מַתְנִי׳ כֵּיצַד מְבָרְכִין עַל הַפֵּירוֹת? עַל פֵּירוֹת הָאִילָן הוּא אוֹמֵר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָעֵץ״, חוּץ מִן הַיַּיִן, שֶׁעַל הַיַּיִן הוּא אוֹמֵר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הַגֶּפֶן״. וְעַל פֵּירוֹת הָאָרֶץ הוּא אוֹמֵר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״, חוּץ מִן הַפַּת, שֶׁעַל הַפַּת הוּא אוֹמֵר: ״הַמּוֹצִיא לֶחֶם מִן הָאָרֶץ״. וְעַל הַיְּרָקוֹת הוּא אוֹמֵר: ״בּוֹרֵא פְּרִי הָאֲדָמָה״. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: ״בּוֹרֵא מִינֵי דְשָׁאִים״.
MISHNA : Cette michna traite des bénédictions récitées sur divers aliments. Comment récite-t-on une bénédiction sur les fruits ? Sur différents fruits qui poussent sur un arbre, on récite : Qui crée le fruit de l’arbre, à l’exception du vin. Bien que le vin soit produit à partir du fruit de l’arbre, en raison de son importance, sa bénédiction diffère de celle des autres fruits de l’arbre. Sur le vin on récite : Qui crée le fruit de la vigne. Sur les fruits qui poussent de la terre, on récite : Qui crée le fruit de la terre, à l’exception du pain. Le pain aussi est important, et sa bénédiction diffère de celle des autres fruits de la terre, car sur le pain on récite : Qui fais sortir le pain de la terre. Sur les herbes et les légumes-feuilles on récite : Qui crée le fruit de la terre. Rabbi Yehouda dit qu’il y a lieu de distinguer entre les fruits qui poussent de la terre, les herbes et les légumes-feuilles. Bien qu’ils soient tous le fruit de la terre, puisqu’ils ont des qualités différentes, la bénédiction sur ces derniers est : Qui crée diverses sortes d’herbes.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן: ״קֹדֶשׁ הִלּוּלִים לַה׳״, מְלַמֵּד שֶׁטְּעוּנִים בְּרָכָה לִפְנֵיהֶם וּלְאַחֲרֵיהֶם. מִכָּאן אָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיִּטְעוֹם כְּלוּם קוֹדֶם שֶׁיְּבָרֵךְ.
GUEMARA : Concernant le fondement essentiel des bénédictions, la Guemara demande : D’où ces éléments, l’obligation de réciter une bénédiction avant de manger, sont-ils dérivés ? La Guemara répond : Comme les Sages l’ont enseigné dans le Sifra : Au sujet des jeunes plants, il est dit qu’en leur quatrième année leur fruit sera : « …sanctifié pour des louanges devant le Seigneur » (Lévitique 19:24). Ce verset enseigne qu’ils requièrent une louange de Dieu sous la forme d’une bénédiction à la fois avant et après, car le verset dit « louanges » au pluriel. De là, Rabbi Akiva a dit : Il est interdit à une personne de goûter quoi que ce soit avant d’avoir récité une bénédiction, car sans réciter de louange sur la nourriture, celle-ci a le statut d’un objet consacré, dont il est interdit de tirer profit.
וְהַאי ״קֹדֶשׁ הִלּוּלִים״ לְהָכִי הוּא דַּאֲתָא? הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ חַד דְּאָמַר רַחֲמָנָא אַחֲלֵיהּ וַהֲדַר אִכְלֵיהּ. וְאִידָךְ דָּבָר הַטָּעוּן שִׁירָה, טָעוּן חִלּוּל, וְשֶׁאֵינוֹ טָעוּן שִׁירָה, אֵין טָעוּן חִלּוּל. וְכִדְרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מִנַּיִן שֶׁאֵין אוֹמְרִים שִׁירָה אֶלָּא עַל הַיַּיִן? — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתֹּאמֶר לָהֶם הַגֶּפֶן הֶחֳדַלְתִּי אֶת תִּירוֹשִׁי הַמְשַׂמֵּחַ אֱלֹהִים וַאֲנָשִׁים״, אִם אֲנָשִׁים מְשַׂמֵּחַ, אֱלֹהִים בַּמֶּה מְשַׂמֵּחַ? מִכָּאן שֶׁאֵין אוֹמְרִים שִׁירָה אֶלָּא עַל הַיַּיִן!
La Guemara demande : Et ce verset : « Sanctifié pour des louanges », est-il venu dans ce but ? Ce verset est nécessaire pour dériver d’autres enseignements. L’un d’eux est que le Miséricordieux a dit : Rachète-le, puis mange-le. Ce midrash interprète hillul, louange, comme ḥillul, rachat. Et l’autre enseignement dérivé de ce verset est : Un objet qui est offert sur l’autel et requiert un chant de louange lorsqu’il est offert, comme c’est le cas pour la libation de vin, requiert un rachat. Et ce qui ne requiert pas de chant de louange, tous les autres fruits, ne requiert pas de rachat. Et cela est conforme à l’opinion selon laquelle Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit, comme Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit que Rabbi Yonatan a dit : D’où est-il dérivé que l’on ne récite un chant de louange dans le Temple que sur la libation de vin sur l’autel ? Comme il est dit : « Et la vigne répondit : Devrais-je abandonner mon vin, qui réjouit Dieu et les hommes, pour aller me balancer au-dessus des arbres ? » (Juges 9:13). Si le vin réjouit les hommes, de quelle manière réjouit-il Dieu ? Au contraire, on apprend d’ici que l’on ne récite un chant de louange que sur le vin, car le vin réjouit Dieu lorsqu’il est offert comme partie du service dans le Temple.En tout cas, d’autres halakhot ont été dérivées de ce verset. D’où, alors, est dérivée l’obligation de réciter des bénédictions ?
הָנִיחָא לְמַאן דְּתָנֵי ״נֶטַע רְבָעִי״. אֶלָּא לְמַאן דְּתָנֵי ״כֶּרֶם רְבָעִי״ מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? דְּאִתְּמַר רַבִּי חִיָּיא וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי, חַד תָּנֵי ״כֶּרֶם רְבָעִי״, וְחַד תָּנֵי ״נֶטַע רְבָעִי״.
En effet, cela s’accorde bien selon celui qui a enseigné, comme règle générale : un jeune arbre de quatrième année dans les mishnayot traitant de l’interdiction de manger les fruits produits durant les trois premières années de l’existence d’un arbre et de la sainteté du fruit produit durant sa quatrième année ; car, selon son opinion, les fruits de quatrième année qui poussent sur tous les arbres doivent être rachetés. Cependant, selon celui qui a enseigné, comme règle générale : une vigne de quatrième année, que peut-on dire ? En effet, il déduit la halakha selon laquelle seul le vin accompagné d’un chant de louange requiert un rachat, de l’interprétation de hillul comme ḥillul. Comme il a été déclaré : Rabbi Ḥiyya et Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehuda HaNasi, l’un a enseigné ces mishnayot en employant le terme : une vigne de quatrième année, et l’autre a enseigné en employant le terme : un jeune arbre de quatrième année.
וּלְמַאן דְּתָנֵי ״כֶּרֶם רְבָעִי״ הָנִיחָא אִי יָלֵיף גְּזֵרָה שָׁוָה. דְּתַנְיָא, רַבִּי אוֹמֵר: נֶאֱמַר כָּאן ״לְהוֹסִיף לָכֶם תְּבוּאָתוֹ״, וְנֶאֱמַר לְהַלָּן ״וּתְבוּאַת הַכָּרֶם״. מָה לְהַלָּן כֶּרֶם, אַף כָּאן כֶּרֶם. אִייַּתַּר לֵיהּ חַד ״הִלּוּל״ לִבְרָכָה.
Et selon celui qui a enseigné : Une vigne de quatrième année, cela s’explique bien s’il dérive cette question d’une analogie verbale [gezera shava], et il n’a donc pas besoin de dériver cette halakha du terme hillulim. Comme il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda HaNasi a dit : Il est dit ici au sujet des lois de l’interdiction du fruit de l’arbre pendant ses trois premières années : « Mais la cinquième année vous mangerez son fruit, afin qu’il augmente pour vous sa production [tevuato] ; Je suis le Seigneur votre Dieu » (Lévitique 19:25). Et il est dit plus bas, au sujet des lois des espèces diverses : « Tu ne sèmeras pas ta vigne avec deux sortes de semence, de peur que ne soit confisquée la croissance de la semence que tu as semée avec la production [utevuat] de la vigne” (Deutéronome 22:9). Sur la base d’une analogie verbale, on peut déduire : De même que plus bas, au sujet des lois des espèces diverses, la production est ce qui pousse dans les vignes ; de même ici, au sujet des halakhot des fruits d’un jeune arbre, la production est ce qui pousse dans les vignes. Par conséquent, selon celui qui soutient cette analogie verbale, un hillul supplémentaire reste, à partir duquel on peut déduire la bénédiction. Puisqu’il dérive de l’analogie verbale que les lois des plantations de quatrième année ne s’appliquent qu’aux raisins, il peut déduire l’obligation de réciter des bénédictions avant de prendre de la nourriture du mot hillulim.
וְאִי לָא יָלֵיף גְּזֵרָה שָׁוָה, בְּרָכָה מְנָא לֵיהּ? וְאִי נָמֵי יָלֵיף גְּזֵרָה שָׁוָה, אַשְׁכְּחַן לְאַחֲרָיו, לְפָנָיו מִנַּיִן?
Et s’il ne dérive pas cette halakha au moyen d’une analogie verbale, il doit dériver cette halakha du terme hillulim, auquel cas, d’où dérive-t-il la mitsva de réciter une bénédiction avant de prendre de la nourriture ? Et même s’il dérive cette halakha au moyen d’une analogie verbale, nous avons trouvé une source pour l’obligation de réciter une bénédiction après avoir mangé, semblable à l’obligation énoncée dans le verset : « Tu mangeras, tu seras rassasié, puis tu béniras. » Cependant, d’où est-il dérivé qu’il existe une obligation de réciter une bénédiction auparavant ? D’un hillul est dérivée la halakha fondamentale du rachat des jeunes plants de la quatrième année.
הָא לָא קַשְׁיָא, דְּאָתְיָא בְּקַל וָחוֹמֶר: כְּשֶׁהוּא שָׂבֵעַ מְבָרֵךְ, כְּשֶׁהוּא רָעֵב — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן.
La Guemara répond à cela : Ce n’est pas difficile, car cela peut être déduit au moyen d’une inférence a fortiori : Si, lorsqu’il est rassasié, après avoir mangé, il est tenu de réciter une bénédiction sur la nourriture, lorsqu’il a faim, avant de manger, à plus forte raison il est tenu de réciter une bénédiction sur la nourriture.
אַשְׁכְּחַן כֶּרֶם, שְׁאָר מִינִין מִנַּיִן?
La Guemara commente : De cette manière, nous avons trouvé une source pour l’obligation de réciter une bénédiction sur le produit des vignobles, mais d’où cela est-il dérivé en ce qui concerne d’autres types de produits ?
דְּיָלֵיף מִכֶּרֶם: מָה כֶּרֶם דָּבָר שֶׁנֶּהֱנֶה וְטָעוּן בְּרָכָה, אַף כׇּל דָּבָר שֶׁנֶּהֱנֶה — טָעוּן בְּרָכָה.
La Guemara répond : Cela est dérivé au moyen du principe herméneutique : Que trouvons-nous, à partir du produit d’un vignoble : De même que le fruit du vignoble est un élément dont on tire profit et qu’il nécessite une bénédiction, de même, tout élément dont on tire profit nécessite une bénédiction.
אִיכָּא לְמִפְרַךְ: מָה לְכֶרֶם שֶׁכֵּן חַיָּיב בְּעוֹלֵלוֹת!
La Guemara rejette cette preuve : Cette dérivation peut être réfutée, car un vignoble est unique : Qu’a de particulier un vignoble, pour qu’il soit soumis à la mitsva de donner de petites grappes incomplètes de raisin [olelot] aux pauvres ? Il s’agit d’une rigueur qui ne s’applique pas aux autres fruits. Peut-être que la bénédiction aussi est une rigueur qui ne s’applique qu’aux raisins.
קָמָה תּוֹכִיחַ. מָה לְקָמָה שֶׁכֵּן חַיֶּיבֶת בְּחַלָּה!
La Guemara répond : Dans ce cas, le grain sur pied peut prouver que la halakha de olelot n’est pas un facteur dans l’obligation de réciter une bénédiction. On est tenu par la loi de la Torah de réciter une bénédiction après avoir mangé du pain, même si la halakha de olelot ne s’applique pas au grain. La Guemara rejette cette preuve : Qu’est-ce qui est particulier au grain mûr, pour qu’il soit soumis à la mitsva de prélever la ḥalla de la pâte ? C’est une rigueur qui ne s’applique pas aux autres aliments. Peut-être que la bénédiction aussi est une rigueur qui ne s’applique qu’au grain.
כֶּרֶם יוֹכִיחַ. וְחָזַר הַדִּין: לֹא רְאִי זֶה כִּרְאִי זֶה וְלֹא רְאִי זֶה כִּרְאִי זֶה, הַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן: דָּבָר שֶׁנֶּהֱנֶה וְטָעוּן בְּרָכָה, אַף כׇּל דָּבָר שֶׁנֶּהֱנֶה — טָעוּן בְּרָכָה.
La Guemara répond : À cet égard, les vignobles peuvent prouver que la halakha de ḥalla n’est pas un facteur dans l’obligation de réciter une bénédiction. En résumé : Et la dérivation est revenue à son point de départ. Cependant, à ce stade, la halakha est dérivée d’une combinaison des deux sources : L’aspect de ceci n’est pas comme l’aspect de cela, et l’aspect de cela n’est pas comme l’aspect de ceci ; le dénominateur commun est : Tous deux sont des éléments dont on tire profit et chacun requiert une bénédiction. Un principe général peut en être dérivé : De même, tout élément dont on tire profit requiert une bénédiction.
מָה לְהַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן שֶׁכֵּן יֵשׁ בּוֹ צַד מִזְבֵּחַ. וְאָתֵי נָמֵי זַיִת דְּאִית בֵּיהּ צַד מִזְבֵּחַ.
La Guemara objecte de nouveau : Qu’est-ce qui est particulier dans le dénominateur commun entre les raisins et les céréales, qui empêche de l’utiliser comme paradigme pour d’autres aliments ? Les raisins et les céréales ont un aspect d’être offerts sur l’autel, et c’est peut-être la raison pour laquelle ils nécessitent des bénédictions. Selon ce raisonnement, bien que tous les autres aliments ne puissent pas être dérivés du dénominateur commun, une olive peut également être dérivée, car elle aussi a un aspect d’être offerte sur l’autel, puisque l’huile d’olive est l’un des composants d’une offrande de farine.
וְזַיִת מִצַּד מִזְבֵּחַ אָתֵי? וְהָא בְּהֶדְיָא כְּתִיב בֵּיהּ ״כֶּרֶם״, דִּכְתִיב ״וַיַּבְעֵר מִגָּדִישׁ וְעַד קָמָה וְעַד כֶּרֶם זָיִת״. אָמַר רַב פָּפָּא: ״כֶּרֶם זַיִת״ אִקְּרֵי, ״כֶּרֶם״ סְתָמָא לָא אִקְּרֵי.
La Guemara remet ce point en question : Une olive est-elle déduite du fait qu’elle a un aspect d’être offerte sur l’autel ? N’est-il pas écrit explicitement au sujet de l’olive mentionnée que le verger dans lequel elle pousse est appelé kerem ; comme il est écrit : « Et brûla les gerbes, le blé sur pied et les oliveraies [kerem zayit] » (Juges 15:5) ? De même que le verger dans lequel poussent les raisins est appelé kerem, et que les raisins requièrent une bénédiction, l’olive pousse elle aussi dans un kerem et devrait requérir une bénédiction. Rav Pappa dit : Néanmoins, on ne peut pas établir d’analogie entre les deux ; l’endroit où pousse l’olive est appelé kerem zayit, il n’est pas appelé kerem sans qualificatif, terme réservé aux vignes.
מִכׇּל מָקוֹם קַשְׁיָא: מָה לְהַצַּד הַשָּׁוֶה שֶׁבָּהֶן שֶׁכֵּן יֵשׁ בָּהֶן צַד מִזְבֵּחַ! אֶלָּא, דְּיָלֵיף לַהּ מִשִּׁבְעַת הַמִּינִין: מָה שִׁבְעַת הַמִּינִין דָּבָר שֶׁנֶּהֱנֶה וְטָעוּן בְּרָכָה, אַף כׇּל דָּבָר שֶׁנֶּהֱנֶה טָעוּן בְּרָכָה.
La Guemara revient à la question en cours, notant que dans tous les cas, cela est difficile : qu’est-ce qui est particulier dans le dénominateur commun entre les raisins et les céréales ? C’est qu’ils possèdent un aspect d’offrande sur l’autel. Plutôt, cela est dérivé de l’obligation de réciter une bénédiction sur les sept espèces. Après que le verset parle des sept espèces, il déclare : « Tu mangeras, tu seras rassasié, puis tu béniras. » C’est un paradigme pour tous les autres aliments, eux aussi nécessitant une bénédiction : De même que les sept espèces sont des éléments dont on tire profit et qui nécessitent une bénédiction, tout élément dont on tire profit nécessite une bénédiction.
מָה לְשִׁבְעַת הַמִּינִין שֶׁכֵּן חַיָּיבִין בְּבִכּוּרִים? וְעוֹד: הָתִינַח לְאַחֲרָיו, לְפָנָיו מִנַּיִן?
De nouveau, la Guemara rejette cela : Qu’y a-t-il de particulier dans les sept espèces ? C’est qu’on y est tenu par la mitsva des prémices. Cependant, pour les autres produits, à l’égard desquels on n’est pas tenu par la mitsva des prémices, d’où dérive-t-on qu’ils nécessitent une bénédiction ? En outre, même si les sept espèces peuvent servir de paradigme, cela fonctionne bien en ce qui concerne la bénédiction après coup ; mais d’où dérive-t-on l’obligation de réciter une bénédiction au préalable ?
הָא לָא קַשְׁיָא דְּאָתֵי בְּקַל וָחוֹמֶר: כְּשֶׁהוּא שָׂבֵעַ מְבָרֵךְ, כְּשֶׁהוּא רָעֵב — לֹא כׇּל שֶׁכֵּן.
La Guemara répond à la question : Cela n’est pas difficile, car cela peut être déduit au moyen d’un raisonnement a fortiori : Si, lorsqu’il est rassasié, après avoir mangé, il est tenu de réciter une bénédiction sur la nourriture, lorsqu’il a faim, avant de manger, à plus forte raison il est tenu de réciter une bénédiction sur la nourriture.
וּלְמַאן דְּתָנֵי ״נֶטַע רְבָעִי״, הָא תִּינַח כֹּל דְּבַר נְטִיעָה. דְּלָאו בַּר נְטִיעָה, כְּגוֹן בָּשָׂר בֵּיצִים וְדָגִים מְנָא לֵיהּ? אֶלָּא סְבָרָא הוּא: אָסוּר לוֹ לָאָדָם שֶׁיֵּהָנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה.
En tout état de cause, ce n’est pas une preuve absolue. En outre, même selon celui qui a enseigné : Un plant de quatrième année dans toutes les mishnayot pertinentes, cela fonctionne bien en ce qui concerne tout ce qui peut être planté, car on est tenu de réciter une bénédiction. Cependant, en ce qui concerne les choses qui ne peuvent pas être plantées, comme la viande, les œufs et le poisson, d’où tire-t-il la halakha selon laquelle on est tenu de réciter une bénédiction ? Au contraire, toutes les tentatives précédentes de dériver cette halakha sont rejetées. L’obligation fondamentale de réciter une bénédiction sur la nourriture repose sur la raison : Il est interdit de tirer profit de ce monde sans bénédiction.
תָּנוּ רַבָּנַן: אָסוּר לוֹ לָאָדָם שֶׁיֵּהָנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה. וְכׇל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה מָעַל. מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? — יֵלֵךְ אֵצֶל חָכָם.
Les Sages ont enseigné dans une Tosefta : Il est interdit de tirer profit de ce monde, qui est la propriété de Dieu, sans réciter une bénédiction au préalable. Et quiconque tire profit de ce monde sans bénédiction, c’est comme s’il était coupable de mauvais usage d’un objet consacré. La Guemara ajoute : Quel est son remède ? Il doit aller voir un Sage.
יֵלֵךְ אֵצֶל חָכָם?! מַאי עָבֵיד לֵיהּ? הָא עֲבַד לֵיהּ אִיסּוּרָא! אֶלָּא אָמַר רָבָא: יֵלֵךְ אֵצֶל חָכָם מֵעִיקָּרָא וִילַמְּדֶנּוּ בְּרָכוֹת כְּדֵי שֶׁלֹּא יָבֹא לִידֵי מְעִילָה.
La Guemara est perplexe : Qu’il aille voir un Sage ; que fera-t-il pour lui ? Comment le Sage peut-il aider après qu’il a déjà transgressé un interdit ? Au contraire, Rava a dit, c’est ainsi qu’il faut comprendre : Qu’il aille voir un Sage dès le départ, dans sa jeunesse, et le Sage lui enseignera les bénédictions, afin qu’il n’en vienne pas à être coupable de ce type de mauvais usage d’un objet consacré à l’avenir.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הַנֶּהֱנֶה מִן הָעוֹלָם הַזֶּה בְּלֹא בְּרָכָה כְּאִילּוּ נֶהֱנָה מִקׇּדְשֵׁי שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַה׳ הָאָרֶץ וּמְלוֹאָהּ״. רַבִּי לֵוִי רָמֵי: כְּתִיב ״לַה׳ הָאָרֶץ וּמְלוֹאָהּ״, וּכְתִיב ״הַשָּׁמַיִם שָׁמַיִם לַה׳ וְהָאָרֶץ נָתַן לִבְנֵי אָדָם״! לָא קַשְׁיָא כָּאן קוֹדֶם בְּרָכָה,
De même, Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Celui qui tire profit de ce monde sans bénédiction, c’est comme s’il avait profité d’objets consacrés aux cieux, comme il est dit : « La terre et tout ce qu’elle contient appartient au Seigneur, le monde et tous ceux qui y habitent » (Psaumes 24:1). Rabbi Levi a exprimé cette idée différemment. Rabbi Levi a soulevé une contradiction : Il est écrit : « La terre et tout ce qu’elle contient appartient au Seigneur », et il est écrit ailleurs : « Les cieux sont au Seigneur et la terre, Il l’a donnée à l’humanité » (Psaumes 115:16). Il y a clairement une contradiction quant à savoir à qui appartient la terre. Il résout lui-même la contradiction : Ce n’est pas difficile. Ici, le verset qui dit que la terre appartient au Seigneur fait référence à la situation avant qu’une bénédiction ne soit récitée,