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כֹּהֵן גָּדוֹל, בְּסוֹף כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה. וְהַמֶּלֶךְ, תְּחִלַּת כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה וְסוֹף כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה.
Il convient toutefois que un Grand Prêtre s’incline à la fin de chaque bénédiction; et que un roi s’incline au début de chaque bénédiction et à la fin de chaque bénédiction. Cela s’explique par le fait que plus le statut d’une personne est élevé, plus il est important de démontrer sa soumission à Dieu.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר נַחְמָנִי: לְדִידִי מִפָּרְשָׁא לִי מִינֵּיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הֶדְיוֹט, כְּמוֹ שֶׁאָמַרְנוּ. כֹּהֵן גָּדוֹל, תְּחִלַּת כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה. הַמֶּלֶךְ — כֵּיוָן שֶׁכָּרַע שׁוּב אֵינוֹ זוֹקֵף, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי כְּכַלּוֹת שְׁלֹמֹה לְהִתְפַּלֵּל וְגוֹ׳ קָם מִלִּפְנֵי מִזְבַּח ה׳ מִכְּרֹעַ עַל בִּרְכָּיו״.
Rabbi Yitzḥak bar Naḥmani a dit : Cela m’a été expliqué directement par Rabbi Yehoshua ben Levi lui-même d’une manière différente : Une personne ordinaire se conduit comme nous l’avons dit ; le Grand Prêtre s’incline au début de chaque bénédiction ; quant au roi, une fois qu’il s’est incliné au début de la première bénédiction, il ne se redresse pas avant d’avoir achevé toute la prière, comme il est dit : « Et il arriva que lorsque Salomon eut fini de prier toute sa prière au Seigneur, il se releva de devant l’autel du Seigneur, de sa position à genoux avec les mains étendues vers les cieux » (I Rois 8:54).
תָּנוּ רַבָּנַן: קִידָּה — עַל אַפַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּקֹּד בַּת שֶׁבַע אַפַּיִם אֶרֶץ״. כְּרִיעָה — עַל בִּרְכַּיִם, שֶׁנֶּאֱמַר ״מִכְּרֹעַ עַל בִּרְכָּיו״. הִשְׁתַּחֲוָאָה — זוֹ פִּשּׁוּט יָדַיִם וְרַגְלַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הֲבוֹא נָבוֹא אֲנִי וְאִמְּךָ וְאַחֶיךָ לְהִשְׁתַּחֲוֹת לְךָ אָרְצָה״.
Après avoir mentionné que Salomon s’est incliné, la Guemara distingue plusieurs types de prosternation. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Le terme kidda signifie se prosterner sur le visage, le visage tourné vers le sol, comme il est dit : « Alors Bethsabée se prosterna [vatikod] le visage contre terre » (I Rois 1:31). Keria signifie se prosterner sur les genoux, comme il est dit au sujet de Salomon : il acheva de prier et « se releva de devant l’autel du Seigneur, de sa position à genoux [mikkeroa] sur ses genoux ». Enfin, hishtaḥava’a, c’est-à-dire se prosterner avec les mains et les jambes étendues en totale soumission, comme il est dit dans la question de Jacob à Joseph en réponse à son rêve : « Viendrons-nous, moi, ta mère et tes frères, nous prosterner [lehishtaḥavot] devant toi jusqu’à terre ? » (Genèse 37:10).
אָמַר רַב חִיָּיא בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא: חֲזֵינָא לְהוּ לְאַבָּיֵי וְרָבָא דְּמַצְלוּ אַצְלוֹיֵי.
Au sujet de l’inclination, Rav Ḥiyya, fils de Rav Huna, a dit : J’ai vu Abaye et Rava, qui inclinaient la tête et ne se prosternaient pas réellement sur le sol.
תָּנֵי חֲדָא: הַכּוֹרֵעַ בַּהוֹדָאָה — הֲרֵי זֶה מְשׁוּבָּח. וְתַנְיָא אִידַּךְ: הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה!
La Guemara demande : Unebaraitaa enseigné : Celui qui s’incline dans la bénédiction de remerciement, cela est louable. Et il a été enseigné dans une autrebaraita : Celui qui s’incline dans la bénédiction de remerciement, cela est répréhensible. Ces baraitot sont contradictoires.
לָא קַשְׁיָא: הָא בַּתְּחִלָּה, הָא לְבַסּוֹף.
La Guemara réconcilie ces deux baraitot : Ce n’est pas difficile ; cette baraita, qui loue celui qui s’incline dans la bénédiction de remerciement, fait référence à celui qui s’incline au début de la bénédiction. Cette baraita, qui condamne celui qui s’incline dans la bénédiction de remerciement, fait référence à celui qui s’incline à la fin de la bénédiction.
רָבָא כָּרַע בְּהוֹדָאָה תְּחִלָּה וָסוֹף. אָמְרִי לֵיהּ רַבָּנַן: אַמַּאי קָא עָבֵיד מָר הָכִי? אָמַר לְהוּ: חֲזֵינָא לְרַב נַחְמָן דְּכָרַע וַחֲזֵינָא לֵיהּ לְרַב שֵׁשֶׁת דְּקָא עָבֵד הָכִי.
Rava s’inclinait dans la bénédiction de remerciement, au début comme à la fin. Les Sages lui dirent : Pourquoi notre maître fait-il cela ? Il leur dit : J’ai vu Rav Naḥman qui s’inclinait dans la bénédiction de remerciement, et j’ai vu Rav Sheshet qui faisait ainsi également.
וְהָתַנְיָא הַכּוֹרֵעַ בַּהוֹדָאָה — הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה!
Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita que celui qui se prosterne en remerciement, cela est répréhensible ?
הַהִיא בְּהוֹדָאָה שֶׁבְּ״הַלֵּל״.
Rava a expliqué : Cettebaraita fait référence à celui qui s'incline dans l'action de grâce qui se trouve dans le hallel, lorsqu'on récite : Rendez grâce au Seigneur. Alors, s'incliner est inapproprié.
וְהָתַנְיָא: הַכּוֹרֵעַ בַּהוֹדָאָה וּבַהוֹדָאָה שֶׁל ״הַלֵּל״ — הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה.
Les Sages continuent de remettre en question la conduite de Rava : Mais n’a-t-il pas été enseigné explicitement dans une baraita : Celui qui s’incline dans l’action de grâce ou dans l’action de grâce du hallel, cela est répréhensible ? Le terme action de grâce sans précision ne renvoie pas à l’action de grâce du hallel ; il renvoie évidemment à la bénédiction d’action de grâce récitée dans la prière de la Amida. Celui qui s’incline dans l’une ou l’autre, cela est répréhensible.
כִּי תַּנְיָא הַהִיא בְּהוֹדָאָה דְּבִרְכַּת הַמָּזוֹן.
La Guemara rejette également cette objection : Lorsque cettebaraitaa été enseignée, c’était en référence à la bénédiction de remerciement, la deuxième bénédiction récitée dans la Grâce après les repas : Nous Te remercions.
מַתְנִי׳ הַמִּתְפַּלֵּל וְטָעָה — סִימָן רַע לוֹ. וְאִם שְׁלִיחַ צִבּוּר הוּא — סִימָן רַע לְשׁוֹלְחָיו, מִפְּנֵי שֶׁשְּׁלוּחוֹ שֶׁל אָדָם כְּמוֹתוֹ. אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא שֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל עַל הַחוֹלִים, וְאוֹמֵר: ״זֶה חַי, וְזֶה מֵת״. אָמְרוּ לוֹ: מִנַּיִן אַתָּה יוֹדֵעַ? אָמַר לָהֶם: אִם שְׁגוּרָה תְּפִלָּתִי בְּפִי — יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא מְקוּבָּל. וְאִם לָאו — יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא מְטוֹרָף.
MISHNA : En concluant sa discussion des halakhot de la prière, la michna aborde des aspects moins pratiques de la prière. Celui qui prie et se rend compte qu’il s’est trompé dans sa prière, c’est un mauvais présage pour lui ; cela lui indique que sa prière n’a pas été acceptée. Et si celui qui s’est trompé est l’officiant de la prière communautaire, c’est un mauvais présage pour ceux qui l’ont envoyé, car l’agent d’une personne a un statut juridique équivalent au sien. Dans le même esprit, ils ont dit au sujet de Rabbi Ḥanina ben Dosa qu’il priait pour les malades et, immédiatement après sa prière, il disait : Celui-ci guérira de sa maladie et vivra, et celui-ci mourra. Lorsqu’ils lui dirent : D’où le sais-tu ? Il leur dit : Si ma prière est fluide dans ma bouche lorsque je la récite et qu’il n’y a pas d’erreurs, je sais que ma prière est acceptée. Et sinon, je sais que ma prière est rejetée.
גְּמָ׳ אַהֵיָיא?
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna que si quelqu’un se trompe dans sa prière, c’est un mauvais présage. La Guemara demande : Dans quelle bénédiction une erreur est-elle un mauvais présage ?
אָמַר רַב חִיָּיא אָמַר רַב סָפְרָא מִשּׁוּם חַד דְּבֵי רַבִּי: בְּ״אָבוֹת״.
Rabbi Ḥiyya a dit que Rav Safra a dit au nom de l’un des Sages de la maison d’étude de Rabbi Yehouda HaNassi : Une erreur est un mauvais présage dans la première bénédiction de la prière de la Amida, la bénédiction des Patriarches.
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַבָּרַיְיתָא: הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין אֶת לִבּוֹ בְּכוּלָּן, וְאִם אֵינוֹ יָכוֹל לְכַוֵּין בְּכוּלָּן — יְכַוֵּין אֶת לִבּוֹ בְּאַחַת.
Certains enseignent que cette déclaration a été faite au sujet d’une baraita concernant un autre sujet. Il a été enseigné dans une baraita : Celui qui prie doit concentrer son cœur dans toutes les bénédictions. Et s’il est incapable de concentrer son cœur dans toutes, il doit concentrer son cœur au moins dans une.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא אָמַר רַב סָפְרָא מִשּׁוּם חַד דְּבֵי רַבִּי: בְּ״אָבוֹת״.
Concernant cette baraita, Rabbi Ḥiyya a dit que Rav Safra a dit au nom de l’un des Sages de la maison d’étude de Rabbi Yehuda HaNasi : « Dans » fait référence à la bénédiction des Patriarches.
אָמְרוּ עָלָיו עַל רַבִּי חֲנִינָא וְכוּ׳: מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: דְּאָמַר קְרָא: ״בּוֹרֵא נִיב שְׂפָתָיִם שָׁלוֹם שָׁלוֹם לָרָחוֹק וְלַקָּרוֹב אָמַר ה׳ וּרְפָאתִיו״.
Nous avons appris dans la michna : Ils ont dit au sujet de Rabbi Ḥanina ben Dosa que le signe indiquant si sa prière avait été acceptée ou non était de savoir si la prière était fluide dans sa bouche lorsqu’il la récitait. La Guemara demande : D’où ces choses sont-elles tirées, à savoir que c’est une indication exacte du fait que sa prière a été acceptée ou non ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Comme le dit le verset : « Le Seigneur, qui crée l’expression des lèvres, dit : Paix, paix, à celui qui est loin et à celui qui est proche ; et Je le guérirai » (Isaïe 57:19). On peut déduire de ce verset que si l’expression des lèvres, une parole fluide, est accordée à celui qui prie, cela indique que sa prière en faveur du malade a été acceptée, et « Je le guérirai » : cette personne sera guérie.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַנְּבִיאִים כּוּלָּן לֹא נִתְנַבְּאוּ אֶלָּא לַמַּשִּׂיא בִּתּוֹ לְתַלְמִיד חָכָם, וְלָעוֹשֶׂה פְּרַקְמַטְיָא לְתַלְמִיד חָכָם, וְלַמְהַנֶּה תַּלְמִיד חָכָם מִנְּכָסָיו. אֲבָל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים עַצְמָן — ״עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹהִים זוּלָתְךָ יַעֲשֶׂה לִמְחַכֵּה לוֹ״.
En conclusion de cette discussion, la Guemara cite ce que Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit, à savoir que Rabbi Yoḥanan a dit au sujet de la récompense des justes : Tous les prophètes n’ont prophétisé que dans leurs prophéties de consolation au sujet de celui qui valorise la sagesse et, par conséquent, marie sa fille à un érudit de la Torah, ainsi qu’à celui qui mène des affaires [perakmatya] au nom d’un érudit de la Torah, de même qu’à celui qui utilise sa richesse pour faire bénéficier un érudit de la Torah d’une autre manière. Cependant, les prophètes n’ont pas décrit l’étendue de la récompense des érudits de la Torah eux-mêmes, dont la récompense n’est pas quantifiable, comme il est dit : « Depuis les temps anciens, on n’a pas entendu, on n’a pas prêté l’oreille, nul œil n’a vu, ô Dieu, hormis Toi, ce qu’Il fera pour ceux qui L’attendent » (Isaïe 64:3).
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַנְּבִיאִים כּוּלָּן לֹא נִתְנַבְּאוּ אֶלָּא לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ, אֲבָל לְעוֹלָם הַבָּא, ״עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹהִים זוּלָתְךָ״.
Et Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Tous les prophètes n’ont prophétisé qu’au sujet du changement dans l’ordre du monde à la fin des jours, au sujet des jours du Messie. Cependant, en ce qui concerne le Monde à venir, qui existe à un niveau plus élevé, il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, ô Dieu, en dehors de Toi. »
וּפְלִיגָא דִּשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין בֵּין הָעוֹלָם הַזֶּה לִימוֹת הַמָּשִׁיחַ אֶלָּא שִׁעְבּוּד מַלְכוּיוֹת בִּלְבַד. שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לֹא יֶחְדַּל אֶבְיוֹן מִקֶּרֶב הָאָרֶץ״.
Et la Guemara note que cette déclaration est en désaccord avec l’opinion de Shmuel, car Shmuel a dit : La seule différence entre ce monde-ci et les jours du Messie est uniquement en ce qui concerne la servitude envers les royaumes étrangers. Bien qu’aux jours du Messie, Israël soit indépendant et libre de l’asservissement aux puissances étrangères, l’ordre du monde demeurera autrement inchangé, comme il est dit : « Car le pauvre ne cessera pas d’être dans le pays » (Deutéronome 15:11), ce qui indique que les voies du monde sont établies et immuables.
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל הַנְּבִיאִים כּוּלָּן לֹא נִתְנַבְּאוּ אֶלָּא לְבַעֲלֵי תְשׁוּבָה, אֲבָל צַדִּיקִים גְּמוּרִים ״עַיִן לֹא רָאָתָה אֱלֹהִים זוּלָתְךָ״.
Et Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Tous les prophètes n’ont prophétisé leurs prophéties de consolation qu’au sujet des pénitents, mais au sujet des justes accomplis il est dit : « Aucun œil ne l’a vu, ô Dieu, en dehors de Toi. »
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי אֲבָהוּ, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ: מָקוֹם שֶׁבַּעֲלֵי תְשׁוּבָה עוֹמְדִין — צַדִּיקִים גְּמוּרִים אֵינָם עוֹמְדִין, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שָׁלוֹם שָׁלוֹם לָרָחוֹק וְלַקָּרוֹב״. ״לָרָחוֹק״ בְּרֵישָׁא, וַהֲדַר ״לַקָּרוֹב״.
Et la Guemara note que cette déclaration est en désaccord avec l’opinion de Rabbi Abbahu, qui soutient que les pénitents sont supérieurs aux justes. Comme Rabbi Abbahu l’a dit : À l’endroit où se tiennent les pénitents, même les justes accomplis ne se tiennent pas, comme il est dit : « Paix, paix à celui qui est loin et à celui qui est proche ». La paix et la salutation sont d’abord adressées à celui qui est loin, le pénitent, et ce n’est qu’ensuite que la paix est adressée à celui qui est proche, le juste accompli.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר לְךָ: מַאי ״רָחוֹק״ — שֶׁהָיָה רָחוֹק מִדְּבַר עֲבֵירָה מֵעִיקָּרָא. וּמַאי ״קָרוֹב״ — שֶׁהָיָה קָרוֹב לִדְבַר עֲבֵירָה, וְנִתְרַחֵק מִמֶּנּוּ הַשְׁתָּא.
Et Rabbi Yoḥanan aurait pu te dire : Quel est le sens de « celui qui est loin » ? Cela fait référence au juste accompli qui était éloigné d’un acte de transgression dès le départ, et à qui la paix est accordée en premier. Quel est le sens de « celui qui est proche » ? Cela fait référence au pénitent qui était proche d’un acte de transgression mais qui s’en est maintenant éloigné , et à qui la paix n’est accordée qu’après avoir été accordée à celui qui était juste dès le départ.
מַאי ״עַיִן לֹא רָאָתָה״? אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: זֶה יַיִן הַמְשׁוּמָּר בַּעֲנָבָיו מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי בְּרֵאשִׁית. רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר: זֶה עֵדֶן, שֶׁלֹּא שָׁלְטָה בּוֹ עֵין כׇּל בְּרִיָּה.
Plus tôt, Rabbi Yoḥanan a dit qu’il existe une récompense mentionnée dans le verset : « Aucun œil ne l’a vue ». La Guemara demande : Quelle est cette récompense au sujet de laquelle il est dit : « Aucun œil ne l’a vue » ? Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : C’est le vin qui a été conservé dans ses raisins depuis les six jours de la création et qu’aucun œil n’a jamais vu. Rabbi Shmuel bar Naḥmani a dit : C’est l’Éden, que l’œil d’aucune créature n’a jamais contemplé.
שֶׁמָּא תֹּאמַר: אָדָם הָרִאשׁוֹן הֵיכָן הָיָה? בַּגָּן.
De peur que tu ne dises : Où était Adam, le premier homme ? N’était-il pas là et n’a-t-il pas contemplé Éden ? La Guemara répond : Adam n’était que dans le Jardin d’Éden, et non dans Éden même.
וְשֶׁמָּא תֹּאמַר: הוּא גַּן, הוּא עֵדֶן, תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְנָהָר יוֹצֵא מֵעֵדֶן לְהַשְׁקוֹת אֶת הַגָּן״, גַּן לְחוּד וְעֵדֶן לְחוּד.
Et de peur que tu ne dises : C’est le Jardin et c’est Éden ; deux noms décrivant le même lieu. Ce n’est pas le cas, car le verset déclare : « Un fleuve sortait d’Éden pour arroser le Jardin » (Genèse 2:10). De toute évidence, le Jardin existe en lui-même et Éden existe en lui-même.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה שֶׁחָלָה בְּנוֹ שֶׁל רַבָּן גַּמְלִיאֵל. שִׁגֵּר שְׁנֵי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים אֵצֶל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא לְבַקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים. כֵּיוָן שֶׁרָאָה אוֹתָם, עָלָה לָעֲלִיָּיה, וּבִקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים. בִּירִידָתוֹ אָמַר לָהֶם: לְכוּ, שֶׁחֲלָצַתּוּ חַמָּה. אָמְרוּ לוֹ: וְכִי נָבִיא אַתָּה?! אָמַר לָהֶן: לֹא נָבִיא אָנֹכִי וְלֹא בֶן נָבִיא אָנֹכִי, אֶלָּא כָּךְ מְקּוּבְּלַנִי: אִם שְׁגוּרָה תְּפִלָּתִי בְּפִי — יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא מְקוּבָּל, וְאִם לָאו — יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁהוּא מְטוֹרָף. יָשְׁבוּ וְכָתְבוּ וְכִוְּונוּ אוֹתָהּ שָׁעָה. וּכְשֶׁבָּאוּ אֵצֶל רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אָמַר לָהֶן: הָעֲבוֹדָה, לֹא חִסַּרְתֶּם וְלֹא הוֹתַרְתֶּם, אֶלָּא כָּךְ הָיָה מַעֲשֶׂה בְּאוֹתָהּ שָׁעָה חֲלָצַתּוּ חַמָּה וְשָׁאַל לָנוּ מַיִם לִשְׁתּוֹת.
Après avoir mentionné Rabbi Ḥanina ben Dosa dans notre michna, la Guemara poursuit en louant davantage l’efficacité de sa prière : Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident où le fils de Rabban Gamliel tomba malade. Rabban Gamliel envoya deux sages auprès de Rabbi Ḥanina ben Dosa pour demander miséricorde et guérison en sa faveur. Lorsque Rabbi Ḥanina ben Dosa les vit approcher, il monta au grenier sur le toit de sa maison et pria pour obtenir miséricorde en sa faveur. À sa descente, il dit aux messagers : Vous pouvez aller et retourner auprès de Rabban Gamliel, car la fièvre l’a déjà quitté et il a été guéri. Les messagers lui demandèrent : Comment le sais-tu ? Es-tu un prophète ? Il leur répondit : Je ne suis ni prophète ni fils de prophète (voir Amos 7:14), mais j’ai reçu une tradition concernant ce signe : Si ma prière est fluide dans ma bouche lorsque je la récite et qu’il n’y a pas d’erreurs, je sais que ma prière est acceptée. Et sinon, je sais que ma prière est rejetée. La Guemara rapporte que ces messagers s’assirent, écrivirent et estimèrent ce précis moment où Rabbi Ḥanina ben Dosa leur dit cela. Lorsqu’ils se présentèrent devant Rabban Gamliel et racontèrent tout ce qui s’était passé et lui montrèrent ce qu’ils avaient écrit, Rabban Gamliel leur dit : Je jure par le service du Temple qu’au moment que vous avez noté vous n’étiez ni en avance ni en retard ; au contraire, c’est ainsi que l’événement s’est produit : Précisément à cet instant, sa fièvre tomba et il nous demanda de l’eau à boire.
וְשׁוּב מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי חֲנִינָא בֶּן דּוֹסָא שֶׁהָלַךְ לִלְמוֹד תּוֹרָה אֵצֶל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, וְחָלָה בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי. אָמַר לוֹ: חֲנִינָא בְּנִי, בַּקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים וְיִחְיֶה. הִנִּיחַ רֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו וּבִקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים, וְחָיָה. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: אִלְמָלֵי הֵטִיחַ בֶּן זַכַּאי אֶת רֹאשׁוֹ בֵּין בִּרְכָּיו כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ — לֹא הָיוּ מַשְׁגִּיחִים עָלָיו. אָמְרָה לוֹ אִשְׁתּוֹ: וְכִי חֲנִינָא גָּדוֹל מִמְּךָ? אָמַר לָהּ: לָאו, אֶלָּא הוּא דּוֹמֶה כְּעֶבֶד לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ, וַאֲנִי דּוֹמֶה כְּשַׂר לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ.
Et il y eut un autre incident concernant Rabbi Ḥanina ben Dosa, qui alla étudier la Torah auprès de Rabbi Yoḥanan ben Zakkai, et le fils de Rabbi Yoḥanan tomba malade. Il lui dit : Ḥanina, mon fils, prie pour obtenir miséricorde en faveur de mon fils afin qu’il vive. Rabbi Ḥanina ben Dosa plaça sa tête entre ses genoux afin de méditer et pria pour obtenir miséricorde en sa faveur, et le fils de Rabbi Yoḥanan ben Zakkai vécut. Rabbi Yoḥanan ben Zakkai dit à son propre sujet : Si ben Zakkai avait gardé sa tête entre ses genoux pendant toute la journée, on ne lui aurait prêté aucune attention. Sa femme lui dit : Ḥanina est-il donc plus grand que toi ? Il lui répondit : Non, mais sa prière est mieux reçue que la mienne parce que il est comme un serviteur devant le Roi, et, à ce titre, il peut entrer devant le Roi et présenter diverses requêtes à tout moment. Moi, en revanche, je suis comme un ministre devant le Roi, et je ne peux entrer que lorsque j’y suis invité et ne peux présenter des requêtes qu’au sujet d’affaires particulièrement importantes.
וְאָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַל יִתְפַּלֵּל אָדָם אֶלָּא בְּבַיִת שֶׁיֵּשׁ שָׁם חַלּוֹנוֹת. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכַוִּין פְּתִיחָן לֵיהּ בְּעִלִּיתֵהּ (לָקֳבֵל) [נֶגֶד] יְרוּשְׁלֶם״.
Et au sujet de la prière, Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : On ne peut prier que dans une maison avec des fenêtres, car ainsi il peut voir les cieux et concentrer son cœur, comme il est dit au sujet de la prière de Daniel : « Dans sa chambre haute il y avait des fenêtres ouvertes en direction de Jérusalem » (Daniel 6:11).
אָמַר רַב כָּהֲנָא: חֲצִיף עֲלַי מַאן דִּמְצַלֵּי בְּבַקְתָּא.
En ce qui concerne l’endroit approprié pour prier, Rav Kahana a dit : Je considère comme insolent celui qui prie dans un champ.
וְאָמַר רַב כָּהֲנָא: חֲצִיף עֲלַי מַאן דִּמְפָרֵשׁ חִטְאֵיהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵי נְשׂוּי פֶּשַׁע כְּסוּי חֲטָאָה״.
Employant un langage parallèle, Rav Kahana a également dit : Je considère comme impudent celui qui précise sa transgression, comme il est dit : « Heureux celui dont l’iniquité est pardonnée, dont la transgression est couverte » (Psaumes 32:1) ; celui qui dissimule ses transgressions indique qu’il en a honte, et grâce à sa honte il sera pardonné.


הדרן עלך אין עומדין
Pouvons-nous retourner vers toi : Il ne faut pas se tenir debout.

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