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דִּלְמָא מְעַבְּרִין לָךְ. אֲמַר לַהּ: לִשְׁתַּמַּשׁ אִינָשׁ יוֹמָא חֲדָא בְּכָסָא דְמוֹקְרָא, וְלִמְחַר לִיתְּבַר. אֲמַרָה לֵיהּ: לֵית לָךָ חִיוָּרָתָא. הָהוּא יוֹמָא בַּר תַּמְנֵי סְרֵי שְׁנֵי הֲוָה, אִתְרְחִישׁ לֵיהּ נִיסָּא וְאִהַדַּרוּ לֵיהּ תַּמְנֵי סְרֵי דָּרֵי חִיוָּרָתָא. הַיְינוּ דְּקָאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה: הֲרֵי אֲנִי כְּבֶן שִׁבְעִים שָׁנָה. וְלֹא ״בֶּן שִׁבְעִים שָׁנָה״.
Il y a lieu de s’inquiéter. Peut-être te destitueront-ils de ta fonction, comme ils ont destitué Rabban Gamliel. Il lui dit, en se fondant sur le dicton populaire : Qu’une personne utilise une coupe précieuse un jour, et qu’elle se brise demain. Autrement dit, il faut profiter d’une occasion qui se présente, sans se soucier de savoir si elle durera ou non. Elle lui dit : Tu n’as pas de cheveux blancs, et il ne convient pas qu’une personne si jeune dirige les Sages. La Guemara raconte : Ce jour-là, il avait dix-huit ans, un miracle se produisit pour lui et dix-huit rangées de cheveux blanchirent. La Guemara commente : Cela explique ce que Rabbi Elazar ben Azarya a dit : Je suis comme un homme de soixante-dix ans, et il n’a pas dit : J’ai soixante-dix ans, parce qu’il paraissait plus âgé qu’il ne l’était réellement.
תָּנָא אוֹתוֹ הַיּוֹם, סִלְּקוּהוּ לְשׁוֹמֵר הַפֶּתַח וְנִתְּנָה לָהֶם רְשׁוּת לַתַּלְמִידִים לִיכָּנֵס. שֶׁהָיָה רַבָּן גַּמְלִיאֵל מַכְרִיז וְאוֹמֵר: כׇּל תַּלְמִיד שֶׁאֵין תּוֹכוֹ כְּבָרוֹ, לֹא יִכָּנֵס לְבֵית הַמִּדְרָשׁ.
Il a été enseigné : Ce jour-là, lorsqu’on destitua Rabban Gamliel de sa fonction et qu’on nomma à sa place Rabbi Elazar ben Azarya, il y eut aussi un changement fondamental dans l’approche générale de la maison d’étude, car on renvoya le gardien de la porte et l’autorisation fut accordée aux élèves d’entrer. Au lieu de l’approche sélective de Rabban Gamliel, qui soutenait que les élèves devaient être examinés avant d’être admis dans la maison d’étude, la nouvelle approche affirmait que quiconque cherche à étudier devait en avoir l’occasion. Car Rabban Gamliel proclamait et disait : Tout élève dont l’intérieur, ses pensées et ses sentiments, n’est pas comme l’extérieur, c’est-à-dire dont la conduite et les traits de caractère sont insuffisants, n’entrera pas dans la maison d’étude.
הַהוּא יוֹמָא אִתּוֹסְפוּ כַּמָּה סַפְסַלֵּי. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: פְּלִיגִי בַּהּ אַבָּא יוֹסֵף בֶּן דּוֹסְתַּאי וְרַבָּנַן. חַד אָמַר: אִתּוֹסְפוּ אַרְבַּע מְאָה סַפְסַלֵּי. וְחַד אָמַר: שְׁבַע מְאָה סַפְסַלֵּי. הֲוָה קָא חָלְשָׁה דַּעְתֵּיהּ דְּרַבָּן גַּמְלִיאֵל, אֲמַר: דִּלְמָא חַס וְשָׁלוֹם מָנַעְתִּי תּוֹרָה מִיִּשְׂרָאֵל. אַחְזוֹ לֵיהּ בְּחֶלְמֵיהּ חַצְבֵי חִיוָּרֵי דְּמַלְיִין קִטְמָא. וְלָא הִיא, הַהִיא לְיַתּוֹבֵי דַּעְתֵּיהּ, הוּא דְּאַחְזוֹ לֵיהּ.
La Guemara raconte : Ce jour-là, plusieurs bancs furent ajoutés à la salle d’étude pour accueillir les nombreux élèves. Rabbi Yoḥanan dit : Abba Yosef ben Dostai et les Sages ont débattu de cette question. L’un dit : Quatre cents bancs furent ajoutés à la salle d’étude. Et l’un dit : Sept cents bancs furent ajoutés à la salle d’étude. Lorsqu’il vit l’augmentation considérable du nombre d’élèves, Rabban Gamliel fut abattu. Il dit : Peut-être, à Dieu ne plaise, ai-je empêché Israël de s’engager dans l’étude de la Torah. On lui montra dans son rêve des cruches blanches remplies de cendres, faisant allusion au fait que les élèves supplémentaires étaient des oisifs sans valeur. La Guemara commente : Ce n’est pas le cas, mais ce rêve lui fut montré pour l’apaiser afin qu’il ne se sente pas mal.
תָּנָא: עֵדֻיוֹת בּוֹ בַּיּוֹם נִשְׁנֵית. וְכׇל הֵיכָא דְּאָמְרִינַן ״בּוֹ בַּיּוֹם״, הַהוּא יוֹמָא הֲוָה. וְלֹא הָיְתָה הֲלָכָה שֶׁהָיְתָה תְּלוּיָה בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ שֶׁלֹּא פֵּירְשׁוּהָ. וְאַף רַבָּן גַּמְלִיאֵל לֹא מָנַע עַצְמוֹ מִבֵּית הַמִּדְרָשׁ אֲפִילּוּ שָׁעָה אַחַת.
Il a été enseigné : Il existe une tradition selon laquelle le traité Eduyyot a été enseigné ce jour-là. Et partout dans la Michna ou dans une baraita où l’on dit : Ce jour-là, cela fait référence à ce jour-là. Il n’y avait aucune halakha dont la décision était en suspens dans la maison d’étude qu’ils n’aient pas expliquée et pour laquelle ils ne soient pas parvenus à une conclusion halakhique pratique. Et même Rabban Gamliel ne s’est pas tenu à l’écart de la maison d’étude un seul instant, car il ne gardait aucune rancune envers ceux qui l’avaient destitué de sa fonction, et il participa à la discussion halakhique dans la maison d’étude comme l’un des Sages.
דִּתְנַן: בּוֹ בַּיּוֹם בָּא יְהוּדָה גֵּר עַמּוֹנִי לִפְנֵיהֶם בְּבֵית הַמִּדְרָשׁ. אָמַר לָהֶם: מָה אֲנִי לָבֹא בַּקָּהָל?
Comme nous l’avons appris dans une michna : Ce jour-là, Yehuda, le converti ammonite, se présenta devant les élèves dans la maison d’étude et leur dit : Quel est mon statut juridique quant au fait d’entrer dans la congrégation d’Israël, c’est-à-dire épouser une femme juive ?
אָמַר לוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל: אָסוּר אַתָּה לָבֹא בַּקָּהָל. אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מוּתָּר אַתָּה לָבֹא בַּקָּהָל. אָמַר לוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל: וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״לֹא יָבֹא עַמּוֹנִי וּמוֹאָבִי בִּקְהַל ה׳״? אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: וְכִי עַמּוֹן וּמוֹאָב בִּמְקוֹמָן הֵן יוֹשְׁבִין? כְּבָר עָלָה סַנְחֵרִיב מֶלֶךְ אַשּׁוּר וּבִלְבֵּל אֶת כׇּל הָאוּמּוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאָסִיר גְּבֻלוֹת עַמִּים וַעֲתוּדוֹתֵיהֶם שׁוֹשֵׂתִי וְאוֹרִיד כַּבִּיר יוֹשְׁבִים״, וְכׇל דְּפָרֵישׁ — מֵרוּבָּא פָּרֵישׁ.
Rabban Gamliel lui dit : Il t’est interdit d’entrer dans la congrégation. Rabbi Yehoshua lui dit : Il t’est permis d’entrer dans la congrégation. Rabban Gamliel dit à Rabbi Yehoshua : N’a-t-il pas déjà été déclaré : « Un Ammonite et un Moabite n’entreront pas dans la congrégation du Seigneur ; même jusqu’à la dixième génération, aucun d’eux n’entrera dans la congrégation du Seigneur à jamais » (Deutéronome 23:4) ? Comment peux-tu lui permettre d’entrer dans la congrégation ? Rabbi Yehoshua dit à Rabban Gamliel : Ammon et Moab résident-ils encore à leur place ? Sennachérib est déjà venu et, par sa politique de transfert de population, a mêlé toutes les nations et a installé d’autres nations à la place d’Ammon. Par conséquent, les habitants actuels d’Ammon et de Moab ne sont pas des Ammonites et des Moabites ethniques, comme il est dit à propos de Sennachérib : « J’ai reculé les frontières des peuples, j’ai pillé leurs trésors, et j’ai fait descendre comme un homme puissant les habitants » (Isaïe 10:13). Et, bien qu’il soit concevable que ce converti en particulier soit un Ammonite ethnique, il n’y a néanmoins pas lieu de s’inquiéter en raison du principe halakhique : Tout ce qui se sépare d’un groupe se sépare de la majorité, et l’on présume qu’il provient de la majorité des nations dont les membres sont autorisés à entrer dans la congrégation.
אָמַר לוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל: וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״וְאַחֲרֵי כֵן אָשִׁיב אֶת שְׁבוּת בְּנֵי עַמּוֹן נְאֻם ה׳״, וּכְבָר שָׁבוּ!
Rabban Gamliel dit à Rabbi Yehoshua : Mais n’a-t-il pas déjà été dit : « Mais après cela, je ramènerai les captifs des enfants d’Ammon, dit le Seigneur » (Jérémie 49:6) et ils sont déjà revenus sur leur terre ? Par conséquent, c’est un Ammonite de souche et il ne peut pas se convertir.
אָמַר לוֹ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר ״וְשַׁבְתִּי אֶת שְׁבוּת עַמִּי יִשְׂרָאֵל״, וַעֲדַיִין לֹא שָׁבוּ. מִיָּד הִתִּירוּהוּ לָבֹא בַּקָּהָל.
Rabbi Yehoshua dit à Rabban Gamliel : Cela ne constitue pas une preuve. N’a-t-il pas déjà été déclaré dans une autre prophétie : « Et Je ramènerai la captivité de Mon peuple Israël, et ils rebâtiront les villes dévastées et les habiteront ; ils planteront des vignes et en boiront le vin ; ils feront aussi des jardins et en mangeront les fruits » (Amos 9:14), et ils ne sont pas encore revenus ? Lorsqu’on rend une décision, seuls des faits prouvés peuvent être pris en considération. Ils lui permirent immédiatement d’entrer dans la congrégation. Cela prouve que Rabban Gamliel ne s’est pas absenté de la maison d’étude ce jour-là et qu’il a participé à la discussion halakhique.
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: הוֹאִיל וְהָכִי הֲוָה, אֵיזִיל וַאֲפַיְּיסֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. כִּי מְטָא לְבֵיתֵיהּ, חֲזִינְהוּ לְאַשְׁיָתָא דְבֵיתֵיהּ דְּמַשְׁחֲרָן. אֲמַר לֵיהּ: מִכּוֹתְלֵי בֵיתְךָ אַתָּה נִיכָּר שֶׁפֶּחָמִי אַתָּה. אָמַר לוֹ: אוֹי לוֹ לַדּוֹר שֶׁאַתָּה פַּרְנָסוֹ, שֶׁאִי אַתָּה יוֹדֵעַ בְּצַעֲרָן שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, בַּמֶּה הֵם מִתְפַּרְנְסִים וּבַמֶּה הֵם נִזּוֹנִים.
Rabban Gamliel se dit à lui-même : Puisque telle est la situation, que le peuple suit Rabbi Yehoshua, il avait apparemment raison. Il conviendrait donc que j’aille apaiser Rabbi Yehoshua. Lorsqu’il arriva à la maison de Rabbi Yehoshua, il vit que les murs de sa maison étaient noirs. Rabban Gamliel dit à Rabbi Yehoshua avec étonnement : À voir les murs de ta maison, il est évident que tu es forgeron, car jusque-là il n’avait aucune idée que Rabbi Yehoshua était contraint d’exercer ce métier pénible pour gagner sa vie. Rabbi Yehoshua lui dit : Malheur à une génération dont tu es le dirigeant, car tu ignores les difficultés des érudits de Torah, comment ils gagnent leur vie et comment ils se nourrissent.
אָמַר לוֹ: נַעֲנֵיתִי לְךָ מְחוֹל לִי. לָא אַשְׁגַּח בֵּיהּ: עֲשֵׂה בִּשְׁבִיל כְּבוֹד אַבָּא. פַּיֵּיס.
Rabban Gamliel lui dit : Je t’ai insulté, pardonne-moi. Rabbi Yehoshua ne lui prêta aucune attention et ne lui pardonna pas. Il lui demanda de nouveau : Fais-le par déférence pour mon père, Rabban Shimon ben Gamliel, qui fut l’un des dirigeants d’Israël à l’époque de la destruction du Temple. Il s’apaisa.
אֲמַרוּ: מַאן נֵיזִיל וְלֵימָא לְהוּ לְרַבָּנַן. אֲמַר לְהוּ הַהוּא כּוֹבֵס: אֲנָא אָזֵילְנָא. שְׁלַח לְהוּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ לְבֵי מִדְרְשָׁא: מַאן דְּלָבֵישׁ מַדָּא — יִלְבַּשׁ מַדָּא, וּמַאן דְּלָא לָבֵישׁ מַדָּא יֵימַר לֵיהּ לְמַאן דְּלָבֵישׁ מַדָּא: שְׁלַח מַדָּךְ וַאֲנָא אֶלְבְּשֵׁיהּ?! אֲמַר לְהוּ רַבִּי עֲקִיבָא לְרַבָּנַן: טְרוּקוּ גַּלֵּי דְּלָא לֵיתוּ עַבְדֵי דְרַבָּן גַּמְלִיאֵל וּלְצַעֲרוּ לְרַבָּנַן.
Maintenant que Rabbi Yehoshua n’était plus offensé, il était tout naturel que Rabban Gamliel soit rétabli dans sa position. Ils dirent : Qui ira informer les Sages ? Apparemment, ils n’étaient pas pressés d’accomplir la mission qui annulerait les actions précédentes et retirerait Rabbi Elazar ben Azarya de sa position de Nasi. Ce blanchisseur leur dit : J’irai. Rabbi Yehoshua envoya aux Sages à la maison d’étude : Celui qui porte l’uniforme continuera à porter l’uniforme, le Nasi d’origine restera à sa place afin que celui qui ne portait pas l’uniforme ne dise pas à celui qui porte l’uniforme : Enlève ton uniforme et je le porterai. Apparemment, les Sages crurent que cet émissaire avait été envoyé à l’initiative de Rabban Gamliel et l’ignorèrent. Rabbi Akiva dit aux Sages : Verrouillez les portes afin que les serviteurs de Rabban Gamliel ne viennent pas déranger les Sages.
אֲמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: מוּטָב דְּאֵיקוּם וְאֵיזִיל אֲנָא לְגַבַּיְיהוּ. אֲתָא טְרַף אַבָּבָא. אֲמַר לְהוּ: מַזֶּה בֶּן מַזֶּה יַזֶּה. וְשֶׁאֵינוֹ לֹא מַזֶּה וְלֹא בֶּן מַזֶּה יֹאמַר לְמַזֶּה בֶּן מַזֶּה מֵימֶיךָ מֵי מְעָרָה וְאֶפְרְךָ אֵפֶר מִקְלֶה. אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא: רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ, נִתְפַּיַּיסְתָּ? כְּלוּם עָשִׂינוּ אֶלָּא בִּשְׁבִיל כְּבוֹדְךָ, לְמָחָר אֲנִי וְאַתָּה נַשְׁכִּים לְפִתְחוֹ.
Lorsqu’il entendit ce qui s’était passé, Rabbi Yehoshua dit : Il vaut mieux que j’aille vers eux. Il vint et frappa à la porte. Il leur dit avec une légère variation : Celui qui asperge de l’eau pure sur ceux qui sont rituellement impurs, fils de celui qui asperge de l’eau, doit continuer à asperger de l’eau. Et il est inapproprié que celui qui n’est ni celui qui asperge ni le fils de celui qui asperge dise à celui qui asperge, fils de celui qui asperge : Ton eau est de l’eau de caverne et non l’eau vive requise pour purifier une personne exposée à l’impureté rituelle transmise par un cadavre, et tes cendres sont des cendres brûlées et non les cendres d’une génisse rousse. Rabbi Akiva lui dit : Rabbi Yehoshua, as-tu été apaisé ? Tout ce que nous avons fait, c’était pour défendre ton honneur. Si tu lui as pardonné, aucun de nous ne s’y oppose. Demain matin, toi et moi irons à la porte de Rabban Gamliel et proposerons de le rétablir dans sa position de Nasi.
אָמְרִי: הֵיכִי נַעֲבֵיד, נַעְבְּרֵיהּ — גְּמִירִי מַעֲלִין בַּקֹּדֶשׁ וְאֵין מוֹרִידִין. נִדְרוֹשׁ מָר חֲדָא שַׁבְּתָא וּמַר חֲדָא שַׁבְּתָא — אָתֵי לְקַנּאוֹיֵי. אֶלָּא: לִדְרוֹשׁ רַבָּן גַּמְלִיאֵל תְּלָתָא שַׁבָּתֵי וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה חֲדָא שַׁבְּתָא. וְהַיְינוּ דְּאָמַר מָר שַׁבָּת שֶׁל מִי הָיְתָה — שֶׁל רַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה הָיְתָה. וְאוֹתוֹ תַּלְמִיד רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי הֲוָה.
La question s’est posée de savoir que faire de Rabbi Elazar ben Azarya. Ils dirent : Que ferons-nous ? Le destituer de sa fonction. Cela ne convient pas, car nous avons appris une halakha par tradition : on élève à un niveau supérieur de sainteté et l’on ne rabaisse pas. Par conséquent, celui qui a été le Nasi du Sanhédrin ne peut pas être rétrogradé. Que l’un des Sages fasse cours une semaine et l’autre Sage une semaine ; ils en viendront à être jaloux l’un de l’autre, car ils seront forcés d’en nommer un comme chef intérimaire du Sanhédrin. Au contraire, Rabban Gamliel fera cours trois semaines et Rabbi Elazar ben Azarya fera cours comme chef de la yeshiva une semaine. Cet arrangement fut adopté, et c’est l’explication de l’échange dans le traité Ḥagiga : À qui était la semaine ? C’était la semaine de Rabbi Elazar ben Azarya. Un dernier détail : Cet étudiant qui posa la question initiale à l’origine de tout cet incident était Rabbi Shimon ben Yoḥai.
וְשֶׁל מוּסָפִין כׇּל הַיּוֹם. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וְנִקְרָא ״פּוֹשֵׁעַ״.
Nous avons appris dans la michna : Et la prière additionnelle peut être récitée toute la journée. Rabbi Yoḥanan a dit : Néanmoins, celui qui retarde excessivement sa prière est appelé négligent.
תָּנוּ רַבָּנַן: הָיוּ לְפָנָיו שְׁתֵּי תְּפִלּוֹת, אַחַת שֶׁל מִנְחָה וְאַחַת שֶׁל מוּסָף — מִתְפַּלֵּל שֶׁל מִנְחָה וְאַחַר כָּךְ מִתְפַּלֵּל שֶׁל מוּסָף, שֶׁזּוֹ תְּדִירָה, וְזוֹ אֵינָהּ תְּדִירָה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מִתְפַּלֵּל שֶׁל מוּסָף וְאַחַר כָּךְ מִתְפַּלֵּל שֶׁל מִנְחָה, שֶׁזּוֹ מִצְוָה עוֹבֶרֶת, וְזוֹ מִצְוָה שֶׁאֵינָהּ עוֹבֶרֶת. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה מִתְפַּלֵּל שֶׁל מִנְחָה וְאַחַר כָּךְ מִתְפַּלֵּל שֶׁל מוּסָף.
Les Rabbins ont enseigné dans une baraita : Si l’obligation de réciter deux prières se présentait à lui, l’une, la prière de l’après-midi, et l’autre, la prière additionnelle, il récite d’abord la prière de l’après-midi puis la prière additionnelle, parce que celle-ci, la prière de l’après-midi, est récitée de façon fréquente, et celle-là, la prière additionnelle, est récitée de façon relativement peu fréquente. Rabbi Yehouda dit : Il récite d’abord la prière additionnelle puis la prière de l’après-midi, parce que celle-ci, la prière additionnelle, est une mitsva dont le temps s’écoule bientôt, puisqu’elle ne peut être récitée que jusqu’à la septième heure, et celle-là, la prière de l’après-midi, est une mitsva dont le temps ne s’écoule pas bientôt, puisqu’on peut la réciter jusqu’au milieu de l’après-midi. Rabbi Yoḥanan a dit : La halakha est qu’il récite d’abord la prière de l’après-midi puis la prière additionnelle, conformément à l’opinion des Rabbins.
רַבִּי זֵירָא כִּי הֲוָה חֲלִישׁ מִגִּירְסֵיהּ הֲוָה אָזֵיל וְיָתֵיב אַפִּתְחָא דְּבֵי רַבִּי נָתָן בַּר טוֹבִי. אָמַר: כִּי חָלְפִי רַבָּנַן אָז אֵיקוּם מִקַּמַּיְיהוּ וַאֲקַבֵּל אַגְרָא. נְפַק אֲתָא רַבִּי נָתָן בַּר טוֹבִי, אֲמַר לֵיהּ: מַאן אֲמַר הֲלָכָה בֵּי מִדְרְשָׁא? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר מִתְפַּלֵּל אָדָם שֶׁל מוּסָף וְאַחַר כָּךְ מִתְפַּלֵּל שֶׁל מִנְחָה.
La Guemara cite des sources supplémentaires relatives à cette question : Lorsque Rabbi Zeira se fatiguait de son étude, il allait s’asseoir à l’entrée de la maison d’étude de Rabbi Natan bar Tovi. Il se dit à lui-même : Lorsque les Sages qui entrent et sortent passeront, je me lèverai devant eux et serai récompensé pour la mitsva d’honorer les érudits de la Torah. Rabbi Natan bar Tovi lui-même sortit et vint à l’endroit où Rabbi Zeira était assis. Rabbi Zeira lui dit : Qui vient de formuler une halakha dans la maison d’étude ? Rabbi Natan bar Tovi lui dit : Rabbi Yoḥanan vient de dire ce qui suit : La halakha n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, qui a dit : Il récite d’abord la prière additionnelle puis la prière de l’après-midi.
אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי יוֹחָנָן אַמְרַהּ? אֲמַר לֵיהּ: אִין. תְּנָא מִינֵּיהּ אַרְבְּעִין זִמְנִין. אֲמַר לֵיהּ: חֲדָא הִיא לָךְ, אוֹ חֲדַת הִיא לָךְ? אֲמַר לֵיהּ: חֲדַת הִיא לִי, מִשּׁוּם דִּמְסַפְּקָא לִי בְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי.
Rabbi Zeira lui dit : Est-ce que Rabbi Yoḥanan lui-même a dit cette halakha ? Rabbi Natan lui dit : Oui. Il a appris cet enseignement de lui quarante fois, l’inscrivant dans sa mémoire. Rabbi Natan lui dit : Cette halakha t’est-elle si chère parce qu’elle est unique pour toi, puisqu’il s’agit de la seule halakha que tu as apprise au nom de Rabbi Yoḥanan, ou bien est-elle nouvelle pour toi, puisque tu ignorais auparavant cette décision ? Rabbi Zeira lui dit : Elle est quelque peu nouvelle pour moi, car je n’étais pas certain de savoir si cette halakha avait été dite au nom de Rabbi Yoḥanan ou au nom de Rabbi Yehoshua ben Levi. Maintenant, il m’est clair que cette halakha est au nom de Rabbi Yoḥanan.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַמִּתְפַּלֵּל תְּפִלָּה שֶׁל מוּסָפִין לְאַחַר שֶׁבַע שָׁעוֹת לְרַבִּי יְהוּדָה עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״נוּגֵי מִמּוֹעֵד אָסַפְתִּי מִמֵּךְ הָיוּ״. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי נוּגֵי לִישָּׁנָא דִתְבָרָא הוּא? כְּדִמְתַרְגֵּם רַב יוֹסֵף: תְּבָרָא אָתֵי עַל שָׂנְאֵיהוֹן דְּבֵית יִשְׂרָאֵל עַל דְּאַחַרוּ זִמְנֵי מוֹעֲדַיָּא דְּבִירוּשְׁלֶים.
Rabbi Yehoshua ben Levi a dit : En ce qui concerne quiconque récite la prière additionnelle après sept heures du jour, selon Rabbi Yehouda, le verset déclare : « Ceux qui sont détruits [nugei] loin des Fêtes, je les rassemblerai de toi, eux qui portaient pour toi le fardeau de l’insulte » (Sophonie 3:18). D’où peut-on déduire que nugei est une expression de destruction ? Comme Rav Yossef a traduit le verset en araméen : La destruction vient sur les ennemis de la maison d’Israël, un euphémisme pour Israël lui-même, car ils ont retardé les temps des Fêtes à Jérusalem. Cela prouve à la fois que nugei signifie destruction et que la destruction vient sur ceux qui ne remplissent pas une mitsva au moment qui lui est fixé.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: כׇּל הַמִּתְפַּלֵּל תְּפִלָּה שֶׁל שַׁחֲרִית לְאַחַר אַרְבַּע שָׁעוֹת לְרַבִּי יְהוּדָה עָלָיו הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״נוּגֵי מִמּוֹעֵד אָסַפְתִּי מִמֵּךְ הָיוּ״. מַאי מַשְׁמַע דְּהַאי נוּגֵי לִישָּׁנָא דְצַעֲרָא הוּא? דִּכְתִיב: ״דָּלְפָה נַפְשִׁי מִתּוּגָה״. רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק אָמַר: מֵהָכָא: ״בְּתוּלוֹתֶיהָ נוּגוֹת וְהִיא מָר לָהּ״.
De même, Rabbi Elazar a dit : En ce qui concerne quiconque récite la prière du matin après quatre heures du jour, selon Rabbi Yehouda, le verset déclare : « Ceux qui sont dans la tristesse [nugei] loin des Fêtes, je les rassemblerai de toi, eux qui portaient pour toi le fardeau de l’insulte » (Sophonie 3:18). D’où peut-on déduire que nugei est une expression de tristesse ? Comme il est écrit : « Mon âme se consume de chagrin [tuga] » (Psaumes 119:28). Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : La preuve que nugei indique la souffrance vient d’ici : « Ses vierges sont attristées [nugot] et elle est dans l’amertume » (Lamentations 1:4).

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