רַב אַוְיָא חֲלַשׁ וְלָא אֲתָא לְפִרְקָא דְּרַב יוֹסֵף. לִמְחַר כִּי אֲתָא, בְּעָא אַבָּיֵי לְאַנּוֹחֵי דַּעְתֵּיהּ דְּרַב יוֹסֵף. אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא לָא אֲתָא מָר לְפִרְקָא? אָמַר לֵיהּ: דַּהֲוָה חֲלִישׁ לִבַּאי וְלָא מָצֵינָא. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי לָא טְעַמְתְּ מִידֵּי וַאֲתֵית? אֲמַר לֵיהּ: לָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּרַב הוּנָא? דְּאָמַר רַב הוּנָא: אָסוּר לוֹ לְאָדָם שֶׁיִּטְעוֹם כְּלוּם קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל תְּפִלַּת הַמּוּסָפִין! אֲמַר לֵיהּ: אִיבְּעִי לֵיהּ לְמָר לְצַלּוֹיֵי צְלוֹתָא דְּמוּסָפִין בְּיָחִיד, וְלִטְעוֹם מִידֵּי וּלְמֵיתֵי. אֲמַר לֵיהּ: וְלָא סָבַר לַהּ מָר לְהָא דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אָסוּר לוֹ לָאָדָם שֶׁיַּקְדִּים תְּפִלָּתוֹ לִתְפִלַּת הַצִּבּוּר? אֲמַר לֵיהּ: לָאו אִתְּמַר עֲלַהּ אָמַר רַבִּי אַבָּא בְּצִבּוּר שָׁנוּ.
Après avoir mentionné jusqu’à quand la prière additionnelle peut être récitée, la Guemara rapporte : Rav Avya était malade et ne vint pas au cours de Chabbat de Rav Yosef. Lorsque Rav Avya vint le lendemain, Abaye chercha à apaiser Rav Yosef, et, par une série de questions et de réponses, chercha à lui faire comprendre que l’absence de Rav Avya au cours n’était pas une marque de mépris envers Rav Yosef.
À cette fin, il lui demanda : Pourquoi le Maître n’a-t-il pas assisté au cours de Chabbat ?
Rav Avya lui dit : Parce que mon cœur était faible et que je n’étais pas capable d’y assister.
Abaye lui dit : Pourquoi n’as-tu pas mangé quelque chose et ne suis-tu pas venu ?
Rav Avya lui dit : Le Maître ne tient-il pas conformément à cette déclaration de Rav Huna ? Car Rav Huna a dit : Une personne ne peut rien goûter avant de réciter la prière additionnelle.
Abaye lui dit : Mon Maître aurait dû réciter la prière additionnelle individuellement, manger quelque chose, puis venir au cours.
Rav Avya lui dit : Mon Maître ne tient-il pas conformément à cette déclaration de Rabbi Yoḥanan : Une personne ne peut pas réciter sa prière individuelle avant la prière communautaire ?
Abaye lui dit : N’a-t-il pas été dit au sujet de cette halakha : Rabbi Abba a dit : Ils ont enseigné cela dans un cadre communautaire ?
En d’autres termes, seule une personne faisant partie d’une assemblée n’a pas le droit de prier seule avant la prière de l’assemblée. Bien que Rav Avya ait eu tort, la raison de son absence au cours fut clarifiée par cette discussion.
וְלֵית הִלְכְתָא לָא כְּרַב הוּנָא וְלָא כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כְּרַב הוּנָא — הָא דַּאֲמַרַן. כְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי — דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַן תְּפִלַּת מִנְחָה, אָסוּר לוֹ לְאָדָם שֶׁיִּטְעוֹם כְּלוּם קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל תְּפִלַּת הַמִּנְחָה.
Et la Guemara résume : La halakha n’est conforme ni à l’affirmation de Rav Houna ni à l’affirmation de Rabbi Yehoshoua ben Levi. La Guemara explique : Ce n’est pas conforme à l’affirmation de Rav Houna, comme nous l’avons dit plus haut au sujet de l’interdiction de manger avant la prière additionnelle. Ce n’est pas conforme à l’affirmation de Rabbi Yehoshoua ben Levi, car Rabbi Yehoshoua ben Levi a dit : Une fois que le moment de réciter la prière de l’après-midi est arrivé, une personne ne peut rien goûter avant de réciter la prière de l’après-midi.
מַתְנִי׳ רַבִּי נְחוּנְיָא בֶּן הַקָּנָה הָיָה מִתְפַּלֵּל בִּכְנִיסָתוֹ לְבֵית הַמִּדְרָשׁ וּבִיצִיאָתוֹ תְּפִלָּה קְצָרָה. אָמְרוּ לוֹ: מָה מָקוֹם לִתְפִלָּה זוֹ? אָמַר לָהֶם: בִּכְנִיסָתִי אֲנִי מִתְפַּלֵּל שֶׁלֹּא יֶאֱרַע דְּבַר תַּקָּלָה עַל יָדִי. וּבִיצִיאָתִי אֲנִי נוֹתֵן הוֹדָאָה עַל חֶלְקִי.
MICHNA : En plus des halakhot relatives aux prières fixes, la Guemara rapporte : Rabbi Neḥunya ben Hakana récitait une brève prière à son entrée dans la maison d’étude et à sa sortie. On lui dit : La maison d’étude n’est pas un endroit dangereux qui justifierait une prière à l’entrée et à la sortie, alors quelle place y a-t-il pour cette prière ? Il leur dit : À mon entrée, je prie pour qu’aucun malheur ne survienne par ma faute dans la maison d’étude. Et à ma sortie, je rends grâce pour ma part.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: בִּכְנִיסָתוֹ מַהוּ אוֹמֵר? ״יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁלֹּא יֶאֱרַע דְּבַר תַּקָּלָה עַל יָדִי, וְלֹא אֶכָּשֵׁל בִּדְבָר הֲלָכָה, וְיִשְׂמְחוּ בִּי חֲבֵרַי, וְלֹא אוֹמַר עַל טָמֵא טָהוֹר, וְלֹא עַל טָהוֹר טָמֵא. וְלֹא יִכָּשְׁלוּ חֲבֵרַי בִּדְבַר הֲלָכָה, וְאֶשְׂמַח בָּהֶם״.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita la formule complète de la prière de Rabbi Neḥounya ben Haqana : À son entrée, que dit-il ? Puisse telle être Ta volonté, Seigneur mon Dieu, qu’aucune erreur dans la détermination de la halakhane survienne par ma faute, et que je ne me trompe en aucune matière de halakha, et que mes collègues, qui avec moi s’emploient à clarifier la halakha, se réjouissent à mon sujet. Il a précisé : Et que je ne déclare pas pur ce qui est impur, ni ne déclare impur ce qui est pur, et que mes collègues ne se trompent en aucune matière de halakha, et que je me réjouisse d’eux.
בִּיצִיאָתוֹ מַהוּ אוֹמֵר? ״מוֹדֶה אֲנִי לְפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהַי שֶׁשַּׂמְתָּ חֶלְקִי מִיּוֹשְׁבֵי בֵּית הַמִּדְרָשׁ וְלֹא שַׂמְתָּ חֶלְקִי מִיּוֹשְׁבֵי קְרָנוֹת. שֶׁאֲנִי מַשְׁכִּים, וְהֵם מַשְׁכִּימִים. אֲנִי מַשְׁכִּים לְדִבְרֵי תוֹרָה, וְהֵם מַשְׁכִּימִים לִדְבָרִים בְּטֵלִים. אֲנִי עָמֵל וְהֵם עֲמֵלִים. אֲנִי עָמֵל וּמְקַבֵּל שָׂכָר, וְהֵם עֲמֵלִים וְאֵינָם מְקַבְּלִים שָׂכָר. אֲנִי רָץ וְהֵם רָצִים. אֲנִי רָץ לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא וְהֵם רָצִים לִבְאֵר שַׁחַת״.
À sa sortie, que disait-il ? Je Te rends grâce, Seigneur mon Dieu, de ce que Tu as placé ma part parmi ceux qui s’assoient dans la maison d’étude, et de ce que Tu n’as pas mis ma part parmi ceux qui restent assis oisivement aux coins des rues. Je me lève tôt, et eux aussi se lèvent tôt. Je me lève tôt pour m’occuper de questions de Torah, et eux se lèvent tôt pour s’occuper de choses futiles. Je peine et ils peinent. Je peine et je reçois une récompense, et eux peinent sans recevoir de récompense. Je cours et ils courent. Je cours vers la vie du Monde à Venir, et eux courent vers la fosse de destruction.
תָּנוּ רַבָּנַן: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר נִכְנְסוּ תַּלְמִידָיו לְבַקְּרוֹ. אָמְרוּ לוֹ: רַבֵּינוּ לַמְּדֵנוּ אוֹרְחוֹת חַיִּים וְנִזְכֶּה בָּהֶן לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא.
Dans le même esprit, la Guemara raconte des récits connexes avec des approches שונות. Les Sages ont enseigné : Lorsque Rabbi Eliezer tomba malade, ses élèves entrèrent pour lui rendre visite. Ils lui dirent : Enseigne-nous des chemins de vie, des lignes de conduite selon lesquelles vivre, et nous mériterons ainsi la vie du Monde à venir.
אָמַר לָהֶם: הִזָּהֲרוּ בִּכְבוֹד חַבְרֵיכֶם, וּמִנְעוּ בְּנֵיכֶם מִן הַהִגָּיוֹן, וְהוֹשִׁיבוּם בֵּין בִּרְכֵּי תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, וּכְשֶׁאַתֶּם מִתְפַּלְּלִים — דְּעוּ לִפְנֵי מִי אַתֶּם עוֹמְדִים. וּבִשְׁבִיל כָּךְ תִּזְכּוּ לְחַיֵּי הָעוֹלָם הַבָּא.
Il leur dit : Soyez vigilants quant à l’honneur de vos semblables, et empêchez vos enfants de la logique lorsqu’ils étudient des versets qui tendent vers l’hérésie (ge’onim), et placez vos enfants, alors qu’ils sont encore jeunes, entre les genoux des sages de la Torah, et, lorsque vous priez, sachez devant Qui vous vous tenez. Car en faisant cela, vous mériterez la vie du Monde à venir.
וּכְשֶׁחָלָה רַבִּי יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי נִכְנְסוּ תַּלְמִידָיו לְבַקְּרוֹ. כֵּיוָן שֶׁרָאָה אוֹתָם הִתְחִיל לִבְכּוֹת. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: ״נֵר יִשְׂרָאֵל, עַמּוּד הַיְמָנִי, פַּטִּישׁ הֶחָזָק״, מִפְּנֵי מָה אַתָּה בּוֹכֶה?
Une histoire semblable est racontée au sujet du maître de Rabbi Eliezer, Rabban Yoḥanan ben Zakkai : Lorsque Rabbi Yoḥanan ben Zakkai tomba malade, ses élèves entrèrent pour lui rendre visite. Quand il les vit, il se mit à pleurer. Ses élèves lui dirent : Lampe d’Israël, la colonne de droite, le marteau puissant, l’homme dont l’œuvre de toute une vie est le fondement de l’avenir du peuple juif, pourquoi pleures-tu ? Avec une vie aussi accomplie que la tienne, qu’est-ce qui te bouleverse ?
אָמַר לָהֶם: אִילּוּ לִפְנֵי מֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם הָיוּ מוֹלִיכִין אוֹתִי, שֶׁהַיּוֹם כָּאן וּמָחָר בַּקֶּבֶר, שֶׁאִם כּוֹעֵס עָלַי אֵין כַּעֲסוֹ כַּעַס עוֹלָם, וְאִם אוֹסְרֵנִי — אֵין אִיסּוּרוֹ אִיסּוּר עוֹלָם, וְאִם מְמִיתֵנִי — אֵין מִיתָתוֹ מִיתַת עוֹלָם, וַאֲנִי יָכוֹל לְפַיְּיסוֹ בִּדְבָרִים וּלְשַׁחֲדוֹ בְּמָמוֹן, אַף עַל פִּי כֵן הָיִיתִי בּוֹכֶה, וְעַכְשָׁיו שֶׁמּוֹלִיכִים אוֹתִי לִפְנֵי מֶלֶךְ מַלְכֵי הַמְּלָכִים הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא, שֶׁהוּא חַי וְקַיָּים לְעוֹלָם וּלְעוֹלְמֵי עוֹלָמִים, שֶׁאִם כּוֹעֵס עָלַי — כַּעֲסוֹ כַּעַס עוֹלָם, וְאִם אוֹסְרֵנִי — אִיסּוּרוֹ אִיסּוּר עוֹלָם, וְאִם מְמִיתֵנִי — מִיתָתוֹ מִיתַת עוֹלָם, וְאֵינִי יָכוֹל לְפַיְּיסוֹ בִּדְבָרִים וְלֹא לְשַׁחֲדוֹ בְּמָמוֹן. וְלֹא עוֹד, אֶלָּא שֶׁיֵּשׁ לְפָנַי שְׁנֵי דְרָכִים, אַחַת שֶׁל גַּן עֵדֶן וְאַחַת שֶׁל גֵּיהִנָּם, וְאֵינִי יוֹדֵעַ בְּאֵיזוֹ מוֹלִיכִים אוֹתִי, וְלֹא אֶבְכֶּה?!
Il leur dit : Je pleure par crainte du jugement céleste, car le jugement du tribunal céleste n’est pas comme le jugement de l’homme. S’ils me conduisaient devant un roi de chair et de sang dont la vie est temporaire, qui est ici aujourd’hui et mort dans la tombe demain ; s’il est en colère contre moi, sa colère n’est pas éternelle et, par conséquent, son châtiment n’est pas éternel ; s’il m’incarcère, son incarcération n’est pas une incarcération éternelle, car je pourrais garder l’espoir d’être finalement libéré. S’il me tue, sa mise à mort n’est pas pour l’éternité, car il y a une vie après toute mort qu’il pourrait décréter. De plus, je peux l’apaiser par des paroles et même le soudoyer avec de l’argent, et malgré cela je pleurerais en me tenant devant le jugement royal. Maintenant qu’ils me conduisent devant le Roi suprême des rois, le Saint, béni soit-Il, qui vit et demeure à jamais et en tout temps ; s’Il est en colère contre moi, Sa colère est éternelle ; s’Il m’incarcère, Son incarcération est une incarcération éternelle ; et s’Il me tue, Sa mise à mort est pour l’éternité. Je suis incapable de L’apaiser par des paroles et de Le soudoyer avec de l’argent. De plus, j’ai devant moi deux chemins, l’un vers le Jardin d’Éden et l’autre vers la Géhenne, et je ne sais pas vers lequel ils me conduisent ; et ne pleurerais-je pas ?
אָמְרוּ לוֹ: רַבֵּינוּ, בָּרְכֵנוּ. אָמַר לָהֶם: ״יְהִי רָצוֹן שֶׁתְּהֵא מוֹרָא שָׁמַיִם עֲלֵיכֶם כְּמוֹרָא בָּשָׂר וָדָם״. אָמְרוּ לוֹ תַּלְמִידָיו: עַד כָּאן? אָמַר לָהֶם: וּלְוַאי, תֵּדְעוּ כְּשֶׁאָדָם עוֹבֵר עֲבֵירָה אוֹמֵר: ״שֶׁלֹּא יִרְאַנִי אָדָם״.
Ses élèves lui dirent : Notre maître, bénis-nous. Il leur dit : Que ce soit Sa volonté que la crainte du Ciel soit sur vous comme la crainte de la chair et du sang. Ses élèves furent perplexes et dirent : Jusqu’à ce point et pas davantage ? Ne devrait-on pas craindre Dieu davantage ? Il leur dit : Puissiez-vous qu’une personne atteigne ce niveau de crainte. Sachez que lorsqu’une personne commet une transgression, elle dit en elle-même : J’espère que personne ne me verra. Si l’on se soucie autant d’éviter la honte devant Dieu que devant l’homme, on ne péchera jamais.
בִּשְׁעַת פְּטִירָתוֹ, אָמַר לָהֶם: פַּנּוּ כֵּלִים מִפְּנֵי הַטּוּמְאָה, וְהָכִינוּ כִּסֵּא לְחִזְקִיָּהוּ מֶלֶךְ יְהוּדָה שֶׁבָּא.
La Guemara rapporte que, au moment de sa mort, juste auparavant, il leur dit : Retirez les ustensiles de la maison et emportez-les dehors à cause de l’impureté rituelle qui sera transmise par mon cadavre, qu’ils contracteraient autrement. Et préparez une chaise pour Ézéchias, le roi de Juda, qui vient du monde supérieur pour m’accompagner.
מַתְנִי׳ רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: בְּכָל יוֹם וְיוֹם מִתְפַּלֵּל אָדָם שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: מֵעֵין שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: אִם שְׁגוּרָה תְּפִלָּתוֹ בְּפִיו — מִתְפַּלֵּל שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה, וְאִם לָאו — מֵעֵין שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה.
MICHNA : La michna cite une divergence concernant l’obligation de réciter la prière de la Amida, également connue sous le nom de Shemoneh Esreh, la prière des dix-huit bénédictions, ou simplement comme tefila, prière. Rabban Gamliel dit : Chaque jour, une personne récite la prière des dix-huit bénédictions. Rabbi Yehoshua dit : Une prière courte suffit, et l’on ne récite qu’une version abrégée de la prière des dix-huit bénédictions. Rabbi Akiva exprime un avis intermédiaire : S’il est fluent dans sa prière, il récite la prière des dix-huit bénédictions, et sinon, il lui suffit de réciter une version abrégée de la prière des dix-huit bénédictions.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הָעוֹשֶׂה תְּפִלָּתוֹ קֶבַע — אֵין תְּפִלָּתוֹ תַּחֲנוּנִים.
Rabbi Eliezer dit : Celui dont la prière est fixe, sa prière n’est pas une supplication et elle est défectueuse. La Guemara clarifiera les implications halakhiques de ce défaut.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: הַהוֹלֵךְ בִּמְקוֹם סַכָּנָה, מִתְפַּלֵּל תְּפִלָּה קְצָרָה, וְאוֹמֵר: ״הוֹשַׁע ה׳ אֶת עַמְּךָ אֵת שְׁאֵרִית יִשְׂרָאֵל, בְּכָל פָּרָשַׁת הָעִבּוּר יִהְיוּ צׇרְכֵיהֶם לְפָנֶיךָ. בָּרוּךְ אַתָּה ה׳ שׁוֹמֵעַ תְּפִלָּה״.
Rabbi Yehoshua dit : Celui qui ne peut pas réciter une prière complète parce qu’il marche dans un lieu dangereux, récite une brève prière et dit : Rachète, Seigneur, Ton peuple, le reste d’Israël, à chaque transition [parashat ha’ibur], dont le sens sera discuté dans la Guemara. Que leurs besoins soient devant Toi. Béni sois-Tu, Seigneur, qui écoutes la prière.
הָיָה רוֹכֵב עַל הַחֲמוֹר — יֵרֵד וְיִתְפַּלֵּל, וְאִם אֵינוֹ יָכוֹל לֵירֵד — יַחֲזִיר אֶת פָּנָיו. וְאִם אֵינוֹ יָכוֹל לְהַחֲזִיר אֶת פָּנָיו — יְכַוֵּין אֶת לִבּוֹ כְּנֶגֶד בֵּית קׇדְשֵׁי הַקׇּדָשִׁים. הָיָה מְהַלֵּךְ בִּסְפִינָה אוֹ בְּאַסְדָּא — יְכַוֵּין אֶת לִבּוֹ כְּנֶגֶד בֵּית קׇדְשֵׁי הַקׇּדָשִׁים.
Pendant la prière, on doit se tourner vers la direction du Saint Temple. Celui qui montait un âne doit descendre et prier calmement. S’il ne peut pas descendre, il doit tourner son visage vers la direction du Temple. S’il ne peut pas tourner son visage, il suffit qu’il dirige son cœur en face du Saint des Saints. De même, celui qui voyageait sur un navire ou sur un radeau [asda] et ne peut pas se tourner en direction de Jérusalem, doit diriger son cœur en face du Saint des Saints.
גְּמָ׳ הָנֵי שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה כְּנֶגֶד מִי?
GUEMARA : Puisque la michna traite de l’obligation fondamentale de réciter la prière de la Amida, la Guemara cherche à résoudre des questions fondamentales relatives à cette prière. À quoi correspondaient ces dix-huit bénédictions instituées ? Lorsque les Sages ont institué la Shemoneh Esreh, sur quoi ont-ils fondé le nombre de bénédictions ?
אָמַר רַבִּי הִלֵּל בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: כְּנֶגֶד שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה אַזְכָּרוֹת שֶׁאָמַר דָּוִד בְּ״הָבוּ לַה׳ בְּנֵי אֵלִים״. רַב יוֹסֵף אָמַר: כְּנֶגֶד שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה אַזְכָּרוֹת שֶׁבִּקְרִיאַת שְׁמַע. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כְּנֶגֶד שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה חוּלְיוֹת שֶׁבַּשִּׁדְרָה.
Rabbi Hillel, fils de Rabbi Shmuel bar Naḥmani, a dit : Cela correspond aux dix-huit mentions du nom de Dieu que le roi David a prononcées dans le psaume : « Rendez au Seigneur, ô fils des puissants » (Psaumes 29). Rav Yosef a dit : Cela correspond aux dix-huit mentions du nom de Dieu dans le Shema. Rabbi Tanḥum a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Cela correspond aux dix-huit vertèbres de la colonne vertébrale sous les côtes.
וְאָמַר רַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: הַמִּתְפַּלֵּל צָרִיךְ שֶׁיִּכְרַע עַד שֶׁיִּתְפַּקְּקוּ כׇּל חוּלְיוֹת שֶׁבַּשִּׁדְרָה.
Puisque l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Levi fondait la prière de la Amida sur les vertèbres de la colonne vertébrale, la Guemara cite une autre de ses déclarations qui relie les deux : Rabbi Tanḥum a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : Dans les bénédictions où l’on est tenu de se prosterner, celui qui prie doit se courber jusqu’à ce que toutes les vertèbres de la colonne vertébrale ressortent.
עוּלָּא אָמַר: עַד כְּדֵי שֶׁיִּרְאֶה אִיסָּר כְּנֶגֶד לִבּוֹ. רַבִּי חֲנִינָא אָמַר: כֵּיוָן שֶׁנִּעְנַע רֹאשׁוֹ — שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ. אָמַר רָבָא: וְהוּא דִּמְצַעַר נַפְשֵׁיהּ, וּמִחְזֵי כְּמַאן דְּכָרַע.
Établissant un indicateur différent pour déterminer quand il s’est suffisamment incliné, Ulla dit : Jusqu’à ce qu’il puisse voir une petite pièce [issar], sur le sol devant lui en face de son cœur (Rav Hai Gaon). Rabbi Ḥanina dit : Il y a place à l’indulgence ; une fois qu’il avance la tête, il n’a pas besoin de s’incliner davantage. Rava dit : Mais cela ne s’applique que si il fait un effort en le faisant, et qu’il paraît comme quelqu’un qui s’incline. Cependant, s’il le peut, il doit s’incliner davantage.
הָנֵי תַּמְנֵי סְרֵי?! תְּשַׁסְרֵי הָוְויָן!
Jusqu’à présent, la prière des dix-huit bénédictions a été présentée comme allant de soi. La Guemara s’interroge : S’agit-il de ces dix-huit bénédictions ? Il y en a dix-neuf.
אָמַר רַבִּי לֵוִי: בִּרְכַּת הַמִּינִים בְּיַבְנֶה תִּקְּנוּהָ. כְּנֶגֶד מִי תִּקְּנוּהָ.
Rabbi Levi a dit : La bénédiction des hérétiques, qui maudit les délateurs, a été instituée à Yavne et n’est pas incluse dans le compte original des bénédictions. Néanmoins, puisque le nombre des bénédictions correspond à diverses allusions, la Guemara cherche à clarifier : À quoi correspondait cette dix-neuvième bénédiction instituée ?
אָמַר רַבִּי לֵוִי לְרַבִּי הִלֵּל בְּרֵיהּ דְּרַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי: כְּנֶגֶד ״אֵל הַכָּבוֹד הִרְעִים״. לְרַב יוֹסֵף, כְּנֶגֶד ״אֶחָד״ שֶׁבִּקְרִיאַת שְׁמַע. לְרַבִּי תַּנְחוּם אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, כְּנֶגֶד חוּלְיָא קְטַנָּה שֶׁבַּשִּׁדְרָה.
Rabbi Levi a dit : Selon Rabbi Hillel, fils de Rabbi Shmuel bar Naḥmani, qui a dit que les dix-huit bénédictions correspondent aux dix-huit mentions du nom de Dieu que le roi David a dites dans le psaume, la dix-neuvième bénédiction correspond à une référence à Dieu dans ce psaume, où un nom autre que le tétragramme a été utilisé : « Le Dieu de gloire tonne » (Psaumes 29:3). Selon Rav Yosef, qui a dit que les dix-huit bénédictions correspondent aux dix-huit mentions du nom de Dieu dans le Shema, la bénédiction supplémentaire correspond au mot un qui se trouve dans le Shema. Bien que ce ne soit pas le tétragramme, il exprime l’essence de la foi en Dieu. Selon ce que Rabbi Tanḥum a dit que Rabbi Yehoshua ben Levi a dit, que les dix-huit bénédictions correspondent aux dix-huit vertèbres de la colonne vertébrale, la bénédiction supplémentaire correspond à la petite vertèbre qui se trouve en bas de la colonne vertébrale.
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁמְעוֹן הַפָּקוֹלִי הִסְדִּיר שְׁמוֹנֶה עֶשְׂרֵה בְּרָכוֹת לִפְנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל עַל הַסֵּדֶר בְּיַבְנֶה. אָמַר לָהֶם רַבָּן גַּמְלִיאֵל לַחֲכָמִים: כְּלוּם יֵשׁ אָדָם שֶׁיּוֹדֵעַ לְתַקֵּן בִּרְכַּת הַמִּינִים? עָמַד שְׁמוּאֵל הַקָּטָן וְתִקְּנָהּ.
À la lumière de la mention précédente de la bénédiction des hérétiques, la Guemara explique comment cette bénédiction fut instituée : Les Sages ont enseigné : Shimon HaPakuli arrangea les dix-huit bénédictions, déjà existantes à l’époque de la Grande Assemblée, devant Rabban Gamliel, le Nasi du Sanhédrin, dans leur ordre à Yavne. En raison des circonstances dominantes, il y eut besoin d’instituer une nouvelle bénédiction dirigée contre les hérétiques. Rabban Gamliel dit aux Sages : Y a-t-il une personne qui sache instituer la bénédiction des hérétiques, une bénédiction dirigée contre les sadducéens ? Shmuel HaKatan, qui était l’un des hommes les plus pieux de cette génération, se leva et l’institua.
לְשָׁנָה אַחֶרֶת שְׁכָחָהּ,
La Guemara raconte : L’année suivante, lorsque Shmuel HaKatan officiait comme chef de prière, il oublia cette bénédiction,