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דָּבָר שֶׁאֵינוֹ הָגוּן, צָרִיךְ לְהוֹכִיחוֹ. ״וַתַּעַן חַנָּה וַתֹּאמֶר לֹא אֲדוֹנִי״. אָמַר עוּלָּא וְאִיתֵּימָא רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: אֲמַרָה לֵיהּ: לֹא אָדוֹן אַתָּה בְּדָבָר זֶה, וְלֹא רוּחַ הַקּוֹדֶשׁ שׁוֹרָה עָלֶיךָ, שֶׁאַתָּה חוֹשְׁדֵנִי בְּדָבָר זֶה.
de là, on déduit que, dans le cas d’une chose inconvenante, il doit le réprimander,. « Et Hannah répondit et dit : Non, mon seigneur, je suis une femme à l’esprit affligé ; je n’ai bu ni vin ni boisson forte, mais je répands mon âme devant le Seigneur » (I Samuel 1:15). Au sujet des mots : « Non, mon seigneur », Ulla, et certains disent Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit que elle lui dit, par allusion : En ce qui concerne cette affaire, tu n’es pas un maître, et l’Esprit divin ne repose pas sur toi, car tu me soupçonnes à tort de cela.
אִיכָּא דְאָמְרִי, הָכִי אֲמַרָה לֵיהּ: לֹא אָדוֹן אַתָּה? לָאו אִיכָּא שְׁכִינָה וְרוּחַ הַקּוֹדֶשׁ גַּבָּךְ, שֶׁדַּנְתַּנִי לְכַף חוֹבָה וְלֹא דַּנְתַּנִי לְכַף זְכוּת? מִי לָא יָדְעַתְּ דְּאִשָּׁה קְשַׁת רוּחַ אָנוֹכִי?!
Certains disent une autre version de sa réponse. Elle lui dit, en l’interrogeant : N’es-tu pas un maître ? La Présence divine et l’Esprit divin ne sont-ils pas avec toi, pour que tu m’aies jugée coupable et que tu ne m’aies pas jugée innocente ? Ne savais-tu pas que je suis une femme à l’esprit affligé ?
״וְיַיִן וְשֵׁכָר לֹא שָׁתִיתִי״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לַנֶּחְשָׁד בְּדָבָר שֶׁאֵין בּוֹ, שֶׁצָּרִיךְ לְהוֹדִיעוֹ.
Concernant l’explication de Hannah selon laquelle « je n’ai bu ni vin ni boisson forte », Rabbi Elazar a dit : D’ici est dérivée la halakha selon laquelle celui qui est soupçonné de quelque chose dont il n’est pas coupable ne peut pas se contenter de la seule connaissance personnelle de son innocence, mais doit informer celui qui le soupçonne qu’il est innocent et se disculper.
״אַל תִּתֵּן אֶת אֲמָתְךָ לִפְנֵי בַּת בְּלִיָּעַל״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לְשִׁכּוֹר שֶׁמִּתְפַּלֵּל, כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה. כְּתִיב הָכָא: ״לִפְנֵי בַּת בְּלִיַּעַל״, וּכְתִיב הָתָם: ״יָצְאוּ אֲנָשִׁים בְּנֵי בְלִיַּעַל מִקִּרְבֶּךָ״. מַה לְּהַלָּן עֲבוֹדָה זָרָה, אַף כָּאן עֲבוֹדָה זָרָה.
« Ne considère pas ta servante comme une femme mauvaise [bat beliya’al], car c’est sous l’effet de l’abondance de ma plainte et de ma colère que j’ai parlé jusqu’à présent » (I Samuel 1:16). Rabbi Elazar a dit : D’ici est dérivée la halakha selon laquelle, lorsqu’une personne ivre prie, c’est comme si elle s’était livrée à l’idolâtrie, car il est écrit ici que Hannah, soupçonnée de prier en état d’ivresse, se défend et dit : « Ne considère pas ta servante comme une bat beliya’al » ; et il est écrit là-bas, au sujet d’une ville qui a été incitée à se livrer à l’idolâtrie : « Des hommes, des benei beliya’al, sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville, en disant : allons servir d’autres dieux que nous n’avons pas connus » (Deutéronome 13:14). Au moyen de cette analogie verbale, on en déduit : De même que là-bas, dans le cas de la ville idolâtre, le terme beliya’al indique l’idolâtrie, de même ici, dans le cas de celui qui prie en état d’ivresse, beliya’al indique l’idolâtrie.
״וַיַּעַן עֵלִי וַיֹּאמֶר לְכִי לְשָׁלוֹם״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לַחוֹשֵׁד אֶת חֲבֵרוֹ בְּדָבָר שֶׁאֵין בּוֹ, שֶׁצָּרִיךְ לְפַיְּיסוֹ. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁצָּרִיךְ לְבָרְכוֹ. שֶׁנֶּאֱמַר ״וֵאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל יִתֵּן אֶת שֵׁלָתֵךְ״.
Le verset continue : « Et Éli répondit et dit : Va en paix » (I Samuel 1:17). Rabbi Elazar a dit : D’ici est dérivée la halakha selon laquelle celui qui soupçonne un autre de quelque chose qu’il n’a pas fait, doit l’apaiser. De plus, celui qui l’a soupçonné doit le bénir, comme Éli poursuivit et donna à Hannah une bénédiction, comme il est dit : « Et que le Dieu d’Israël accorde ta demande que tu Lui as adressée » (I Samuel 1:17).
״וַתִּדֹּר נֶדֶר וַתֹּאמַר ה׳ צְבָאוֹת״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִיּוֹם שֶׁבָּרָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֶת עוֹלָמוֹ, לֹא הָיָה אָדָם שֶׁקְּרָאוֹ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא ״צְבָאוֹת״, עַד שֶׁבָּאתָה חַנָּה וּקְרָאַתּוּ ״צְבָאוֹת״.
Incidemment à cette discussion de la prière de Hannah, la Guemara explore des sujets connexes. Dans sa prière, Hannah dit : « Et elle fit un vœu et dit : Seigneur des Armées [Tzeva’ot], si Tu regardes vraiment l’affliction de Ta servante, si Tu te souviens de moi, si Tu n’oublies pas Ta servante et si Tu donnes à Ta servante un enfant mâle, je le donnerai au Seigneur tous les jours de sa vie, et aucun rasoir ne passera sur sa tête » (I Samuel 1:11). Rabbi Elazar dit : Depuis le jour où le Saint, béni soit-Il, créa Son monde, il n’y eut personne qui appela le Saint, béni soit-Il, Seigneur des Armées jusqu’à ce que Hannah vienne et L’appelle Seigneur des Armées. C’est la première fois dans la Torah que Dieu est désigné par ce nom.
אָמְרָה חַנָּה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִכׇּל צִבְאֵי צְבָאוֹת שֶׁבָּרָאתָ בְּעוֹלָמְךָ קָשֶׁה בְּעֵינֶיךָ שֶׁתִּתֵּן לִי בֵּן אֶחָד?
Rabbi Elazar explique que Hannah dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, n’es-Tu pas le Seigneur des Armées, et de toutes les armées et armées des créations que Tu as créées dans Ton monde, est-il difficile à Tes yeux de m’accorder un fils ?
מָשָׁל לַמָּה הַדָּבָר דּוֹמֶה — לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁעָשָׂה סְעוּדָה לַעֲבָדָיו. בָּא עָנִי אֶחָד וְעָמַד עַל הַפֶּתַח, אָמַר לָהֶם: תְּנוּ לִי פְּרוּסָה אַחַת! וְלֹא הִשְׁגִּיחוּ עָלָיו. דָּחַק וְנִכְנַס אֵצֶל הַמֶּלֶךְ. אָמַר לוֹ: אֲדוֹנִי הַמֶּלֶךְ, מִכׇּל סְעוּדָה שֶׁעָשִׂיתָ קָשֶׁה בְּעֵינֶיךָ לִיתֵּן לִי פְּרוּסָה אֶחָת?!
La Guemara propose une parabole : À quoi cela ressemble-t-il ? Cela ressemble à un roi de chair et de sang qui fit un festin pour ses serviteurs. Un pauvre vint et se tint à la porte. Il leur dit : Donnez-moi une tranche de pain ! Et ils ne lui prêtèrent aucune attention. Il se fraya un passage et entra devant le roi. Il lui dit : Mon seigneur, le Roi, de tout ce festin que tu as préparé, est-il si difficile à tes yeux de me donner une seule tranche de pain ?
״אִם רָאֹה תִרְאֶה״, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אָמְרָה חַנָּה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, ״אִם רָאֹה״ — מוּטָב, וְאִם לָאו — ״תִּרְאֶה״.
Quant au double langage dans le verset, « si Tu regardes [im ra’o tireh] », Rabbi Elazar a dit : Hannah a dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, si Tu regardes [ra’o] vers moi maintenant, très bien, et sinon, dans tous les cas Tu verras [tireh].
אֵלֵךְ וְאֶסְתַּתֵּר בִּפְנֵי אֶלְקָנָה בַּעֲלִי, וְכֵיוָן דְּמִסְתַּתַּרְנָא מַשְׁקוּ לִי מֵי סוֹטָה, וְאִי אַתָּה עוֹשֶׂה תּוֹרָתְךָ פְּלַסְתֵּר, שֶׁנֶּאֱמַר ״וְנִקְּתָה וְנִזְרְעָה זָרַע״.
Que menaçait Hannah ? Elle a dit : J’irai et je m’isolerai avec un autre homme devant Elkana, mon mari. Puisque je me suis isolée, on me forcera à boire l’eau de la sota afin de déterminer si j’ai commis l’adultère ou non. Je serai reconnue innocente, et puisque Tu ne rendras pas Ta Torah mensongère [pelaster], j’aurai des enfants. Concernant une femme faussement soupçonnée d’adultère qui a bu l’eau de la sota, la Torah dit : « Et si la femme n’a pas été souillée, mais qu’elle était pure, alors elle sera acquittée et concevra » (Nombres 5:28).
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר: אִם הָיְתָה עֲקָרָה — נִפְקֶדֶת, שַׁפִּיר, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר, אִם הָיְתָה יוֹלֶדֶת בְּצַעַר יוֹלֶדֶת בְּרֶיוַח, נְקֵבוֹת יוֹלֶדֶת זְכָרִים שְׁחוֹרִים יוֹלֶדֶת לְבָנִים קְצָרִים יוֹלֶדֶת אֲרוּכִּים, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Cependant, l’opinion de Rabbi Elazar s’accorde bien selon celui qui a dit que le verset signifie : Si elle était stérile, elle sera rappelée par Dieu et recevra des enfants. Cela s’accorde bien. Mais selon celui qui a dit que le verset signifie que l’enfantement sera plus facile et plus réussi, c’est-à-dire si elle avait auparavant accouché dans la douleur, maintenant elle accouche avec facilité, ou si auparavant elle avait accouché de filles, maintenant elle accouche de fils, ou si auparavant elle avait accouché d’enfants à la peau sombre, considérés comme peu attirants, maintenant elle accouche d’enfants à la peau claire, ou si auparavant elle avait accouché d’enfants petits, faibles, maintenant elle accouche d’enfants grands, forts, que peut-on dire ?
דְּתַנְיָא: ״וְנִקְּתָה וְנִזְרְעָה זָרַע״ — מְלַמֵּד שֶׁאִם הָיְתָה עֲקָרָה — נִפְקֶדֶת, דִּבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל. אָמַר לֵיהּ רַבִּי עֲקִיבָא: אִם כֵּן, יֵלְכוּ כׇּל הָעֲקָרוֹת כּוּלָּן וְיִסְתַּתְּרוּ, וְזוֹ שֶׁלֹּא קִלְקְלָה — נִפְקֶדֶת. אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁאִם הָיְתָה יוֹלֶדֶת בְּצַעַר — יוֹלֶדֶת בְּרֶיוַח, קְצָרִים — יוֹלֶדֶת אֲרוּכִּים, שְׁחוֹרִים — יוֹלֶדֶת לְבָנִים, אֶחָד — יוֹלֶדֶת שְׁנַיִם.
Comme cela a été enseigné dans une baraita selon laquelle les tanna’im ont contesté l’interprétation du verset dans les Nombres : « Alors elle sera acquittée et elle concevra » enseigne que, si elle était stérile, elle sera rappelée par Dieu et recevra des enfants ; telle est la déclaration de Rabbi Yishmael. Rabbi Akiva lui dit : Si tel est le cas, toutes les femmes stériles iront s’isoler avec des hommes qui ne sont pas leurs maris, et toute femme qui n’a pas commis le péché d’adultère sera rappelée par Dieu et recevra des enfants. Au contraire, le verset enseigne qu’il ne s’agit que d’une promesse d’un plus grand soulagement lors de l’accouchement ; si elle a auparavant accouché dans la douleur, elle accouche maintenant avec facilité, si elle a auparavant donné naissance à des enfants petits, elle donne naissance à des enfants grands, si elle a auparavant donné naissance à des enfants noirs, elle donne maintenant naissance à des enfants clairs, si elle a auparavant donné naissance à un enfant, elle donne maintenant naissance à deux enfants.
מַאי ״אִם רָאֹה תִרְאֶה״ — דִּבְּרָה תּוֹרָה כִּלְשׁוֹן בְּנֵי אָדָם.
Selon l’explication de Rabbi Akiva, qu’est-ce qui est déduit du double langage prononcé par Hannah : Im ra’o tireh ? La Torah a parlé dans le langage des hommes, ce qui signifie que ce double langage n’a rien d’extraordinaire et qu’on ne peut rien en déduire. C’est un langage biblique courant.
״בָּעֳנִי אֲמָתֶךָ״. ״אַל תִשְׁכַּח אֶת אֲמָתֶךָ״. ״וְנָתַתָּה לַאֲמָתְךָ״.
Dans le serment/la prière prononcé(e) par Hannah, elle se désigne elle-même comme « Ta servante » [amatekha] à trois reprises : « L’affliction de Ta servante… et n’oublieras pas Ta servante et donneras à Ta servante » (I Samuel 1:11).
אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: שָׁלֹשׁ אֲמָתוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? — אָמְרָה חַנָּה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, שְׁלֹשָׁה בִּדְקֵי מִיתָה בָּרָאתָ בָּאִשָּׁה, וְאָמְרִי לַהּ: שְׁלֹשָׁה דִּבְקֵי מִיתָה. וְאֵלּוּ הֵן: נִדָּה, וְחַלָּה וְהַדְלָקַת הַנֵּר. כְּלוּם עָבַרְתִּי עַל אַחַת מֵהֶן?! —
Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Pourquoi ces trois servantes [amatot] sont-elles citées dans le verset ? Elles sont citées pour enseigner que Hannah a dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, Tu as créé trois creusets pouvant mener à la mort chez une femme, où elle est particulièrement vulnérable. Alternativement, certains disent : Maître de l’Univers, Tu as créé trois accélérateurs de mort chez une femme. Ce sont des mitsvot qui, en règle générale, concernent les femmes : observer les halakhot d’une femme menstruée, prélever la ḥalla de la pâte, et allumer les bougies de Shabbat. Ai-je jamais transgressé l’une d’elles ? Hannah atteste de son statut de servante de Dieu [ama]. La référence à ces trois mitsvot découle de la similitude étymologique entre amatekha, ta servante, et mita, mort.
״וְנָתַתָּ לַאֲמָתְךָ זֶרַע אֲנָשִׁים״.
Plus tard dans sa prière, Hannah dit : « Et Tu accorderas à Ta servante une descendance d’hommes. »
מַאי ״זֶרַע אֲנָשִׁים״? אָמַר רַב: גַּבְרָא בְּגוּבְרִין. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: זֶרַע שֶׁמּוֹשֵׁחַ שְׁנֵי אֲנָשִׁים, וּמַאן אִינּוּן — שָׁאוּל וְדָוִד. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: זֶרַע שֶׁשָּׁקוּל כִּשְׁנֵי אֲנָשִׁים, וּמַאן אִינּוּן — מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן. שֶׁנֶּאֱמַר: ״מֹשֶׁה וְאַהֲרֹן בְּכֹהֲנָיו וּשְׁמוּאֵל בְּקוֹרְאֵי שְׁמוֹ״. וְרַבָּנַן אָמְרִי: ״זֶרַע אֲנָשִׁים״ — זֶרַע שֶׁמּוּבְלָע בֵּין אֲנָשִׁים.
La Guemara demande : Quel est le sens de « une descendance d’hommes » ? Rav a dit : Hannah a prié pour un homme parmi les hommes, un fils qui serait remarquable et exceptionnel. Et Shmuel a dit : Cette expression signifie une descendance qui oindra deux hommes à la royauté. Et qui étaient-ils ? Saul et David. Et Rabbi Yoḥanan a dit : Hannah a prié pour enfanter une descendance qui serait l’équivalent de deux des plus grands hommes du monde. Et qui étaient-ils ? Moses et Aaron. Comme il est dit : « Moses et Aaron parmi Ses prêtres, et Samuel parmi ceux qui invoquent Son nom » (Psaumes 99:6). Dans ce verset, le fils de Hannah, Samuel, est mis sur le même plan que Moses et Aaron. Et les Sages disent : « Une descendance d’hommes » : Hannah a prié pour une descendance qui serait peu remarquable parmi les hommes, afin qu’il ne se distingue d’aucune manière.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אֲמַר לֹא אָרוֹךְ וְלֹא גּוּץ, וְלֹא קָטָן וְלֹא אַלָּם, וְלֹא צָחוֹר וְלֹא גִּיחוֹר, וְלֹא חָכָם וְלֹא טִפֵּשׁ.
La Guemara raconte : Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Israël en Babylonie, il dit en explication : Hannah pria pour que son fils ne soit pas remarquable parmi les hommes ; ni trop grand ni trop petit ; ni trop menu ni trop gros ; ni trop blanc ni trop rouge ; ni trop intelligent ni trop sot.
״אֲנִי הָאִשָּׁה הַנִּצֶּבֶת עִמְּכָה בָּזֶה״, אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מִכָּאן שֶׁאָסוּר לֵישֵׁב בְּתוֹךְ אַרְבַּע אַמּוֹת שֶׁל תְּפִלָּה.
Lorsque Hannah vint au Temple avec son fils Samuel, elle dit à Éli : « Mon seigneur, aussi vrai que ton âme vit, mon seigneur, je suis la femme qui se tenait ici avec toi pour prier le Seigneur » (I Samuel 1:26). Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : C’est de là que l’on déduit la halakha selon laquelle il est interdit de s’asseoir à moins de quatre coudées de quelqu’un qui est en train de prier. Comme le dit le verset : « qui se tenait ici avec toi », indiquant qu’Éli se tenait debout à côté de Hannah parce qu’elle priait.
״אֶל הַנַּעַר הַזֶּה הִתְפַּלָּלְתִּי״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שְׁמוּאֵל מוֹרֵה הֲלָכָה לִפְנֵי רַבּוֹ הָיָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּשְׁחֲטוּ אֶת הַפָּר וַיָּבִיאוּ אֶת הַנַּעַר אֶל עֵלִי״. מִשּׁוּם דְּ״וַיִּשְׁחֲטוּ אֶת הַפָּר״ הֵבִיאוּ הַנַּעַר אֶל עֵלִי?
De plus, l’insistance de Hanna lorsqu’elle parla à Éli, « c’est pour ce jeune garçon que j’ai prié » (I Samuel 1:27), indique qu’elle est venue pour le protéger du danger. Comme l’a dit Rabbi Elazar : Samuel était quelqu’un qui enseignait la halakha en présence de son maître. Hanna voulait prier pour qu’il ne soit pas puni de mort par la main du Ciel pour sa transgression, comme il est dit : « Ils égorgèrent le taureau et amenèrent le jeune garçon à Éli » (I Samuel 1:25). Ce verset est déroutant. Parce qu’ils ont égorgé le taureau, donc ils ont amené le jeune garçon à Éli ? Quel rapport y a-t-il entre les deux ?
אֶלָּא, אָמַר לָהֶן עֵלִי: קִרְאוּ כֹּהֵן, לֵיתֵי וְלִשְׁחוֹט. חֲזַנְהוּ שְׁמוּאֵל דַּהֲווֹ מְהַדְּרִי בָּתַר כֹּהֵן לְמִישְׁחַט, אֲמַר לְהוּ: לְמָה לְכוּ לְאַהְדּוֹרֵי בָּתַר כֹּהֵן לְמִישְׁחַט? שְׁחִיטָה בְּזָר כְּשֵׁרָה! אַיְיתוּהוּ לְקַמֵּיהּ דְּעֵלִי. אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? אֲמַר לֵיהּ: מִי כְּתִיב ״וְשָׁחַט הַכֹּהֵן״?! ״וְהִקְרִיבוּ הַכֹּהֲנִים״ כְּתִיב, מִקַּבָּלָה וְאֵילָךְ מִצְוַת כְּהוּנָּה, מִכָּאן לַשְּׁחִיטָה שֶׁכְּשֵׁרָה בְּזָר.
Au contraire, voici ce qui s’est passé : Éli dit à ceux qui avaient apporté l’offrande : Appelez un prêtre ; il viendra et abattra l’offrande. Samuel les vit chercher un prêtre pour abattre l’animal. Il leur dit : Pourquoi avez-vous besoin de chercher un prêtre pour abattre cela ? L’abattage d’une offrande effectué par un non-prêtre est valide. Ils l’amenèrent devant Éli pour clarifier sa déclaration. Éli lui dit : Comment sais-tu cela ? Samuel lui dit : Est-il écrit dans la Torah : Et le prêtre abattra, indiquant que l’offrande ne peut être abattue que par un prêtre ? Il est écrit : « Et les prêtres offriront, » seulement à partir de l’étape de la réception du sang dans les récipients et au-delà c’est une mitzva incombant aux prêtres seuls. D’ici est dérivée la halakha selon laquelle l’abattage par un non-prêtre est acceptable.
אֲמַר לֵיהּ: מֵימָר שַׁפִּיר קָא אָמְרַתְּ, מִיהוּ מוֹרֶה הֲלָכָה בִּפְנֵי רַבָּךְ אַתְּ, וְכׇל הַמּוֹרֶה הֲלָכָה בִּפְנֵי רַבּוֹ חַיָּיב מִיתָה. אָתְיָא חַנָּה וְקָא צָוְוחָה קַמֵּיהּ: ״אֲנִי הָאִשָּׁה הַנִּצֶּבֶת עִמְּכָה בָּזֶה וְגוֹ׳״. אֲמַר לַהּ: שִׁבְקִי לִי דְּאֶעֶנְשֵׁיהּ, וּבְעֵינָא רַחֲמֵי, וְיָהֵיב לָךְ רַבָּא מִינֵּיהּ. אֲמַרָה לֵיהּ: ״אֶל הַנַּעַר הַזֶּה הִתְפַּלָּלְתִּי״.
Éli dit à Samuel : Tu as bien parlé et ta déclaration est correcte, mais néanmoins, tu es quelqu’un qui a rendu une décision halakhique en présence de son maître, et quiconque rend une décision halakhique en présence de son maître, même si la halakha particulière est correcte, est passible de mort de la main du Ciel pour avoir montré du mépris envers son maître. Hannah vint et cria devant lui : « Je suis la femme qui se tenait ici avec toi pour prier le Seigneur ; » ne punis pas l’enfant né de mes prières. Il lui dit : Laisse-moi le punir, et je prierai pour la miséricorde, afin que le Saint, béni soit-Il, t’accorde un fils qui sera plus grand que celui-ci. Elle lui dit : « C’est pour ce jeune garçon que j’ai prié » et je n’en veux pas d’autre.
״וְחַנָּה הִיא מְדַבֶּרֶת עַל לִבָּהּ״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בֶּן זִמְרָא: עַל עִסְקֵי לִבָּהּ. אָמְרָה לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, כׇּל מַה שֶּׁבָּרָאתָ בָּאִשָּׁה, לֹא בָּרָאתָ דָּבָר אֶחָד לְבַטָּלָה: עֵינַיִם לִרְאוֹת, וְאׇזְנַיִם לִשְׁמוֹעַ, חוֹטֶם לְהָרִיחַ, פֶּה לְדַבֵּר, יָדַיִם לַעֲשׂוֹת בָּהֶם מְלָאכָה, רַגְלַיִם לְהַלֵּךְ בָּהֶן, דַּדִּים לְהָנִיק בָּהֶן. דַּדִּים הַלָּלוּ שֶׁנָּתַתָּ עַל לִבִּי לָמָּה? לֹא לְהָנִיק בָּהֶן?! תֵּן לִי בֵּן, וְאָנִיק בָּהֶן.
La Guemara continue de traiter de la prière de Hannah. Il est dit : « Et Hannah parla sur son cœur. » Plusieurs interprétations sont proposées pour expliquer son emploi de l’expression « sur son cœur » au lieu de l’expression habituelle à son cœur (Maharsha). Rabbi Elazar a dit au nom de Rabbi Yosei ben Zimra : Hannah parla à Dieu au sujet des affaires de son cœur. Elle dit devant Lui : Maître de l’Univers, parmi tous les organes que Tu as créés chez une femme, Tu n’en as créé aucun en vain. Chaque organe remplit sa fonction ; des yeux pour voir, des oreilles pour entendre, un nez pour sentir, une bouche pour parler, des mains avec lesquelles travailler, des pieds avec lesquels marcher, des seins avec lesquels allaiter. Si donc, ces seins que Tu as placés sur mon cœur, dans quel but les as-Tu placés ? N’était-ce pas afin d’allaiter avec eux ? Accorde-moi un fils et j’allaiterai avec eux.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר מִשּׁוּם רַבִּי יוֹסֵי בֶּן זִמְרָא: כׇּל הַיּוֹשֵׁב בְּתַעֲנִית בְּשַׁבָּת קוֹרְעִים לוֹ גְּזַר דִּינוֹ שֶׁל שִׁבְעִים שָׁנָה. וְאַף עַל פִּי כֵן חוֹזְרִין וְנִפְרָעִין מִמֶּנּוּ דִּין עוֹנֶג שַׁבָּת.
Incidemment, la Guemara cite également une déclaration נוספת selon laquelle Rabbi Elazar a dit au nom de Rabbi Yosei ben Zimra : Quiconque s’assied pour observer un jeûne pendant Chabbat, son mérite est grand et ils déchirent et annulent sa sentence de soixante-dix ans ; parce que tout le monde se réjouit et qu’un festin est préparé, il est plus difficile de jeûner pendant Chabbat que n’importe quel autre jour. Néanmoins, ensuite ils lui en demandent compte pour ne pas avoir accompli la halakha du délice de Chabbat.
מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לִיתֵּיב תַּעֲנִיתָא לְתַעֲנִיתָא.
La Guemara demande : Quel est son remède pour expier et éviter la punition ? Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Il doit observer un autre jeûne un jour de semaine afin d’expier pour le jeûne du Chabbat.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: חַנָּה הֵטִיחָה דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה. שֶׁנֶּאֱמַר ״וְתִתְפַּלֵּל עַל ה׳״, מְלַמֵּד שֶׁהֵטִיחָה דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה.
Après avoir expliqué l’expression inhabituelle, sur son cœur, la Guemara cite une déclaration נוספת au sujet de Hannah. Et Rabbi Elazar a dit : Hannah a parlé avec impertinence envers Dieu dans les Hauteurs. Comme il est dit : « Et elle pria sur le Seigneur », par opposition à la formule courante : au Seigneur. Cela enseigne qu’elle a parlé avec impertinence envers les Hauteurs.
וְאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵלִיָּהוּ הֵטִיחַ דְּבָרִים כְּלַפֵּי מַעְלָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה הֲסִבֹּתָ אֶת לִבָּם אֲחֹרַנִּית״. אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר רַבִּי יִצְחָק: מִנַּיִן שֶׁחָזַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא וְהוֹדָה לוֹ לְאֵלִיָּהוּ,
Et dans le même ordre d’idées, Rabbi Elazar a dit qu’Élie parla avec insolence envers Dieu dans les Hauteurs également dans sa prière au mont Carmel, comme il est dit : « Réponds-moi, Seigneur, réponds-moi, afin que ce peuple sache que Tu es le Seigneur, Dieu, et Tu as fait revenir leurs cœurs en arrière » (I Rois 18:37), affirmant que Dieu avait amené Israël à fauter. À ce sujet, Rabbi Shmuel bar Rabbi Yitzḥak a dit : D’où savons-nous que le Saint, Béni soit-Il, a finalement concédé à Élie qu’il avait raison ?

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