אֲמַר לֵיהּ רָבִינָא לְרָבָא: הִלְכְתָא מַאי? אֲמַר לֵיהּ, כִּי קִידּוּשׁ: מָה קִידּוּשׁ אַף עַל גַּב דִּמְקַדֵּשׁ בִּצְלוֹתָא מְקַדֵּשׁ אַכָּסָא, אַף הַבְדָּלָה נָמֵי, אַף עַל גַּב דְּמַבְדֵּיל בִּצְלוֹתָא מַבְדֵּיל אַכָּסָא.
Il existe des avis divergents concernant la récitation de la havdala sur la coupe de vin après l’avoir récitée dans la prière de la Amida. Un avis soutient qu’il convient de réciter la havdala une seconde fois, tandis que l’autre soutient que cela est interdit. Ravina dit à Rava : Quelle est la halakha ? Rava lui dit : La halakha dans le cas de la havdala est comme la halakha dans le cas du kiddush. De même que dans le cas du kiddush, bien que l’on ait récité le kiddush dans la prière de laAmida, on doit néanmoins réciter le kiddush de nouveau sur la coupe de vin, de même pour la havdala, bien que l’on ait récité la havdala dans la prière de laAmida, on doit réciter la havdala de nouveau sur la coupe de vin.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בְּ״הוֹדָאָה״.
La michna déclare que Rabbi Eliezer dit : Elle est récitée dans la dix-septième bénédiction de la prière de la Amida, la bénédiction de remerciement.
רַבִּי זֵירָא הֲוָה רְכִיב חֲמָרָא, הֲוָה קָא שָׁקֵיל וְאָזֵיל רַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין בָּתְרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: וַדַּאי דְּאָמְרִיתוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, הֲלָכָה כְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת? אֲמַר לֵיהּ: אִין.
La Guemara cite la conclusion concernant cette halakha en rapportant une histoire : Rabbi Zeira montait un âne tandis que Rabbi Ḥiyya bar Avin venait en marchant derrière lui. Il lui dit : Est-il vrai que tu as dit au nom de Rabbi Yoḥanan que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer dans le cas d’une fête qui tombe directement après Chabbat ? Puisque dans ce cas, on ne peut pas réciter la havdala dans la bénédiction de Celui qui accorde gracieusement la connaissance, car elle n’est pas incluse dans la prière de la Amida de la fête, il n’y a pas d’autre choix que d’adopter la décision de Rabbi Eliezer. Il lui dit : Oui.
הֲלָכָה — מִכְלָל דִּפְלִיגִי?
La Guemara s’interroge : Dire que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer indique que ses collègues contestent son opinion. Où trouvons-nous cette controverse ?
וְלָא פְּלִיגִי? וְהָא פְּלִיגִי רַבָּנַן.
La Guemara rejette cela : Et ne contestent-ils pas son opinion ? Les Sages ne contestent-ils pas son opinion, puisque, selon eux, la bénédiction de la havdala est récitée dans la bénédiction : Qui accorde gracieusement la connaissance ?
אֵימַר דִּפְלִיגִי רַבָּנַן בִּשְׁאָר יְמוֹת הַשָּׁנָה, בְּיוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת אַחַר הַשַּׁבָּת מִי פְּלִיגִי?
La Guemara répond : Dis que les Sages contestent l’opinion de Rabbi Eliezer pendant le reste des jours de l’année, lorsqu’il existe la possibilité de réciter la havdala dans la bénédiction : Celui qui accorde gracieusement la connaissance, mais dans le cas d’une fête qui tombe directement après Chabbat, contestent-ils son opinion ? Les Sages seraient d’accord avec lui dans ce cas.
וְהָא פְּלִיג רַבִּי עֲקִיבָא!
La Guemara poursuit : Rabbi Akiva ne conteste-t-il pas son opinion ? Il soutient que la havdala est récitée comme une quatrième bénédiction indépendante, auquel cas il y a un différend.
אַטּוּ כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מִי עָבְדִינַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּהַשְׁתָּא נֵיקוּ וְנַעֲבֵיד כְּווֹתֵיהּ?! כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מַאי טַעְמָא לָא עָבְדִינַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא — דְּתַמְנֵי סְרֵי תַּקּוּן, תְּשַׁסְרֵי לָא תַּקּוּן. הָכָא נָמֵי, שָׁב תַּקּוּן תַּמְנֵי לָא תַּקּוּן.
La Guemara répond : Est-ce à dire que durant toute l’année entière nous agissons conformément à l’opinion de Rabbi Akiva sur cette question, de sorte que maintenant, lors d’une fête qui tombe directement après Chabbat, nous nous lèverons et agirons conformément à son opinion ? Quelle est la raison pour laquelle, durant toute l’année entière, nous n’agissons pas conformément à l’opinion de Rabbi Akiva ? Parce que les Sages ont institué dix-huit bénédictions, ils n’en ont pas institué dix-neuf. Ici aussi, les Sages ont institué sept bénédictions, ils n’en ont pas institué huit. Par conséquent, l’opinion de Rabbi Akiva n’est pas prise en considération dans ce cas.
אֲמַר לֵיהּ: לָאו ״הֲלָכָה״ אִתְּמַר, אֶלָּא ״מַטִּין״ אִתְּמַר.
En réponse à ces questions, Rabbi Zeira lui dit que ce n’était pas que la halakha soit conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer qui a été énoncée au nom de Rabbi Yoḥanan, d’où l’on aurait pu déduire qu’il y avait effectivement un différend ; c’était plutôt qu’on était enclin à favoriser l’opinion de Rabbi Eliezer qui a été énoncée au nom de Rabbi Yoḥanan.
דְּאִתְּמַר, רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי אָמַר מִשּׁוּם רַבֵּנוּ: הֲלָכָה, וְאָמְרִי לַהּ: מַטִּין.
Comme en effet il a été déclaré qu’il existe un différend entre les Sages à ce sujet. Rav Yitzḥak bar Avdimi a dit au nom de notre maître, Rav : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Eliezer. Et certains disent cette déclaration : on est enclin à favoriser l’opinion de Rabbi Eliezer.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מוֹדִים. וְרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר: נִרְאִין.
Rabbi Yoḥanan a dit qu’il n’y a ici aucun différend, et les Sages sont d’accord avec Rabbi Eliezer. Et Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit qu’il a été établi que l’opinion de Rabbi Eliezer semble correcte.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: נְקוֹט דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא בִּידָךְ, דְּדָיֵיק וְגָמַר שְׁמַעְתָּא מִפּוּמָּא דְמָרַהּ שַׁפִּיר כְּרַחֲבָא דְפוּמְבְּדִיתָא.
Concernant cette divergence d’opinion, Rabbi Zeira a dit : Prends cette déclaration de Rabbi Ḥiyya bar Abba en main, car il est scrupuleux et il a bien appris la halakha de la bouche de son auteur, comme le Sage Raḥava de la ville de Pumbedita. Raḥava était célèbre pour la précision avec laquelle il transmettait l’enseignement qu’il avait appris de son maître.
דְּאָמַר רַחֲבָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: הַר הַבַּיִת סְטָיו כָּפוּל הָיָה, וְהָיָה סְטָיו לְפָנִים מִסְּטָיו.
La Guemara cite un exemple : Raḥava a dit que Rabbi Yehuda a dit : Le mont du Temple était un double stav, et il y avait un stav à l’intérieur d’un stav. Ici, Raḥava a employé le langage de son Rabbi pour décrire la structure du Temple et les rangées de colonnes qu’il contenait, une rangée à l’intérieur d’une autre ; mais il n’a pas employé le terme courant itzteba, portique, mais plutôt stav, comme il l’avait entendu de son Rabbi.
אָמַר רַב יוֹסֵף: אֲנָא לָא הַאי יָדַעְנָא וְלָא הַאי יָדַעְנָא, אֶלָּא מִדְּרַב וּשְׁמוּאֵל יָדַעְנָא, דְּתַקִּינוּ לַן מַרְגָּנִיתָא בְּבָבֶל.
Rav Yosef a dit la halakha définitive sur ce sujet : Je ne sais ni ceci ni cela, mais je sais d’après les déclarations de Rav et Shmuel qu’ils ont institué pour nous une perle en Babylonie. Ils ont établi une version qui combine la première bénédiction de la fête avec la formule de havdala, parallèlement à l’opinion des Sages qui incluent la havdala dans la première bénédiction qui suit les trois premières bénédictions. Ils ont institué de réciter :
״וַתּוֹדִיעֵנוּ ה׳ אֱלֹהֵינוּ אֶת מִשְׁפְּטֵי צִדְקֶךָ וַתְּלַמְּדֵנוּ לַעֲשׂוֹת חֻקֵּי רְצוֹנֶךָ, וַתַּנְחִילֵנוּ זְמַנֵּי שָׂשׂוֹן וְחַגֵּי נְדָבָה, וַתּוֹרִישֵׁנוּ קְדוּשַּׁת שַׁבָּת וּכְבוֹד מוֹעֵד וַחֲגִיגַת הָרֶגֶל. בֵּין קְדוּשַּׁת שַׁבָּת לִקְדוּשַּׁת יוֹם טוֹב הִבְדַּלְתָּ, וְאֶת יוֹם הַשְּׁבִיעִי מִשֵּׁשֶׁת יְמֵי הַמַּעֲשֶׂה קִדַּשְׁתָּ. הִבְדַּלְתָּ וְקִדַּשְׁתָּ אֶת עַמְּךָ יִשְׂרָאֵל בִּקְדוּשָּׁתֶךָ. וַתִּתֶּן לָנוּ וְכוּ׳״.
Tu nous as fait connaître, Seigneur notre Dieu, Tes lois justes,
et Tu nous as enseigné à accomplir les décrets de Ta volonté.
Tu nous as donné en héritage des temps de joie et des Festivals d’offrandes volontaires.
Tu nous as donné en héritage la sainteté du Shabbat, la gloire de la fête et les offrandes festives des Festivals de pèlerinage.
Tu as distingué entre la sainteté du Shabbat et la sainteté du Festival,
et Tu as sanctifié le septième jour au-dessus des six jours de travail.
Tu as distingué et sanctifié Ton peuple Israël par Ta sainteté,
Et Tu nous as donné, etc.
מַתְנִי׳ הָאוֹמֵר: ״עַל קַן צִיפּוֹר יַגִּיעוּ רַחֲמֶיךָ״, וְ״עַל טוֹב יִזָּכֵר שְׁמֶךָ״, ״מוֹדִים, מוֹדִים״ — מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ.
MISHNA : En concluant les lois de la prière dans ce traité, la michna soulève plusieurs questions liées à la prière. Cette michna traite de certaines innovations dans la formule de la prière qui justifient de faire taire un officiant communautaire qui tente de les introduire dans ses prières, car leur contenu tend vers l’hérésie. Celui qui récite dans sa supplication : De même que Ta miséricorde s’étend à un nid d’oiseau, comme Tu nous as ordonné de renvoyer la mère avant de prendre ses petits ou ses œufs (Deutéronome 22:6–7), ainsi étends aussi Ta miséricorde sur nous ; et celui qui récite : Que Ton nom soit mentionné avec le bien ou celui qui récite : Nous rendons grâce, nous rendons grâce deux fois, on le fait taire.
גְּמָ׳ בִּשְׁלָמָא, ״מוֹדִים, מוֹדִים״ מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ — מִשּׁוּם דְּמֶיחְזֵי כִּשְׁתֵּי רָשׁוּיוֹת. וְ״עַל טוֹב יִזָּכֵר שְׁמֶךָ״ נָמֵי, מַשְׁמַע עַל הַטּוֹבָה וְלֹא עַל הָרָעָה, וּתְנַן: חַיָּיב אָדָם לְבָרֵךְ עַל הָרָעָה כְּשֵׁם שֶׁמְּבָרֵךְ עַל הַטּוֹבָה. אֶלָּא ״עַל קַן צִפּוֹר יַגִּיעוּ רַחֲמֶיךָ״ מַאי טַעְמָא?
GUEMARA : Notre michna a cité trois cas où l’officiant de la prière communautaire est réduit au silence. La Guemara précise : Il est évident qu’on réduit au silence celui qui répète : Nous rendons grâce, nous rendons grâce, car cela donne l’impression que il reconnaît et prie deux autorités. Et il est évident qu’on réduit aussi au silence celui qui dit : Que Ton nom soit mentionné avec le bien, car manifestement il remercie Dieu seulement pour le bien et non pour le mal, et nous avons appris dans une michna : Une personne est tenue de bénir Dieu pour le mal tout comme elle bénit Dieu pour le bien. Cependant, dans le cas de celui qui récite : De même que Ta miséricorde s’étend à un nid d’oiseau, pourquoi le réduit-on au silence ?
פְּלִיגִי בַּהּ תְּרֵי אָמוֹרָאֵי בְּמַעְרְבָא, רַבִּי יוֹסֵי בַּר אָבִין וְרַבִּי יוֹסֵי בַּר זְבִידָא: חַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁמֵּטִיל קִנְאָה בְּמַעֲשֵׂה בְּרֵאשִׁית. וְחַד אָמַר: מִפְּנֵי שֶׁעוֹשֶׂה מִדּוֹתָיו שֶׁל הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא רַחֲמִים, וְאֵינָן אֶלָּא גְּזֵרוֹת.
Deux amora’im en Eretz Israël ont débattu de cette question ; Rabbi Yosei bar Avin et Rabbi Yosei bar Zevida ; l’un a dit que c’était parce qu’il suscite la jalousie parmi les créatures de Dieu, car il semble comme s’il protestait contre le fait que le Seigneur a favorisé une créature au-dessus de toutes les autres. Et l’un a dit que c’était parce qu’il transforme les attributs du Saint, béni soit-Il, en expressions de miséricorde, alors qu’ils ne sont rien d’autre que des décrets du Roi qui doivent être accomplis sans rechercher les raisons qui les sous-tendent.
הַהוּא דִּנְחֵית קַמֵּיהּ דְּרַבָּה וַאֲמַר: אַתָּה חַסְתָּ עַל קַן צִפּוֹר, אַתָּה חוּס וְרַחֵם עָלֵינוּ. אֲמַר רַבָּה: כַּמָּה יָדַע הַאי צוּרְבָּא מֵרַבָּנָן לְרַצּוֹיֵי לְמָרֵיהּ! אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְהָא מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ תְּנַן!
La Guemara rapporte qu’un certain individu est descendu devant l’arche comme officiant en présence de Rabba, et a dit dans ses prières : Tu as montré de la miséricorde envers le nid de l’oiseau, maintenant aie miséricorde et pitié de nous. Rabba dit : Combien ce sage de la Torah sait apaiser le Seigneur, son Maître. Abayé lui dit : N’avons-nous pas appris dans une michna qu’on le fait taire ?
וְרַבָּה נָמֵי, לְחַדּוֹדֵי אַבָּיֵי הוּא דְּבָעֵי.
La Guemara explique : Et Rabba aussi était en accord avec cette michna, mais il a agi ainsi uniquement parce qu’il voulait aiguiser l’intellect d’Abaye. Rabba n’a pas fait cette déclaration pour louer le sage, mais simplement pour mettre à l’épreuve son neveu, Abaye, et l’encourager à formuler ce qu’il sait de cette michna.
הַהוּא דִּנְחֵית קַמֵּיהּ דְּרַבִּי חֲנִינָא, אֲמַר ״הָאֵל הַגָּדוֹל הַגִּבּוֹר וְהַנּוֹרָא וְהָאַדִּיר וְהָעִזּוּז וְהַיָּראוּי, הֶחָזָק וְהָאַמִּיץ וְהַוַּדַּאי וְהַנִּכְבָּד״.
Concernant les ajouts aux prières formulées par les Sages, la Guemara rapporte qu’un certain individu descendit devant l’arche en tant qu’officiant en présence de Rabbi Ḥanina. Il prolongea sa prière et dit : Dieu, le grand, puissant, redoutable, fort, vigoureux, inspirant la crainte, ferme, intrépide, constant et honoré.
הִמְתִּין לוֹ עַד דְּסַיֵּים. כִּי סַיֵּים אֲמַר לֵיהּ: סַיֵּימְתִּינְהוּ לְכוּלְּהוּ שִׁבְחֵי דְמָרָךְ?! לְמָה לִי כּוּלֵּי הַאי? אֲנַן, הָנֵי תְּלָת דְּאָמְרִינַן אִי לָאו דְּאַמְרִינְהוּ מֹשֶׁה רַבֵּנוּ בְּאוֹרָיְיתָא, וַאֲתוֹ אַנְשֵׁי כְּנֶסֶת הַגְּדוֹלָה וְתַקְּנִינְהוּ בִּתְפִלָּה — לָא הֲוֵינַן יְכוֹלִין לְמֵימַר לְהוּ, וְאַתְּ אָמְרַתְּ כּוּלֵּי הַאי וְאָזְלַתְּ! מָשָׁל לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁהָיוּ לוֹ אֶלֶף אֲלָפִים דִּינְרֵי זָהָב, וְהָיוּ מְקַלְּסִין אוֹתוֹ בְּשֶׁל כֶּסֶף. וַהֲלֹא גְּנַאי הוּא לוֹ!
Rabbi Ḥanina l’attendit jusqu’à ce qu’il ait terminé sa prière. Lorsqu’il eut terminé, Rabbi Ḥanina lui demanda : As-tu achevé toutes les louanges de ton Maître ? Pourquoi ai-je besoin de tout cela de louange superflue ? Même ces trois louanges que nous récitons : le grand, le puissant et le redoutable, si Moïse, notre maître, ne les avait pas dites dans la Torah et si les membres de la Grande Assemblée n’étaient pas venus les intégrer dans la prière de laAmida, nous n’aurions pas le droit de les réciter. Et toi, tu as continué et récité tout cela. Cela est comparable à un roi qui possédait plusieurs milliers de dinars d’or, et pourtant on le louait pour des dinars d’argent. N’est-ce pas dépréciatif ? Toutes les louanges que nous pourrions prodiguer au Seigneur ne sont rien d’autre que quelques dinars d’argent par rapport à plusieurs milliers de dinars d’or. Réciter une litanie de louanges n’accroît pas l’honneur de Dieu.
וְאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: הַכֹּל בִּידֵי שָׁמַיִם, חוּץ מִיִּרְאַת שָׁמַיִם. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה יִשְׂרָאֵל מָה ה׳ אֱלֹהֶיךָ שׁוֹאֵל מֵעִמָּךְ כִּי אִם לְיִרְאָה״.
Incidemment, la Guemara cite une déclaration נוספת de Rabbi Ḥanina concernant les principes de la foi. Et Rabbi Ḥanina a dit : Tout est entre les mains du Ciel, sauf la crainte du Ciel. L’homme a le libre arbitre de servir Dieu ou non, comme il est dit : « Et maintenant, Israël, que te demande l’Éternel, ton Dieu, sinon de craindre l’Éternel, ton Dieu, de marcher dans toutes Ses voies, de L’aimer et de servir l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur et de toute ton âme » (Deutéronome 10:12). L’Éternel demande à l’homme d’accomplir ces choses parce qu’en fin de compte, le choix est entre ses mains.
אַטּוּ יִרְאַת שָׁמַיִם מִילְּתָא זוּטַרְתָּא הִיא? וְהָאָמַר רַבִּי חֲנִינָא מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי: אֵין לוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא בְּבֵית גְּנָזָיו אֶלָּא אוֹצָר שֶׁל יִרְאַת שָׁמַיִם, שֶׁנֶּאֱמַר ״יִרְאַת ה׳ הִיא אוֹצָרוֹ״.
Le verset dit : Que te demande le Seigneur ton Dieu, sinon de craindre le Seigneur ton Dieu. La Guemara demande : La crainte du Ciel est-elle donc une chose mineure pour qu’on la présente comme si Dieu ne demandait rien d’important ? Rabbi Ḥanina n’a-t-il pas dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Le Saint, béni soit-Il, n’a dans Son trésor rien d’autre qu’un trésor de crainte du Ciel, comme il est dit : « La crainte du Seigneur est son trésor » (Isaïe 33:6). Le Seigneur valorise et chérit la crainte du Ciel plus que toute autre chose.
אִין, לְגַבֵּי מֹשֶׁה מִילְּתָא זוּטַרְתָּא הִיא. דְּאָמַר רַבִּי חֲנִינָא: מָשָׁל לְאָדָם שֶׁמְבַקְּשִׁים מִמֶּנּוּ כְּלִי גָּדוֹל, וְיֵשׁ לוֹ — דּוֹמֶה עָלָיו כִּכְלִי קָטָן. קָטָן, וְאֵין לוֹ — דּוֹמֶה עָלָיו כִּכְלִי גָּדוֹל.
La Guemara répond : En effet, pour Moïse la crainte du Ciel est une chose mineure. Comme l’a déclaré Rabbi Ḥanina : Cela est comparable à quelqu’un à qui l’on demande un grand récipient et qui en a un, cela lui semble être un petit récipient parce qu’il le possède. Cependant, celui à qui l’on demande seulement un petit récipient et qui n’en a pas, cela lui semble être un grand récipient. Par conséquent, Moïse pouvait dire : Qu’est-ce que le Seigneur ton Dieu te demande, sinon de craindre, parce qu’à ses yeux c’était une chose mineure.
״מוֹדִים מוֹדִים״ מְשַׁתְּקִין אוֹתוֹ.
Nous avons appris dans la michna que si quelqu’un répète : Nous rendons grâce, nous rendons grâce, on le fait taire.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: כׇּל הָאוֹמֵר ״שְׁמַע שְׁמַע״ — כְּאוֹמֵר ״מוֹדִים מוֹדִים״ דָּמֵי.
Rabbi Zeira a dit : Celui qui se répète en récitant le Shema et dit : Écoute Israël, Écoute Israël, est comme quelqu’un qui dit : Nous rendons grâce, nous rendons grâce.
מֵיתִיבִי: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וְכוֹפְלָהּ — הֲרֵי זֶה מְגוּנֶּה. מְגוּנֶּה הוּא דְּהָוֵי, שַׁתּוֹקֵי לָא מְשַׁתְּקִינַן לֵיהּ!
La Guemara soulève une objection : Il a été enseigné dans une baraita : Celui qui récite le Shema et le répète, cela est répréhensible. On peut en déduire : Cela est répréhensible, mais on ne le réduit pas au silence.
לָא קַשְׁיָא: הָא, דְּאָמַר מִילְּתָא מִילְּתָא וְתָנֵי לַהּ. וְהָא, דְּאָמַר פְּסוּקָא פְּסוּקָא וְתָנֵי לֵיהּ.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; ce cas, où, bien qu’il soit répréhensible de répéter le Shema, on ne le fait pas taire, se réfère à quelqu’un qui récite et répète chaque mot individuellement au moment où il le dit. Ce faisant, il gâche la récitation du Shema. Cependant, ce cas, où Rabbi Zeira soutient que celui qui répète le Shema, on le fait taire, se réfère à quelqu’un qui récite et répète un verset entier, car il semble qu’il adore des autorités séparées.
אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: וְדִילְמָא מֵעִיקָּרָא לָא כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ, וּלְבַסּוֹף כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ?
Rav Pappa dit à Abaye au sujet de cette halakha : Et peut-être qu’au début il n’a pas concentré son attention sur la récitation du Shema, alors il l’a répétée, et finalement il a concentré son attention lorsqu’il l’a récitée une seconde fois ?
אֲמַר לֵיהּ:
Abaye lui dit :