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״אֲשֶׁר אָנֹכִי מְצַוְּךָ הַיּוֹם עַל לְבָבֶךָ״. מִכָּאן אַתָּה לָמֵד שֶׁכָּל הַפָּרָשָׁה כּוּלָּהּ צְרִיכָה כַּוָּונָה.
« Que je t’ordonne aujourd’hui, seront sur ton cœur. » Assurément, le mot ces ne vient pas limiter la mitsva de l’intention. Au contraire, d’ici on déduit que toute la section requiert une intention.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי עֲקִיבָא.
Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Akiva ; tout le passage requiert de l’intention.
אִיכָּא דְּמַתְנֵי לַהּ אַהָא דְתַנְיָא. הַקּוֹרֵא אֶת שְׁמַע צָרִיךְ שֶׁיְּכַוֵּין אֶת לִבּוֹ, רַבִּי אַחָא מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כֵּיוָן שֶׁכִּוֵּון לִבּוֹ בְּפֶרֶק רִאשׁוֹן שׁוּב אֵינוֹ צָרִיךְ. אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי אַחָא שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה.
Certains enseignent cette halakha énoncée par Rabbi Yoḥanan au sujet de ce qui a été enseigné dans une Tosefta, où il y a une controverse tannaitique. Le premier tanna soutient : Celui qui récite le Shema doit concentrer son cœur pendant tout le Shema. Rabbi Aḥa dit au nom de Rabbi Yehuda : Une fois qu’il a concentré son cœur sur le premier paragraphe בלבד, il n’a plus besoin d’intention. À propos de cette Tosefta, Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La halakha est conforme à l’avis de Rabbi Aḥa, qui a parlé au nom de Rabbi Yehuda. Bien que cela diffère de la version précédente dans la forme, cela aboutit à la même conclusion.
תַּנְיָא אִידָךְ. ״וְהָיוּ״ — שֶׁלֹּא יִקְרָא לְמַפְרֵעַ. ״עַל לְבָבֶךָ״ — רַב זוּטְרָא אוֹמֵר עַד כָּאן מִצְוַת כַּוָּונָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ מִצְוַת קְרִיאָה. רַבִּי יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר: עַד כָּאן מִצְוַת קְרִיאָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ מִצְוַת כַּוָּונָה.
Il a été enseigné dans une autrebaraita sur ce sujet, qui citait des opinions שונות. De : Et elles seront, récité dans le Shema, on déduit que cela ne peut pas être récité dans le désordre. De : Sur ton cœur, Rav Zutra dit : Jusqu’ici, il y a la mitsva de l’intention ; à partir d’ici, en commençant par le deuxième paragraphe, il n’y a que la mitsva de la récitation. Rabbi Yoshiya dit que cela signifie l’inverse : Jusqu’ici, il y a la mitsva de la récitation ; à partir d’ici il n’y a que la mitsva de l’intention.
מַאי שְׁנָא מִכָּאן וְאֵילָךְ מִצְוַת קְרִיאָה — דִּכְתִיב: ״לְדַבֵּר בָּם״? הָכָא נָמֵי הָא כְתִיב ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״!
Au début, la Guemara comprend que Rav Zutra n’exigeait la récitation que dans le deuxième paragraphe, tandis que dans le premier paragraphe seule l’intention était requise. Par conséquent, la Guemara demande : Quelle est la différence, pour que désormais, à partir du deuxième paragraphe, il y ait la mitsva de la récitation ? Est-ce parce qu’il est écrit : « Vous les enseignerez à vos enfants, pour en parler” (Deutéronome 11:19) ? Cela ne constitue pas une preuve, car ici aussi, dans le premier paragraphe, il est écrit : « Tu en parleras. » La mitsva de la récitation s’applique également au premier paragraphe.
הָכִי קָאָמַר: עַד כָּאן מִצְוַת כַּוָּונָה וּקְרִיאָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ — קְרִיאָה בְּלֹא כַּוָּונָה.
Au contraire, il dit ce qui suit : Jusqu’à ce point il y a la mitsva de à la fois l’intention et la récitation, mais à partir d’ici, il n’y a que la mitsva de récitation sans intention.
וּמַאי שְׁנָא עַד כָּאן מִצְוַת כַּוָּונָה וּקְרִיאָה דִּכְתִיב ״עַל לְבָבֶךָ … וְדִבַּרְתָּ בָּם״. הָתָם נָמֵי הָא כְּתִיב ״עַל לְבַבְכֶם … לְדַבֵּר בָּם״.
La Guemara demande de nouveau : Selon Rav Zutra, quelle est la différence, pour que jusqu’ici, dans le premier paragraphe, il y ait la mitsva de à la fois l’intention et la récitation parce qu’il y a deux exigences dans le premier paragraphe, comme il est écrit : « Sur ton cœur... et tu en parleras » ? Là aussi, dans le deuxième paragraphe, il est également écrit : « Et vous placerez ces paroles sur votre cœur... pour en parler, » ce qui indique que l’intention est également requise dans ce paragraphe.
הַהוּא מִבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְרַבִּי יִצְחָק דְּאָמַר: ״וְשַׂמְתֶּם אֶת דְּבָרַי אֵלֶּה״ — צְרִיכָה שֶׁתְּהֵא שִׂימָה כְּנֶגֶד הַלֵּב.
La Guemara répond : Ce verset est nécessaire pour déduire ce qui a été enseigné par Rabbi Yitzḥak, qui a dit : « Et vous placerez ces paroles » fait littéralement référence aux paragraphes du Shema qui se trouvent dans les phylactères. Le verset enseigne que le placement des phylactères du bras doit être en face du cœur.
אָמַר מָר, רַבִּי יֹאשִׁיָּה אוֹמֵר: עַד כָּאן מִצְוַת קְרִיאָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ — מִצְוַת כַּוָּונָה. מַאי שְׁנָא מִכָּאן וְאֵילָךְ מִצְוַת כַּוָּונָה — מִשּׁוּם דִּכְתִיב ״עַל לְבַבְכֶם״, הָכָא נָמֵי הָא כְּתִיב ״עַל לְבָבֶךָ״!
La Guemara tente maintenant de clarifier la deuxième opinion dans la baraita. Le Maître a dit, Rabbi Yoshiya dit : Jusqu’ici, à la fin du premier paragraphe, il y a la mitsva de la récitation ; à partir d’ici il y a la mitsva de l’intention. La Guemara demande : Quelle est la différence, pour que à partir d’ici, en commençant par le deuxième paragraphe, il y ait la mitsva de l’intention ? Est-ce parce qu’il est écrit dans le deuxième paragraphe : « Et tu placeras ces paroles sur ton cœur” ? Cela ne constitue pas une preuve, car ici aussi, dans le premier paragraphe, il est écrit : « Sur ton cœur.”
הָכִי קָאָמַר: עַד כָּאן, מִצְוַת קְרִיאָה וְכַוָּונָה, מִכָּאן וְאֵילָךְ — כַּוָּונָה בְּלֹא קְרִיאָה.
La Guemara répond que voici ce qu’il dit : Jusqu’à ce point, il y a la mitsva de à la fois la récitation et l’intention, mais à partir d’ici, il n’y a que la mitsva de l’intention sans récitation.
וּמַאי שְׁנָא עַד כָּאן מִצְוַת קְרִיאָה וְכַוָּונָה — דִּכְתִיב ״עַל לְבָבֶךָ״ ״וְדִבַּרְתָּ בָּם״, הָתָם נָמֵי הָא כְּתִיב ״עַל לְבַבְכֶם … לְדַבֵּר בָּם״!
La Guemara continue : Et qu’est-ce qui est différent, que jusqu’ici, dans le premier paragraphe, il y a la mitsva de récitation et d’intention parce qu’il y a deux exigences, comme il est écrit : Sur ton cœur ainsi que : Et tu en parleras ? Là aussi, en ce qui concerne le deuxième paragraphe, n’est-il pas écrit : Et vous placerez ces paroles sur votre cœur… et vous les enseignerez à vos enfants, pour en parler ?
הַהוּא בְּדִבְרֵי תוֹרָה כְּתִיב. וְהָכִי קָאָמַר רַחֲמָנָא: אַגְמִירוּ בְּנַיְיכוּ תּוֹרָה, כִּי הֵיכִי דְּלִיגְרְסוּ בְּהוּ.
Rabbi Yoshiya répondit : ce verset se rapporte à l’étude de la Torah en général, et non à la récitation du Shema en particulier. Et la Torah dit ce qui suit : Enseignez la Torah à vos enfants, afin qu’ils la maîtrisent bien.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה׳ אֱלֹהֵינוּ ה׳ אֶחָד״ — עַד כָּאן צְרִיכָה כַּוָּונַת הַלֵּב, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. אָמַר רָבָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי מֵאִיר.
Les Sages ont enseigné dans une autre baraita au sujet de celui qui récite le Shema et prononce le verset : « Écoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un. » L’intention du cœur est requise seulement jusqu’à ce point. Telle est la déclaration de Rabbi Meir. Rava a dit : En cette matière, la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Meir.
תַּנְיָא סוֹמְכוֹס אוֹמֵר: כָּל הַמַּאֲרִיךְ בְּ״אֶחָד״, מַאֲרִיכִין לוֹ יָמָיו וּשְׁנוֹתָיו. אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: וּבַדָּלֵית. אָמַר רַב אָשֵׁי: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יַחֲטוֹף בַּחֵית.
Il a été enseigné dans une baraita : Sumakhos dit : Celui qui prolonge son intonation du mot Un [eḥad] en récitant le Shema, est récompensé en ce que ses jours et ses années sont prolongés. Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Cela n’est vrai que s’il prolonge la lettre dalet, afin que le mot eḥad soit prononcé dans son intégralité. Rav Ashi a dit : Cela est seulement tant que l’on ne prononce pas la lettre ḥet à la hâte.
רַבִּי יִרְמְיָה הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ דְּרַבִּי [חִיָּיא בַּר אַבָּא], חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה מַאֲרֵיךְ טוּבָא, אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן דְּאַמְלֵיכְתֵּיהּ לְמַעְלָה וּלְמַטָּה וּלְאַרְבַּע רוּחוֹת הַשָּׁמַיִם — תּוּ לָא צְרִיכַתְּ.
La Guemara rapporte que Rabbi Yirmeya était assis devant Rabbi Ḥiyya bar Abba. Il vit qu’il prolongeait beaucoup sa prononciation de eḥad. Il lui dit : Une fois que tu L’as couronné dans tes pensées sur tout ce qui est en haut, dans le Ciel, en bas, sur la terre, et dans les quatre coins des cieux, tu n’as pas besoin de prolonger davantage plus loin.
אָמַר רַב נָתָן בַּר מָר עוּקְבָא אָמַר רַב יְהוּדָה: ״עַל לְבָבֶךָ״ בַּעֲמִידָה. ״עַל לְבָבֶךָ״ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא עַד ״עַל לְבָבֶךָ״ בַּעֲמִידָה. מִכָּאן וְאֵילָךְ — לֹא. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר כָּל הַפָּרָשָׁה כּוּלָּהּ בַּעֲמִידָה.
Rav Natan bar Mar Ukva a dit que Rav Yehuda a dit : Il faut réciter sur ton cœur, debout en un seul endroit. La Guemara s’interroge : Te viendrait-il à l’esprit que seul sur ton cœur doit être récité debout en un seul endroit ? Qu’est-ce qui distingue cette expression du reste du Shema ? Plutôt, dis : Il faut réciter jusqu’à sur ton cœur en étant debout en un seul endroit. À partir de là, il n’est pas nécessaire de rester en un seul endroit. Rabbi Yoḥanan a dit : Il faut réciter toute la première portion en étant debout en un seul endroit.
וְאַזְדָּא רַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הֲלָכָה כְּרַבִּי אַחָא שֶׁאָמַר מִשּׁוּם רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara note : Rabbi Yoḥanan est cohérent et suit son raisonnement exprimé ailleurs, car Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Aḥa, qui a parlé au nom de Rabbi Yehuda ; il faut réciter tout le premier paragraphe du Shema avec intention.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה׳ אֱלֹהֵינוּ ה׳ אֶחָד״ זוֹ קְרִיאַת שְׁמַע שֶׁל רַבִּי יְהוּדָה הַנָּשִׂיא. אֲמַר לֵיהּ רַב לְרַבִּי חִיָּיא: לָא חֲזֵינָא לֵיהּ לְרַבִּי דִּמְקַבֵּל עֲלֵיהּ מַלְכוּת שָׁמַיִם. אֲמַר לֵיהּ: בַּר פַּחֲתֵי, בְּשָׁעָה שֶׁמַּעֲבִיר יָדָיו עַל פָּנָיו, מְקַבֵּל עָלָיו עוֹל מַלְכוּת שָׁמַיִם.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Le verset unique, « Écoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un » ; telle est la récitation du Shema de Rabbi Yehuda HaNasi. La Guemara raconte : Rav dit à son oncle, Rabbi Ḥiyya : Je n’ai pas vu Rabbi Yehuda HaNasi accepter sur lui la royauté du Ciel, c’est-à-dire qu’il ne l’a pas vu réciter le Shema. Rabbi Ḥiyya lui dit : Fils de nobles [bar paḥtei], lorsque Rabbi Yehuda HaNasi passait ses mains sur son visage dans la salle d’étude au milieu de sa leçon, il acceptait sur lui le joug du royaume du Ciel, car son Shema était composé d’un seul verset.
חוֹזֵר וְגוֹמְרָהּ, אוֹ אֵינוֹ חוֹזֵר וְגוֹמְרָהּ? בַּר קַפָּרָא אוֹמֵר: אֵינוֹ חוֹזֵר וְגוֹמְרָהּ. רַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי אוֹמֵר: חוֹזֵר וְגוֹמְרָהּ. אֲמַר לֵיהּ בַּר קַפָּרָא לְרַבִּי שִׁמְעוֹן בְּרַבִּי: בִּשְׁלָמָא לְדִידִי דְּאָמֵינָא ״אֵינוֹ חוֹזֵר וְגוֹמְרָהּ״, הַיְינוּ דִּמְהַדַּר רַבִּי אַשְּׁמַעְתָּא דְּאִית בַּהּ יְצִיאַת מִצְרַיִם. אֶלָּא לְדִידָךְ דְּאָמְרַתְּ חוֹזֵר וְגוֹמְרָהּ, לְמָה לֵיהּ לְאַהְדּוֹרֵי?
Les élèves de Rabbi Yehuda HaNasi et les membres de sa maison se disputaient : Achève-t-ilShemaplus tard ou ne l’achève-t-il pas plus tard ? Bar Kappara dit : Il ne l’achève pas plus tard. Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehuda HaNasi, dit : Il l’achève plus tard. Bar Kappara dit à Rabbi Shimon, fils de Rabbi Yehuda HaNasi : Soit, selon ma position, puisque je dis que Rabbi Yehuda HaNasi n’achève pasShemaplus tard, c’est pourquoi lorsqu’il enseignait, Rabbi Yehuda HaNasi cherchait spécialement un sujet qui incluait l’exode d’Égypte, car ce faisant il accomplit la mitsva de se souvenir de l’Exode ; une mitsva que les autres accomplissent dans leur récitation du dernier paragraphe du Shema. Mais selon toi, qui dis qu’il achève sa récitation du Shemaplus tard, pourquoi, lorsqu’il enseigne, chercherait-il spécialement un sujet qui incluait l’exode d’Égypte ?
כְּדֵי לְהַזְכִּיר יְצִיאַת מִצְרַיִם בִּזְמַנָּהּ.
Rabbi Shimon répondit : Rabbi Yehuda HaNasi fit cela afin de mentionner l'exode d'Égypte en son temps fixé, au moment de la récitation du Shema.
אָמַר רַבִּי אִילָא בְּרֵיהּ דְרַב שְׁמוּאֵל בַּר מָרְתָּא מִשְּׁמֵיהּ דְרַב: אָמַר ״שְׁמַע יִשְׂרָאֵל ה׳ אֱלֹהֵינוּ ה׳ אֶחָד״ וְנֶאֱנַס בְּשֵׁינָה — יָצָא. אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְדָרוּ עַבְדֵּיהּ: בִּפְסוּקָא קַמָּא — צַעֲרַן, טְפֵי — לָא תְּצַעֲרַן. אֲמַר לֵיהּ רַב יוֹסֵף לְרַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַבָּה: אֲבוּךְ הֵיכִי הֲוָה עָבֵיד? אֲמַר לֵיהּ: בִּפְסוּקָא קַמָּא הֲוָה קָא מְצַעַר נַפְשֵׁיהּ, טְפֵי — לָא הֲוָה מְצַעַר נַפְשֵׁיהּ.
Sur la base de cette halakha, Rabbi Ila, fils de Rav Shmuel bar Marta, a dit au nom de Rav : Celui qui a récité le verset, « Écoute, Israël, le Seigneur est notre Dieu, le Seigneur est Un », et a été immédiatement vaincu par le sommeil, s’est acquitté de son obligation de réciter le Shema. De même, Rav Naḥman dit à son esclave, Daru : Si tu vois que je me suis endormi, dérange-moi pour réciter le premier verset, ne me dérange pas pour réciter quoi que ce soit de plus que cela. De même, Rav Yosef dit à Rav Yosef, fils de Rabba : Que faisait ton père ? Rav Yosef, fils de Rabba, lui répondit : Il faisait effort pour ne pas s’endormir afin de réciter le premier verset, il ne faisait pas effort pour réciter quoi que ce soit de plus que cela.
אָמַר רַב יוֹסֵף: פְּרַקְדָּן, לֹא יִקְרָא קְרִיאַת שְׁמַע. מִקְרָא הוּא דְּלָא לִיקְרֵי, הָא מִיגְנָא שַׁפִּיר דָּמֵי? וְהָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לָיֵיט אַמַּאן דְּגָנֵי אַפַּרְקִיד!
Rav Yosef a dit : Celui qui est couché [perakdan] sur le dos ne peut pas réciter le Shema, car être couché de cette manière est inconvenant. La Guemara demande : Cela veut-il dire que l’on ne peut pas réciter le Shema dans cette position, mais que dormir allongé dans cette position est permis ? Rabbi Yehoshua ben Levi n’a-t-il pas maudit celui qui dort allongé sur le dos ?
אָמְרִי, מִיגְנָא כִּי מַצְלֵי — שַׁפִּיר דָּמֵי, מִקְרָא אַף עַל גַּב דְּמַצְלֵי נָמֵי — אָסוּר.
La Guemara répond : Si quelqu’un est allongé sur le dos tout en se penchant légèrement sur le côté, cela est permis. Néanmoins, réciterShema dans cette position, même en étant penché, est interdit.
וְהָא רַבִּי יוֹחָנָן מַצְלֵי וְקָרֵי!
La Guemara demande : Rabbi Yoḥanan ne s’allongeait-il pas sur le dos, se penchant légèrement et récitantShema ?
שָׁאנֵי רַבִּי יוֹחָנָן דְּבַעַל בָּשָׂר הֲוָה.
La Guemara répond : Le cas de Rabbi Yoḥanan est différent, parce qu’il était corpulent et qu’il lui était difficile de lire de toute autre manière.
בַּפְּרָקִים שׁוֹאֵל וְכוּ׳.
La michna a cité la déclaration de Rabbi Meïr : Entre les paragraphes, on peut saluer une personne en raison du respect qu’on est tenu de lui montrer, et on peut répondre. Et au milieu de chaque paragraphe, on peut saluer une personne par crainte qu’elle ne lui fasse du mal s’il ne le fait pas, et on peut répondre.
מֵשִׁיב מֵחֲמַת מַאי? אִילֵּימָא מִפְּנֵי הַכָּבוֹד, הַשְׁתָּא מִשְׁאָל שָׁאֵיל, אַהְדּוֹרֵי מִבַּעְיָא?! אֶלָּא: שׁוֹאֵל — מִפְּנֵי הַכָּבוֹד, וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם — לְכָל אָדָם. אֵימָא סֵיפָא: ״וּבָאֶמְצַע שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה, וּמֵשִׁיב״.
À ce sujet, la Guemara demande : Il peut répondre en raison de quelle circonstance ? Si tu dis que l’on peut répondre par respect ; maintenant que nous avons appris que l’on peut saluer quelqu’un par respect, est-il nécessaire de dire que l’on peut répondre par respect ? Au contraire, il faut l’expliquer ainsi : On peut saluer par respect et répondre par une salutation à toute personne. Mais si tel est le cas, dis la clause finale de la michna : Au milieu de chaque paragraphe on peut saluer par crainte et répondre à la salutation d’autrui par crainte.
מֵשִׁיב מֵחֲמַת מַאי? אִילֵּימָא מִפְּנֵי הַיִּרְאָה — הַשְׁתָּא מִשְׁאַל שָׁאֵיל, אַהְדּוֹרֵי מִבַּעְיָא? אֶלָּא — מִפְּנֵי הַכָּבוֹד. הַיְינוּ דְּרַבִּי יְהוּדָה! — דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בָּאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וּמֵשִׁיב מִפְּנֵי הַכָּבוֹד, וּבַפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד וּמֵשִׁיב שָׁלוֹם לְכָל אָדָם?
Ici aussi, il faut clarifier : Il peut répondre en raison de quelle circonstance ? Si tu dis qu’on peut répondre par crainte ; maintenant que nous avons appris que l’on peut saluer quelqu’un par crainte, est-il nécessaire de dire que l’on peut répondre par crainte ? Au contraire, cela doit signifier que l’on peut répondre à la salutation d’autrui même par honneur. Si c’est le cas, cela est identique à l’opinion de Rabbi Yehuda, comme nous l’avons appris dans la michna : Au milieu de chaque paragraphe, on peut saluer quelqu’un par crainte et répondre par respect. Aux pauses entre les paragraphes, on peut saluer quelqu’un par respect et répondre par une salutation à toute personne. Si c’est le cas, quel est leur différend ?
חַסּוֹרֵי מְחַסְּרָא, וְהָכִי קָתָנֵי: בַּפְּרָקִים — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַכָּבוֹד, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁהוּא מֵשִׁיב. וּבָאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה, וְאֵין צָרִיךְ לוֹמַר שֶׁהוּא מֵשִׁיב, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: בָּאֶמְצַע — שׁוֹאֵל מִפְּנֵי הַיִּרְאָה וּמֵשִׁיב מִפְּנֵי הַכָּבוֹד,
La Guemara dit : La michna est incomplète ; il lui manque un élément important, et elle enseigne ce qui suit : Aux pauses entre les paragraphes, on peut saluer par respect et, il va sans dire, on peut répondre par respect. Au milieu de chaque paragraphe, on peut saluer par crainte et, il va sans dire, on peut répondre par crainte. Telle est l'opinion de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit : Au milieu de chaque paragraphe, on peut saluer par crainte et répondre par respect.

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