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בִּנְהַרְדְּעָא, לְבַר מֵהָהוּא יוֹמָא דַּאֲתָא פּוּלְמוּסָא דְמַלְכָּא לְמָתָא, וְאִטְּרִידוּ רַבָּנַן וְלָא צַלּוֹ, וְצַלִּי לִי בְּיָחִיד, וַהֲוַאי יָחִיד שֶׁלֹּא בְּחֶבֶר עִיר.
à Neharde’a, où il y a toujours un quorum de prière, sauf le jour où l’armée du roi [pulmusa] est arrivée dans la ville, et les Sages étaient occupés et n’ont pas prié en communauté, et j’ai prié en tant qu’individu, et j’étais un individu qui ne priait pas dans un quorum de prière. La conduite de Shmuel était conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda sur ce point.
יָתֵיב רַבִּי חֲנִינָא קָרָא קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יַנַּאי, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. אֲמַר לֵיהּ: פּוּק קְרֵא קְרָאָיךְ לְבָרָא, דְּאֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה.
Cependant, cette opinion n’était pas universellement acceptée. La Guemara rapporte : Rabbi Ḥanina Kara, l’expert en Torah, était assis devant Rabbi Yannai, et il s’assit et dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui a dit cela au nom de Rabbi Elazar ben Azarya. Rabbi Yannai lui dit : Va lire tes versets dehors, car cette halakha n’est pas acceptée par les Sages dans la maison d’étude, et sa place est dehors, car la halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui a dit cela au nom de Rabbi Elazar ben Azarya.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֲנִי רָאִיתִי אֶת רַבִּי יַנַּאי דְּצַלִּי וַהֲדַר צַלִּי. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה לְרַבִּי זֵירָא: וְדִילְמָא מֵעִיקָּרָא לָא כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ וּלְבַסּוֹף כַּוֵּון דַּעְתֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: חֲזִי מַאן גַּבְרָא רַבָּה דְּקָמַסְהֵיד עֲלֵיהּ.
Rabbi Yoḥanan a dit : J’ai vu Rabbi Yannai, qui a prié puis a prié de nouveau. Vraisemblablement, sa première prière était la prière du matin et sa seconde prière était la prière additionnelle. Apparemment, il n’est pas d’accord avec l’opinion de Rabbi Elazar ben Azarya. Au contraire, il soutient que même lorsqu’il ne fait pas partie d’un quorum de prière, un individu doit réciter la prière additionnelle. Plus tard, lorsque cette histoire fut rapportée dans la maison d’étude, Rabbi Yirmeya dit à son maître, Rabbi Zeira : Quelle preuve y a-t-il que la seconde prière était la prière additionnelle ? Peut-être qu’au début il n’a pas concentré son esprit sur sa prière et qu’à la fin il a concentré son esprit, c’est-à-dire qu’il a répété la prière du matin afin de le faire avec la concentration appropriée. Rabbi Zeira lui dit : Regarde qui est le grand homme qui témoigne à son sujet. Rabbi Yoḥanan a certainement observé attentivement avant de rapporter ce dont il a été témoin.
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי אַף עַל גַּב דַּהֲווֹ לְהוּ תְּלֵיסַר בֵּי כְנִישְׁתָּא בִּטְבֶרְיָא לָא הֲווֹ מְצַלּוּ אֶלָּא בֵּינֵי עַמּוּדֵי, הֵיכָא דַּהֲווֹ גָּרְסִי.
Concernant les prières des Sages, la Guemara rapporte en outre que, bien qu’il y eût treize synagogues à Tibériade, Rabbi Ami et Rabbi Assi ne priaient que между les colonnes où ils étudiaient, car la prière est aimée aux yeux de Dieu, spécifiquement dans un lieu de Torah.
אִיתְּמַר, רַב יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי מִשּׁוּם רַבֵּינוּ אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה. רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא צַלִּי וַהֲדַר צַלִּי. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: מַאי טַעְמָא עָבֵיד מָר הָכִי? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּלָא כַּוֵּון מָר דַּעְתֵּיהּ, וְהָאָמַר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר: לְעוֹלָם יָמוֹד אָדָם אֶת עַצְמוֹ, אִם יָכוֹל לְכַוֵּין אֶת לִבּוֹ — יִתְפַּלֵּל, וְאִם לָאו — אַל יִתְפַּלֵּל. אֶלָּא דְּלָא אַדְכַּר מָר דְּרֵישׁ יַרְחָא.
Il a été enseigné : Rav Yitzḥak bar Avdimi, au nom de Rabbeinu, Rav, a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, qui l’a dite au nom de Rabbi Elazar ben Azarya. La Guemara raconte : Rabbi Ḥiyya bar Abba pria puis pria de nouveau. Rav Zeira lui dit : Pourquoi le Maître a-t-il fait cela ? Si tu dis que c’est parce que le Maître n’a pas concentré son esprit la première fois, Rabbi Eliezer n’a-t-il pas dit : On doit toujours s’examiner soi-même avant de prier ? S’il est capable de concentrer son cœur sur la prière, qu’il prie, mais sinon, s’il n’en est pas capable, qu’il ne prie pas. Apparemment, ce n’était pas la raison pour laquelle il pria deux fois. Au contraire, c’est parce que mon Maître n’a pas mentionné la Nouvelle Lune dans sa prière, qu’il pria de nouveau.
וְהָתַנְיָא טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ, בְּעַרְבִית — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּשַׁחֲרִית. בְּשַׁחֲרִית — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּמוּסָפִין. בְּמוּסָפִין — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּמִנְחָה.
La Guemara demande : N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la nouvelle lune dans la prière du soir, nous ne lui demandons pas de revenir au début de la prière et de la répéter, car il peut la réciter dans la prière du matin. Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la nouvelle lune dans la prière du matin, nous ne lui demandons pas de revenir au début de la prière et de la répéter, car il peut la réciter dans la prière additionnelle. Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la nouvelle lune dans la prière additionnelle, nous ne lui demandons pas de revenir au début de la prière et de la répéter, car il peut la réciter dans la prière de l’après-midi ? Omettre la mention de la nouvelle lune n’oblige pas à répéter la prière de la Amida. Par conséquent, ce n’était pas la raison pour laquelle Rabbi Ḥiyya bar Abba pria une seconde fois.
אֲמַר לֵיהּ: לָאו אִיתְּמַר עֲלַהּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן בְּצִבּוּר שָׁנוּ.
Rabbi Ḥiyya bar Abba lui dit : N’a-t-il pas été enseigné au sujet de cettebaraita que Rabbi Yoḥanan a dit : Ils ont enseigné cette baraita spécifiquement au sujet de la prière dans un cadre communautaire ? Cependant, un particulier qui omet de mentionner la nouvelle lune est tenu de prier de nouveau ? C’est pourquoi Rabbi Ḥiyya bar Abba a prié deux fois.
כַּמָּה יִשְׁהֶה בֵּין תְּפִלָּה לִתְפִלָּה? רַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא. חַד אָמַר: כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹנֵן דַּעְתּוֹ עָלָיו, וְחַד אָמַר: כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹלֵל דַּעְתּוֹ עָלָיו.
Dans le prolongement de la discussion au sujet des personnes qui récitent deux prières consécutivement, la Guemara demande : Combien de temps faut-il attendre entre la première prière et la seconde prière ? Rav Houna et Rav Ḥisda étaient d’accord sur le principe, mais ils ont formulé leurs avis différemment (Rachi). L’un a dit qu’une personne doit attendre suffisamment longtemps pour que son esprit soit dans un état de supplication [titḥonen], lui permettant de réciter la seconde prière comme une requête. L’un d’eux a dit : Suffisamment longtemps pour que son esprit soit dans un état d’imploration [titḥolel], lui permettant d’implorer Dieu dans sa seconde prière.
מַאן דְּאָמַר ״כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹנֵן דַּעְתּוֹ עָלָיו״, דִּכְתִיב: ״וָאֶתְחַנַּן אֶל ה׳״. וּמַאן דְּאָמַר ״כְּדֵי שֶׁתִּתְחוֹלֵל דַּעְתּוֹ עָלָיו״, דִּכְתִיב: ״וַיְחַל מֹשֶׁה״.
La Guemara souligne que Rav Houna et Rav Ḥisda ont tous deux fondé leurs positions sur les prières de Moïse. Celui qui a dit : Afin que son esprit soit dans un état de supplication [titḥonen], comme il est écrit : « Et j’ai supplié [va’etḥanan] devant le Seigneur » (Deutéronome 3:23). Et celui qui a dit : Afin que son esprit soit dans un état d’imploration [titḥolel] comme il est écrit : « Et Moïse implora [vayeḥal] le Seigneur » (Exode 32:11).
אָמַר רַב עָנָן אָמַר רַב: טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר שֶׁל רֹאשׁ חֹדֶשׁ עַרְבִית — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, לְפִי שֶׁאֵין בֵּית דִּין מְקַדְּשִׁין אֶת הַחֹדֶשׁ אֶלָּא בַּיּוֹם.
La Guemara reprend la discussion ci-dessus concernant l’omission de la mention de la nouvelle lune dans la prière de la Amida. Rav Anan a dit que Rav a dit : Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la nouvelle lune dans la prière du soir, nous ne lui demandons pas de revenir au début de la prière et de la répéter, car le tribunal ne sanctifie le nouveau mois que de jour, et la prière de la nouvelle lune, qui correspond à la sanctification du nouveau mois par le tribunal, appartient à la prière de jour.
אָמַר אַמֵּימָר: מִסְתַּבְּרָא מִילְּתָא דְּרַב בְּחֹדֶשׁ מָלֵא. אֲבָל בְּחֹדֶשׁ חָסֵר — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ.
Ameimar a dit : la déclaration de Rav est raisonnable dans un mois complet, c’est-à-dire un mois où il y a deux jours potentiels de Nouvelle Lune, le trentième jour du mois précédent et le premier jour du nouveau mois. Si quelqu’un a omis de mentionner la Nouvelle Lune la nuit du trentième, nous n’exigeons pas qu’il retourne au début de la prière et la répète, car il peut la mentionner la nuit suivante, qui est la nuit du premier jour du nouveau mois, lequel est le jour principal de la Nouvelle Lune. Mais dans un mois court de vingt-neuf jours, suivi d’un seul jour de Nouvelle Lune, nous exigeons qu’il retourne au début de la prière et la répète, même dans la prière du soir.
אֲמַר לֵיהּ רַב אָשֵׁי לְאַמֵּימָר: מִכְּדֵי רַב טַעְמָא קָאָמַר, מָה לִי חָסֵר וּמָה לִי מָלֵא?! אֶלָּא לָא שְׁנָא.
Rav Ashi dit à Ameimar : Puisque Rav donne une raison à son affirmation, quelle différence cela fait-il pour moi si le mois est court, et quelle différence cela fait-il pour moi s’il est plein ? Plutôt, il n’y a pas de différence. Rav a fondé son opinion sur le parallèle établi entre la sanctification du mois et la mention de la Nouvelle Lune dans la prière de la Amida ; la sanctification du mois n’est pas pertinente la nuit.


הדרן עלך תפלת השחר
Pouvons-nous revenir vers toi : la Tefillah du matin !
מַתְנִי׳ אֵין עוֹמְדִין לְהִתְפַּלֵּל אֶלָּא מִתּוֹךְ כּוֹבֶד רֹאשׁ. חֲסִידִים הָרִאשׁוֹנִים הָיוּ שׁוֹהִין שָׁעָה אַחַת, וּמִתְפַּלְּלִין, כְּדֵי שֶׁיְּכַוְּונוּ לִבָּם לַאֲבִיהֶם שֶׁבַּשָּׁמַיִם. אֲפִילּוּ הַמֶּלֶךְ שׁוֹאֵל בִּשְׁלוֹמוֹ — לֹא יְשִׁיבֶנּוּ, וַאֲפִילּוּ נָחָשׁ כָּרוּךְ עַל עֲקֵבוֹ — לֹא יַפְסִיק.
MICHNA :On ne doit se tenir debout et commencer à prier qu’à partir d’une attitude de gravité et de soumission. Une tradition enseigne que les premières générations d’hommes pieux attendaient une heure, afin d’atteindre l’état d’esprit solennel approprié à la prière, puis priaient, afin de diriger leur cœur vers leur Père dans les Cieux. Se tenir debout en prière, c’est se tenir devant Dieu et, à ce titre, même si le roi le salue, il ne doit pas lui répondre ; et même si un serpent est enroulé autour de son talon, il ne doit pas interrompre sa prière.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי? אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: דְּאָמַר קְרָא ״וְהִיא מָרַת נָפֶשׁ״.
GUEMARA : Nous avons appris dans la michna que la prière doit être entreprise dans une atmosphère de gravité. La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? Rabbi Elazar a dit : Ils sont dérivés des versets décrivant la prière de Hannah, mère de Samuel, comme le verset l’énonce : « Et elle avait l’amertume de l’âme, et elle pria l’Éternel et pleura abondamment » (I Samuel 1:10).
מִמַּאי? דִּילְמָא חַנָּה שָׁאנֵי, דַּהֲוָת מְרִירָא לִבָּא טוּבָא.
La Guemara rejette cette preuve : D'où découle cette conclusion ? Peut-être Hannah est-elle différente, car son cœur était extrêmement amer, et sa prière était elle aussi empreinte d'amertume. Cela ne prouve pas que chacun doive prier dans cet état d'esprit.
אֶלָּא אָמַר רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי חֲנִינָא, מֵהָכָא: ״וַאֲנִי בְּרֹב חַסְדְּךָ אָבוֹא בֵיתֶךָ אֶשְׁתַּחֲוֶה אֶל הֵיכַל קׇדְשְׁךָ בְּיִרְאָתֶךָ״.
Au contraire, Rabbi Yossei, fils de Rabbi Ḥanina, a dit, cela peut être prouvé d’ici, comme David l’a dit : « Mais moi, par l’abondance de Ta bonté bienveillante, j’entrerai dans Ta maison ; vers Ton Saint Temple je me prosternerai avec révérence devant Toi » (Psaumes 5:8). Entrer dans la prière, comme entrer dans le Saint Temple, doit se faire avec révérence.
מִמַּאי? דִּילְמָא דָּוִד שָׁאנֵי, דַּהֲוָה מְצַעַר נַפְשֵׁיהּ בְּרַחֲמֵי טוּבָא. אֶלָּא אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, מֵהָכָא: ״הִשְׁתַּחֲווּ לַה׳ בְּהַדְרַת קֹדֶשׁ״: אַל תִּקְרֵי ״בְּהַדְרַת״ אֶלָּא ״בְּחֶרְדַּת״.
La Guemara rejette également cette preuve : D’où découle cette conclusion ? Peut-être David est-il différent, car il s’affligeait excessivement dans la prière afin d’expier sa transgression avec Bethsabée. Par conséquent, son cas ne peut pas servir de paradigme pour la conduite appropriée dans la prière. Plutôt, Rabbi Yehoshua ben Levi a dit que cela peut être déduit d’ici, de ce verset que David a prononcé, non pas au sujet de son propre culte, mais au sujet du culte de Dieu en général : « Rendez au Seigneur la gloire due à Son nom, prosternez-vous devant le Seigneur dans la beauté de la sainteté [behadrat kodesh] » (Psaumes 29:2). Ne lis pas : Dans la beauté de [behadrat] sainteté. Au contraire, lis : Dans le tremblement de [beḥerdat] sainteté ; on doit entrer dans la prière à partir d’une atmosphère de gravité engendrée par la sainteté.
מִמַּאי? דִּילְמָא לְעוֹלָם אֵימָא לְךָ, ״הַדְרַת״ מַמָּשׁ. כִּי הָא דְּרַב יְהוּדָה הֲוָה מְצַיֵּין נַפְשֵׁיהּ, וַהֲדַר מְצַלֵּי. אֶלָּא אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק מֵהָכָא: ״עִבְדוּ אֶת ה׳ בְּיִרְאָה וְגִילוּ בִּרְעָדָה״.
La Guemara rejette également cela : D’où découle cette conclusion ? Peut-être, en réalité je te dirais qu’il faut le lire tel que c’est écrit : Précisément, « dans la beauté », et cela signifie qu’il faut prier en beaux vêtements, comme dans le cas de Rav Yehouda, qui se parait puis priait. Rav Yehouda pensait que celui qui se présente devant le Roi doit porter ses plus beaux vêtements. La Guemara n’a pas encore trouvé de source pour la halakha selon laquelle il faut aborder la prière dans une atmosphère de gravité. Au contraire, Rav Naḥman bar Yitzḥak dit que cela peut être dérivé d’ici, de ce verset : « Servez le Seigneur avec crainte et réjouissez-vous avec tremblement » (Psaumes 2:11).
מַאי ״וְגִילוּ בִּרְעָדָה״? אָמַר רַב אַדָּא בַּר מַתְנָא אָמַר רַבָּה: בִּמְקוֹם גִּילָה שָׁם תְּהֵא רְעָדָה.
Après avoir cité ce verset des Psaumes, la Guemara demande : Quel est le sens de réjouissez-vous avec tremblement ? Rav Adda bar Mattana a dit que Rabba a dit : On ne doit pas éprouver une joie débridée ; même là où il y a de la réjouissance, il doit y avoir du tremblement.
אַבָּיֵי הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבָּה חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה קָא בָדַח טוּבָא. אֲמַר ״וְגִילוּ בִּרְעָדָה״ כְּתִיב!
À ce sujet, la Guemara raconte : Abaye était assis devant son maître Rabba, et Rabba vit qu’il était excessivement joyeux. Il dit à Abaye : Il est écrit : Réjouissez-vous avec tremblement, la joie d’une personne ne doit pas être sans retenue.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא תְּפִילִּין מַנַּחְנָא.
Abaye lui dit : Cela m’est permis, car je mets des phylactères maintenant, et tant qu’ils sont sur moi, ils garantissent que la crainte de Dieu est sur moi.
רַבִּי יִרְמְיָה הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי זֵירָא. חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה קָא בָדַח טוּבָא אֲמַר לֵיהּ: ״בְּכׇל עֶצֶב יִהְיֶה מוֹתָר״ כְּתִיב?
De même, la Guemara rapporte que Rabbi Yirmeya était assis devant Rabbi Zeira. Il vit que Rabbi Yirmeya était excessivement joyeux. Il lui dit : Il est écrit : « Dans toute tristesse il y a un profit » (Proverbes 14:23) ; la tristesse est appropriée, non la joie excessive.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא תְּפִילִּין מַנַּחְנָא.
Rabbi Yirmeya lui dit : Cela m’est permis parce que je mets des phylactères.
מָר בְּרֵיהּ דְּרָבִינָא עֲבַד הִילּוּלָא לִבְרֵיהּ, חֲזַנְהוּ לְרַבָּנַן דַּהֲווֹ קָבָדְחִי טוּבָא.
Dans le même esprit, la Guemara raconte : Mar, fils de Ravina, fit un festin de mariage pour son fils et vit les Sages, qui étaient excessivement joyeux.

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