לֹא כְּנֶגֶד רַבּוֹ, וְלֹא אֲחוֹרֵי רַבּוֹ.
directement à côté de son rabbin, indiquant présomptueusement qu’il est l’égal de son rabbin, et derrière son rabbin, car cela donne l’impression qu’il se prosterne devant lui (Tossafot)?
וְתַנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: הַמִּתְפַּלֵּל אֲחוֹרֵי רַבּוֹ, וְהַנּוֹתֵן שָׁלוֹם לְרַבּוֹ, וְהַמַּחֲזִיר שָׁלוֹם לְרַבּוֹ, וְהַחוֹלֵק עַל יְשִׁיבָתוֹ שֶׁל רַבּוֹ, וְהָאוֹמֵר דָּבָר שֶׁלֹּא שָׁמַע מִפִּי רַבּוֹ — גּוֹרֵם לַשְּׁכִינָה שֶׁתִּסְתַּלֵּק מִיִּשְׂרָאֵל!
Et il a été enseigné dans une baraita, de manière plus extrême, comme Rabbi Eliezer dit : Celui qui prie derrière son rabbin et celui qui salue son rabbin sans attendre que son rabbin le salue en premier, celui qui rend la salutation de son rabbin sans dire : Salutations à toi, rabbin, celui qui rivalise avec la yeshiva de son rabbin, c’est-à-dire établit sa propre yeshiva et enseigne du vivant de son rabbin sans son consentement (Rambam), et celui qui dit quelque chose au nom de son rabbin qu’il n’a pas entendu directement de son rabbin, fait que la Présence divine se retire d’Israël.
שָׁאנֵי רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא דְּתַלְמִיד חָבֵר הֲוָה. וְהַיְינוּ דְּקָאָמַר לֵיהּ רַבִּי יִרְמְיָה בַּר אַבָּא לְרַב: מִי בְּדַלְתְּ? אָמַר לֵיהּ: אִין, בְּדֵילְנָא, וְלָא אֲמַר ״מִי בְּדֵיל מָר״?
En ce qui concerne la conduite de Rabbi Yirmeya, la Guemara explique que Rabbi Yirmeya bar Abba est différent, car il n’était pas un simple élève de Rav. Au contraire, il était un disciple-collègue et était donc autorisé à agir ainsi. Et c’est pourquoi, à une occasion, lorsque Rav récita tôt la prière de Chabbat, Rabbi Yirmeya bar Abba lui demanda : T’es-tu éloigné du travail et as-tu accepté la sainteté de Chabbat ? Rav lui dit : Oui, je me suis éloigné. Et Rabbi Yirmeya ne lui dit pas : Le Maître s’est-il éloigné, comme cela aurait été approprié s’il n’avait été que l’élève de Rav.
וּמִי בְּדֵיל? וְהָאָמַר רַבִּי אָבִין: פַּעַם אַחַת הִתְפַּלֵּל רַבִּי שֶׁל שַׁבָּת בְּעֶרֶב שַׁבָּת, וְנִכְנַס לַמֶּרְחָץ, וְיָצָא וְשָׁנָה לַן פִּרְקִין, וַעֲדַיִין לֹא חָשְׁכָה! אָמַר רָבָא: הָהוּא דְּנִכְנַס לְהַזִּיעַ, וְקוֹדֶם גְּזֵירָה הֲוָה.
Bien que Rav ait répondu qu’il s’était éloigné du travail, avait-il réellement besoin de s’éloigner du travail ? Rabbi Avin n’a-t-il pas dit : Une fois, Rabbi Yehuda HaNasi a récité la prière de Shabbat la veille de Shabbat avant la tombée de la nuit. Il est ensuite entré au bain public, en est sorti et nous a enseigné nos chapitres que nous avions étudiés, et il ne faisait pas encore nuit. Rava a dit : C’est un cas où il était entré au bain public pour transpirer, et c’était avant que les Sages n’émettent un décret interdisant de transpirer dans un bain public pendant Shabbat.
אִינִי, וְהָא אַבָּיֵי שְׁרָא לֵיהּ לְרַב דִּימִי בַּר לֵיוַאי לְכַבְרוֹיֵי סַלֵּי!
La Guemara demande : Est-ce bien le cas, qu’il était tenu de s’abstenir de travailler ? Abaye n’a-t-il pas permis à Rav Dimi bar Liva’ei de fumiger des paniers avec du soufre bien qu’il ait déjà récité la prière de Chabbat, ce qui indique qu’il est permis d’effectuer un travail même après la prière de Chabbat ?
הַהוּא טָעוּתָא הֲוַאי.
La Guemara répond : C’était une erreur, car Rav Dimi n’avait pas l’intention de commencer le Chabbat plus tôt. C’était une journée nuageuse, et il pensa à tort que le soleil s’était déjà couché, et c’est pourquoi il pria. Par conséquent, bien qu’il ait prié, la prière de Chabbat ne l’obligeait pas à se conduire conformément à la sainteté du Chabbat, et il lui était permis d’accomplir un travail même après sa prière.
וְטָעוּתָא מִי הָדְרָא? וְהָא אָמַר אֲבִידָן: פַּעַם אַחַת נִתְקַשְּׁרוּ שָׁמַיִם בֶּעָבִים, כִּסְבוּרִים הָעָם לוֹמַר חֲשֵׁכָה הוּא, נִכְנְסוּ לְבֵית הַכְּנֶסֶת וְהִתְפַּלְּלוּ שֶׁל מוֹצָאֵי שַׁבָּת בְּשַׁבָּת. וְנִתְפַּזְּרוּ הֶעָבִים וְזָרְחָה הַחַמָּה,
La Guemara poursuit en demandant : Une erreur peut-elle être annulée, permettant à quelqu’un de se conduire comme s’il n’avait pas prié ? Avidan, élève de Rabbi Yehouda HaNassi, n’a-t-il pas dit : Une fois, le ciel s’est couvert, amenant les gens à penser que c’était l’obscurité de la nuit ; ils entrèrent dans la synagogue et récitèrent la prière du soir de la conclusion de Chabbat pendant Chabbat. Et plus tard, les nuages se dissipèrent et le soleil brilla, indiquant qu’il faisait encore jour.
וּבָאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת רַבִּי. וְאָמַר: הוֹאִיל וְהִתְפַּלְּלוּ — הִתְפַּלְּלוּ! שָׁאנֵי צִבּוּר, דְּלָא מַטְרְחִינַן לְהוּ.
Et ils vinrent demander à Rabbi Yehouda HaNassi ce qu’ils devaient faire, et il dit : Puisqu’ils ont prié, ils ont prié, et ils n’ont pas besoin de prier de nouveau. Bien qu’ils aient prié par erreur, leur erreur n’est pas réversible et ce qui a été fait demeure. La Guemara répond : Une communauté est différente en ce que nous ne l’imposons pas de prier de nouveau.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אָבִין: רַב צַלִּי שֶׁל שַׁבָּת בְּעֶרֶב שַׁבָּת, רַבִּי יֹאשִׁיָּה מְצַלֵּי שֶׁל מוֹצָאֵי שַׁבָּת בְּשַׁבָּת. רַב צַלִּי שֶׁל שַׁבָּת בְּעֶרֶב שַׁבָּת: אוֹמֵר קְדוּשָּׁה עַל הַכּוֹס, אוֹ אֵינוֹ אוֹמֵר קְדוּשָּׁה עַל הַכּוֹס? תָּא שְׁמַע דְּאָמַר רַב נַחְמָן אָמַר שְׁמוּאֵל: מִתְפַּלֵּל אָדָם שֶׁל שַׁבָּת בְּעֶרֶב שַׁבָּת וְאוֹמֵר קְדוּשָּׁה עַל הַכּוֹס. וְהִלְכְתָא כְּווֹתֵיהּ.
La Guemara continue de discuter de la possibilité de réciter la prière du soir plus tôt, même le Chabbat. Rabbi Ḥiyya bar Avin a dit : Rav a prié la prière de Chabbat la veille de Chabbat avant la tombée de la nuit. Rabbi Yoshiya priait la prière du soir de la conclusion de Chabbat pendant Chabbat. Quant au fait que Rav a prié la prière de Chabbat la veille de Chabbat avant la tombée de la nuit, le dilemme est soulevé : dans ces cas, a-t-il récité le kiddouch sur la coupe de vin, ou n’a-t-il pas récité le kiddouch sur la coupe de vin avant l’apparition des étoiles ? Viens et écoute une résolution à cela, car Rav Naḥman a dit que Shmuel a dit : On prie la prière de Chabbat la veille de Chabbat avant la tombée de la nuit et on récite le kiddouch sur la coupe de vin. Et la halakha est conforme à sa décision.
רַבִּי יֹאשִׁיָּה מְצַלֵּי שֶׁל מוֹצָאֵי שַׁבָּת בְּשַׁבָּת: אוֹמֵר הַבְדָּלָה עַל הַכּוֹס אוֹ אֵינוֹ אוֹמֵר הַבְדָּלָה עַל הַכּוֹס? תָּא שְׁמַע דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מִתְפַּלֵּל אָדָם שֶׁל מוֹצָאֵי שַׁבָּת בְּשַׁבָּת וְאוֹמֵר הַבְדָּלָה עַל הַכּוֹס.
Un dilemme similaire a été soulevé concernant le fait que Rabbi Yoshiya priait la prière du soir de la conclusion de Shabbat pendant Shabbat : Après avoir prié, alors qu’il fait encore Shabbat, récite-t-il la havdala sur la coupe de vin ou ne récite-t-on pas la havdala sur la coupe de vin ? Viens et écoute une résolution à cela, car Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : On prie la prière du soir de la conclusion de Shabbat pendant Shabbat et on récite la havdala sur la coupe de vin.
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַבִּי אַסִּי אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר אָמַר רַבִּי חֲנִינָא אָמַר רַב: בְּצַד עַמּוּד זֶה הִתְפַּלֵּל רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי שֶׁל שַׁבָּת בְּעֶרֶב שַׁבָּת
Rabbi Zeira a dit que Rabbi Asi a dit que Rabbi Elazar a dit que Rabbi Ḥanina a dit que Rav a dit : À côté de ce pilier précis devant moi, Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, a récité la prière de Shabbat la veille de Shabbat avant la tombée de la nuit.
כִּי אֲתָא עוּלָּא אָמַר: בְּצַד תְּמָרָה הֲוָה, וְלֹא בְּצַד עַמּוּד הֲוָה. וְלֹא רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בְּרַבִּי יוֹסֵי הֲוָה, אֶלָּא רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי הֲוָה, וְלֹא שֶׁל שַׁבָּת בְּעֶרֶב שַׁבָּת הֲוָה, אֶלָּא שֶׁל מוֹצָאֵי שַׁבָּת בְּשַׁבָּת הֲוָה.
Mais lorsque Oulla arriva d’Eretz Yisrael en Babylonie, il rapporta une version différente de cette histoire. Il dit qu’il avait entendu ceci : Cela s’est produit près d’un palmier, et non près d’un pilier, et ce n’était pas Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, mais c’était Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yosei, et ce n’était pas la prière de Shabbat la veille de Shabbat avant la tombée de la nuit, mais plutôt c’était la prière de la conclusion de Shabbat pendant Shabbat.
תְּפִלַּת הָעֶרֶב אֵין לָהּ קֶבַע. מַאי אֵין לָהּ קֶבַע? אִילֵּימָא דְּאִי בָּעֵי מְצַלֵּי כּוּלֵּיהּ לֵילְיָא, לִיתְנֵי ״תְּפִלַּת הָעֶרֶב כׇּל הַלַּיְלָה״! אֶלָּא מַאי אֵין לָהּ קֶבַע —
Nous avons appris dans la michna : La prière du soir peut être récitée pendant toute la nuit et n’est pas fixe à une heure précise. La Guemara demande : Quel est le sens de n’est pas fixe ? Si tu dis que si quelqu’un le souhaite, il peut prier pendant toute la nuit, alors que la michna enseigne : La prière du soir peut être récitée pendant toute la nuit. Plutôt, quel est le sens de n’est pas fixe ?
כְּמַאן דְּאָמַר, תְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת. דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: תְּפִלַּת עַרְבִית: רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר חוֹבָה, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר רְשׁוּת. אָמַר אַבָּיֵי: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר חוֹבָה. וְרָבָא אָמַר: הֲלָכָה כְּדִבְרֵי הָאוֹמֵר רְשׁוּת.
Cela est conforme à l’opinion de celui qui a dit : La prière du soir est facultative. Comme Rav Yehouda a dit que Shmuel a dit au sujet de la prière du soir. Rabban Gamliel dit : Elle est obligatoire. Rabbi Yehoshua dit : Elle est facultative. Abaye a dit : La halakha est conforme à l’opinion de celui qui a dit : La prière du soir est obligatoire. Rava a dit : La halakha est conforme à l’opinion de celui qui a dit : La prière du soir est facultative.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּתַלְמִיד אֶחָד שֶׁבָּא לִפְנֵי רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ. אָמַר לוֹ: תְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת אוֹ חוֹבָה? אָמַר לֵיהּ: רְשׁוּת.
Les Sages ont enseigné : Il y eut un incident impliquant un élève, qui se présenta devant Rabbi Yehoshua. L’élève lui dit : La prière du soir est-elle facultative ou obligatoire ? Rabbi Yehoshua lui dit : Facultative.
בָּא לִפְנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל, אָמַר לוֹ: תְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת אוֹ חוֹבָה? אָמַר לוֹ: חוֹבָה. אָמַר לוֹ: וַהֲלֹא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אָמַר לִי רְשׁוּת?! אָמַר לוֹ: הַמְתֵּן עַד שֶׁיִּכָּנְסוּ בַּעֲלֵי תְּרִיסִין לְבֵית הַמִּדְרָשׁ.
Le même élève se présenta devant Rabban Gamliel et lui dit : la prière du soir est-elle facultative ou obligatoire ? Rabban Gamliel lui dit : Obligatoire. L’élève dit à Rabban Gamliel : Mais Rabbi Yehoshua ne m’a-t-il pas dit que la prière du soir est facultative ? Rabban Gamliel dit à l’élève : Attends jusqu’à ce que les « maîtres des boucliers », une référence aux érudits de la Torah qui combattent dans la guerre de la Torah, entrent dans la salle d’étude, puis nous discuterons de cette question.
כְּשֶׁנִּכְנְסוּ בַּעֲלֵי תְּרִיסִין, עָמַד הַשּׁוֹאֵל וְשָׁאַל: תְּפִלַּת עַרְבִית רְשׁוּת אוֹ חוֹבָה? אָמַר לוֹ רַבָּן גַּמְלִיאֵל: חוֹבָה. אָמַר לָהֶם רַבָּן גַּמְלִיאֵל לַחֲכָמִים: כְּלוּם יֵשׁ אָדָם שֶׁחוֹלֵק בְּדָבָר זֶה? אָמַר לֵיהּ רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ: לָאו. אָמַר לוֹ: וַהֲלֹא מִשִּׁמְךָ אָמְרוּ לִי רְשׁוּת!
Lorsque les maîtres des boucliers entrèrent, celui qui posait la question se tint debout devant toutes les personnes présentes et demanda : la prière du soir est-elle facultative ou obligatoire ? Rabban Gamliel lui dit : Obligatoire. Afin de déterminer si Rabbi Yehoshua maintenait encore son opinion, Rabban Gamliel dit aux Sages : Y a-t-il quelqu’un qui conteste cette question ? Rabbi Yehoshua lui dit : Non, personne n’est en désaccord. Par déférence envers le Nasi, il ne souhaitait pas discuter avec lui publiquement (Tziyyun LeNefesh Ḥayya). Rabban Gamliel dit à Rabbi Yehoshua : Mais ne m’a-t-on pas dit en ton nom que la prière du soir est facultative ?
אָמַר לֵיהּ: יְהוֹשֻׁעַ, עֲמוֹד עַל רַגְלֶיךָ וְיָעִידוּ בְּךָ. עָמַד רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ עַל רַגְלָיו וְאָמַר אִלְמָלֵא אֲנִי חַי וְהוּא מֵת — יָכוֹל הַחַי לְהַכְחִישׁ אֶת הַמֵּת. וְעַכְשָׁיו שֶׁאֲנִי חַי וְהוּא חַי — הֵיאַךְ יָכוֹל הַחַי לְהַכְחִישׁ אֶת הַחַי?
Rabban Gamliel dit à Rabbi Yehoshua : Yehoshua, lève-toi et ils témoigneront contre toi. Rabbi Yehoshua se leva et dit : Si j’étais vivant et que l’élève était mort, le vivant peut contredire le mort, et je pourrais nier avoir rendu cette décision. Maintenant que je suis vivant et qu’il est vivant, comment le vivant peut-il contredire le vivant ? Je n’ai pas d’autre choix que d’admettre que je l’ai dit.
הָיָה רַבָּן גַּמְלִיאֵל יוֹשֵׁב וְדוֹרֵשׁ וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ עוֹמֵד עַל רַגְלָיו, עַד שֶׁרִנְּנוּ כׇּל הָעָם וְאָמְרוּ לְחוּצְפִּית הַתּוּרְגְּמָן: עֲמוֹד! וְעָמַד.
Entre-temps, Rabban Gamliel, en tant que Nasi, était assis et enseignait, et Rabbi Yehoshua pendant tout ce temps restait debout, parce que Rabban Gamliel ne lui avait pas demandé de s’asseoir. Il demeura debout par déférence envers le Nasi. Cela continua pendant un certain temps, jusqu’à ce que cela suscite un grand ressentiment contre Rabban Gamliel, et tout le peuple assemblé se mit à murmurer et dit à Ḥutzpit le héraut : Arrête de transmettre l’enseignement de Rabban Gamliel. Et il s’arrêta.
אָמְרִי: עַד כַּמָּה נְצַעֲרֵיהּ וְנֵיזִיל, בְּרֹאשׁ הַשָּׁנָה אֶשְׁתָּקַד צַעֲרֵיהּ. בִּבְכוֹרוֹת בְּמַעֲשֵׂה דְרַבִּי צָדוֹק צַעֲרֵיהּ. הָכָא נָמֵי צַעֲרֵיהּ, תָּא וְנַעְבְּרֵיהּ!
La Guemara rapporte que, dans leurs murmures, ils dirent : Jusqu’à quand Rabban Gamliel continuera-t-il à l’affliger ? L’an dernier, à Roch HaChana, il l’a affligé ; Rabban Gamliel ordonna à Rabbi Yehoshua de venir à lui en portant son bâton et son sac, le jour où Yom Kippour tombait, selon les calculs de Rabbi Yehoshua. Concernant le premier-né, dans l’incident lié à la question de Rabbi Tzadok, il l’a affligé comme il le fait maintenant, et l’a forcé à rester debout comme punition pour ne pas avoir défendu son opinion divergente. Ici aussi, il l’afflige. Retirons-le de sa position de Nasi.
מַאן נוֹקֵים לֵיהּ? נוֹקְמֵיהּ לְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ — בַּעַל מַעֲשֶׂה הוּא. נוֹקְמֵיהּ לְרַבִּי עֲקִיבָא — דִּילְמָא עָנֵישׁ לֵיהּ, דְּלֵית לֵיהּ זְכוּת אָבוֹת.
Ainsi fut-il convenu, mais la question se posa : Qui établirons-nous à sa place ? Devons-nous établir Rabbi Yehoshua à sa place ? Les Sages rejetèrent cette option parce que Rabbi Yehoshua était partie prenante de l’incident pour lequel Rabban Gamliel fut destitué. Le nommer serait extrêmement pénible pour Rabban Gamliel. Devons-nous établir Rabbi Akiva à sa place ? Les Sages rejetèrent cette option parce que Rabbi Akiva, qui descendait d’une famille de convertis, serait vulnérable. Peut-être, à cause du ressentiment de Rabban Gamliel, ferait-il en sorte qu’il soit puni par le Ciel, car il lui manque le mérite de ses ancêtres pour le protéger.
אֶלָּא נוֹקְמֵיהּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן עֲזַרְיָה, דְּהוּא חָכָם, וְהוּא עָשִׁיר, וְהוּא עֲשִׂירִי לְעֶזְרָא. הוּא חָכָם — דְּאִי מַקְשֵׁי לֵיהּ, מְפָרֵק לֵיהּ. וְהוּא עָשִׁיר — דְּאִי אִית לֵיהּ לְפַלּוֹחֵי לְבֵי קֵיסָר, אַף הוּא אָזֵל וּפָלַח. וְהוּא עֲשִׂירִי לְעֶזְרָא — דְּאִית לֵיהּ זְכוּת אָבוֹת, וְלָא מָצֵי עָנֵישׁ לֵיהּ. אֲתוֹ וַאֲמַרוּ לֵיהּ: נִיחָא לֵיהּ לְמָר דְּלֶיהְוֵי רֵישׁ מְתִיבְתָּא? אֲמַר לְהוּ: אֵיזִיל וְאִימְּלִיךְ בְּאִינָשֵׁי בֵּיתִי. אֲזַל וְאִמְּלִיךְ בִּדְבֵיתְהוּ. אֲמַרָה לֵיהּ:
Au contraire, suggérèrent les Sages, établissons Rabbi Elazar ben Azarya à sa place, car ses qualités remarquables le distinguent des autres candidats. Il est sage, riche et le dixième descendant en génération d’Ezra. La Guemara explique : Il est sage, afin que si Rabban Gamliel soulève une objection dans des questions de Torah, il y réponde et ne soit pas embarrassé. Et il est riche, afin que si le besoin se présente de rendre hommage à la cour de César et de servir comme représentant d’Israël pour plaider et négocier, il ait suffisamment de richesse pour couvrir les coûts des longs voyages, des taxes et des cadeaux, de sorte que lui aussi puisse aller rendre hommage. Et il est le dixième descendant en génération d’Ezra, il a donc le mérite de ses ancêtres, et Rabban Gamliel ne pourra pas faire en sorte qu’il soit puni. Ils vinrent et lui dirent : Le Maître consentirait-il à devenir le chef de la Yeshiva ? Il leur dit : Je vais aller consulter les membres de ma maison. Il alla consulter sa femme. Elle lui dit :