וּבַפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם לְכׇל אָדָם.
Et dans les pauses entre les paragraphes, on peut saluer par respect et répondre à la salutation de toute personne. Et si tel est le cas, la michna n’est plus difficile.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע וּפָגַע בּוֹ רַבּוֹ אוֹ גָּדוֹל הֵימֶנּוּ, בַּפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁהוּא מֵשִׁיב, וּבָאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁהוּא מֵשִׁיב. דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בָּאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וּמֵשִׁיב מִפְּנֵי הַכָּבוֹד, וּבַפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם לְכׇל אָדָם.
La Guemara fait remarquer : Cette version du différend a également été enseignée dans une baraita : Celui qui récite le Shema et rencontre son maître ou quelqu’un de plus grand que lui, aux pauses entre les paragraphes, il peut le saluer par respect et, il va sans dire, il peut répondre. Et au milieu de chaque paragraphe, il peut saluer une autre personne par crainte et, il va sans dire, il peut répondre. Telle est la déclaration de Rabbi Meir. Rabbi Yehouda dit : Au milieu de chaque paragraphe, on peut saluer par crainte et répondre par respect. Et aux pauses entre les paragraphes, on peut saluer par respect et répondre par une salutation à toute personne. Les ajouts proposés à la michna apparaissent dans la version du différend citée dans la baraita.
בְּעָא מִינֵּיהּ אַחַי תַּנָּא דְבֵי רַבִּי חִיָּיא מֵרַבִּי חִיָּיא: בְּהַלֵּל וּבַמְגִילָּה מַהוּ שֶׁיַּפְסִיק? אָמְרִינַן קַל וָחוֹמֶר: קְרִיאַת שְׁמַע דְּאוֹרָיְיתָא — פּוֹסֵק, הַלֵּל דְּרַבָּנַן מִבַּעְיָא?! אוֹ דִלְמָא פַּרְסוֹמֵי נִיסָּא עֲדִיף.
Aḥai, le tanna qui récitait des mishnayot dans l’école de Rabbi Ḥiyya, souleva un dilemme devant Rabbi Ḥiyya : Peut-on interrompre pendant la récitation du hallel et la lecture de la Meguila, Esther, pour saluer quelqu’un ? Disons-nous que c’est une inférence a fortiori ; si au milieu du Shema, qui est une obligation de la Torah, on peut interrompre afin de saluer quelqu’un, à plus forte raison au milieu du hallel, qui est une obligation rabbinique, on peut interrompre ? Ou peut-être que la publication du miracle est plus importante, de sorte qu’on ne peut pas interrompre du tout le hallel ou la Meguila.
אֲמַר לֵיהּ: פּוֹסֵק, וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם. אָמַר רַבָּה: יָמִים שֶׁהַיָּחִיד גּוֹמֵר בָּהֶן אֶת הַהַלֵּל, בֵּין פֶּרֶק לְפֶרֶק פּוֹסֵק, בְּאֶמְצַע הַפֶּרֶק — אֵינוֹ פּוֹסֵק, וְיָמִים שֶׁאֵין הַיָּחִיד גּוֹמֵר בָּהֶן אֶת הַהַלֵּל — אֲפִילּוּ בְּאֶמְצַע הַפֶּרֶק פּוֹסֵק.
Rabbi Ḥiyya lui dit : On peut interrompre, et cela ne pose aucun problème. Rabba dit : Les jours où l’individu achève l’ensemble du hallel, c’est-à-dire les jours où il existe une obligation rabbinique de réciter le hallel, l’individu peut interrompre entre un paragraphe et un autre ; toutefois, on ne peut pas interrompre au milieu du paragraphe. Les jours où l’individu n’achève pas l’ensemble du hallel, c’est-à-dire les jours où la récitation du hallel n’est qu’une coutume et non une obligation rabbinique, on peut interrompre même au milieu du paragraphe.
אִינִי?! וְהָא רַב בַּר שְׁבָא אִיקְּלַע לְגַבֵּיהּ דְּרָבִינָא, וְיָמִים שֶׁאֵין הַיָּחִיד גּוֹמֵר אֶת הַהַלֵּל הֲוָה, וְלָא פְּסֵיק לֵיהּ!
La Guemara soulève cette question : Est-ce bien ainsi ? Rav bar Shaba n’est-il pas arrivé une fois devant Ravina lors de l’un des jours où l’individu ne complète pas tout le hallel, et Ravina n’a pas interrompu sa récitation du hallel pour le saluer ?
שָׁאנֵי רַב בַּר שְׁבָא דְּלָא חֲשִׁיב עֲלֵיהּ דְּרָבִינָא.
La Guemara répond : Le cas de Rav bar Shaba est différent, car Rav bar Shaba n'était pas considéré comme important pour Ravina. C'est la raison pour laquelle il n'a pas interrompu sa récitation du hallel pour le saluer.
בְּעָא מִינֵּיהּ אַשְׁיָאן תַּנָּא דְבֵי רַבִּי אַמֵּי מֵרַבִּי אַמֵּי: הַשָּׁרוּי בְּתַעֲנִית מַהוּ שֶׁיִּטְעוֹם? אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה קַבֵּיל עֲלֵיהּ — וְהָא לֵיכָּא. אוֹ דִילְמָא: הֲנָאָה קַבֵּיל עֲלֵיהּ — וְהָא אִיכָּא.
Après avoir mentionné le dilemme soulevé par l’un de ceux qui récitent les mishnayot dans la salle d’étude, la Guemara cite que Ashyan, le tanna qui récitait des mishnayot dans l’école de Rabbi Ami, a soulevé un dilemme devant Rabbi Ami : Celui qui jeûne peut-il goûter le plat qu’il prépare afin de déterminer s’il est correctement assaisonné ? A-t-il accepté sur lui-même de s’abstenir de manger et de boire, et cela n’est pas manger et boire ; ce n’est que goûter ? Ou peut-être a-t-il accepté sur lui-même de s’abstenir de tirer du plaisir de la nourriture, et cela constitue un plaisir lorsqu’il goûte.
אָמַר לֵיהּ: טוֹעֵם וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: מַטְעֶמֶת אֵינָהּ טְעוּנָה בְּרָכָה, וְהַשָּׁרוּי בְּתַעֲנִית טוֹעֵם וְאֵין בְּכָךְ כְּלוּם.
Rabbi Ami lui dit : Il goûte, et cela ne pose aucun problème. Cela a également été enseigné dans une baraita : Goûter un plat cuisiné ne nécessite pas de bénédiction au préalable, et celui qui jeûne peut goûter, et cela ne pose aucun problème.
עַד כַּמָּה?
La Guemara demande : Combien peut goûter une personne qui jeûne ?
רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי טָעֲמִי עַד שִׁיעוּר רְבִיעֲתָא.
La Guemara répond : Lorsque Rabbi Ami et Rabbi Assi jeûnaient, ils goûtaient jusqu’à un quart de log.
אָמַר רַב: כָּל הַנּוֹתֵן שָׁלוֹם לַחֲבֵירוֹ קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל כְּאִילּוּ עֲשָׂאוֹ בָּמָה. שֶׁנֶּאֱמַר: ״חִדְלוּ לָכֶם מִן הָאָדָם אֲשֶׁר נְשָׁמָה בְּאַפּוֹ כִּי בַמֶּה נֶחְשָׁב הוּא״. אַל תִּקְרֵי, ״בַּמֶּה״ אֶלָּא ״בָּמָה״.
Rav a dit : Quiconque salue une autre personne le matin avant d’avoir prié, c’est comme s’il avait construit un autel pour l’idolâtrie, comme il est dit : « Détournez-vous de l’homme, dans les narines duquel il y a un souffle, car de combien peu doit-il être estimé » (Isaïe 2:22). Lorsque l’âme d’une personne est insufflée par ses narines le matin (ge’onim), elle ne doit se tourner vers personne d’autre que Dieu. Et ne lis pas cela comme c’est écrit, bameh, comment ; mais plutôt, lis bama, autel.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בַּמֶּה חֲשַׁבְתּוֹ לָזֶה וְלֹא לָאֱלוֹהַּ?
Et Shmuel dit : Le mot bameh ne doit être compris que selon son sens littéral. Le verset doit donc être compris ainsi : Comment l’as-tu considéré comme si important, au point de lui donner la priorité et non à la Torah ? Assurément, tu aurais dû honorer d’abord la Torah.
מֵתִיב רַב שֵׁשֶׁת: בַּפְּרָקִים שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב!
Rav Sheshet soulève une objection : Nous avons appris dans notre michna que dans les pauses entre les paragraphes, on peut saluer une personne par respect, et répondre à la salutation d’une autre personne par respect, malgré le fait que la récitation du Shema précède la prière de la Amida.
תַּרְגְּמַהּ רַבִּי אַבָּא: בְּמַשְׁכִּים לְפִתְחוֹ.
Rabbi Abba a expliqué ceci : L’interdiction de saluer une autre personne le matin se rapporte spécifiquement au cas où l’on sort tôt pour la saluer à sa porte. Si l’on rencontre simplement une autre personne par hasard, il est permis de la saluer.
אָמַר רַבִּי יוֹנָה אָמַר רַבִּי זֵירָא: כָּל הָעוֹשֶׂה חֲפָצָיו קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל — כְּאִלּוּ בָּנָה בָּמָה. אָמְרוּ לוֹ ״בָּמָה״ אָמְרַתְּ? אָמַר לְהוּ: לָא, ״אָסוּר״ קָא אָמֵינָא.
À propos de ce même verset, Rabbi Yona a dit que Rabbi Zeira a dit : Quiconque s’occupe de ses propres affaires avant de prier, c’est comme s’il avait construit un autel. Ils dirent à Rabbi Yona : As-tu dit que c’était comme si quelqu’un avait construit un autel ? Rabbi Yona leur répondit : Non ; j’ai dit simplement que c’est interdit.
(וְכִדְרַב אִידִי בַּר אָבִין דְּאָמַר) רַב אִידִי בַּר אָבִין אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַשְׁיָאן: אָסוּר לוֹ לָאָדָם לַעֲשׂוֹת חֲפָצָיו קוֹדֶם שֶׁיִּתְפַּלֵּל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צֶדֶק לְפָנָיו יְהַלֵּךְ וְיָשֵׂם לְדֶרֶךְ פְּעָמָיו״.
Et comme l’a dit Rav Idi bar Avin, que Rav Yitzḥak bar Ashyan a dit : Il est interdit à une personne de s’occuper de ses propres affaires avant de prier, comme il est dit : « La justice marchera devant Lui, et placera Ses pas sur un chemin » (Psaumes 85:14). Il faut d’abord prier et reconnaître la justice de son Créateur, et ce n’est qu’ensuite qu’on doit se mettre en route.
וְאָמַר רַב אִידִי בַּר אָבִין אָמַר רַב יִצְחָק בַּר אַשְׁיָאן: כָּל הַמִּתְפַּלֵּל וְאַחַר כָּךְ יוֹצֵא לַדֶּרֶךְ, הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא עוֹשֶׂה לוֹ חֲפָצָיו, שֶׁנֶּאֱמַר: ״צֶדֶק לְפָנָיו יְהַלֵּךְ וְיָשֵׂם לְדֶרֶךְ פְּעָמָיו״.
Et, Rav Idi bar Avin a dit que Rav Yitzḥak bar Ashyan a dit : Quiconque d’abord prie et seulement ensuite se met en route, le Saint, béni soit-Il, veille à ses affaires, comme il est dit : « La justice ira devant Lui, et placera Ses pas sur un chemin. » Dieu placera la justice devant lui et satisfera tous ses désirs, lorsqu’il se mettra en route.
וְאָמַר רַבִּי יוֹנָה אָמַר רַבִּי זֵירָא: כָּל הַלָּן שִׁבְעַת יָמִים בְּלֹא חֲלוֹם נִקְרָא ״רַע״, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׂבֵעַ יָלִין בַּל יִפָּקֶד רָע״, אַל תִּקְרֵי ״שָׂבֵעַ״ אֶלָּא ״שֶׁבַע״.
Ayant mentionné son nom, la Guemara cite incidemment ce que Rabbi Yona a dit que Rabbi Zeira a dit : Celui qui passe sept nuits sans rêve est appelé mauvais, comme il est dit : « Celui qui l’a demeurera rassasié [save’a], il ne sera pas visité par le mal » (Proverbes 19:23). Rabbi Yona réinterprète le verset : Ne lis pas save’a, rassasié, mais sheva, sept. Celui qui dort pendant sept nuits sans être visité par un rêve est appelé mauvais.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא בְּרֵיהּ דְּרַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: הָכִי אָמַר רַבִּי חִיָּיא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כָּל הַמַּשְׂבִּיעַ עַצְמוֹ מִדִּבְרֵי תּוֹרָה וְלָן — אֵין מְבַשְּׂרִין אוֹתוֹ בְּשׂוֹרוֹת רָעוֹת, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְשָׂבֵעַ יָלִין בַּל יִפָּקֶד רָע״.
Rav Aḥa, fils de Rabbi Ḥiyya bar Abba, lui dit : Rabbi Ḥiyya a dit que Rabbi Yoḥanan a dit ce qui suit : Quiconque se remplit de paroles de Torah et va dormir, on ne lui apporte pas de mauvaises nouvelles, comme il est dit : « Celui qui se couche rassasié ne sera pas visité par le mal. »
אֵלּוּ הֵן בֵּין הַפְּרָקִים וְכוּ׳.
Nous avons appris dans la michna : Voici les interruptions entre les paragraphes où il est permis d’interrompre dans certaines circonstances. Selon le premier tanna, on peut interrompre entre le dernier paragraphe du Shema et la bénédiction qui le suit, mais Rabbi Yehouda l’interdit.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי יְהוּדָה דְּאָמַר בֵּין ״אֱלֹהֵיכֶם״ לֶ״אֱמֶת וְיַצִּיב״ לֹא יַפְסִיק. אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יְהוּדָה — דִּכְתִיב:
Rabbi Abbahu a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, qui a dit qu’on ne peut pas interrompre entre eloheikhem et emet veyatziv. De plus, Rabbi Abbahu a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Yehuda ? Cette expression évoque le verset, comme il est écrit :