל״ — לְהָבִיא עֵץ שֶׁטַּעַם עֵצוֹ וּפִרְיוֹ שָׁוֶה, וְאֵיזֶהוּ? — זֶה הַפִּלְפְּלִין. לְלַמֶּדְךָ שֶׁהַפִּלְפְּלִין חַיָּיבִין בְּעׇרְלָה, וּלְלַמֶּדְךָ שֶׁאֵין אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל חֲסֵרָה כְּלוּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֶרֶץ אֲשֶׁר לֹא בְמִסְכֵּנֻת תֹּאכַל בָּהּ לֶחֶם לֹא תֶחְסַר כֹּל בָּהּ״.
La Guemara a soulevé une objection à cela sur la base de ce qui a été enseigné dans une baraita, à savoir qu’au sujet du verset : « Lorsque vous entrerez dans le pays et planterez tout arbre pour la nourriture, vous considérerez son fruit comme orla » (Lévitique 19:23), Rabbi Meir disait : Par déduction de ce qui est énoncé : « vous considérerez son fruit comme orla », ne sais-je pas qu’il s’agit d’un arbre qui produit de la nourriture ? Plutôt, dans quel but le verset dit-il : « tout arbre pour la nourriture » ? Pour inclure un arbre dont le bois et le fruit ont le même goût. Et quel arbre est-ce ? C’est le poivrier. Et cela vient t’enseigner que les poivres, et même les parties ligneuses, sont comestibles et sont donc soumis à l’interdiction de orla, et enseigner qu’Eretz Yisrael ne manque de rien, comme il est dit : « Un pays où tu mangeras du pain sans disette, tu ne manqueras de rien » (Deutéronome 8:9). De toute évidence, les poivres sont propres à la consommation.
לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַטִּיבְתָּא, הָא בְּיַבִּשְׁתָּא.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile, car il existe une distinction entre deux cas différents. Ceci, où Rabbi Meir parlait de poivres propres à la consommation, fait référence à un cas lorsqu’il est humide et frais ; et ceci, où mâcher du poivre n’est pas considéré comme manger à Yom Kippour et ne nécessite pas de bénédiction, fait référence à un cas lorsqu’il est sec.
אָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן לְמָרִימָר: כַּס זַנְגְּבִילָא בְּיוֹמָא דְכִפּוּרֵי פָּטוּר? וְהָא אָמַר רָבָא: הַאי הִמְלְתָא דְּאָתְיָא מִבֵּי הִנְדּוּאֵי — שַׁרְיָא, וּמְבָרְכִינַן עֲלַהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. לָא קַשְׁיָא: הָא בְּרַטִּיבְתָּא, הָא בְּיַבִּשְׁתָּא.
Concernant cette discussion sur le fait de mâcher du poivre à Yom Kippour, la Guemara cite ce que les Sages dirent à Mareimar : Pourquoi celui qui mâche du gingembre à Yom Kippour est-il exempté ? Rava n’a-t-il pas dit : Il est permis de manger le gingembre qui vient d’Inde, et sur lequel on récite : Qui crée le fruit de la terre. En ce qui concerne la bénédiction, il est considéré comme comestible ; par conséquent, en ce qui concerne le fait de le mâcher à Yom Kippour, il devrait également être considéré comme comestible. La Guemara répond : Cela n’est pas difficile. Ceci, là où une bénédiction est récitée, fait référence à un cas où il est humide et frais ; cela, là où aucune bénédiction n’est récitée, fait référence à un cas où il est sec.
חֲבִיץ קְדֵרָה וְכֵן דַּיְיסָא, רַב יְהוּדָה אָמַר: ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. רַב כָּהֲנָא אָמַר: ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. בְּדַיְיסָא גְּרֵידָא כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְּלִיגִי דְּ״בוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. כִּי פְּלִיגִי בְּדַיְיסָא כְּעֵין חֲבִיץ קְדֵרָה, רַב יְהוּדָה אָמַר ״שֶׁהַכֹּל״, סָבַר דּוּבְשָׁא עִיקָּר. רַב כָּהֲנָא אָמַר ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״, סָבַר סְמִידָא עִיקָּר. אָמַר רַב יוֹסֵף: כְּוָתֵיהּ דְּרַב כָּהֲנָא מִסְתַּבְּרָא, דְּרַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״.
La Guemara cite une controverse similaire concernant la bénédiction à réciter sur le ḥavitz, un plat composé de farine, d’huile et de miel cuits dans une marmite ainsi que de grain pilé. Rav Yehuda a dit que l’on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Rav Kahana a dit que l’on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture. La Guemara explique : En ce qui concerne le grain pilé seul, tout le monde convient que l’on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Leur désaccord porte sur le grain pilé mélangé à du miel, à la manière d’un ḥavitz cuit dans une marmite. Rav Yehuda a dit que l’on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, car il estimait que le miel est l’élément principal, et sur le miel on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Rav Kahana a dit que l’on récite : Qui crée les diverses sortes de nourriture, car il estimait que la farine, comme c’est le cas pour tous les produits issus du grain, est l’élément principal, et l’on récite donc : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Rav Yosef a dit : Il est raisonnable de dire conformément à l’opinion de Rav Kahana, car Rav et Shmuel ont tous deux dit : Tout ce qui contient l’une des cinq espèces de céréales, on récite sur cela : Qui crée les diverses sortes de nourriture, même si c’est mélangé à d’autres ingrédients.
גּוּפָא: רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ כֹּל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת״. וְאִיתְּמַר נָמֵי, רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: כֹּל שֶׁהוּא מֵחֲמֵשֶׁת הַמִּינִין מְבָרְכִין עָלָיו בּוֹרֵא מִינֵי מְזוֹנוֹת.
En ce qui concerne la halakha de la bénédiction récitée sur les cinq espèces de céréales, la Guemara clarifie la question elle-même. Rav et Shmuel ont tous deux dit : Toute chose qui contient des cinq espèces de céréales, on récite sur elle : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Ailleurs, il a été déclaré que Rav et Shmuel ont tous deux dit : Toute chose qui provient des cinq espèces de céréales, on récite sur elle : Qui crée les diverses sortes de nourriture. Cela est problématique, car ces déclarations paraissent redondantes.
וּצְרִיכָא, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן ״כֹּל שֶׁהוּא״ הֲוָה אָמֵינָא מִשּׁוּם דְּאִיתֵיהּ בְּעֵינֵיהּ, אֲבָל עַל יְדֵי תַּעֲרוֹבוֹת — לָא.
La Guemara explique : Les deux affirmations sont nécessaires, car s’il nous avait enseigné seulement : Tout ce qui est issu des cinq espèces de céréales, on récite sur cela : Celui qui crée les diverses sortes de nourriture, j’aurais dit que c’est parce que la céréale est dans sa forme pure, non altérée, mais si on la mange dans le cadre d’un mélange, non, on ne récite pas : Celui qui crée les diverses sortes de nourriture.

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