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״בֶּן אִישׁ חַי״: אַטּוּ כּוּלֵּי עָלְמָא בְּנֵי מֵתֵי נִינְהוּ? אֶלָּא: ״בֶּן אִישׁ חַי״ — שֶׁאֲפִילּוּ בְּמִיתָתוֹ קָרוּי חַי. ״רַב פְּעָלִים מִקַּבְצְאֵל״ — שֶׁרִיבָּה וְקִבֵּץ פּוֹעֲלִים לַתּוֹרָה. ״וְהוּא הִכָּה אֵת שְׁנֵי אֲרִאֵל מוֹאָב״ — שֶׁלֹּא הִנִּיחַ כְּמוֹתוֹ לֹא בְּמִקְדָּשׁ רִאשׁוֹן וְלֹא בְּמִקְדָּשׁ שֵׁנִי.
Il est désigné dans le verset comme fils d’un homme vivant. La Guemara s’interroge : Cela veut-il dire que, du fait que la Torah l’a désigné par cette appellation, tous les autres sont les enfants des morts ? Plutôt, le verset doit être expliqué ainsi : Fils d’un homme vivant qui vit pour toujours, qui même dans la mort est appelé vivant. Homme de Kabze’el qui avait accompli de hauts faits, car il avait accumulé et rassemblé de nombreux travailleurs pour le bien de la Torah. Qui tua les deux hommes au cœur de lion [Ariel] de Moab, car après sa mort il ne laissa personne son égal, ni à l’époque du Premier Temple ni à celle du Second Temple, car le Temple est appelé Ariel (voir Isaïe 29:1), et les deux Ariel renvoient aux deux Temples.
״וְהוּא יָרַד וְהִכָּה אֶת הָאֲרִי בְּתוֹךְ הַבּוֹר בְּיוֹם הַשָּׁלֶג״, אִיכָּא דְאָמְרִי: דְּתַבַּר גְּזִיזֵי דְבַרְדָּא, וּנְחַת וּטְבַל. אִיכָּא דְאָמְרִי: דִּתְנָא סִיפְרָא דְבֵי רַב בְּיוֹמָא דְסִיתְוָא.
Les Sages furent en désaccord sur l’interprétation de la suite du verset : « Et qui descendit et tua le lion dans la fosse au jour de neige. Certains disent que cela signifie qu’il brisa des blocs de grêle, descendit et s’immergea dans l’eau pour se purifier. D’autres disent qu’il étudia tout le Sifra, le midrash halakhique sur le livre du Lévitique de l’école de Rav, par un jour d’hiver.
״וְהַמֵּתִים אֵינָם יוֹדְעִים מְאוּמָה״ — אֵלּוּ רְשָׁעִים, שֶׁבְּחַיֵּיהֶן קְרוּיִין ״מֵתִים״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְאַתָּה חָלָל רָשָׁע נְשִׂיא יִשְׂרָאֵל״. וְאִי בָּעֵית אֵימָא, מֵהָכָא: ״עַל פִּי שְׁנַיִם עֵדִים אוֹ עַל פִּי שְׁלֹשָׁה עֵדִים יוּמַת הַמֵּת״, חַי הוּא! אֶלָּא, הַמֵּת מֵעִיקָּרָא.
Contrairement aux justes, dont il est dit qu’ils sont vivants même après leur mort, le verset déclare explicitement : « Les morts ne savent rien. » Ce sont les méchants, qui même de leur vivant sont appelés morts, comme le prophète Ézéchiel a dit au sujet d’un roi d’Israël qui était vivant : « Et toi, transpercé, prince méchant d’Israël » (Ézéchiel 21:30). Et si tu veux, dis plutôt que la preuve vient d’ici : « Sur la déposition de deux témoins ou de trois témoins, le mort sera mis à mort » (Deutéronome 17:6). Cela est déroutant. Tant que l’accusé n’a pas été condamné à mort, il est vivant. Plutôt, cette personne, parce qu’elle est méchante, est considérée comme morte dès le départ.
בְּנֵי רַבִּי חִיָּיא נְפוּק לְקִרְיָיתָא. אִייַּקַּר לְהוּ תַּלְמוּדַיְיהוּ. הֲווֹ קָא מִצַּעֲרִי לְאִדְּכוֹרֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ חַד לְחַבְרֵיהּ: יָדַע אֲבוּן בְּהַאי צַעֲרָא? אֲמַר לֵיהּ אִידַּךְ: מְנָא יָדַע? וְהָא כְּתִיב: ״יִכְבְּדוּ בָנָיו וְלֹא יֵדָע״.
La Guemara raconte une histoire à ce sujet : Les fils de Rabbi Ḥiyya sortirent vers les villages pour superviser les ouvriers. Ils oublièrent ce qu’ils avaient appris et peinaient à s’en souvenir. L’un d’eux dit à l’autre : Est-ce que notre défunt père sait notre angoisse ? L’autre lui dit : Comment le saurait-il ? N’est-il pas écrit : « Ses fils sont honorés, et il ne le saura pas, ils viennent à l’affliction et il ne les comprendra pas » (Job 14:21) ? Les morts ne savent pas.
אֲמַר לֵיהּ אִידַּךְ: וְלָא יָדַע? וְהָא כְּתִיב: ״אַךְ בְּשָׂרוֹ עָלָיו יִכְאָב וְנַפְשׁוֹ עָלָיו תֶּאֱבָל״. וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: קָשָׁה רִמָּה לַמֵּת כְּמַחַט בַּבָּשָׂר הַחַי!
L’autre lui répondit : Et les morts vraiment ne savent-ils pas ? N’est-il pas écrit : « Ce n’est que dans sa chair qu’il ressent la douleur, et dans son âme qu’il est en deuil » (Job 14:22) ? Sur la base de ce verset, Rabbi Yitzḥak dit : Des asticots qui rongent sont aussi atroces pour les morts que la piqûre d’une aiguille dans la chair des vivants. Les morts doivent donc avoir la capacité de ressentir et de savoir.
אָמְרִי: בְּצַעֲרָא דִידְהוּ — יָדְעִי, בְּצַעֲרָא דְאַחֲרִינָא — לָא יָדְעִי.
Afin de réconcilier cette contradiction, ils ont dit : Ils connaissent leur propre douleur, mais ne connaissent pas la douleur des autres.
וְלָא? וְהָתַנְיָא: מַעֲשֶׂה בְּחָסִיד אֶחָד שֶׁנָּתַן דִּינָר לְעָנִי בְּעֶרֶב רֹאשׁ הַשָּׁנָה בִּשְׁנֵי בַצּוֹרֶת, וְהִקְנִיטַתּוּ אִשְׁתּוֹ, וְהָלַךְ וְלָן בְּבֵית הַקְּבָרוֹת. וְשָׁמַע שְׁתֵּי רוּחוֹת שֶׁמְסַפְּרוֹת זוֹ לָזוֹ. אָמְרָה חֲדָא לַחֲבֶרְתָּהּ: חֲבֶרְתִּי, בּוֹאִי וְנָשׁוּט בָּעוֹלָם, וְנִשְׁמַע מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד מַה פּוּרְעָנוּת בָּא לָעוֹלָם? אָמְרָה לָהּ חֲבֶרְתָּהּ: אֵינִי יְכוֹלָה, שֶׁאֲנִי קְבוּרָה בְּמַחְצֶלֶת שֶׁל קָנִים. אֶלָּא לְכִי אַתְּ, וּמַה שֶּׁאַתְּ שׁוֹמַעַת אִמְרִי לִי. הָלְכָה הִיא וְשָׁטָה וּבָאָה. וְאָמְרָה לָהּ חֲבֶרְתָּהּ: חֲבֶרְתִּי, מַה שָּׁמַעְתְּ מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד? אָמְרָה לָהּ: שָׁמַעְתִּי שֶׁכָּל הַזּוֹרֵעַ בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה בָּרָד מַלְקֶה אוֹתוֹ. הָלַךְ הוּא וְזָרַע בִּרְבִיעָה שְׁנִיָּה. שֶׁל כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לָקָה, שֶׁלּוֹ — לֹא לָקָה.
La Guemara objecte : Et est-ce donc vrai que les morts ne savent pas la souffrance des autres ? N’a-t-on pas enseigné dans une baraita : Il y eut un incident impliquant un homme pieux qui donna à un pauvre un dinar la veille de Roch HaChana pendant des années de sécheresse, et sa femme se moqua de lui pour avoir donné une somme si importante en un moment si difficile ? Et, afin d’échapper à ses moqueries incessantes, il alla dormir au cimetière. Cette nuit-là, dans son rêve (Ritva, HaKotev, Maharsha), il entendit deux esprits converser entre eux. L’un dit à l’autre : Mon amie, parcourons le monde et écoutons derrière le rideau céleste [pargod], qui sépare la Présence divine du monde, quelle calamité s’abattra sur le monde. L’autre esprit lui dit : Je ne peux pas aller avec toi, car je suis enterrée dans une natte de roseaux, mais vas-y toi, et dis-moi ce que tu entends. Elle y alla, parcourut, et revint. L’autre esprit dit : Mon amie, qu’as-tu entendu derrière le rideau céleste ? Elle répondit : J’ai entendu que quiconque sème pendant la première saison des pluies de cette année, la grêle tombera et frappera ses récoltes. En entendant cela, l’homme pieux alla semer ses graines pendant la seconde saison des pluies. Finalement, les récoltes du monde entier furent frappées par la grêle et les siennes ne furent pas frappées.
לַשָּׁנָה הָאַחֶרֶת הָלַךְ וְלָן בְּבֵית הַקְּבָרוֹת, וְשָׁמַע אוֹתָן שְׁתֵּי רוּחוֹת שֶׁמְסַפְּרוֹת זוֹ עִם זוֹ. אָמְרָה חֲדָא לַחֲבֶרְתָּהּ: בּוֹאִי וְנָשׁוּט בָּעוֹלָם וְנִשְׁמַע מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד מַה פּוּרְעָנוּת בָּא לָעוֹלָם. אָמְרָה לָהּ: חֲבֶרְתִּי, לֹא כָּךְ אָמַרְתִּי לָךְ, אֵינִי יְכוֹלָה שֶׁאֲנִי קְבוּרָה בְּמַחְצֶלֶת שֶׁל קָנִים?! אֶלָּא לְכִי אַתְּ, וּמַה שֶּׁאַתְּ שׁוֹמַעַת בּוֹאִי וְאִמְרִי לִי. הָלְכָה וְשָׁטָה וּבָאָה. וְאָמְרָה לָהּ חֲבֶרְתָּהּ: חֲבֶרְתִּי, מַה שָּׁמַעְתְּ מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד? אָמְרָה לָהּ: שָׁמַעְתִּי שֶׁכָּל הַזּוֹרֵעַ בִּרְבִיעָה שְׁנִיָּה שִׁדָּפוֹן מַלְקֶה אוֹתוֹ. הָלַךְ וְזָרַע בִּרְבִיעָה רִאשׁוֹנָה, שֶׁל כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ נִשְׁדַּף וְשֶׁלּוֹ לֹא נִשְׁדַּף.
L’année suivante, à la veille de Roch Hachana, le même homme pieux alla dormir au cimetière de sa propre initiative et, de nouveau, entendit les deux esprits converser entre eux. L’un dit à l’autre : Allons parcourir le monde et entendre, derrière le voile céleste, quelle calamité s’abattra sur le monde. Elle lui dit : Mon amie, ne t’ai-je pas déjà dit que je ne peux pas, car je suis enterrée dans une natte de roseaux ? Va plutôt, toi, et dis-moi ce que tu entends. Elle alla, erra, puis revint. L’autre esprit lui dit : Mon amie, qu’as-tu entendu derrière le voile ? Elle répondit : J’ai entendu que ceux qui sèment pendant la seconde saison des pluies seront frappés par la brûlure de leurs récoltes. Cet homme pieux alla semer pendant la première saison des pluies. Comme tous les autres semèrent pendant la seconde saison des pluies, finalement, les récoltes du monde entier furent frappées, tandis que les siennes ne furent pas frappées.
אָמְרָה לוֹ אִשְׁתּוֹ: מִפְּנֵי מָה אֶשְׁתָּקַד שֶׁל כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ לָקָה וְשֶׁלְּךָ לֹא לָקָה, וְעַכְשָׁיו שֶׁל כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ נִשְׁדַּף וְשֶׁלְּךָ לֹא נִשְׁדַּף? סָח לָהּ כָּל הַדְּבָרִים הַלָּלוּ. אָמְרוּ: לֹא הָיוּ יָמִים מוּעָטִים עַד שֶׁנָּפְלָה קְטָטָה בֵּין אִשְׁתּוֹ שֶׁל אוֹתוֹ חָסִיד וּבֵין אִמָּהּ שֶׁל אוֹתָהּ רִיבָה. אָמְרָה לָהּ: לְכִי וְאַרְאֵךְ בִּתֵּךְ שֶׁהִיא קְבוּרָה בְּמַחְצֶלֶת שֶׁל קָנִים.
La femme de l’homme pieux lui dit : Pourquoi l’an dernier les récoltes du monde entier ont-elles été frappées et les tiennes ne l’ont-elles pas été, et maintenant, cette année, les récoltes du monde entier ont-elles été ravagées et les tiennes ne l’ont-elles pas été ? Il lui raconta toute l’histoire. Ils dirent : Il ne s’écoula même pas quelques jours avant qu’une querelle n’éclate entre la femme de l’homme pieux et la mère de la jeune femme qui était enterrée là. La femme de l’homme pieux lui dit avec mépris : Va, et je te montrerai ta fille, et tu verras qu’elle est enterrée dans une natte de roseaux.
לַשָּׁנָה הָאַחֶרֶת הָלַךְ וְלָן בְּבֵית הַקְּבָרוֹת וְשָׁמַע אוֹתָן רוּחוֹת שֶׁמְסַפְּרוֹת זוֹ עִם זוֹ. אָמְרָה לָהּ: חֲבֶרְתִּי, בּוֹאִי וְנָשׁוּט בָּעוֹלָם וְנִשְׁמַע מֵאֲחוֹרֵי הַפַּרְגּוֹד מַה פּוּרְעָנוּת בָּא לָעוֹלָם. אָמְרָה לָהּ: חֲבֶרְתִּי, הֲנִיחִינִי, דְּבָרִים שֶׁבֵּינִי לְבֵינֵךְ כְּבָר נִשְׁמְעוּ בֵּין הַחַיִּים. אַלְמָא יָדְעִי.
L’année suivante, il de nouveau alla dormir au cimetière et entendit les mêmes esprits converser entre eux. L’un dit à l’autre : Mon amie, allons parcourir le monde et entendre, derrière le rideau céleste, quelle calamité s’abattra sur le monde. Elle lui dit : Mon amie, laisse-moi tranquille, car les paroles que nous avons échangées en privé entre nous ont déjà été entendues parmi les vivants. Apparemment, les morts savent ce qui se passe dans ce monde.
דִּילְמָא אִינִישׁ אַחֲרִינָא שָׁכֵיב, וְאָזֵיל וְאָמַר לְהוּ.
La Guemara répond : Ce n’est pas une preuve ; peut-être une autre personne, qui avait entendu parler de la conversation des esprits de seconde main, est morte et est allée leur dire qu’on les avait entendus.
תָּא שְׁמַע: דִּזְעֵירִי הֲוָה מַפְקֵיד זוּזֵי גַּבֵּי אוּשְׁפִּיזְכָתֵיהּ. עַד דְּאָתֵי וְאָזֵיל לְבֵי רַב, שְׁכִיבָה. אֲזַל בָּתְרַהּ לַחֲצַר מָוֶת, אֲמַר לַהּ: זוּזֵי הֵיכָא? אֲמַרָה לֵיהּ: זִיל שַׁקְלִינְהוּ מִתּוּתֵי צִנּוֹרָא דְּדָשָׁא בְּדוּךְ פְּלָן, וְאֵימָא לַהּ לְאִימָּא, תְּשַׁדַּר לִי מַסְרְקַאי וְגוּבְתַּאי דְּכוּחְלָא בַּהֲדֵי פְּלָנִיתָא דְּאָתְיָא לִמְחַר. אַלְמָא יָדְעִי!
En ce qui concerne la connaissance du défunt de ce qui se passe, viens et écoute une preuve, comme il est rapporté : Ze’iri déposait ses dinars chez son aubergiste. Alors qu’il allait et venait vers et depuis la maison d’étude de Rav, elle mourut, et il ne savait pas où elle avait mis l’argent. Il alla donc après elle jusqu’à sa tombe au cimetière et lui dit : Où sont les dinars ? Elle répondit : Va les prendre sous la charnière de la porte à tel et tel endroit, et dis à ma mère qu’elle devrait m’envoyer mon peigne et un tube de fard à paupières avec telle femme qui mourra et viendra ici demain. Apparemment, les morts savent ce qui se passe dans ce monde.
דִּלְמָא דּוּמָה קָדֵים וּמַכְרֵיז לְהוּ.
La Guemara rejette cette preuve : Peut-être l’ange Duma, qui supervise les morts, vient au préalable et les informe qu’un certain individu arrivera le lendemain, mais eux-mêmes ne le savent pas.
תָּא שְׁמַע: דַּאֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל הֲווֹ קָא מַפְקְדִי גַּבֵּיהּ זוּזֵי דְיַתְמֵי. כִּי נָח נַפְשֵׁיהּ לָא הֲוָה שְׁמוּאֵל גַּבֵּיהּ. הֲווֹ קָא קָרוּ לֵיהּ: ״בַּר אָכֵיל זוּזֵי דְיַתְמֵי״. אֲזַל אַבָּתְרֵיהּ לַחֲצַר מָוֶת. אֲמַר לְהוּ: בָּעֵינָא אַבָּא! אֲמַרוּ לֵיהּ: אַבָּא טוּבָא אִיכָּא הָכָא. אֲמַר לְהוּ: בָּעֵינָא אַבָּא בַּר אַבָּא. אֲמַרוּ לֵיהּ: אַבָּא בַּר אַבָּא נָמֵי טוּבָא אִיכָּא הָכָא. אֲמַר לְהוּ: בָּעֵינָא אַבָּא בַּר אַבָּא אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל הֵיכָא? אֲמַרוּ לֵיהּ סְלֵיק לִמְתִיבְתָּא דִּרְקִיעָא. אַדְּהָכִי חַזְיֵיהּ לְלֵוִי דְּיָתֵיב אַבָּרַאי. אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי יָתְבַתְּ אַבָּרַאי? מַאי טַעְמָא לָא סָלְקַתְּ? אֲמַר לֵיהּ, דְאָמְרִי לִי: כָּל כִּי הָנָךְ שְׁנֵי דְּלָא סְלֵיקְתְּ לִמְתִיבְתָּא דְּרַבִּי אַפָּס וְאַחְלֵישְׁתֵּיהּ לְדַעְתֵּיהּ, לָא מְעַיְּילִינַן לָךְ לִמְתִיבְתָּא דִרְקִיעָא.
La Guemara cite une autre preuve : Viens et écoute, comme il a été enseigné : On déposait l’argent des orphelins chez le père de Shmuel pour le garder. Lorsque le père de Shmuel mourut, Shmuel n’était pas avec lui, et il n’apprit pas de lui l’endroit où se trouvait l’argent. Puisqu’il ne le rendit pas, Shmuel fut appelé : Fils de celui qui consume l’argent des orphelins. Shmuel alla à la recherche de son père au cimetière et dit aux morts : Je veux Abba. Les morts lui dirent : Il y a beaucoup d’Abba ici. Il leur dit : Je veux Abba bar Abba. Ils dirent lui : Il y a aussi ici beaucoup de gens nommés Abba bar Abba. Il leur dit : Je veux Abba bar Abba, le père de Shmuel. Où est-il ? Ils répondirent : Monte à la yeshiva d’en haut. Entre-temps, il vit son ami Lévi assis dehors de la yeshiva, à l’écart du reste des défunts. Il lui demanda : Pourquoi es-tu assis dehors ? Pourquoi n’es-tu pas monté à la yeshiva ? Il répondit : Parce qu’on me dit que pendant toutes ces annéestu n’es pas entré dans la yeshiva de Rabbi Afes, et que tu l’as ainsi contrarié, on ne t’accordera pas l’entrée à la yeshiva d’en haut.
אַדְּהָכִי וְהָכִי אֲתָא אֲבוּהּ, חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה קָא בָכֵי וְאַחֵיךְ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא קָא בָכֵית? אֲמַר לֵיהּ: דְּלַעֲגָל קָא אָתֵית. מַאי טַעְמָא אַחֵיכְתְּ? דַּחֲשִׁיבַתְּ בְּהַאי עָלְמָא טוּבָא. אֲמַר לֵיהּ: אִי חֲשִׁיבְנָא — נְעַיְּילוּהּ לְלֵוִי. וְעַיְּילוּהוּ לְלֵוִי.
Pendant ce temps, le père de Shmuel vint, et Shmuel vit qu’il pleurait et riait. Shmuel dit à son père : Pourquoi pleures-tu ? Son père répondit : Parce que tu viendras bientôt ici. Shmuel continua et demanda : Pourquoi ris-tu ? Son père répondit : Parce que tu es extrêmement important dans ce monde. Shmuel lui dit : Si je suis important, alors qu’on permette à Levi d’entrer à la yeshiva. Et c’est ainsi qu’on permit à Levi d’entrer à la yeshiva.
אֲמַר לֵיהּ: זוּזֵי דְיַתְמֵי הֵיכָא? אֲמַר לֵיהּ: זִיל שַׁקְלִינְהוּ בְּאַמְתָא דְרִחְיָא. עִילָּאֵי וְתַתָּאֵי — דִּידַן, וּמִיצְעֵי דְּיַתְמֵי. אֲמַר לֵיהּ: מַאי טַעְמָא עֲבַדְתְּ הָכִי? אֲמַר לֵיהּ: אִי גָּנְבִי גַּנָּבֵי — מִגַּנְבוּ מִדִּידַן. אִי אָכְלָה אַרְעָא — אָכְלָה מִדִּידַן. אַלְמָא דְּיָדְעִי! — דִּילְמָא שָׁאנֵי שְׁמוּאֵל, כֵּיוָן דַּחֲשִׁיב קָדְמִי וּמַכְרְזִי: פַּנּוּ מָקוֹם.
Shmuel dit à son père : Où est l’argent des orphelins ? Il lui dit : Va et récupère-le au moulin, où tu trouveras que l’argent du dessus et du dessous est à nous, et l’argent du milieu appartient aux orphelins. Shmuel lui dit : Pourquoi as-tu fait cela ? Il répondit : Si des voleurs avaient volé, ils auraient volé de l’argent à nous du dessus, que le voleur verrait en premier. Si la terre avait englouti une partie de celui-ci, elle aurait englouti de notre argent, celui du dessous. Apparemment, les morts, en l’occurrence le père de Shmuel, savent quand d’autres mourront. Puisque Shmuel ne mourut pas le lendemain, il est clair que l’ange Douma n’aurait pas pu les en informer (Tosafot). La Guemara répond : Peut-être que Shmuel est différent, et parce qu’il est si important, on annonce à l’avance : Faites place à son arrivée.
וְאַף רַבִּי יוֹנָתָן הֲדַר בֵּיהּ, דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: מִנַּיִן לַמֵּתִים שֶׁמְסַפְּרִים זֶה עִם זֶה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיֹּאמֶר ה׳ אֵלָיו זֹאת הָאָרֶץ אֲשֶׁר נִשְׁבַּעְתִּי לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב לֵאמֹר״. מַאי ״לֵאמֹר״? — אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְמֹשֶׁה: לֵךְ אֱמוֹר לָהֶם לְאַבְרָהָם לְיִצְחָק וּלְיַעֲקֹב: שְׁבוּעָה שֶׁנִּשְׁבַּעְתִּי לָכֶם כְּבָר קִייַּמְתִּיהָ לִבְנֵיכֶם.
En tout cas, en ce qui concerne le cœur de la question, Rabbi Yonatan revint lui aussi sur son opinion, comme l’a dit Rabbi Shmuel bar Naḥmani, à savoir que Rabbi Yonatan a dit : D’où déduit-on que les morts conversent entre eux ? Comme il est dit : « Et le Seigneur lui dit : voici le pays que j’ai juré à Abraham, Isaac et Jacob, en disant : Je le donnerai à ta descendance » (Deutéronome 34:4). Quel est le sens de « en disant » ? Cela signifie que Dieu dit à Moïse : Va dire à Abraham, Isaac et Jacob que le serment que je vous ai juré, je l’ai déjà accompli pour vos descendants.

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