אַיְּיתִי כָּסָא דְמוֹקְרָא בַּת אַרְבַּע מְאָה זוּזִי, וְתַבַּר קַמַּיְהוּ, וְאִעֲצִיבוּ.
Il apporta une coupe précieuse d'une valeur de quatre cents zuz et la brisa devant eux, et ils devinrent tristes.
רַב אָשֵׁי עֲבַד הִילּוּלָא לִבְרֵיהּ, חֲזַנְהוּ לְרַבָּנַן דַּהֲווֹ קָא בָדְחִי טוּבָא. אַיְּיתִי כָּסָא דְּזוּגִּיתָא חִיוָּרְתָּא, וְתַבַּר קַמַּיְהוּ, וְאִעֲצִיבוּ.
La Guemara rapporte également : Rav Ashi fit un festin de mariage pour son fils et vit les Sages, qui étaient excessivement joyeux. Il apporta une coupe de verre blanc extrêmement précieux et la brisa devant eux, et ils devinrent tristes.
אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרַב הַמְנוּנָא זוּטֵי בְּהִלּוּלָא דְּמָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא: לִישְׁרֵי לַן מָר. אֲמַר לְהוּ: וַי לַן, דְּמִיתְנַן. וַי לַן, דְּמִיתְנַן. אָמְרִי לֵיהּ: אֲנַן מָה נַעֲנֵי בָּתְרָךְ? אֲמַר לְהוּ: הֵי תּוֹרָה, וְהֵי מִצְוָה דְּמַגְּנוּ עֲלַן.
De même, la Guemara rapporte : Les Sages dirent à Rav Hamnuna Zuti lors du festin de mariage de Mar, fils de Ravina : Que le Maître chante pour nous. Comme il pensait que la joie était devenue excessive, il leur dit, en chantant : Malheur à nous, car nous mourrons, malheur à nous, car nous mourrons. Ils lui dirent : Que répondrons-nous après toi ? Quel est le refrain du chant ? Il leur dit, vous devez répondre : Où sont la Torah et la mitsva qui nous protègent ?
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: אָסוּר לְאָדָם שֶׁיְּמַלֵּא שְׂחוֹק פִּיו בָּעוֹלָם הַזֶּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אָז יִמָּלֵא שְׂחוֹק פִּינוּ וּלְשׁוֹנֵנוּ רִנָּה״. אֵימָתַי, בִּזְמַן שֶׁ״יֹּאמְרוּ בַגּוֹיִם הִגְדִּיל ה׳ לַעֲשׂוֹת עִם אֵלֶּה״. אָמְרוּ עָלָיו עַל רֵישׁ לָקִישׁ שֶׁמִּיָּמָיו לֹא מִלֵּא שְׂחוֹק פִּיו בָּעוֹלָם הַזֶּה, מִכִּי שַׁמְעַהּ מֵרַבִּי יוֹחָנָן רַבֵּיהּ.
Dans le même esprit, Rabbi Yoḥanan a dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Il est interdit à une personne de remplir sa bouche de rire dans ce monde, tant que nous sommes en exil (ge’onim), comme il est dit : « Lorsque le Seigneur ramènera les captifs de Sion, nous serons comme des rêveurs » (Psaumes 126:1). Ce n’est que « alors que notre bouche se remplira de rire et nos lèvres de chant » (Psaumes 126:2). Quand cette époque joyeuse arrivera-t-elle ? Quand « on dira parmi les nations : le Seigneur a fait de grandes choses pour ceux-ci » (Psaumes 126:2). Ils ont dit au sujet de Reish Lakish que, durant toute sa vie, il ne remplit pas sa bouche de rire dans ce monde après avoir entendu cette déclaration de son maître, Rabbi Yoḥanan.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין עוֹמְדִין לְהִתְפַּלֵּל לֹא מִתּוֹךְ דִּין, וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבַר הֲלָכָה, אֶלָּא מִתּוֹךְ הֲלָכָה פְּסוּקָה.
Nous avons appris dans la michna qu’il convient de se lever et de commencer à prier dans une atmosphère de gravité. À ce sujet, les Sages ont enseigné : On ne doit ni se lever ni commencer à prier directement à partir d’une implication dans un jugement ni directement à partir d’une délibération sur la décision dans une question de halakha, car sa préoccupation par le jugement ou la décision halakhique le détournera de la prière. Au contraire, il convient de prier directement à partir de l’étude d’une halakha conclusive universellement acceptée, qui ne laisse aucune place à une délibération supplémentaire et ne le détournera pas pendant la prière.
וְהֵיכִי דָּמֵי הֲלָכָה פְּסוּקָה?
Et la Guemara demande : Quel est un exemple d’une halakha concluante ?
אֲמַר אַבָּיֵי: כִּי הָא דְּרַבִּי זֵירָא, דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא: בְּנוֹת יִשְׂרָאֵל הֶחֱמִירוּ עַל עַצְמָן, שֶׁאֲפִילּוּ רוֹאוֹת טִיפַּת דָּם כְּחַרְדָּל יוֹשְׁבוֹת עָלֶיהָ שִׁבְעָה נְקִיִּים.
La Guemara propose plusieurs exemples : Abaye a dit : Un comme cettehalakha de Rabbi Zeira, car Rabbi Zeira a dit : Les filles d’Israël se sont montrées rigoureuses envers elles-mêmes ; au point que même si elles voient une goutte de sang de la taille d’une graine de moutarde, elle compte sept jours propres à cause de cela. Selon la loi de la Torah, une femme qui constate une émission de sang pendant les onze jours suivant sa période menstruelle fixe n’est pas considérée comme une femme menstruée ; au contraire, elle s’immerge et est purifiée le lendemain. Cependant, les femmes d’Israël ont accepté cette rigueur sur elles-mêmes : si elles voient la moindre quantité de sang, elles agissent comme s’il s’agissait du sang d’une zava, ce qui l’oblige à compter sept autres jours propres avant de devenir rituellement pure (voir Lévitique 15:25).
רָבָא אָמַר, כִּי הָא דְּרַב הוֹשַׁעְיָא, דְּאָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא: מַעֲרִים אָדָם עַל תְּבוּאָתוֹ וּמַכְנִיסָהּ בַּמּוֹץ שֶׁלָּהּ, כְּדֵי שֶׁתְּהֵא בְּהֶמְתּוֹ אוֹכֶלֶת, וּפְטוּרָה מִן הַמַּעֲשֵׂר.
Citant un exemple supplémentaire d’une halakha concluante, Rava dit : On agit selon cettehalakha de Rav Hoshaya, car Rav Hoshaya a dit : Une personne peut employer un artifice pour contourner les obligations qui lui incombent à elle lorsqu’elle traite son grain et l’introduit dans la cour dans sa balle afin que son animal en mange, et le grain est exempté de dîmes.La halakha établit qu’une personne est tenue de prélever la dîme sur le grain qui a été battu et entassé, indépendamment de l’usage final auquel ce grain était destiné. Selon la loi de la Torah, on est exempt de prélever la dîme sur le grain qui n’a pas été battu et qui est donc encore dans sa balle. Selon la loi rabbinique, il est interdit de manger ce grain dans le cadre d’un repas. Il est permis de nourrir des animaux sans d’abord prélever la dîme sur ce grain.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, כִּי הָא דְּרַב הוּנָא, דְּאָמַר רַב הוּנָא, אָמַר רַבִּי זְעֵירָא: הַמַּקִּיז דָּם בְּבֶהֱמַת קׇדָשִׁים, אָסוּר בַּהֲנָאָה, וּמוֹעֲלִין בּוֹ.
Et si tu le souhaites, dis à la place un autre exemple d’une halakha concluante, qui est le prélude recommandé à la prière. Une comme cettehalakha de Rav Houna, car Rav Houna a dit que Rabbi Zeira a dit : Celui qui fait saigner un animal consacré qui a été consacré comme sacrifice ; tirer profit de ce sang est interdit. Bien que le sang d’une offrande qui a été aspergé sur l’autel ne soit pas considéré comme propriété du Temple, néanmoins, tirer profit du sang d’un animal vivant et consacré est considéré comme un usage interdit de la propriété du Temple. Ce faisant, on commet une appropriation illicite d’un bien consacré au Temple et, comme dans tout autre cas d’usage abusif d’un bien du Temple, s’il l’a fait involontairement, il est tenu d’apporter un sacrifice de culpabilité.
רַבָּנַן עָבְדִי כְּמַתְנִיתִין, רַב אָשֵׁי עָבֵיד כְּבָרַיְיתָא.
Il est rapporté que les Sages ont agi conformément à l’opinion de notre michna et se sont levés pour prier dans une atmosphère de gravité ; Rav Ashi a agi conformément à l’opinion de la baraita et a fait précéder sa prière d’une halakha tranchée.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין עוֹמְדִין לְהִתְפַּלֵּל לֹא מִתּוֹךְ עַצְבוּת, וְלֹא מִתּוֹךְ עַצְלוּת, וְלֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק, וְלֹא מִתּוֹךְ שִׂיחָה, וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ, וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבָרִים בְּטֵלִים, אֶלָּא מִתּוֹךְ שִׂמְחָה שֶׁל מִצְוָה.
Au sujet de la préparation appropriée à la prière, les Sages ont enseigné : On ne doit pas se lever pour prier à partir d'une atmosphère de tristesse ni d'une atmosphère de paresse, ni d'une atmosphère de rire, ni d'une atmosphère de conversation, ni d'une atmosphère de frivolité, ni d'une atmosphère de choses futiles. Au contraire, on doit aborder la prière à partir d'une atmosphère imprégnée de la joie d'une mitsva.
וְכֵן לֹא יִפָּטֵר אָדָם מֵחֲבֵרוֹ לֹא מִתּוֹךְ שִׂיחָה, וְלֹא מִתּוֹךְ שְׂחוֹק, וְלֹא מִתּוֹךְ קַלּוּת רֹאשׁ, וְלֹא מִתּוֹךְ דְּבָרִים בְּטֵלִים, אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר הֲלָכָה. שֶׁכֵּן מָצִינוּ בַּנְּבִיאִים הָרִאשׁוֹנִים, שֶׁסִּייְּמוּ דִּבְרֵיהֶם בְּדִבְרֵי שֶׁבַח וְתַנְחוּמִים.
De même, une personne ne doit pas prendre congé d’une autre dans une atmosphère de conversation, ni dans une atmosphère de rire, ni dans une atmosphère de frivolité, ni dans une atmosphère de choses futiles. Au contraire, on doit prendre congé d’une autre à partir de l’étude d’une question de halakha. Comme nous l’avons trouvé dans les livres de la Torah traitant des premiers prophètes, qu’ils concluaient leurs entretiens par des paroles de louange et de consolation.
וְכֵן תְּנָא מָרִי בַּר בְּרֵיהּ דְּרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא: אַל יִפָּטֵר אָדָם מֵחֲבֵירוֹ אֶלָּא מִתּוֹךְ דְּבַר הֲלָכָה, שֶׁמִּתּוֹךְ כָּךְ זוֹכְרֵהוּ.
Et ainsi Mari, le petit-fils de Rav Huna, fils de Rabbi Yirmeya bar Abba, enseigna dans une baraita : On ne devrait prendre congé d’autrui qu’à partir de l’étude d’une question de halakha, afin que, par conséquent, il se souvienne de lui ; chaque fois qu’il se rappellera celui dont il a pris congé, il pensera du bien de lui en raison de la nouvelle halakha qu’il lui a enseignée (Eliyahu Zuta).
כִּי הָא דְּרַב כָּהֲנָא אַלְוְיֵיהּ לְרַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי מִפּוּם נַהֲרָא עַד בֵּי צִנְיָתָא דְּבָבֶל. כִּי מְטָא לְהָתָם אֲמַר לֵיהּ: מָר, וַדַּאי דְאָמְרִי אִינָשֵׁי: הָנֵי צִנְיָתָא דְּבָבֶל אִיתַנְהוּ מֵאָדָם הָרִאשׁוֹן וְעַד הַשְׁתָּא?
Comme dans l’incident rapporté par la Guemara où Rav Kahana accompagna Rav Shimi bar Ashi depuis la ville de Pum Nahara jusqu’à la palmeraie en Babylonie. Lorsqu’il y arriva, Rav Kahana dit à Rav Shimi bar Ashi : Maître, que signifie ce que les gens disent : Ces palmiers de Babylonie sont à cet endroit depuis l’époque d’Adam, le premier homme, jusqu’à maintenant ?
אֲמַר לֵיהּ: אַדְכַּרְתַּן מִילְּתָא דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא, דְּאָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא: מַאי דִּכְתִיב ״בְּאֶרֶץ אֲשֶׁר לֹא עָבַר בָּהּ אִישׁ וְלֹא יָשַׁב אָדָם שָׁם״, וְכִי מֵאַחַר דְּלֹא עָבַר הֵיאַךְ יָשַׁב? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ כׇּל אֶרֶץ שֶׁגָּזַר עָלֶיהָ אָדָם הָרִאשׁוֹן לְיִשּׁוּב — נִתְיַשְּׁבָה. וְכׇל אֶרֶץ שֶׁלֹּא גָּזַר עָלֶיהָ אָדָם הָרִאשׁוֹן לְיִשּׁוּב — לֹא נִתְיַשְּׁבָה.
Rav Shimi bar Ashi lui dit : Tu m’as rappelé quelque chose qu’a dit Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, car Rabbi Yosei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Dans une terre où nul homme n’est passé et où aucune personne [adam] n’a habité » (Jérémie 2:6) ? Ce verset est difficile ; puisqu’il s’agit d’une terre par laquelle aucune personne n’est passée, comment quelqu’un aurait-il pu y habiter de façon permanente ? L’affirmation selon laquelle « aucune personne n’y a habité » est redondante. Au contraire, ce verset vient enseigner que toute terre par laquelle Adam, le premier homme, est passé et a décrété qu’elle serait habitée a été habitée, et toute terre par laquelle Adam est passé et a décrété qu’elle ne serait pas habitée ne l’a pas été. Sur cette base, ce que disent les gens est vrai, et les palmiers de Babylonie datent du temps d’Adam, c’est-à-dire que dès le temps d’Adam il a été décrété que cette terre conviendrait à la culture des palmiers (Me’iri). La Guemara a cité un exemple de la manière dont celui qui prend congé d’un autre avec des paroles de Torah apprend quelque chose de nouveau.
רַב מָרְדְּכַי אַלְוְיֵיהּ לְרַב שִׁימִי בַּר אָשֵׁי מֵהַגְרוֹנְיָא, וְעַד בֵּי כֵיפֵי. וְאָמְרִי לַהּ עַד בֵּי דוּרָא.
Après avoir mentionné la mitsva pour un élève d’accompagner son Rabbi, la Guemara rapporte que Rav Mordekhai accompagna son maître, Rav Shimi bar Ashi, sur une grande distance, de la ville de Hagronya à Bei Keifei ; et certains disent qu’il l’accompagna de Hagronya à Bei Dura.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין אֶת לִבּוֹ לַשָּׁמַיִם. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: סִימָן לַדָּבָר, ״תָּכִין לִבָּם תַּקְשִׁיב אׇזְנֶךָ״.
Revenant au sujet de la préparation à la prière, les Sages ont enseigné dans la Tosefta : Celui qui prie doit diriger son cœur vers le Ciel. Abba Shaul dit : Une indication de l'importance de cette question est énoncée dans le verset : « Le désir des humbles, Tu l’as entendu, Seigneur ; Tu dirigeras leurs cœurs, Ton oreille écoutera » (Psaumes 10:17). En d’autres termes, si quelqu’un dirige son cœur dans la prière parce que Dieu dirige son cœur, sa prière sera acceptée, car l’oreille de Dieu écoutera.
תַּנְיָא אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: כָּךְ הָיָה מִנְהָגוֹ שֶׁל רַבִּי עֲקִיבָא, כְּשֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל עִם הַצִּיבּוּר — הָיָה מְקַצֵּר וְעוֹלֶה, מִפְּנֵי טוֹרַח צִבּוּר. וּכְשֶׁהָיָה מִתְפַּלֵּל בֵּינוֹ לְבֵין עַצְמוֹ — אָדָם מַנִּיחוֹ בְּזָוִית זוֹ, וּמוֹצְאוֹ בְּזָוִית אַחֶרֶת. וְכׇל כָּךְ לָמָּה? מִפְּנֵי כְּרִיעוֹת וְהִשְׁתַּחֲוָיוֹת.
En ce qui concerne l’intention d’une personne pendant la prière, il a été enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda a dit : Telle était la coutume de Rabbi Akiva ; lorsqu’il priait avec l’assemblée, il raccourcissait sa prière et terminait, en raison de son désir d’éviter d’être une gêne pour l’assemblée en les faisant attendre qu’il achève sa prière. Mais lorsqu’il priait seul, il prolongeait ses prières au point qu’une personne le laissait, Rabbi Akiva, seul dans un coin de la maison d’étude et, plus tard, le trouvait encore en train de prier dans un autre coin. Et pourquoi Rabbi Akiva se déplaçait-il autant ? À cause de ses inclinations et de ses prosternations. L’enthousiasme de Rabbi Akiva dans la prière était si grand que, par suite de ses inclinations et de ses prosternations, il se déplaçait sans s’en rendre compte d’un coin à l’autre (Rav Haï Gaon).
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: לְעוֹלָם יִתְפַּלֵּל אָדָם בְּבַיִת שֶׁיֵּשׁ בּוֹ חַלּוֹנוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְכַוִּין פְּתִיחָן לֵיהּ וְגוֹ׳״.
De nombreuses halakhot sont dérivées de l’évocation des prières de personnages de la Torah. Rabbi Ḥiyya bar Abba a dit : On doit toujours prier dans une maison avec des fenêtres, comme il est dit au sujet de Daniel : « Et lorsque Daniel sut que l’écrit était signé, il alla dans sa maison. Dans sa chambre haute, il y avait des fenêtres ouvertes en direction de Jérusalem, et trois fois par jour il se mettait à genoux, priait et rendait grâce devant son Dieu, comme il l’avait fait auparavant » (Daniel 6:11).
יָכוֹל יִתְפַּלֵּל אָדָם כׇּל הַיּוֹם כּוּלּוֹ — כְּבָר מְפוֹרָשׁ עַל יְדֵי דָּנִיאֵל: ״וְזִמְנִין תְּלָתָא וְגוֹ׳״.
Dans la Tosefta, des halakhot supplémentaires ont été dérivées de la prière de Daniel. J’aurais pu penser qu’on peut prier autant de fois qu’on le souhaite tout au long de la journée entière ; cela a déjà été formulé par Daniel, au sujet duquel il est dit : « Et trois fois » par jour il se mettait à genoux et priait. Cela enseigne qu’il existe des prières fixes.
יָכוֹל מִשֶּׁבָּא לַגּוֹלָה הוּחַלָּה — כְּבָר נֶאֱמַר: ״דִּי הֲוָא עָבֵד מִן קַדְמַת דְּנָא״.
On aurait pu penser que cette pratique de prière fixe a commencé seulement lorsqu’il est arrivé à l’exil babylonien ; il a été dit : «Tout comme il l’avait fait auparavant.»
יָכוֹל יִתְפַּלֵּל אָדָם לְכׇל רוּחַ שֶׁיִּרְצֶה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״(לָקֳבֵל) [נֶגֶד] יְרוּשְׁלֶם״.
De plus, j’aurais pu penser qu’on peut prier en se tournant dans n’importe quelle direction que l’on souhaite ; le verset déclare : La direction appropriée pour la prière est « vers Jérusalem ».
יָכוֹל יְהֵא כּוֹלְלָן בְּבַת אַחַת — כְּבָר מְפוֹרָשׁ עַל יְדֵי דָּוִד, דִּכְתִיב: ״עֶרֶב וָבֹקֶר וְצָהֳרַיִם וְגוֹ׳״.
Daniel ne décrit pas comment ces trois prières sont réparties au cours de la journée. J’aurais pu penser qu’on peut inclure les trois prières en une seule fois ; cela a déjà été formulé par David qu’on ne peut pas faire ainsi, comme il est écrit : « Le soir, le matin et à midi, je prie et je crie à haute voix, et Il entend ma voix » (Psaumes 55:18).
יָכוֹל יַשְׁמִיעַ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ — כְּבָר מְפוֹרָשׁ עַל יְדֵי חַנָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְקוֹלָהּ לֹא יִשָּׁמֵעַ״.
En outre, j'aurais pu penser qu'on peut faire entendre sa voix dans saAmida ; cela a déjà été exprimé par Hannah dans sa prière, comme il est dit : « Et Hannah parlait en son cœur, seules ses lèvres bougeaient et sa voix ne pouvait pas être entendue » (I Samuel 1:13).
יָכוֹל יִשְׁאַל אָדָם צְרָכָיו וְאַחַר כָּךְ יִתְפַּלֵּל — כְּבָר מְפוֹרָשׁ עַל יְדֵי שְׁלֹמֹה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לִשְׁמֹעַ אֶל הָרִנָּה וְאֶל הַתְּפִלָּה״. ״רִנָּה״ זוֹ תְּפִלָּה, ״תְּפִלָּה״ זוֹ בַּקָּשָׁה. אֵין אוֹמֵר דְּבַר בַּקָּשָׁה אַחַר ״אֱמֶת וְיַצִּיב״. אֲבָל אַחַר הַתְּפִלָּה, אֲפִילּוּ כְּסֵדֶר וִדּוּי שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים אוֹמֵר.
Les halakhot concernant l’ordre des prières ont également été apprises des prières de personnages bibliques. J’aurais pu penser qu’il faut d’abord demander ses propres besoins, puis réciter des prières de remerciement et de louange ; cela a déjà été formulé par Salomon que ce n’est pas le cas, car dans la prière de Salomon lors de la dédicace du Saint Temple il est dit : « Entendre le chant et la prière que Ton serviteur adresse devant Toi aujourd’hui » (I Rois 8:28). Dans ce verset, chant est prière au sens de remerciement et de louange, et prière est la demande de ses besoins personnels. Par conséquent, celui qui prie ne dit pas de demandes après avoir commencé à réciter emet veyatziv avant la prière de la Amida, qui est l’essence de la prière. Au contraire, il commence par la louange dans les trois premières bénédictions de la prière de la Amida, et ce n’est qu’ensuite qu’il inclut des demandes pour ses besoins. Mais après la prière de l’Amida, il n’y a pas de limite. S’il souhaite réciter même l’équivalent de l’ordre de la confession de Yom Kippour, il peut le réciter.
אִיתְּמַר נָמֵי, אָמַר רַב חִיָּיא בַּר אָשֵׁי אָמַר רַב: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ שׁוֹאֵל אָדָם צְרָכָיו בְּ״שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״, אִם בָּא לוֹמַר אַחַר תְּפִלָּתוֹ — אֲפִילּוּ כְּסֵדֶר שֶׁל יוֹם הַכִּפּוּרִים אוֹמֵר.
Cela a également été déclaré par un amora ; Rav Ḥiyya bar Ashi a dit que Rav a dit : Bien que les Sages aient dit que l’on demande ses besoins personnels dans la bénédiction : Qui écoute la prière, cela concerne celui qui souhaite le faire dans le cadre de la prière de la Amida. S’il vient à ajouter et à réciter des demandes supplémentaires après avoir terminé sa prière de l’Amida, même si ses demandes personnelles sont l’équivalent de l’ordre de la confession de Yom Kippour, il peut les réciter.
אָמַר רַב הַמְנוּנָא: כַּמָּה הִלְכְתָא גִּבָּרָווֹתָא אִיכָּא לְמִשְׁמַע מֵהָנֵי קְרָאֵי דְחַנָּה. ״וְחַנָּה הִיא מְדַבֶּרֶת עַל לִבָּהּ״ — מִכָּאן לַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין לִבּוֹ. ״רַק שְׂפָתֶיהָ נָּעוֹת״ — מִכָּאן לַמִּתְפַּלֵּל שֶׁיַּחְתּוֹךְ בִּשְׂפָתָיו. ״וְקוֹלָהּ לֹא יִשָּׁמֵעַ״ — מִכָּאן שֶׁאָסוּר לְהַגְבִּיהַּ קוֹלוֹ בִּתְפִלָּתוֹ. ״וַיַּחְשְׁבֶהָ עֵלִי לְשִׁכֹּרָה״ — מִכָּאן שֶׁשִּׁכּוֹר אָסוּר לְהִתְפַּלֵּל.
Rav Hamnuna a dit : Combien dehalakhotimportantes peuvent être déduites de ces versets de la prière de Hannah ? Comme il est dit : « Et Hannah parlait en son cœur, seules ses lèvres bougeaient et sa voix ne pouvait pas être entendue, alors Éli pensa qu’elle était ivre » (I Samuel 1:13). La Guemara développe : De ce qui est énoncé ici : « Et Hannah parlait en son cœur, » on déduit la halakha selon laquelle celui qui prie doit concentrer son cœur sur sa prière. Et de ce qui est énoncé ici : « Seules ses lèvres bougeaient, » on déduit la halakha selon laquelle celui qui prie doit articuler les mots avec ses lèvres, et non seulement les méditer dans son cœur. De ce qui est écrit ici : « Et sa voix ne pouvait pas être entendue, » on déduit la halakha selon laquelle il est interdit d’élever la voix pendant sa prière deAmida, car elle doit être récitée en silence. De la suite du verset ici : « Alors Éli pensa qu’elle était ivre, » on déduit la halakha selon laquelle une personne ivre n’a pas le droit de prier. C’est pourquoi il la réprimanda.
״וַיֹּאמֶר אֵלֶיהָ עֵלִי עַד מָתַי תִּשְׁתַּכָּרִין וְגוֹ׳״. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִכָּאן לָרוֹאֶה בַּחֲבֵרוֹ
Au sujet de la réprimande d’Éli à Hannah, comme il est dit : « Et Éli lui dit : Jusqu’à quand resteras-tu ivre ? Éloigne ton vin de toi » (I Samuel 1:14) ; Rabbi Elazar a dit : D’ici la halakha selon laquelle celui qui voit chez un autre