וְהִשְׁקִיף בָּהּ שְׁתַּיִם וְשָׁלֹשׁ שָׁעוֹת, וְלֹא הֶעֱלוּהוּ.
et l’examina minutieusement, en essayant de se souvenir de la bénédiction pendant deux ou trois heures, et on ne l’a pas retiré de son rôle de chef de prière.
אַמַּאי לֹא הֶעֱלוּהוּ? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: טָעָה בְּכָל הַבְּרָכוֹת כֻּלָּן — אֵין מַעֲלִין אוֹתוֹ, בְּבִרְכַּת הַמִּינִים — מַעֲלִין אוֹתוֹ. חָיְישִׁינַן שֶׁמָּא מִין הוּא?
La Guemara demande : Pourquoi ne l’ont-ils pas écarté ? Rav Yehouda n’a-t-il pas dit que Rav a dit : Celui qui officiait comme chef de prière devant l’assemblée et s’est trompé dans la récitation de n’importe laquelle des bénédictions, on ne l’écarte pas de son rôle de chef de prière. Cependant, celui qui s’est trompé en récitant la bénédiction des hérétiques, on l’écarte, car nous soupçonnons qu’il est peut-être un hérétique et qu’il a intentionnellement omis la bénédiction pour éviter de se maudire lui-même. Pourquoi, alors, n’ont-ils pas écarté Chmouel HaKatan ?
שָׁאנֵי שְׁמוּאֵל הַקָּטָן דְּאִיהוּ תַּקְּנַהּ.
La Guemara répond : Shmuel HaKatan est différent, car il a institué cette bénédiction et il n’y a aucun soupçon à son égard.
וְנֵיחוּשׁ דִּלְמָא הֲדַר בֵּיהּ. אָמַר אַבָּיֵי: גְּמִירִי, טָבָא לָא הָוֵי בִּישָׁא.
La Guemara continue : Soupçonnons que peut-être il a reconsidéré et, bien qu’il ait été juste, il a changé d’avis ? Abaye a dit : Nous avons appris par tradition qu’une personne bonne ne devient pas méchante.
וְלָא?! וְהָכְתִיב: ״וּבְשׁוּב צַדִּיק מִצִּדְקָתוֹ וְעָשָׂה עָוֶל״. הָהוּא רָשָׁע מֵעִיקָּרוֹ, אֲבָל צַדִּיק מֵעִיקָּרוֹ — לָא.
La Guemara objecte : Et ne devient-il pas méchant ? N’est-il pas explicitement écrit : « Et lorsque le juste se détourne de sa justice et commet le mal comme toutes les abominations qu’a commises le méchant, vivra-t-il ? Tous les actes justes qu’il a accomplis ne seront pas rappelés, à cause de la trahison qu’il a commise et du péché par lequel il a fauté ; pour ceux-ci il mourra » (Ézéchiel 18:24) ? Abaye répond : Ce verset se réfère à un individu juste qui était initialement méchant et s’est repenti, mais qui a finalement repris ses mauvaises voies. Cependant, celui qui est initialement juste ne devient pas méchant.
וְלָא?! וְהָא תְּנַן: אַל תַּאֲמִין בְּעַצְמְךָ עַד יוֹם מוֹתְךָ, שֶׁהֲרֵי יוֹחָנָן כֹּהֵן גָּדוֹל שִׁמֵּשׁ בִּכְהוּנָּה גְּדוֹלָה שְׁמֹנִים שָׁנָה וּלְבַסּוֹף נַעֲשָׂה צָדוֹקִי.
La Guemara demande : Et ne devient-il pas méchant ? N’avons-nous pas appris dans une michna : Ne sois pas sûr de toi jusqu’au jour de ta mort, car Yoḥanan le Grand Prêtre a exercé la grande prêtrise pendant quatre-vingts ans et a finalement adopté la voie sadducéenne. Même quelqu’un d’éminent dans sa droiture peut devenir hérétique.
אָמַר אַבָּיֵי: הוּא יַנַּאי, הוּא יוֹחָנָן. רָבָא אָמַר: יַנַּאי לְחוּד וְיוֹחָנָן לְחוּד, יַנַּאי — רָשָׁע מֵעִיקָּרוֹ, וְיוֹחָנָן — צַדִּיק מֵעִיקָּרוֹ. הַנִּיחָא לְאַבָּיֵי, אֶלָּא לְרָבָא קַשְׁיָא.
Abaye répondit : C’est Yannai, c’est Yoḥanan. En d’autres termes, dès ses débuts, toute la dynastie hasmonéenne avait la même attitude positive envers les sadducéens, et il n’y avait aucune distinction entre Yoḥanan Hyrcan et Alexandre Yannai. Yoḥanan, le Grand Prêtre, avait des penchants sadducéens dès le départ. Rava dit : Yannai est distinct et Yoḥanan est distinct. Ils ne partageaient pas la même position à cet égard. Yannai était méchant dès le départ et Yoḥanan était juste dès le départ. Si tel est le cas, cela s’accorde bien avec l’opinion d’Abaye ; cependant, selon l’opinion de Rava, cela est difficile. Comment Yoḥanan, un homme juste, a-t-il pu changer et devenir méchant ?
אָמַר לָךְ רָבָא: צַדִּיק מֵעִיקָּרוֹ נָמֵי דִּלְמָא הָדַר בֵּיהּ. אִי הָכִי, אַמַּאי לָא אַסְּקוּהוּ?
La Guemara répond : Rava aurait pu te dire : Il y a aussi lieu de craindre que quelqu’un qui est juste dès le départ ne se ravise peut-être et ne devienne méchant, comme ce fut le cas de Yoḥanan le Grand Prêtre. Si tel est le cas, la question initiale est difficile : Pourquoi ne l’ont-ils pas retiré de Shmuel HaKatan du rôle d’officiant de la prière ?
שָׁאנֵי שְׁמוּאֵל הַקָּטָן דְּאַתְחֵיל בַּהּ. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: לֹא שָׁנוּ, אֶלָּא שֶׁלֹּא הִתְחִיל בָּהּ, אֲבָל הִתְחִיל בָּהּ — גּוֹמְרָהּ.
La Guemara répond : Le cas de Shmuel HaKatan est différent, car il a commencé à réciter la bénédiction des hérétiques et, pendant qu’il la récitait, il s’est troublé et a oublié la fin de la bénédiction. Par conséquent, on ne le soupçonna pas de penchants hérétiques. En effet, Rav Yehuda a dit que Rav, et certains disent que Rabbi Yehoshua ben Levi, a dit : Ils ont seulement enseigné que celui qui se trompe en récitant la bénédiction des hérétiques est écarté dans un cas où il n’a pas commencé à la réciter. Mais s’il a commencé à la réciter, alors on lui permet de rassembler ses pensées et de finir de la réciter.
הָנֵי שֶׁבַע דְּשַׁבְּתָא כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי חֲלַפְתָּא בֶּן שָׁאוּל: כְּנֶגֶד שִׁבְעָה ״קוֹלוֹת״ שֶׁאָמַר דָּוִד עַל הַמַּיִם.
Jusqu’à ce point, la Guemara a discuté des allusions aux dix-neuf bénédictions qui constituent la prière de la Amida des jours de semaine. La Guemara demande : À quoi correspondent ces sept bénédictions de la prière de la Amida de Shabbat ? La Guemara répond : Rabbi Ḥalafta ben Shaul a dit : Elles correspondent aux sept « voix » que David a mentionnées sur les eaux ; autrement dit, les sept fois où « la voix de Dieu » est mentionnée dans le Psaume 29, qui ont servi de source à la prière des jours de semaine.
הָנֵי תֵּשַׁע דְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי יִצְחָק דְּמִן קַרְטִיגְנִין: כְּנֶגֶד תִּשְׁעָה אַזְכָּרוֹת שֶׁאָמְרָה חַנָּה בִּתְפִלָּתָהּ, דְּאָמַר מָר: בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה נִפְקְדָה שָׂרָה רָחֵל וְחַנָּה.
La Guemara demande en outre : À quoi correspondaient ces neuf bénédictions de la prière additionnelle de Roch HaChana ? Rabbi Yitzḥak de Kartignin a dit : Elles correspondent aux neuf mentions du nom de Dieu que Hannah a prononcées dans sa prière (I Samuel 2:10). Le lien entre la prière de Hannah et Roch HaChana repose sur ce que le Maître a dit : À Roch HaChana, Sarah, Rachel et Hannah ont été rappelées, et le décret divin selon lequel elles concevraient leurs fils a été prononcé.
הָנֵי עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע דְּתַעֲנִיתָא כְּנֶגֶד מִי? אָמַר רַבִּי חֶלְבּוֹ: כְּנֶגֶד עֶשְׂרִים וְאַרְבַּע ״רְנָנוֹת״ שֶׁאָמַר שְׁלֹמֹה בְּשָׁעָה שֶׁהִכְנִיס אָרוֹן לְבֵית קׇדְשֵׁי הַקׇּדָשִׁים: אִי הָכִי, כׇּל יוֹמָא נָמֵי נֵמְרִינְהוּ! אֵימַת אַמְרִינְהוּ שְׁלֹמֹה — בְּיוֹמָא דְרַחֲמֵי, אֲנַן נָמֵי בְּיוֹמָא דְרַחֲמֵי אָמְרִינַן לְהוּ.
La Guemara poursuit : À quoi correspondent ces vingt-quatre bénédictions de la prière de la Amida des jours de jeûne ? Rabbi Ḥelbo a dit : Elles correspondent aux vingt-quatre « chants » que Salomon prononça lorsqu’il fit entrer l’arche dans le Saint des Saints lors de la dédicace du Temple, car on y trouve vingt-quatre expressions de chant, de prière et de supplication (I Rois 8). La Guemara demande : Si c’est le cas, alors disons ces vingt-quatre bénédictions chaque jour. La Guemara répond : Quand Salomon les a-t-il prononcées ? Un jour de supplication pour la miséricorde. Nous aussi, nous les disons un jour de supplication pour la miséricorde.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מֵעֵין שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה. מַאי ״מֵעֵין שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה״? רַב אָמַר: מֵעֵין כׇּל בְּרָכָה וּבְרָכָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: ״הֲבִינֵנוּ ה׳ אֱלֹהֵינוּ לָדַעַת דְּרָכֶיךָ, וּמוֹל אֶת לְבָבֵנוּ לְיִרְאָתֶךָ, וְתִסְלַח לָנוּ לִהְיוֹת גְּאוּלִים, וְרַחֲקֵנוּ מִמַּכְאוֹבֵינוּ, וְדַשְּׁנֵנוּ בִּנְאוֹת אַרְצֶךָ, וּנְפוּצוֹתֵינוּ מֵאַרְבַּע תְּקַבֵּץ, וְהַתּוֹעִים עַל דַּעְתְּךָ יִשְׁפְּטוּ, וְעַל הָרְשָׁעִים תָּנִיף יָדֶיךָ, וְיִשְׂמְחוּ צַדִּיקִים בְּבִנְיַן עִירֶךָ וּבְתִקּוּן הֵיכָלֶךָ, וּבִצְמִיחַת קֶרֶן לְדָוִד עַבְדֶּךָ וּבַעֲרִיכַת נֵר לְבֶן יִשַׁי מְשִׁיחֶךָ, טֶרֶם נִקְרָא אַתָּה תַעֲנֶה. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״.
Nous avons appris dans la michna que Rabbi Yehoshua dit que chaque jour on récite une version abrégée de la prière des dix-huit bénédictions. La Guemara demande : Quelle est la version abrégée de la prière des dix-huit bénédictions ? Il existe différentes opinions. Rav a dit : On récite une version abrégée de chacune des bénédictions. Shmuel a dit : Une version abrégée de la prière des dix-huit bénédictions désigne une bénédiction composée spécialement pour être récitée à la place des treize bénédictions intermédiaires. Elle contient des références à chacune des treize bénédictions intermédiaires. La formule de cette bénédiction est : Accorde-nous l’intelligence, Seigneur notre Dieu, pour connaître Tes voies, et rends nos cœurs sensibles afin que nous Te révérions, et pardonne-nous afin que nous soyons rachetés, et éloigne-nous de notre souffrance, et rassasie-nous des pâturages de Ta terre, et rassemble notre peuple dispersé des quatre coins de la terre, et que ceux qui s’égarent soient jugés selon Ta volonté, et lève Ta main contre les méchants, et que les justes se réjouissent dans la reconstruction de Ta ville, et dans la restauration de Ton Sanctuaire, et dans l’épanouissement de Ton serviteur David, et dans l’établissement d’une lumière pour Ton Messie, fils de Yishai. Avant que nous appelions, puisses-Tu répondre. Béni sois-Tu, Seigneur, qui écoutes la prière.”
לָיֵיט עֲלַהּ אַבָּיֵי אַמַּאן דִּמְצַלֵּי ״הֲבִינֵנוּ״.
Bien que Shmuel ait mentionné cette prière abrégée, Abaye maudissait quiconque récitait la prière : Accorde-nous la compréhension, car il estimait qu’on ne peut la réciter qu’en cas de nécessité pressante (Rabbi Ḥananel, Me’iri).
אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מִתְפַּלֵּל אָדָם ״הֲבִינֵנוּ״, חוּץ מִמּוֹצָאֵי שַׁבָּת וּמִמּוֹצָאֵי יָמִים טוֹבִים, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר הַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדָּעַת״.
La Guemara restreint encore davantage les occasions où l’on peut réciter la prière abrégée. Rav Naḥman a dit que Shmuel a dit : On peut réciter : Accorde-nous l’intelligence pendant toute l’année, sauf lors de la prière du soir à la conclusion du Shabbat et à la conclusion des Fêtes, car il doit réciter la prière de distinction [havdala] dans la bénédiction : Qui accorde gracieusement la connaissance.
מַתְקִיף לַהּ רַבָּה בַּר שְׁמוּאֵל: וְנֵימְרַהּ בְּרָכָה רְבִיעִית בִּפְנֵי עַצְמָהּ! מִי לָא תְּנַן רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אוֹמְרָהּ בְּרָכָה רְבִיעִית בִּפְנֵי עַצְמָהּ. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בַּהוֹדָאָה.
Rabba bar Shmuel s’oppose vivement à cela : Après avoir récité les trois bénédictions initiales, disons la havdala comme une quatrième bénédiction indépendante, puis récitons la prière de Accorde-nous l’intelligence. Cela est possible. N’avons-nous pas appris dans une michna que Rabbi Akiva dit : Il récite la havdala comme une quatrième bénédiction indépendante ? Rabbi Eliezer dit : Il récite la havdala dans la bénédiction de remerciement.
אַטּוּ כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מִי עָבְדִינַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא, דְּהַשְׁתָּא נָמֵי נַעֲבֵיד?! כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מַאי טַעְמָא לָא עָבְדִינַן כְּרַבִּי עֲקִיבָא תַּמְנֵי סְרֵי תַּקּוּן, תְּשַׁסְרֵי לָא תַּקּוּן, הָכָא נָמֵי שֶׁבַע תַּקּוּן תַּמְנֵי לָא תַּקּוּן.
La Guemara répond : Pratiquons-nous conformément à l’opinion de Rabbi Akiva tout au long de l’année sur cette question, de sorte que nous pratiquions aussi ainsi maintenant ? Tout au long de l’année, quelle est la raison pour laquelle nous ne pratiquons pas conformément à l’opinion de Rabbi Akiva ? Parce qu’ils ont institué dix-huit bénédictions, ils n’en ont pas institué dix-neuf. Ici aussi, ils ont institué sept bénédictions, ils n’en ont pas institué huit. Par conséquent, la possibilité de réciter la havdala comme une quatrième bénédiction indépendante est rejetée.
מַתְקִיף לַהּ מָר זוּטְרָא: וְנִכְלְלָה מִכְלָל: ״הֲבִינֵנוּ ה׳ אֱלֹהֵינוּ הַמַּבְדִּיל בֵּין קֹדֶשׁ לְחוֹל״! קַשְׁיָא.
Mar Zutra s’oppose vivement à cela : incluonsla havdala dans le cadre de la bénédiction abrégée : Accorde-nous la compréhension, Seigneur notre Dieu, qui distingue entre le sacré et le profane. Aucune réponse n’a été apportée à cette objection, et elle demeure difficile.
אָמַר רַב בִּיבִי בַּר אַבָּיֵי: כׇּל הַשָּׁנָה כּוּלָּהּ מִתְפַּלֵּל אָדָם ״הֲבִינֵנוּ״, חוּץ מִימוֹת הַגְּשָׁמִים, מִפְּנֵי שֶׁצָּרִיךְ לוֹמַר שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת ״הַשָּׁנִים״. מַתְקִיף לַהּ מָר זוּטְרָא: וְנִכְלְלָה מִכְלָל: ״וְדַשְּׁנֵנוּ בִּנְאוֹת אַרְצֶךָ, וְתֵן טַל וּמָטָר״!
Rav Beivai bar Abaye a dit : Il existe une restriction supplémentaire qui s’applique à la prière abrégée. On peut réciter Accorde-nous l’intelligence pendant toute l’année, sauf pendant la saison des pluies, car il doit réciter la demande de pluie dans la bénédiction des années. Mar Zutra objecte vivement à cela : Incluons la demande de pluie dans le cadre de la bénédiction abrégée : Rassasie-nous des pâturages de Ta terre, et accorde rosée et pluie.
אָתֵי לְאִטְּרוֹדֵי. אִי הָכִי, הַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדָּעַת״, נָמֵי אָתֵי לְאִטְּרוֹדֵי!
La Guemara répond : Cela est irréalisable, car il sera confus en introduisant un nouvel élément dans la formule standard de la bénédiction. La Guemara demande : Si tel est le cas, en introduisant la havdala dans le cadre de la bénédiction abrégée dans la section faisant allusion à la bénédiction, Qui accorde gracieusement la connaissance, il sera également confus. Pourquoi la Guemara n’a-t-elle pas répondu à la forte objection de Mar Zutra concernant la havdala de cette manière ?
אָמְרִי: הָתָם כֵּיוָן דְּאָתְיָא בִּתְחִלַּת צְלוֹתָא — לָא מִטְּרִיד, הָכָא כֵּיוָן דְּאָתְיָא בְּאֶמְצַע צְלוֹתָא — מִטְּרִיד.
La Guemara répond : Ils disent que ces cas sont différents : Là-bas, concernant la havdala, puisque l’introduction du nouvel élément vient au début de la prière, il ne sera pas confus. Ici, puisque la demande de pluie vient au milieu de la prière, il sera confus .
מַתְקִיף לַהּ רַב אָשֵׁי: וְנֵימְרַהּ בְּ״שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״, דְּאָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַב אַסִּי: טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּ״תְחִיַּית הַמֵּתִים״ — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת הַשָּׁנִים — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּ"שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה". וְהַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדָּעַת״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ עַל הַכּוֹס. טָעָה שָׁאנֵי.
Rav Ashi s’oppose vivement à cela : Si tel est le cas, disons la demande de pluie dans le cadre de la bénédiction abrégée, dans la section faisant allusion à la bénédiction Qui écoute la prière. Comme l’a dit Rabbi Tanḥum que Rav Asi a dit : Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la puissance des pluies dans la bénédiction sur la résurrection des morts, nous exigeons qu’il revienne au début de la prière et la répète. Cependant, celui qui s’est trompé et n’a pas récité la demande de pluie dans la neuvième bénédiction de la Amida, la bénédiction des années, nous n’exigeons pas qu’il revienne au début de la prière et la répète car il peut la réciter dans la bénédiction Qui écoute la prière. Et celui qui s’est trompé et n’a pas récité havdala dans la bénédiction Qui accorde gracieusement la connaissance, nous n’exigeons pas qu’il revienne au début de la prière et la répète, puisqu’il peut réciter lahavdala sur la coupe de vin. On peut demander la pluie dans la bénédiction Qui écoute la prière et, par conséquent, l’introduire à la fin de la bénédiction abrégée sans se troubler. La Guemara répond : Celui qui s’est trompé est différent, et ce n’est qu’alors qu’il a la possibilité de demander la pluie dans la bénédiction Qui écoute la prière. Ab initio, la demande de pluie ne peut pas y être insérée.
גּוּפָא, אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַב אַסִּי: טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּ״תְחִיַּית הַמֵּתִים״ — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת ״הַשָּׁנִים״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּ״שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״. וְהַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדָּעַת״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ עַל הַכּוֹס.
L’affirmation selon laquelle Rabbi Tanḥum a dit que Rav Asi a dit était incidente à la discussion précédente. La Guemara tente de comprendre la question elle-même. Rabbi Tanḥum a dit que Rav Asi a dit : Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la puissance des pluies dans la bénédiction sur la résurrection des morts, nous exigeons qu’il revienne au début de la prière et la répète. Cependant, celui qui s’est trompé et n’a pas récité la demande de pluie dans la bénédiction des années, nous n’exigeons pas qu’il revienne au début de la prière et la répète, car il peut la réciter dans la bénédiction Qui écoute la prière. Et celui qui s’est trompé et n’a pas récité havdala dans la bénédiction Qui accorde gracieusement la connaissance, nous n’exigeons pas qu’il revienne au début de la prière et la répète, puisqu’il peut réciter havdala sur la coupe de vin.
מֵיתִיבִי: טָעָה וְלֹא הִזְכִּיר גְּבוּרוֹת גְּשָׁמִים בִּ״תְחִיַּית הַמֵּתִים״ — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ. שְׁאֵלָה בְּבִרְכַּת ״הַשָּׁנִים״ — מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, וְהַבְדָּלָה בְּ״חוֹנֵן הַדָּעַת״ — אֵין מַחֲזִירִין אוֹתוֹ, מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ עַל הַכּוֹס.
La Guemara a soulevé une objection sur la base de ce qui a été enseigné dans la Tosefta : Celui qui s’est trompé et n’a pas mentionné la puissance des pluies dans la bénédiction de la résurrection des morts, nous exigeons qu’il revienne au début de la prière et la répète. Celui qui s’est trompé et n’a pas récité la demande de pluie dans la bénédiction des années, nous exigeons qu’il revienne au début de la prière et la répète. Cependant, celui qui s’est trompé et n’a pas récité havdala dans la bénédiction Qui accorde gracieusement la connaissance, nous n’exigeons pas qu’il revienne au début de la prière et la répète, car il peut réciter lahavdala sur la coupe de vin. La Tosefta contredit la déclaration de Rabbi Tanḥoum concernant celui qui s’est trompé et n’a pas récité la demande de pluie dans la bénédiction des années.
לָא קַשְׁיָא, הָא בְּיָחִיד, הָא בְּצִבּוּר.
La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ce cas, où nous exigeons qu’il retourne au début de la prière et la répète, se rapporte à une situation où il prie à titre individuel. Tandis que cet autre cas, où nous n’exigeons pas qu’il retourne au début de la prière et la répète, se rapporte à une situation où il prie comme faisant partie d’une assemblée.
בְּצִבּוּר מַאי טַעְמָא לָא — מִשּׁוּם דְּשַׁמְעַהּ מִשְּׁלִיחַ צִבּוּר, אִי הָכִי, הַאי ״מִפְּנֵי שֶׁיָּכוֹל לְאוֹמְרָהּ בְּשׁוֹמֵעַ תְּפִילָּה״, ״מִפְּנֵי שֶׁשּׁוֹמֵעַ מִשְּׁלִיחַ צִיבּוּר״ מִיבְּעֵי לֵיהּ.
La Guemara soulève une difficulté : Lorsqu’on prie en tant que membre d’une assemblée, quelle est la raison pour laquelle il n’a pas besoin de revenir au début de la prière et de la répéter ? Parce que il peut s’acquitter de son obligation lorsqu’il l’entend de l’officiant communautaire lors de la répétition de la prière de la Amida. Si tel est le cas, la formulation de Rabbi Tanḥum est imprécise. Ce qu’il a dit, à savoir qu’il n’a pas besoin de revenir au début de la prière et de la répéter parce qu’il peut la réciter dans la bénédiction : Qui écoute la prière, aurait dû être : Parce qu’il l’entend de l’officiant communautaire. Cela prouve que la tentative de repousser l’objection de la Tosefta à Rabbi Tanḥum était incorrecte.
אֶלָּא אִידֵּי וְאִידֵּי בְּיָחִיד, וְלָא קַשְׁיָא: הָא דְּאִדְּכַר קוֹדֶם ״שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״,
Au contraire, cette déclaration de Rabbi Tanḥum comme celle-là dans la Tosefta se rapportent à quelqu’un qui prie à titre individuel et, néanmoins, cela ne pose pas de difficulté. Ce cas, où nous n’exigeons pas qu’il retourne au début de la prière pour la répéter, se rapporte à un cas où il se souvient de son erreur avant d’arriver à la bénédiction : Qui écoute la prière, auquel cas il peut demander la pluie dans cette bénédiction.