וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּלָא יָדְעִי, כִּי אָמַר לְהוּ מַאי הָוֵי? אֶלָּא מַאי — דְּיָדְעִי? לְמָה לֵיהּ לְמֵימַר לְהוּ?! לְאַחְזוֹקֵי לֵיהּ טֵיבוּתָא לְמֹשֶׁה.
Et s’il te venait à l’esprit que les morts ne savent pas, alors qu’importe s’il le leur dit ? La Guemara rejette cela : Plutôt, que diras-tu, qu’ils savent ? Alors, pourquoi a-t-il besoin de le leur dire ? La Guemara répond : Cela n’est pas difficile, car il le leur dit afin qu’ils attribuent le mérite à Moïse.
אָמַר רַבִּי יִצְחָק: כׇּל הַמְסַפֵּר אַחֲרֵי הַמֵּת, כְּאִלּוּ מְסַפֵּר אַחֲרֵי הָאֶבֶן. אִיכָּא דְאָמְרִי דְּלָא יָדְעִי, וְאִיכָּא דְאָמְרִי דְּיָדְעִי וְלָא אִיכְפַּת לְהוּ.
À ce sujet, Rabbi Yitzḥak a dit : Quiconque parle négativement du défunt, c’est comme s’il parlait de la pierre. La Guemara en propose deux interprétations : Certains disent que c’est parce que les morts ne savent pas, et certains disent qu’ils savent, mais cela leur est égal qu’on parle d’eux de cette manière.
אִינִי?! וְהָא אָמַר רַב פָּפָּא: חַד אִישְׁתַּעִי מִילְּתָא בָּתְרֵיהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל וּנְפַל קַנְיָא מִטְּלָלָא וּבְזַעָא לְאַרְנְקָא דְמוֹחֵיהּ!
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Rav Pappa n’a-t-il pas dit : Il y eut un jour quelqu’un qui parla de manière méprisante après la mort de Mar Shmuel, et un roseau tomba du plafond, lui fracturant le crâne ? De toute évidence, les morts se soucient de ce que l’on dit en mal d’eux.
שָׁאנֵי צוֹרְבָא מֵרַבָּנָן, דְּקוּדְשָׁא בְּרִיךְ הוּא תָּבַע בִּיקָרֵיהּ.
La Guemara rejette cela : Ce n’est pas une preuve que les morts s’en soucient. Au contraire, un érudit de la Torah est différent, car Dieu Lui-même exige que son honneur soit préservé.
אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: כׇּל הַמְסַפֵּר אַחַר מִטָּתָן שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים נוֹפֵל בְּגֵיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְהַמַּטִּים עֲקַלְקַלּוֹתָם יוֹלִיכֵם ה׳ אֶת פּוֹעֲלֵי הָאָוֶן שָׁלוֹם עַל יִשְׂרָאֵל״. אֲפִילּוּ בְּשָׁעָה שֶׁשָּׁלוֹם עַל יִשְׂרָאֵל, ״יוֹלִיכֵם ה׳ אֶת פּוֹעֲלֵי הָאָוֶן״.
Rabbi Yehoshua ben Levi a dit de manière similaire : Celui qui parle de façon méprisante après les bières funéraires des érudits de la Torah et les diffame après leur mort tombera dans le Guehinom, comme il est dit : « Mais ceux qui se détournent vers leurs voies tortueuses, le Seigneur les emmènera avec les ouvriers d’iniquité ; paix sur Israël » (Psaumes 125:5). Même s’il dit du mal d’eux quand il y a paix sur Israël, après la mort, lorsqu’ils ne sont plus capables de lutter contre ceux qui les dénoncent (Tosafot) ; néanmoins le Seigneur les emmènera avec les ouvriers d’iniquité, au Guehinom.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: אִם רָאִיתָ תַּלְמִיד חָכָם שֶׁעָבַר עֲבֵירָה בַּלַּיְלָה — אַל תְּהַרְהֵר אַחֲרָיו בַּיּוֹם, שֶׁמָּא עָשָׂה תְּשׁוּבָה. ״שֶׁמָּא״ סָלְקָא דַעְתָּךְ? אֶלָּא וַדַּאי עָשָׂה תְּשׁוּבָה. וְהָנֵי מִילֵּי — בִּדְבָרִים שֶׁבְּגוּפוֹ. אֲבָל בְּמָמוֹנָא — עַד דְּמַהְדַּר לְמָרֵיהּ.
Dans le même esprit, il a été enseigné dans l’école du rabbin Yishmael : Si tu as vu un érudit de la Torah transgresser une interdiction la nuit, ne pense pas du mal de lui pendant la journée ; peut-être s’est-il repenti entre-temps. La Guemara conteste cela : Te viendrait-il à l’esprit que seulement peut-être il s’est repenti ? Ne devrait-on pas lui accorder le bénéfice du doute ? Au contraire, il s’est certainement repenti. La Guemara note : L’idée selon laquelle il faut toujours accorder à un érudit de la Torah le bénéfice du doute et supposer qu’il s’est repenti se rapporte spécifiquement aux questions qui le concernent lui-même, mais, si quelqu’un voit un érudit de la Torah commettre une transgression impliquant les biens d’autrui, il n’est pas tenu de lui accorder le bénéfice du doute. Au contraire, il ne doit pas supposer qu’il s’est repenti jusqu’à ce qu’il le voie rendre l’argent à son propriétaire.
וְאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה מְקוֹמוֹת בֵּית דִּין מְנַדִּין עַל כְּבוֹד הָרַב, וְכוּלָּן שָׁנִינוּ בְּמִשְׁנָתֵנוּ. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי אֶלְעָזָר: הֵיכָא? אֲמַר לֵיהּ: לְכִי תַּשְׁכַּח.
Puisque des questions relatives au respect dû aux sages de la Torah ont été soulevées, la Guemara poursuit en citant Rabbi Yehoshua ben Levi, qui a dit : Il y a vingt-quatre endroits où le tribunal ostracise pour des questions de respect dû au rabbin, et nous les avons tous appris dans notre Michna. Rabbi Elazar lui dit : Où ces cas se trouvent-ils ? Rabbi Yehoshua ben Levi lui dit : Quand tu chercheras, tu les trouveras.
נְפַק דָּק, וְאַשְׁכַּח תְּלָת: הַמְזַלְזֵל בִּנְטִילַת יָדַיִם, וְהַמְסַפֵּר אַחַר מִטָּתָן שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, וְהַמֵּגִיס דַּעְתּוֹ כְּלַפֵּי מַעְלָה.
Il sortit, examina et trouva trois exemples : celui qui rabaisse le rituel du lavage des mains, celui qui parle de manière désobligeante derrière la bière des érudits de la Torah, et celui qui est arrogant envers le Ciel. La Guemara cite des sources pour chacun de ces cas.
״הַמְסַפֵּר אַחַר מִטָּתָן שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים״ מַאי הִיא? — דִּתְנַן: הוּא הָיָה אוֹמֵר: אֵין מַשְׁקִין לֹא אֶת הַגִּיּוֹרֶת, וְלֹא אֶת הַמְשׁוּחְרֶרֶת. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: מַשְׁקִין. וְאָמְרוּ לוֹ: מַעֲשֶׂה בְּכַרְכְּמִית, שִׁפְחָה מְשׁוּחְרֶרֶת בִּירוּשָׁלַיִם וְהִשְׁקוּהָ שְׁמַעְיָה וְאַבְטַלְיוֹן! וְאָמַר לָהֶם: דּוּגְמָא הִשְׁקוּהָ — וְנִדּוּהוּ וּמֵת בְּנִדּוּיוֹ, וְסָקְלוּ בֵּית דִּין אֶת אֲרוֹנוֹ.
Quelle est la source pour quelqu’un qui parle de manière désobligeante après les bières des érudits de Torah ? Comme nous l’avons appris dans la michna : Akavya ben Mahalalel avait l’habitude de dire : Dans le cas d’une femme dont le mari la soupçonne d’adultère, qui a été avertie par son mari de ne pas s’isoler avec un autre homme et qui ne l’a pas écouté (voir Nombres 5), le tribunal ne fait pas boire la potion d’eaux amères d’une sota à une convertie ou une servante affranchie. Et les Sages disent : Le tribunal leur fait boire la potion d’eaux amères. Et les Sages lui dirent comme preuve : Il y a l’histoire de Kharkemit, une servante affranchie à Jérusalem, et Shemaya et Avtalyon lui administrèrent les eaux amères. Akavya ben Mahalalel dit aux Sages : Cela ne constitue pas une preuve. Shemaya et Avtalyon, qui étaient eux aussi issus de familles de convertis, ont exigé que la servante boive la potion parce qu’elle était comme eux [dugma]. Et puisque Akavya ben Mahalalel a jeté le discrédit sur les érudits de Torah décédés, il fut mis au ban et mourut alors qu’il était encore sous le coup du bannissement. Et conformément à la halakha concernant celui qui meurt alors qu’il est sous le coup d’un bannissement, le tribunal lapida son cercueil. Apparemment, celui qui dénigre un érudit de Torah décédé est condamné au bannissement.
״וְהַמְזַלְזֵל בִּנְטִילַת יָדַיִם״ מַאי הִיא? — דִּתְנַן, אָמַר רַבִּי יְהוּדָה: חַס וְשָׁלוֹם שֶׁעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל נִתְנַדָּה, שֶׁאֵין עֲזָרָה נִנְעֶלֶת עַל כׇּל אָדָם בְּיִשְׂרָאֵל בְּחׇכְמָה וּבְטׇהֳרָה וּבְיִרְאַת חֵטְא כַּעֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל. אֶלָּא אֶת מִי נִדּוּ? — אֶת אֶלְעָזָר בֶּן חֲנוֹךְ שֶׁפִּקְפֵּק בִּנְטִילַת יָדַיִם. וּכְשֶׁמֵּת, שָׁלְחוּ בֵּית דִּין וְהִנִּיחוּ אֶבֶן גְּדוֹלָה עַל אֲרוֹנוֹ, לְלַמֶּדְךָ שֶׁכָּל הַמִּתְנַדֶּה וּמֵת בְּנִדּוּיוֹ — בֵּית דִּין סוֹקְלִין אֶת אֲרוֹנוֹ.
Et quelle est la source concernant celui qui méprise le rituel du lavage des mains ? Nous avons appris plus loin dans la même michna : Rabbi Yehouda a dit : Cette histoire rapportée au sujet de l’excommunication d’Akavya ben Mahalalel est totalement fausse ; À Dieu ne plaise qu’Akavya ben Mahalalel ait été excommunié, car la cour du Temple n’est fermée à aucun Juif, c’est-à-dire que même lorsque tout Israël montait en pèlerinage à Jérusalem, lorsque chacun des trois groupes réunis pour offrir l’agneau pascal remplissait la cour, amenant l’administration du Temple à fermer la cour, il n’y avait là personne d’aussi accompli en sagesse, en pureté et en crainte du péché qu’Akavya ben Mahalalel. Alors, qui ont-ils excommunié ? Elazar ben Ḥanokh, parce qu’il a mis en doute et méprisé l’ordonnance rabbinique du lavage des mains. Et lorsqu’il mourut, le tribunal envoya des instructions et ils placèrent une grosse pierre sur son cercueil afin de t’enseigner que celui qui est excommunié et meurt en état d’excommunication, le tribunal lapide son cercueil, comme pour le lapider symboliquement. Apparemment, celui qui prend à la légère le rituel du lavage des mains est condamné à l’excommunication.
״הַמֵּגִיס דַּעְתּוֹ כְּלַפֵּי מַעְלָה״ מַאי הִיא? — דִּתְנַן, שָׁלַח לוֹ שִׁמְעוֹן בֶּן שֶׁטַח לְחוֹנִי הַמְעַגֵּל: צָרִיךְ אַתָּה לְהִתְנַדּוֹת, וְאִלְמָלֵא חוֹנִי אַתָּה גּוֹזְרַנִי עָלֶיךָ נִדּוּי, אֲבָל מָה אֶעֱשֶׂה שֶׁאַתָּה מִתְחַטֵּא לִפְנֵי הַמָּקוֹם וְעוֹשֶׂה לְךָ רְצוֹנְךָ, כְּבֵן שֶׁמִּתְחַטֵּא לִפְנֵי אָבִיו וְעוֹשֶׂה לוֹ רְצוֹנוֹ. וְעָלֶיךָ הַכָּתוּב אוֹמֵר: ״יִשְׂמַח אָבִיךָ וְאִמֶּךָ וְתָגֵל יוֹלַדְתֶּךָ״.
Quelle est la source du troisième cas, celui qui se montre arrogant vis-à-vis du Ciel ? La michna rapporte que Ḥoni HaMe’aggel, le traceur de cercles, traça un cercle et se tint à l’intérieur, disant qu’il ne quitterait pas le cercle jusqu’à ce qu’il pleuve, et il alla même jusqu’à formuler des exigences quant à la manière dont il voulait que la pluie tombe. Après qu’il eut plu, Shimon ben Shataḥ, le Nasi du Sanhédrin, transmit à Ḥoni HaMe’aggel : En réalité, tu devrais être excommunié pour ce que tu as dit, et si tu n’étais pas Ḥoni, j’aurais décrété ton excommunication, mais que puis-je faire ? Tu importunes Dieu et Il fait selon ta volonté, comme un fils qui importune son père et son père fait selon sa volonté sans réprimande. Après tout, la pluie est tombée comme tu l’avais demandé. À ton sujet, le verset déclare : « Ton père et ta mère se réjouiront, et celle qui t’a enfanté exultera » (Proverbes 23:25). Apparemment, celui qui se montre arrogant vis-à-vis du Ciel mériterait ordinairement l’excommunication.
וְתוּ לֵיכָּא? וְהָא אִיכָּא דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף: תּוֹדוֹס אִישׁ רוֹמִי הִנְהִיג אֶת בְּנֵי רוֹמִי לְהַאֲכִילָן גְּדָיִים מְקוּלָּסִין בְּלֵילֵי פְּסָחִים. שְׁלַח לֵיהּ שִׁמְעוֹן בֶּן שָׁטַח: אִלְמָלֵא תּוֹדוֹס אַתָּה, גּוֹזְרַנִי עָלֶיךָ נִדּוּי, שֶׁאַתָּה מַאֲכִיל אֶת יִשְׂרָאֵל קׇדָשִׁים בַּחוּץ.
La Guemara conteste cela : Et n’y a-t-il pas d’autres cas d’excommunication ou de menaces d’excommunication ? Il y en a sûrement d’autres, comme celui de la baraitaenseignée par Rav Yosef : Il est rapporté que Théodose de Rome, chef de la communauté juive locale, instaura la coutume pour les Juifs romains de manger des chevreaux entiers, de jeunes chèvres rôties avec leurs entrailles au-dessus de leurs têtes, comme c’était l’usage lors de la cuisson de l’agneau pascal, la veille de Pessa'h, comme on le faisait au Temple. Shimon ben Shataḥ envoya un message à son intention : Si tu n’étais pas Théodose, une personne importante, j’aurais décrété ton ostracisme, car il semble que tu nourrisses Israël avec de la nourriture consacrée, qui ne peut être consommée que dans le Temple même et à ses abords, à l’extérieur du Temple.
״בְּמִשְׁנָתֵנוּ״ קָאָמְרִינַן. וְהָא, בָּרַיְיתָא הִיא.
La Guemara répond : Ce cas ne doit pas être inclus, car Rabbi Yehoshua ben Levi a dit qu'il y avait vingt-quatre cas dans notre Michna, et ceci n'est qu'une baraita.
וּבְמַתְנִיתִין לֵיכָּא? וְהָא אִיכָּא הָא דִתְנַן: חֲתָכוֹ חוּלְיוֹת וְנָתַן חוֹל בֵּין חוּלְיָא לְחוּלְיָא — רַבִּי אֱלִיעֶזֶר מְטַהֵר, וַחֲכָמִים מְטַמְּאִים. וְזֶהוּ תַּנּוּרוֹ שֶׁל עַכְנַאי.
La Guemara demande : Et n’y en a-t-il aucun dans la Mishna ? N’est-ce pas ce que nous avons appris dans la michna : Celui qui a coupé un four en terre cuite horizontalement en morceaux en forme d’anneau et a mis du sable entre les morceaux, Rabbi Eliezer considère le four comme rituellement pur, c’est-à-dire qu’il n’est plus susceptible d’impureté rituelle. Il soutient que, bien que les fragments du four aient été rassemblés, il n’est pas considéré comme un ustensile intact mais plutôt comme une collection de fragments, et un ustensile en terre cuite brisé ne peut pas devenir rituellement impur. Et les Sages le considèrent comme rituellement impur. Puisque le four continue de remplir sa fonction d’origine, il est toujours considéré comme une seule entité et un ustensile entier malgré le sable placé entre les morceaux. Et c’est ce qu’on appelle le four de akhnai, serpent.
מַאי ״עַכְנַאי״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מְלַמֵּד שֶׁהִקִּיפוּהוּ הֲלָכוֹת כְּעַכְנַאי זֶה, וְטִמְּאוּהוּ.
La Guemara demande : Quelle est la signification du four du serpent ? Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Il est appelé serpent pour enseigner que les Sages ont entouré Rabbi Eliezer dehalakhot et de preuves comme un serpent entoure sa proie, et ont déclaré le four et son contenu rituellement impurs.
וְתַנְיָא: אוֹתוֹ הַיּוֹם הֵבִיאוּ כׇּל טְהָרוֹת שֶׁטִּיהֵר רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וּשְׂרָפוּם לְפָנָיו, וּלְבַסּוֹף בֵּרְכוּהוּ.
Et il a été enseigné dans une baraita : Ce jour-là, ils rassemblèrent tous les aliments rituellement purs qui étaient entrés en contact avec le four que Rabbi Eliezer avait déclaré rituellement pur, et ils les brûlèrent devant lui, et, parce qu’il n’accepta pas la décision de la majorité, à la fin ils le « bénirent », euphémisme pour dire qu’ils l’ostracisèrent, lui. C’est un autre cas qui se termina par l’ostracisme.
אֲפִילּוּ הָכִי, נִדּוּי בְּמַתְנִיתִין לָא תְּנַן. אֶלָּא ״בְּעֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה מְקוֹמוֹת״ הֵיכָא מַשְׁכַּחַתְּ לַהּ? רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי מְדַמֵּה מִילְּתָא לְמִילְּתָא, וְרַבִּי אֶלְעָזָר לָא מְדַמֵּה מִילְּתָא לְמִילְּתָא.
La Guemara répond : Malgré cela, nous n’avons pas appris la décision concernant son ostracisme dans la michna. La Guemara demande : Alors, où trouves-tu les vingt-quatre endroits mentionnés dans la déclaration de Rabbi Yehoshua ben Levi ? La Guemara répond : Rabbi Yehoshua ben Levi assimile une chose à une autre chose semblable. Chaque fois qu’il rencontrait dans une michna un cas où l’un des Sages s’exprimait de manière inappropriée au sujet d’autres Sages, il concluait qu’ils auraient dû être excommuniés. Rabbi Elazar n’assimile pas une chose à une autre chose semblable, et a donc trouvé seulement trois cas explicites d’ostracisme.
נוֹשְׂאֵי הַמִּטָּה וְחִלּוּפֵיהֶן. תָּנוּ רַבָּנַן אֵין מוֹצִיאִין אֶת הַמֵּת סָמוּךְ לִקְרִיאַת שְׁמַע. וְאִם הִתְחִילוּ — אֵין מַפְסִיקִין. אִינִי?! וְהָא רַב יוֹסֵף אַפְּקוּהוּ סָמוּךְ לִקְרִיאַת שְׁמַע! אָדָם חָשׁוּב שָׁאנֵי.
Nous avons appris dans la michna que les porteurs du cercueil et leurs remplaçants sont exemptés de la récitation du Shema. À ce sujet, la Guemara cite ce que les Sages ont enseigné dans une baraita : Le défunt ne peut pas être sorti pour être enterré à proximité de l’heure de la récitation du Shema, mais il doit être enterré plus tard. Et s’ils ont déjà commencé à le sortir, ils n’ont pas besoin de s’arrêter pour réciter le Shema. La Guemara objecte : Est-ce bien ainsi ? N’ont-ils pas sorti Rav Yosef pour être enterré à proximité de l’heure de la récitation du Shema ? La Guemara résout cette contradiction : le cas d’une personne importante est différent, et l’on est plus indulgent afin de l’honorer lors de son enterrement.
שֶׁלִּפְנֵי הַמִּטָּה וְשֶׁלְּאַחַר הַמִּטָּה. תָּנוּ רַבָּנַן: הָעוֹסְקִים בְּהֶסְפֵּד, בִּזְמַן שֶׁהַמֵּת מוּטָל לִפְנֵיהֶם נִשְׁמָטִין אֶחָד אֶחָד וְקוֹרִין. אֵין הַמֵּת מוּטָל לִפְנֵיהֶם, הֵן יוֹשְׁבִין וְקוֹרִין, וְהוּא יוֹשֵׁב וְדוֹמֵם. הֵם עוֹמְדִים וּמִתְפַּלְּלִין, וְהוּא עוֹמֵד וּמַצְדִּיק עָלָיו אֶת הַדִּין, וְאוֹמֵר: ״רִבּוֹן הָעוֹלָמִים, הַרְבֵּה חָטָאתִי לְפָנֶיךָ, וְלֹא נִפְרַעְתָּ מִמֶּנִּי אֶחָד מִנִּי אֶלֶף, יְהִי רָצוֹן מִלְּפָנֶיךָ ה׳ אֱלֹהֵינוּ, שֶׁתִּגְדּוֹר פִּרְצוֹתֵינוּ וּפִרְצוֹת כׇּל עַמְּךָ בֵּית יִשְׂרָאֵל בְּרַחֲמִים״.
Dans la michna, nous avons appris la halakha concernant les porteurs du cercueil et leur obligation de réciter le Shema, et une distinction a été faite entre ceux qui sont devant la bière et ceux qui sont derrière la bière. Nos Rabbins ont enseigné dans une baraita : Ceux qui participent à l’éloge funèbre doivent se retirer discrètement de l’éloge un par un pendant que le défunt est exposé devant eux et réciter le Shema ailleurs. Et si le défunt n’est pas exposé devant eux, ceux qui prononcent l’éloge doivent s’asseoir et réciter le Shema pendant que l’endeuillé reste assis en silence. Ils se lèvent et prient, et lui se lève et justifie le jugement de Dieu, en disant : Maître de l’Univers, j’ai gravement péché contre Toi, et Tu n’as pas prélevé même un millième de ma dette. Puisse-t-il être Ta volonté, Seigneur notre Dieu, de réparer avec miséricorde les brèches dans notre clôture et les brèches de Ton peuple, la Maison d’Israël.
אָמַר אַבָּיֵי: לָא מִבְּעֵי לֵיהּ לְאִינָשׁ לְמֵימַר הָכִי, דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, וְכֵן תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי: לְעוֹלָם אַל יִפְתַּח אָדָם פִּיו לַשָּׂטָן.
Abaye a dit : Une personne ne devrait pas dire cela, comme l’a dit Rabbi Shimon ben Lakish, et cela a également été enseigné au nom de Rabbi Yosei : On ne doit jamais ouvrir sa bouche à Satan, c’est-à-dire qu’il ne faut pas laisser de place au désastre ou au mal, ni en évoquer la possibilité. Cette formule, qui affirme que toute la dette due en raison de ses transgressions n’a pas encore été perçue, soulève la possibilité qu’un paiement supplémentaire lui soit réclamé.
וְאָמַר רַב יוֹסֵף: מַאי קְרָאָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּמְעַט כִּסְדוֹם הָיִינוּ״, מַאי אַהֲדַר לְהוּ נָבִיא — ״שִׁמְעוּ דְבַר ה׳ קְצִינֵי סְדוֹם״.
Et Rav Yosef dit : Quel est le verset d’où cela est dérivé ? Comme il est dit : « Nous avons failli être comme Sodome, nous aurions été semblables à Gomorrhe » (Isaïe 1:9), après quoi que le prophète leur répondit-il ? « Écoutez la parole du Seigneur, chefs de Sodome ; prêtez l’oreille à la Torah de notre Dieu, peuple de Gomorrhe » (Isaïe 1:10).
קָבְרוּ אֶת הַמֵּת וְחָזְרוּ וְכוּ׳. אִם יְכוֹלִים לְהַתְחִיל וְלִגְמוֹר אֶת כּוּלָּהּ אִין, אֲבָל פֶּרֶק אֶחָד אוֹ פָּסוּק אֶחָד — לָא. וּרְמִינְהוּ: קָבְרוּ אֶת הַמֵּת וְחָזְרוּ, אִם יְכוֹלִין לְהַתְחִיל וְלִגְמוֹר אֲפִילּוּ פֶּרֶק אֶחָד אוֹ פָּסוּק אֶחָד!
Nous avons appris dans la michna que, dans un cas où ils ont enterré le défunt et sont revenus, s’ils ont suffisamment de temps pour commencer à réciter le Shema et terminer avant d’arriver à la rangée formée par ceux qui sont venus consoler les endeuillés, ils doivent commencer. Ici, la Guemara précise : cela ne s’applique que s’ils peuvent commencer et achever la récitation du Shemadans son intégralité. Cependant, s’ils ne peuvent achever qu’un chapitre ou un verset, ils ne doivent pas s’interrompre pour le faire. La Guemara soulève une contradiction à partir de ce que nous avons appris dans la baraita : Après qu’ils ont enterré le défunt et sont revenus, s’ils peuvent commencer la récitation du Shemaet terminer ne serait-ce qu’un seul chapitre ou verset, ils doivent commencer.
הָכִי נָמֵי קָאָמַר: אִם יְכוֹלִין לְהַתְחִיל וְלִגְמוֹר אֲפִילּוּ פֶּרֶק אֶחָד אוֹ אֲפִילּוּ פָּסוּק אֶחָד עַד שֶׁלֹּא יַגִּיעוּ לַשּׁוּרָה — יַתְחִילוּ, וְאִם לָאו — לֹא יַתְחִילוּ.
La Guemara répond : C’est aussi ce que le tanna de la michna a dit, et telle est la conclusion tirée de sa déclaration : Si l’on peut commencer et terminer ne serait-ce qu’un chapitre ou un verset avant qu’ils n’arrivent à la rangée des consolateurs, on doit commencer. Et sinon, on ne doit pas commencer.