חַבְרוּתָא כְּלַפֵּי שְׁמַיָּא מִי אִיכָּא?! אִי לָא כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ מֵעִיקָּרָא — מָחֵינַן לֵיהּ בְּמַרְזַפְתָּא דְנַפָּחָא עַד דִּמְכַוֵּין דַּעְתֵּיהּ.
Peut-on avoir un tel degré de familiarité avec le Ciel, au point de prendre ses paroles à la légère et de les dire comme on veut ? S’il n’a pas d’abord concentré son attention, nous le frappons avec un marteau de forgeron jusqu’à ce qu’il concentre son attention, car une telle conduite est inacceptable.
מַתְנִי׳ (הָאוֹמֵר: ״יְבָרְכוּךָ טוֹבִים״ — הֲרֵי זֶה דַּרְכֵי מִינוּת). הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה וְטָעָה — יַעֲבוֹר אַחֵר תַּחְתָּיו, וְלֹא יְהֵא סָרְבָן בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. מֵהֵיכָן הוּא מַתְחִיל? מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה.
MISHNA: Cette michna et la suivante traitent de l’officiant de la prière communautaire. (Si quelqu’un dit : « Que les bons Te bénissent », c’est une voie d’hérésie.) Celui qui passe devant l’arche, en tant qu’officiant, et s’est trompé, un autre doit immédiatement prendre sa place, et à ce moment-là, ce remplaçant ne doit pas refuser par courtoisie. La prière de la Amida a été interrompue et il doit le remplacer aussi rapidement que possible. D’où le remplaçant commence-t-il ? Du début de la bénédiction dans laquelle le précédent s’était trompé.
הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה לֹא יַעֲנֶה ״אָמֵן״ אַחַר הַכֹּהֲנִים, מִפְּנֵי הַטֵּרוּף. וְאִם אֵין שָׁם כֹּהֵן אֶלָּא הוּא — לֹא יִשָּׂא אֶת כַּפָּיו. וְאִם הַבְטָחָתוֹ שֶׁהוּא נוֹשֵׂא אֶת כַּפָּיו, וְחוֹזֵר לִתְפִלָּתוֹ — רַשַּׁאי.
Afin d’empêcher le chef de prière de se tromper dans sa prière, il a été dit que celui qui passe devant l’arche ne doit pas répondre amen après la bénédiction des prêtres, à cause d’une possible confusion. Puisque la michna décrit une situation dans laquelle il priait sans livre de prières, répondre amen interromprait l’ordre de la prière et pourrait l’amener à commencer une bénédiction différente. Pour cette raison, même s’il n’y a pas de prêtre autre que le chef de la prière communautaire, il ne lève pas les mains pour bénir le peuple, de peur de se troubler. Cependant, s’il est certain de pouvoir lever les mains et reprendre sa prière sans se troubler, il est autorisé à réciter la bénédiction.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הָעוֹבֵר לִפְנֵי הַתֵּיבָה — צָרִיךְ לְסָרֵב. וְאִם אֵינוֹ מְסָרֵב — דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁאֵין בּוֹ מֶלַח. וְאִם מְסָרֵב יוֹתֵר מִדַּאי — דּוֹמֶה לְתַבְשִׁיל שֶׁהִקְדִּיחַתּוּ מֶלַח. כֵּיצַד הוּא עוֹשֶׂה: פַּעַם רִאשׁוֹנָה — יְסָרֵב, שְׁנִיָּה — מְהַבְהֵב, שְׁלִישִׁית — פּוֹשֵׁט אֶת רַגְלָיו וְיוֹרֵד.
GUEMARA : La michna enseigne que celui qui remplace un officiant communautaire qui s’est trompé au milieu de la prière de la Amida ne doit pas refuser lorsqu’on s’adresse à lui. La Guemara cite la halakha générale concernant la conduite appropriée lorsqu’on demande à quelqu’un de servir comme officiant. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui à qui l’on demande de passer devant l’arche pour servir comme officiant, par souci de bienséance, doit refuser, afin d’éviter de donner l’impression qu’il est trop empressé. Et s’il ne refuse pas, mais saute sur l’occasion, il est comme un plat cuit sans sel, c’est-à-dire qu’il agit avec mauvais goût. Cependant, s’il refuse trop, cela aussi est inapproprié, car il est comme un plat cuit gâté par trop de sel. Alors, comment doit-il agir ? La conduite appropriée lorsqu’on demande à quelqu’un de servir comme officiant communautaire est la suivante : Lorsqu’on le sollicite une première fois, il doit refuser ; la deuxième fois, il doit hésiter comme une mèche qui vient juste de commencer à prendre feu mais ne brûle pas encore ; et la troisième fois, il doit allonger les jambes et descendre devant l’arche.
תָּנוּ רַבָּנַן: שְׁלֹשָׁה רוּבָּן — קָשֶׁה, וּמִיעוּטָן — יָפֶה, וְאֵלּוּ הֵן: שְׂאוֹר, וּמֶלַח, וְסָרְבָנוּת.
À ce sujet, la Guemara cite ce que les Sages ont enseigné dans une baraita : Il y a trois choses qui sont nuisibles en excès mais bénéfiques lorsqu’elles sont utilisées avec modération. Ce sont : levain dans la pâte, sel dans un plat cuisiné et le refus par souci de bienséance.
אָמַר רַב הוּנָא: טָעָה בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת — חוֹזֵר לָרֹאשׁ. בְּאֶמְצָעִיּוֹת — חוֹזֵר לְ״אַתָּה חוֹנֵן״. בְּאַחֲרוֹנוֹת — חוֹזֵר לָ״עֲבוֹדָה״.
La michna enseigne que lorsqu’on remplace l’officiant de la prière communautaire, il commence au début de la bénédiction dans laquelle le précédent s’était trompé. Cependant, cela n’est pas universellement vrai, car Rav Houna a dit : Celui qui s’est trompé dans l’une des trois premières bénédictions doit revenir au début de la prière de la Amida, car les trois premières bénédictions forment une seule unité. De même, si quelqu’un s’est trompé dans l’une des treize bénédictions intermédiaires, il revient à la bénédiction : Tu accordes à l’humanité la connaissance, la première des bénédictions intermédiaires. Si quelqu’un s’est trompé dans l’une des trois bénédictions finales, il doit revenir à la bénédiction du service du Temple, qui est la première des bénédictions finales.
וְרַב אַסִּי אָמַר: אֶמְצָעִיּוֹת אֵין לָהֶן סֵדֶר.
Et Rav Asi conteste un aspect de l’opinion de Rav Huna, car il a dit : les bénédictions intermédiaires n’ont pas d’ordre établi. Si l’on s’est trompé dans l’une d’elles, on peut l’insérer à n’importe quel moment où l’on prend conscience de son erreur.
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: מֵהֵיכָן הוּא חוֹזֵר — מִתְּחִלַּת הַבְּרָכָה שֶׁטָּעָה זֶה. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא.
Rav Sheshet souleva une objection sur la base d’une baraita : D’où commence-t-il la répétition de la prière de la Amida ? Il commence au début de la bénédiction dans laquelle le précédent s’était trompé. Si tel est le cas, c’est une réfutation concluante de l’opinion de Rav Huna, car Rav Huna a dit que si quelqu’un s’est trompé dans l’une des bénédictions intermédiaires, il revient au début des bénédictions intermédiaires, et non au début de cette bénédiction particulière.
אָמַר לְךָ רַב הוּנָא: אֶמְצָעִיּוֹת כּוּלְּהוּ חֲדָא בִּרְכְתָא נִינְהוּ.
Rav Huna aurait pu te dire : Les bénédictions intermédiaires sont toutes considérées comme une seule bénédiction ; commencer depuis le début de la bénédiction signifie revenir au début des bénédictions intermédiaires.
אָמַר רַב יְהוּדָה: לְעוֹלָם אַל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו לֹא בְּשָׁלֹשׁ רִאשׁוֹנוֹת, וְלֹא בְּשָׁלֹשׁ אַחֲרוֹנוֹת, אֶלָּא בְּאֶמְצָעִיּוֹת. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: רִאשׁוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְּסַדֵּר שֶׁבַח לִפְנֵי רַבּוֹ. אֶמְצָעִיּוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁמְבַקֵּשׁ פְּרָס מֵרַבּוֹ. אַחֲרוֹנוֹת — דּוֹמֶה לְעֶבֶד שֶׁקִּבֵּל פְּרָס מֵרַבּוֹ, וְנִפְטָר וְהוֹלֵךְ לוֹ.
Rav Yehouda a dit : Il existe une distinction supplémentaire entre les différentes sections de la prière de la Amida : On ne doit jamais demander ses propres besoins ni dans les trois premières ni dans les trois dernières bénédictions ; au contraire, on doit le faire dans les bénédictions du milieu. Comme l’a dit Rabbi Ḥanina : Pendant les trois premières bénédictions, il est comme un serviteur qui arrange des louanges devant son maître ; pendant les bénédictions du milieu, il est comme un serviteur qui demande une récompense à son maître ; pendant les trois dernières bénédictions, on est comme un serviteur qui a déjà reçu une récompense de son maître, prend congé et s’en va.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁיָּרַד לִפְנֵי הַתֵּיבָה בִּפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיָה מַאֲרִיךְ יוֹתֵר מִדַּאי. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: כַּמָּה אָרְכָן הוּא זֶה! אָמַר לָהֶם: כְּלוּם מַאֲרִיךְ יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב בֵּיהּ: ״אֵת אַרְבָּעִים הַיּוֹם וְאֶת אַרְבָּעִים הַלַּיְלָה וְגוֹ׳״?!
Poursuivant sur le sujet de la prière, les Sages ont enseigné : Il y eut un incident où un élève descendit pour officier comme chef de prière devant l’arche en présence de Rabbi Eliezer, et il prolongeait excessivement sa prière. Ses élèves se plaignirent et lui dirent : Comme il est prolixe. Il leur dit : Est-ce que cet élève prolonge sa prière davantage que Moïse, notre maître, ne l’a fait ? Car au sujet de Moïse il est écrit : « Et je me suis prosterné devant le Seigneur pendant les quarante jours et les quarante nuits durant lesquels je me suis prosterné » (Deutéronome 9:25). Il n’y a pas de limite à la durée d’une prière.
שׁוּב מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁיָּרַד לִפְנֵי הַתֵּיבָה בִּפְנֵי רַבִּי אֱלִיעֶזֶר, וְהָיָה מְקַצֵּר יוֹתֵר מִדַּאי. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: כַּמָּה קַצְרָן הוּא זֶה! אָמַר לָהֶם: כְּלוּם מְקַצֵּר יוֹתֵר מִמֹּשֶׁה רַבֵּינוּ, דִּכְתִיב: ״אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ״.
Il y eut de nouveau un incident où un étudiant descendit pour servir comme officiant de prière devant l’arche en présence de Rabbi Eliezer, et il abrégeait excessivement sa prière. Ses élèves protestèrent et lui dirent : Comme sa prière est brève. Il leur dit : Abrège-t-il sa prière plus que Moïse, notre maître, ne l’a fait ? Comme il est écrit au sujet de la prière que Moïse récita en implorant Dieu de guérir Myriam de sa lèpre : « Et Moïse cria vers le Seigneur, disant : ‘S’il te plaît, Dieu, guéris-la, s’il te plaît’” (Nombres 12:13). La prière de cet étudiant n’était certainement pas plus brève que les quelques mots récités par Moïse.
אָמַר רַבִּי יַעֲקֹב אָמַר רַב חִסְדָּא: כׇּל הַמְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵירוֹ — אֵין צָרִיךְ לְהַזְכִּיר שְׁמוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֵל נָא רְפָא נָא לָהּ״, וְלָא קָמַדְכַּר שְׁמַהּ דְּמִרְיָם.
Après avoir mentionné la prière de Moïse pour Myriam, la Guemara cite ce que Rabbi Ya’akov a dit que Rav Ḥisda a dit : Quiconque demande miséricorde pour le compte d’un autre n’a pas besoin de mentionner son nom, comme il est dit : « S’il te plaît, Dieu, guéris-la, s’il te plaît », et il n’a pas mentionné le nom de Myriam.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵלּוּ בְּרָכוֹת שֶׁאָדָם שׁוֹחֶה בָּהֶן: בְּ״אָבוֹת״, תְּחִלָּה וָסוֹף. בַּ״הוֹדָאָה״, תְּחִלָּה וָסוֹף. וְאִם בָּא לָשׁוּחַ בְּסוֹף כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה, וּבִתְחִלַּת כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה — מְלַמְּדִין אוֹתוֹ שֶׁלֹּא יִשְׁחֶה.
Les Sages ont enseigné dans une Tosefta : Voici les bénédictions de la prière de la Amida dans lesquelles une personne s’incline : Dans la première bénédiction, la bénédiction des Patriarches, on s’incline au début et à la fin ; dans la bénédiction de remerciement, on s’incline au début et à la fin ; et si quelqu’un cherche à s’incliner à la fin de chacune des bénédictions et au début de chacune des bénédictions, on lui enseigne de ne pas s’incliner afin de ne pas dépasser l’ordonnance instituée par les Sages.
אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מִשּׁוּם בַּר קַפָּרָא: הֶדְיוֹט, כְּמוֹ שֶׁאָמַרְנוּ.
Rabbi Shimon ben Pazi a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit au nom du tanna bar Kappara : Une personne ordinaire [hedyot], se conduit comme nous l’avons dit ; elle s’incline au début et à la fin des bénédictions des Patriarches et de remerciement, et elle est réprimandée si elle cherche à s’incliner au début et à la fin des autres bénédictions.