דְּכוּלְּהוּ שִׁלְקֵי.
dans lequel tous les légumes bouillis ont été bouillis. Une certaine quantité d’huile est ajoutée à l’anigeron.
אִם כֵּן, הָוֵה לֵיהּ אֲנִיגְרוֹן עִיקָּר וְשֶׁמֶן טָפֵל, וּתְנַן, זֶה הַכְּלָל: כֹּל שֶׁהוּא עִיקָּר וְעִמּוֹ טְפֵלָה, מְבָרֵךְ עַל הָעִיקָּר וּפוֹטֵר אֶת הַטְּפֵלָה!
Cependant, si c’est le cas, ici aussi, anigeron est principal et l’huile est secondaire, et nous avons appris dans une michna : Voici le principe : Tout aliment qui est principal, et qui est mangé avec un aliment qui est secondaire, on récite une bénédiction sur l’aliment principal, et cette bénédiction dispense le secondaire de l’obligation de réciter une bénédiction avant de le manger. Il faut réciter une bénédiction seulement sur l’anigeron.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן — בְּחוֹשֵׁשׁ בִּגְרוֹנוֹ. דְּתַנְיָא: הַחוֹשֵׁשׁ בִּגְרוֹנוֹ לֹא יְעָרְעֶנּוּ בְּשֶׁמֶן תְּחִלָּה בְּשַׁבָּת, אֲבָל נוֹתֵן שֶׁמֶן הַרְבֵּה לְתוֹךְ אֲנִיגְרוֹן וּבוֹלֵעַ.
La Guemara concilie : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit de quelqu’un qui a mal à la gorge, qu’il traite avec de l’huile. Comme cela a été enseigné dans une baraita : Celui qui a mal à la gorge ne doit pas, a priori, se gargariser avec de l’huile pendant Chabbat à des fins médicinales, car cela violerait le décret interdisant l’usage de médicaments pendant Chabbat. Cependant, il peut, même a priori, ajouter une grande quantité d’huile à l’anigeron et l’avaler. Puisqu’il est courant d’avaler de l’huile seule ou avec un ingrédient secondaire comme l’anigeron à des fins médicinales, dans ce cas on récite : Celui qui crée le fruit de l’arbre.
פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְתֵימָא: כֵּיוָן דְּלִרְפוּאָה קָא מְכַוֵּין לָא לְבָרֵיךְ עֲלֵיהּ כְּלָל, קָא מַשְׁמַע לַן כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ הֲנָאָה מִינֵּיהּ, בָּעֵי בָּרוֹכֵי.
La Guemara objecte : Cela est évident qu’il faut réciter une bénédiction. La Guemara répond : De peur que tu ne dises : Puisqu’il a l’intention de l’utiliser à des fins médicinales, qu’il ne récite aucune bénédiction dessus du tout, de même qu’on ne récite pas de bénédiction avant de prendre un médicament. Par conséquent, cela nous enseigne que, puisqu’il en a tiré du plaisir, il doit réciter une bénédiction dessus.
קִמְחָא דְחִיטֵּי, רַב יְהוּדָה אָמַר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְרַב נַחְמָן אָמַר: ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״.
La Guemara précise : Si quelqu’un mangeait de la farine de blé, quelle bénédiction réciterait-il ? Rav Yehouda a dit qu’on récite : Qui crée le fruit de la terre, et Rav Naḥman a dit qu’on récite : Par la parole de Qui toute chose est venue à l’existence.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: לָא תִּפְלוֹג עֲלֵיהּ דְּרַב יְהוּדָה, דְּרַבִּי יוֹחָנָן וּשְׁמוּאֵל קָיְימִי כְּווֹתֵיהּ. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל, וְכֵן אָמַר רַבִּי יִצְחָק אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: שֶׁמֶן זַיִת מְבָרְכִין עָלָיו ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״. אַלְמָא: אַף עַל גַּב דְּאִשְׁתַּנִּי — בְּמִלְּתֵיהּ קָאֵי. הָא נָמֵי, אַף עַל גַּב דְּאִשְׁתַּנִּי — בְּמִלְּתֵיהּ קָאֵי.
Rava dit à Rav Naḥman : Ne sois pas en désaccord avec Rav Yehuda, car Rabbi Yoḥanan et Shmuel soutiennent son opinion, bien qu’ils aient traité d’un autre sujet. Comme Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit, et de même Rabbi Yitzḥak a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : On récite la bénédiction : Qui crée le fruit de l’arbre, sur l’huile d’olive. Par conséquent, bien que l’olive ait changé en huile d’olive, la formule de la bénédiction reste telle qu’elle était. Ici aussi, bien que le blé ait changé en farine, sa bénédiction reste telle qu’elle était : Qui crée le fruit de la terre.
מִי דָּמֵי? הָתָם — לֵית לֵיהּ עִלּוּיָא אַחֲרִינָא, הָכָא — אִית לֵיהּ עִלּוּיָא אַחֲרִינָא בְּפַת.
La Guemara répond : Est-ce comparable ? Là-bas, l’huile d’olive n’a pas de potentiel d’amélioration supplémentaire, tandis qu’ici, la farine a le potentiel d’une amélioration supplémentaire en pain. Puisque l’huile est le produit fini de l’olive, on doit réciter sur elle la même bénédiction que sur l’arbre lui-même. La farine de blé, en revanche, est utilisée pour cuire du pain ; la farine est donc une matière première pour laquelle ni la bénédiction sur le blé ni la bénédiction sur le pain ne conviennent. Seule la bénédiction : Par la parole duquel toutes choses sont venues à l’existence convient.
וְכִי אִית לֵיהּ עִלּוּיָא אַחֲרִינָא לָא מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״ אֶלָּא ״שֶׁהַכֹּל״? וְהָא אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב מַתְנָא אָמַר שְׁמוּאֵל: אַקָּרָא חַיָּיא וְקִמְחָא דִשְׂעָרֵי מְבָרְכִינַן עֲלַיְיהוּ ״שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ״. מַאי לָאו דְּחִיטֵּי בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה!
La Guemara demande : Lorsqu’il y a un potentiel d’amélioration supplémentaire, on ne récite pas : Qui crée le fruit de la terre ; mais plutôt on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence ? Rabbi Zeira n’a-t-il pas dit que Rav Mattana a dit que Shmuel a dit : Sur une courge crue et sur de la farine d’orge, on récite la bénédiction : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Quoi, cela ne veut-il pas dire que sur la farine de blé on récite : Qui crée le fruit de la terre ? Sur la farine d’orge, que les gens ne mangent généralement pas, il convient de réciter : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence. Sur la farine de blé, il convient de réciter : Qui crée le fruit de la terre.
לָא, דְּחִיטֵּי נָמֵי ״שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ״.
Cet argument est rejeté : Non, on récite aussi : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, sur la farine de blé.
וְלַשְׁמְעִינַן דְּחִיטֵּי וְכׇל שֶׁכֵּן דִּשְׂעָרֵי!
La Guemara demande : Alors que les Sages nous enseignent que cette halakha s’applique à la farine de blé, et à plus forte raison aussi à la farine d’orge.
אִי אַשְׁמְעִינַן דְּחִיטֵּי הֲוָה אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי דְּחִיטֵּי, אֲבָל דִּשְׂעָרֵי לָא לְבָרֵיךְ עֲלֵיהּ כְּלָל, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : Il était nécessaire de nous enseigner qu’il faut réciter une bénédiction même avant de manger de la farine d’orge. Si les Sages nous avaient enseigné cette halakha au sujet du blé, j’aurais dit : Cela s’applique seulement à la farine de blé, mais pour la farine d’orge, qu’on ne récite aucune bénédiction du tout. C’est pourquoi cela nous enseigne qu’on récite une bénédiction sur la farine d’orge.
וּמִי גָּרַע מִמֶּלַח וְזָמִית, דִּתְנַן עַל הַמֶּלַח וְעַל הַזָּמִית אוֹמֵר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״. אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַעְתָּךְ אָמֵינָא מֶלַח וְזָמִית עָבֵיד אִינָשׁ דְּשָׁדֵי לְפוּמֵּיהּ, אֲבָל קִמְחָא דִשְׂעָרֵי הוֹאִיל וְקָשֶׁה לְקוּקְיָאנֵי, לָא לְבָרֵיךְ עֲלֵיהּ כְּלָל, קָא מַשְׁמַע לַן כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ הֲנָאָה מִינֵּיהּ בָּעֵי בָּרוֹכֵי.
La Guemara conteste cette explication. Comment aurait-on pu envisager cette possibilité ? Est-ce inférieur au sel et à l’eau salée [zamit] ? Comme nous l’avons appris dans une michna que sur le sel et l’eau salée on récite : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, et à plus forte raison cela devrait être récité sur la farine d’orge. Cette question est rejetée : Néanmoins, il était nécessaire d’enseigner la halakha concernant la farine d’orge, car vous pourriez penser : Bien qu’on mette parfois du sel ou de l’eau salée dans sa bouche, la farine d’orge, qui est nuisible à celui qui en mange et provoque des vers intestinaux, qu’on ne récite aucune bénédiction sur elle du tout. Par conséquent, cela nous enseigne que, puisqu’on en tire du plaisir, on doit réciter une bénédiction.
קוֹרָא, רַב יְהוּדָה אָמַר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״שֶׁהַכֹּל נִהְיֶה בִּדְבָרוֹ״.
Un autre différend au sujet de la bénédiction appropriée concerne le cœur de palmier [kura], qui est une fine membrane recouvrant les jeunes branches du palmier et qui était souvent consommée. Rav Yehuda a dit qu’il faut réciter : Qui crée le fruit de la terre. Et Shmuel, le maître de Rav Yehuda, a dit qu’il faut réciter : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence.
רַב יְהוּדָה אָמַר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, פֵּירָא הוּא. וּשְׁמוּאֵל אָמַר ״שֶׁהַכֹּל נִהְיָה בִּדְבָרוֹ״, הוֹאִיל וְסוֹפוֹ לְהַקְשׁוֹת.
Rav Yehuda a dit : Qui crée le fruit de la terre ; c’est un fruit. Et Shmuel a dit : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence, puisqu’à la fin il durcira et il est considéré comme faisant partie de l’arbre, et non comme un fruit.
אֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, כְּווֹתָךְ מִסְתַּבְּרָא, דְּהָא צְנוֹן סוֹפוֹ לְהַקְשׁוֹת וּמְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. וְלָא הִיא: צְנוֹן נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְפוּגְלָא, דִּקְלָא לָא נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְקוֹרָא.
Shmuel dit à Rav Yehuda : Shinnana. Il est raisonnable de statuer conformément à ton avis, car un radis finit par durcir s’il est laissé en terre ; néanmoins, celui qui le mange lorsqu’il est tendre récite à son sujet : Celui qui crée le fruit de la terre. En tout cas, malgré cet éloge, la Guemara déclare : Il n’en est pas ainsi ; les gens plantent un radis en ayant à l’esprit le radis tendre. Cependant, les gens ne plantent pas des palmiers en ayant à l’esprit le cœur de palmier et, par conséquent, il ne peut pas être considéré comme un fruit.
וְכׇל הֵיכָא דְּלָא נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְּהָכִי לָא מְבָרְכִינַן עֲלֵיהּ? וַהֲרֵי צָלָף, דְּנָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְפִרְחָא, וּתְנַן: עַל מִינֵי נִצְפָּה, עַל הֶעָלִין וְעַל הַתְּמָרוֹת אוֹמֵר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְעַל הָאֲבִיּוֹנוֹת וְעַל הַקַּפְרֵיסִין אוֹמֵר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״.
En réponse à cela, la Guemara demande : Et chaque fois que les gens ne plantent pas avec ce résultat à l’esprit, on ne récite pas de bénédiction dessus ? Qu’en est-il du câprier, que les gens plantent en pensant à son fruit, et nous avons appris dans une michna qu’en ce qui concerne les parties du câprier [nitzpa], sur les feuilles et les jeunes pousses on récite : Qui crée le fruit de la terre, et sur les baies et les bourgeons il récite : Qui crée le fruit de l’arbre. Cela indique que même sur les feuilles et diverses autres parties de l’arbre qui sont secondaires par rapport au fruit, la bénédiction est : Qui crée le fruit de la terre, et non : Par la parole de Qui toutes choses sont venues à l’existence.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: צָלָף נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְשׁוּתָא, דִּקְלָא לָא נָטְעִי אִינָשֵׁי אַדַּעְתָּא דְקוֹרָא. וְאַף עַל גַּב דְּקַלְּסֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה, הִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit qu’il existe encore une différence : les câpriers, les gens les plantent en pensant à leurs feuilles ; les palmiers, les gens ne les plantent pas en pensant au cœur de palmier. Par conséquent, on ne peut apporter aucune preuve de la halakha dans le cas du câprier à la halakha dans le cas du palmier. La Guemara conclut : Bien que Shmuel ait fait l’éloge de Rav Yehuda, la halakha est conforme à l’opinion de Shmuel.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: צָלָף שֶׁל עׇרְלָה בְּחוּצָה לָאָרֶץ זוֹרֵק אֶת הָאֲבִיּוֹנוֹת וְאוֹכֵל אֶת הַקַּפְרֵיסִין. לְמֵימְרָא דַּאֲבִיּוֹנוֹת פֵּירֵי וְקַפְרֵיסִין לָאו פֵּירֵי? וּרְמִינְהוּ: עַל מִינֵי נִצְפָּה, עַל הֶעָלִים וְעַל הַתְּמָרוֹת אוֹמֵר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, וְעַל הָאֲבִיּוֹנוֹת וְעַל הַקַּפְרֵיסִין אוֹמֵר ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״!
Incidemment à cette discussion, la Guemara cite une halakha supplémentaire concernant le câprier. Rav Yehuda a dit que Rav a dit : Un câprier pendant les trois premières années de sa croissance [orla] en dehors d’Eretz Yisrael, lorsque ses fruits sont interdits par la loi rabbinique et non par la loi de la Torah, on jette les baies, le fruit principal, mais on mange les bourgeons. La Guemara soulève la question : Cela veut-il dire que les baies sont le fruit du câprier, et que le bourgeon n’est pas un fruit ? La Guemara soulève une contradiction à partir de ce que nous avons appris dans la michna citée ci-dessus : En ce qui concerne les parties du câprier [nitzpa], sur les feuilles et les jeunes pousses, on récite : Qui crée le fruit de la terre, et sur les baies et les bourgeons on récite : Qui crée le fruit de l’arbre. De toute évidence, les bourgeons sont eux aussi considérés comme le fruit du câprier.
הוּא דְּאָמַר כְּרַבִּי עֲקִיבָא. דִּתְנַן, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: צָלָף מִתְעַשֵּׂר תְּמָרוֹת וַאֲבִיּוֹנוֹת וְקַפְרֵיסִין. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אֵין מִתְעַשֵּׂר אֶלָּא אֲבִיּוֹנוֹת בִּלְבַד, מִפְּנֵי שֶׁהוּא פֶּרִי.
La Guemara répond : la déclaration de Rav est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, comme nous l’avons appris dans une michna où Rabbi Eliezer dit : d’un câprier, on prélève la dîme sur ses différentes parties, ses jeunes pousses, ses baies et ses bourgeons, car tout cela est considéré comme son fruit. Et Rabbi Akiva dit : seules les baies sont soumises à la dîme, parce que seules elles sont considérées comme un fruit. C’est conformément à cette opinion que Rav n’a interdit que la consommation des baies pendant les années d’orla du câprier.
וְנֵימָא: ״הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא״! אִי אָמַר הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא, הֲוָה אָמֵינָא אֲפִילּוּ בָּאָרֶץ, קָא מַשְׁמַע לַן: כׇּל הַמֵּיקֵל בָּאָרֶץ — הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ בְּחוּצָה לָאָרֶץ, אֲבָל בָּאָרֶץ — לָא.
La Guemara demande : Si tel est le cas, pourquoi Rav a-t-il émis ce qui semblait être une décision indépendante concernant la orla ? Il aurait dû simplement dire : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, dont nous aurions pu tirer une conclusion halakhique pratique également concernant la orla. La Guemara répond : Si Rav avait dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, j’aurais dit que la halakha est conforme à son opinion même en Eretz Israël. Par conséquent, il nous enseigne, en énonçant toute la halakha, qu’il existe un principe : Quiconque adopte une position indulgente dans un différend concernant les halakhot de orlaen Eretz Israël, la halakha est conforme à son opinion en dehors d’Eretz Israël, mais non en Eretz Israël.
וְנֵימָא: ״הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא בְּחוּצָה לָאָרֶץ״, דְּכׇל הַמֵּיקֵל בָּאָרֶץ — הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ בְּחוּצָה לָאָרֶץ. אִי אָמַר הָכִי, הֲוָה אָמֵינָא הָנֵי מִילֵּי גַּבֵּי מַעְשַׂר אִילָן, דְּבָאָרֶץ גּוּפָא מִדְּרַבָּנַן, אֲבָל גַּבֵּי עׇרְלָה, דְּבָאָרֶץ מִדְּאוֹרָיְיתָא, אֵימָא בְּחוּצָה לָאָרֶץ נָמֵי נִגְזוֹר, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara soulève cette question : Si tel est le cas, alors que Rav dise : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva en dehors d’Eretz Israël comme quiconque adopte une position indulgente dans un différend concernant les halakhot de orla en Eretz Israël, la halakha est conforme à son opinion en dehors d’Eretz Israël. La Guemara répond : S’il avait dit cela, j’aurais dit : Cela ne s’applique qu’au prélèvement de la dîme des arbres, qui même en Eretz Israël elle-même est une obligation de droit rabbinique ; mais en ce qui concerne orla, qui est interdite en Eretz Israël par la loi de la Torah, on pourrait dire que nous devrions décréter l’interdiction de orlamême en dehors d’Eretz Israël. Par conséquent, il nous enseigne que même en ce qui concerne orla, la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva.
רָבִינָא אַשְׁכְּחֵיהּ לְמָר בַּר רַב אָשֵׁי דְּקָא זָרֵיק אֲבִיּוֹנוֹת וְקָאָכֵיל קַפְרֵיסִין. אֲמַר לֵיהּ: מַאי דַעְתָּךְ, כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּמֵיקֵל? וְלֶעֱבֵיד מָר כְּבֵית שַׁמַּאי דִּמְקִילִּי טְפֵי! דִּתְנַן: צָלָף, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: כִּלְאַיִם בַּכֶּרֶם. וּבֵית הַלֵּל אוֹמְרִים: אֵין כִּלְאַיִם בַּכֶּרֶם. אֵלּוּ וְאֵלּוּ מוֹדִים שֶׁחַיָּיב בְּעׇרְלָה.
À ce sujet, la Guemara rapporte : Ravina trouva Mar bar Rav Ashi en train de jeter les baies et de manger les bourgeons d’un câprier de orla. Ravina dit à Mar bar Rav Ashi : Quel est ton avis, pour que tu manges les bourgeons ? Si c’est conformément à l’opinion de Rabbi Akiva, qui est indulgent, alors tu devrais agir conformément à l’opinion de Beit Shammai, qui sont encore plus indulgents. Comme nous l’avons appris dans une michna au sujet des lois des mélanges interdits d’espèces diverses, Beit Shammai disent : Un câprier est considéré comme une espèce diverse dans la vigne, car il est inclus dans l’interdiction de planter des légumes dans une vigne. Beit Hillel disent : Un câprier n’est pas considéré comme une espèce diverse dans une vigne. Néanmoins, les uns et les autres, Beit Shammai et Beit Hillel, s’accordent à dire que le câprier est soumis à l’interdiction de orla.
הָא גוּפָא קַשְׁיָא: אָמְרַתְּ צָלָף בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים כִּלְאַיִם בַּכֶּרֶם, אַלְמָא מִין יָרָק הוּא, וַהֲדַר תָּנֵי: אֵלּוּ וְאֵלּוּ מוֹדִים שֶׁחַיָּיב בְּעׇרְלָה, אַלְמָא מִין אִילָן הוּא!
Avant d’aborder le problème posé par Ravina à Mar bar Rav Ashi, la Guemara relève une contradiction interne dans cette michna. Cette michna elle-même pose problème : Tu as dit que Beit Shammaï disent : un câprier est considéré comme une espèce diverse dans une vigne ; apparemment, ils soutiennent que c’est un type de légume arbustif, puis tu as enseigné : Ceux-ci et ceux-là, Beit Shammaï et Beit Hillel, sont d’accord pour dire que le câprier est soumis à l’interdiction de orla ; apparemment, c’est un type d’arbre.
הָא לָא קַשְׁיָא: בֵּית שַׁמַּאי סַפּוֹקֵי מְסַפְּקָא לְהוּ, וְעָבְדִי הָכָא לְחוּמְרָא וְהָכָא לְחוּמְרָא. מִכׇּל מָקוֹם, לְבֵית שַׁמַּאי הָוֵה לֵיהּ סָפֵק עׇרְלָה, וּתְנַן: סָפֵק עׇרְלָה — בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל אָסוּר, וּבְסוּרְיָא מוּתָּר. וּבְחוּצָה לָאָרֶץ יוֹרֵד
La Guemara répond : Cela n’est pas difficile ; Beit Shammai ont un doute quant à savoir si le câprier est un légume ou un arbre, et ici, concernant les espèces mélangées, ils agissent avec rigueur et ici, concernant la orla, ils agissent avec rigueur. En tout cas, selon Beit Shammai le câprier a le statut de orla douteuse, et nous avons appris le consensus de la halakha dans une michna : La orla douteuse en Terre d’Israël est interdite à la consommation, et en Syrie elle est permise, et nous ne tenons pas compte de son statut douteux. En dehors de la Terre d’Israël, le propriétaire non juif d’un champ peut descendre dans son champ