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וּפָסְקוּ.
et alors leur sainteté cessa après le recensement.
בִּשְׁלָמָא רֵישׁ לָקִישׁ, כִּדְאָמַר טַעַם, אֶלָּא לְרַבִּי יוֹחָנָן — מַאי טַעְמָא?
La Guemara demande : Soit, selon Reish Lakish, qui soutient que les premiers-nés n’ont pas été sanctifiés après le recensement jusqu’à leur entrée en Eretz Yisrael, la raison est comme il l’a dit, car il est écrit : « Et ce sera lorsque le Seigneur t’aura fait entrer dans le pays des Cananéens… tu mettras à part pour le Seigneur tout premier-né qui ouvre la matrice » (Exode 13:11–12). Mais selon Rabbi Yoḥanan, qui soutient que les premiers-nés ont continué à être sanctifiés après le recensement, quelle est la raison, c’est-à-dire la source, de son opinion ?
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: רַבִּי יוֹחָנָן חֲזַאי בְּחֶילְמָא דְּמִילְּתָא מְעַלַּיְתָא אָמֵינָא, אָמַר קְרָא ״לִי יִהְיוּ״ — בַּהֲוָיָיתָן יְהוּ.
Rabbi Elazar a dit : J’ai vu Rabbi Yoḥanan en rêve, ce qui est un signe que je dis une chose juste en expliquant son opinion. Le verset déclare : « Car tous les premiers-nés sont à Moi : le jour où J’ai frappé tous les premiers-nés dans le pays d’Égypte, Je Me suis consacré tous les premiers-nés en Israël, tant l’homme que l’animal, ils seront à Moi : Je suis le Seigneur » (Nombres 3:13). L’expression supplémentaire « ils seront à Moi » indique que ils seront, c’est-à-dire qu’ils resteront, dans leur état actuel de sainteté.
וְרַבִּי יוֹחָנָן, ״וְהָיָה כִּי יְבִיאֲךָ... וְהַעֲבַרְתָּ״ מַאי עָבֵיד לֵיהּ? הַהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְכִדְתָנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: עֲשֵׂה מִצְוָה זוֹ שֶׁבִּשְׁבִילָהּ תִּיכָּנֵס לָאָרֶץ.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne Rabbi Yoḥanan, au sujet du verset « Et ce sera lorsque » le Seigneur t’aura fait entrer« et tu mettras à part », qu’en fait-il ? La Guemara répond : Cette expression est nécessaire pour enseigner ce qu’a enseigné le tanna de l’école de Rabbi Yishmael : Accomplis cette mitsva, grâce à laquelle tu auras le mérite d’entrer en Terre d’Israël.
אֲמַר לֵיהּ רַב מָרְדֳּכַי לְרַב אָשֵׁי: אַתּוּן הָכִי מַתְנִיתוּ לַהּ, אֲנַן אִיפְּכָא מַתְנִינַן לַהּ, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לֹא קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת בַּמִּדְבָּר, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת בַּמִּדְבָּר.
Rav Mordekhai dit à Rav Ashi : Tu enseignes la controverse entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish de cette manière, tandis que nous l’enseignons de la manière opposée : Rabbi Yoḥanan dit que les premiers-nés n’ont pas été sanctifiés dans le désert, et Reish Lakish dit que les premiers-nés ont été sanctifiés dans le désert.
אֲמַר לֵיהּ: וְאָפְכִית נָמֵי תְּיוּבָתָא, וְאָפְכִיתוּ לַהּ לְהָא דְּרַבִּי אֶלְעָזָר? אֲמַר לֵיהּ: לֹא קָדְשׁוּ לְהוּ — לֹא הוּצְרְכוּ לִיקְדַּשׁ.
Rav Ashi lui dit : Et inverses-tu aussi les objections soulevées par l’un contre l’autre, et inverses-tu aussi ce qu’a dit Rabbi Elazar, à savoir qu’il a vu Rabbi Yoḥanan en rêve et a interprété son opinion comme se rapportant plutôt à Reish Lakish ? Rav Mordekhai lui dit : Selon ma tradition, lorsque Rabbi Yoḥanan a déclaré que les premiers-nés dans le désert n’avaient pas été sanctifiés, il voulait dire qu’ils n’avaient pas besoin d’être consacrés, c’est-à-dire que celui qui souhaitait sacrifier un agneau premier-né n’avait pas besoin de le consacrer, car ils étaient déjà sanctifiés en tant que premiers-nés. Et Reish Lakish n’était pas d’accord.
אִי הָכִי, הַיְינוּ דִּידַן! קָא מַשְׁמַע לַן: חַיָּיב אָדָם לוֹמַר בִּלְשׁוֹן רַבּוֹ.
La Guemara demande : Si c’est le cas, c’est la même chose que notre tradition, selon laquelle, de l’avis de Rabbi Yoḥanan, les premiers-nés nés dans le désert furent sanctifiés, tandis que selon Reish Lakish ils ne le furent pas. Dans quel but, alors, Rav Mordekhai informa-t-il Rav Ashi de sa version alternative de la controverse ? La Guemara répond que cela nous enseigne qu’une personne doit dire ce qu’on lui a enseigné dans le langage précis employé par son maître.
שָׁאַל קוּנְטְרוּקוּס הַשַּׂר אֶת רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: בִּפְרָטָן שֶׁל לְוִיִּם אַתָּה מוֹצֵא עֶשְׂרִים וּשְׁנַיִם אֶלֶף וּשְׁלֹשׁ מֵאוֹת, בִּכְלָלָן אַתָּה מוֹצֵא עֶשְׂרִים וּשְׁנַיִם אֶלֶף, וּשְׁלֹשׁ מֵאוֹת לְהֵיכָן הָלְכוּ?
§ En ce qui concerne l’abrogation de la sainteté des premiers-nés dans le désert par les Lévites, la Guemara rapporte que Kontrokos, l’officier, demanda à Rabban Yoḥanan ben Zakkai : Dans le décompte individuel de chaque famille de Lévites, tu trouves qu’il y en avait 22 300 (voir Nombres 3:22–34). Mais dans le décompte collectif de toute la tribu tu trouves un total de 22 000, comme il est dit : « Tous les mâles âgés d’un mois et plus étaient 22 000 » (Nombres 3:39). Où, alors, sont passés les trois cents autres Lévites ?
אָמַר לוֹ: אוֹתָן שְׁלֹשׁ מֵאוֹת בְּכוֹרוֹת הָיוּ, וְאֵין בְּכוֹר מַפְקִיעַ בְּכוֹר. מַאי טַעְמָא? אָמַר אַבָּיֵי: דַּיּוֹ לַבְּכוֹר שֶׁיַּפְקִיעַ קְדוּשַּׁת עַצְמוֹ.
Rabban Yoḥanan ben Zakkaï lui dit : La somme totale ne comprend que les Lévites qui ont racheté les premiers-nés israélites. Ces trois cents Lévites supplémentaires étaient eux-mêmes des premiers-nés, et un premier-né lévite ne peut pas annuler la sainteté d’un premier-né israélite. La Guemara demande : Quelle en est la raison ? Abaye dit : Il suffit à un premier-né lévite d’annuler sa propre sainteté de premier-né.
וְעוֹד שְׁאָלוֹ: בְּגִיבּוּי כֶּסֶף אַתָּה מוֹצֵא מָאתַיִם וְאַחַת כִּכָּר וְאַחַת עֶשְׂרֵה מָנֶה, דִּכְתִיב: ״בֶּקַע לַגֻּלְגֹּלֶת מַחֲצִית הַשֶּׁקֶל בְּשֶׁקֶל הַקֹּדֶשׁ וְגוֹ׳״,
De plus, Kontrokos demanda à Rabban Yoḥanan ben Zakkai : En ce qui concerne la collecte d’argent par Moïse pour le Tabernacle, tu constates que le montant total est de 201 talents et onze maneh, comme il est écrit qu’ils ont amassé : « Un beka par tête, c’est-à-dire un demi-shekel, selon le shekel du Sanctuaire…pour 603 550 hommes » (Exode 38:26), ce qui totalise 301 775 shekels. Cette somme équivaut à 201 talents et onze maneh, car chaque talent contient 1 500 shekels, soit soixante maneh, et chaque maneh contient vingt-cinq shekels.
וּבִנְתִינַת הַכֶּסֶף אַתָּה מוֹצֵא מְאַת כִּכָּר, דִּכְתִיב: ״וַיְהִי מְאַת כִּכַּר הַכֶּסֶף לָצֶקֶת וְגוֹ׳״. מֹשֶׁה רַבְּכֶם גַּנָּב הָיָה, אוֹ קוּבְיוּסְטוּס הָיָה, אוֹ אֵינוֹ בָּקִי בְּחֶשְׁבּוֹנוֹת? נָתַן מֶחֱצָה וְנָטַל מֶחֱצָה, וּמֶחֱצָה שָׁלֵם לֹא הֶחֱזִיר.
Mais en ce qui concerne la remise de l’argent au Tabernacle, tu ne trouves que cent talents, comme il est écrit : « Et les cent talents d’argent servaient à la fonte » (Exode 38:27). Maintenant, Moïse, ton maître, était-il un voleur, ou était-il un joueur [kuveyustus], ou n’était-il pas expert en comptabilité ? Il a donné la moitié de l’argent au Tabernacle et a pris la moitié pour lui-même, et il n’a pas rendu même une moitié complète au Tabernacle.
אָמַר לוֹ: מֹשֶׁה רַבֵּינוּ גִּיזְבָּר נֶאֱמָן הָיָה, וּבָקִי בְּחֶשְׁבּוֹנוֹת הָיָה, וּמָנֶה שֶׁל קוֹדֶשׁ כָּפוּל הָיָה.
Rabban Yoḥanan ben Zakkaï lui dit : Moïse, notre maître, était un trésorier digne de confiance et expert en comptabilité, mais une maneh du Sanctuaire, qui servait à mesurer les cent talents utilisés pour les socles, valait le double d’une maneh ordinaire, c’est-à-dire cinquante sicles au lieu de vingt-cinq sicles. Par conséquent, les cent talents donnés par Moïse équivalaient aux deux cents talents qu’il avait recueillis du peuple juif.
הָוֵי בַּהּ רַב אַחַאי: מַאי קָא קַשְׁיָא לֵיהּ, ״וַיְהִי מְאַת כִּכַּר הַכֶּסֶף לָצֶקֶת וְגוֹ׳״? הָנָךְ לָצֶקֶת, וְאִינָךְ בֵּי גַזָּא! כְּתַב קְרָא אַחֲרִינָא: ״וְכֶסֶף פְּקוּדֵי הָעֵדָה מְאַת כִּכָּר וְגוֹ׳״.
Rav Aḥai en discute : Quelle difficulté s’est posée à Rabban Yoḥanan ben Zakkaï, l’obligeant à proposer cette réponse ? Était-ce le verset : « Et les cent talents d’argent servirent à fondre les socles du Sanctuaire » (Exode 38:27) ? Si tel est le cas, on peut expliquer que ces cent talents étaient destinés à la fonte des socles, et les cent autres talents qui ne sont pas mentionnés ici furent placés dans le trésor. La Guemara répond qu’un autre verset est écrit, traitant de la somme totale recueillie, et seuls cent talents y sont mentionnés : « Et l’argent de ceux de l’assemblée qui furent dénombrés était de cent talents » (Exode 38:25).
וּדְקָאָמַר לֵיהּ: מָנֶה שֶׁל קוֹדֶשׁ כָּפוּל הָיָה, מְנָא לֵיהּ?
La Guemara demande : Et en ce qui concerne ce que Rabban Yoḥanan ben Zakkai a dit à Kontrokos, à savoir qu'une maneh du Sanctuaire valait le double d'une maneh standard, d'où le déduit-il ?
אִילֵימָא מִינֵּיהּ, שֶׁהֲרֵי כָּאן שִׁבְעִים וְאֶחָד מָנֶה — ״וְאֶת הָאָלֶף וּשְׁבַע מֵאוֹת וַחֲמִשָּׁה וְשִׁבְעִים עָשָׂה וָוִים לָעַמּוּדִים״, וְלֹא מְנָאָן הַכָּתוּב אֶלָּא בִּפְרוֹטְרוֹט, וְאִם אִיתָא — מֵאָה וְאֶחָד כִּכָּר וְאַחַת עֶשְׂרֵה מָנֶה מִיבְּעֵי לֵיהּ!
Si nous disons que cela est dérivé du verset lui-même que Kontrokos a mentionné (Exode 38:27), alors la déduction serait la suivante : En plus des cent talents, des pièces d’argent supplémentaires sont mentionnées ici et équivalent à soixante et onze maneh, comme il est dit : « Et des 1 775 sicles il fit des crochets pour les colonnes » (Exode 38:28), ce qui équivaut à un talent, ou soixante maneh, plus onze maneh supplémentaires, et le verset ne les a comptés qu’en utilisant la valeur de petites pièces, c’est-à-dire des sicles, et non en talents. Et s’il en est ainsi qu’un maneh du Sanctuaire avait une valeur égale à un maneh ordinaire, alors le verset aurait dû exprimer cette valeur en utilisant des pièces plus importantes, en écrivant : 101 talents et onze maneh.
אֶלָּא, מִדְּלֹא מְנָאָן הַכָּתוּב אֶלָּא בִּפְרוֹטְרוֹט, שְׁמַע מִינַּהּ: מָנֶה שֶׁל קוֹדֶשׁ כָּפוּל הָיָה.
Au contraire, puisque le verset calcule cette valeur seulement en utilisant la valeur de petites pièces, apprends-en que une maneh du Sanctuaire valait le double d’une maneh ordinaire et équivalait à cinquante sicles. Par conséquent, les 1 775 sicles mentionnés ne valent que 35½ maneh, ce qui est inférieur à un talent complet, soit soixante maneh.
וְדִילְמָא כְּלָלֵי קָחָשֵׁיב בְּכַכְּרֵי, פְּרָטִי לָא קָא חָשֵׁיב בְּכַכְּרֵי!
La Guemara rejette cette preuve : Mais peut-être que la quantité totale de shekels est bien égale à la quantité d’un talent, mais le verset calcule les montants généraux, c’est-à-dire les centaines de talents, en talents, et le verset ne calcule pas les détails, c’est-à-dire toute quantité inférieure à cent talents, en talents, mais en shekels.
אֶלָּא מֵהָכָא: ״וּנְחֹשֶׁת הַתְּנוּפָה שִׁבְעִים כִּכָּר וְאַלְפַּיִם וְאַרְבַּע מֵאוֹת שָׁקֶל״, שֶׁהֲרֵי כָּאן תִּשְׁעִים וְשִׁשָּׁה מָנֶה, וְלֹא מְנָאָן הַכָּתוּב אֶלָּא בִּפְרוֹטְרוֹט, שְׁמַע מִינַּהּ: מָנֶה שֶׁל קוֹדֶשׁ כָּפוּל הָיָה.
Au contraire, le principe selon lequel une maneh du Sanctuaire vaut le double d’une maneh ordinaire est dérivé d’ici : « Et l’airain de l’offrande était de soixante-dix talents et 2 400 sicles » (Exode 38:29). La Guemara explique : Outre les soixante-dix talents mentionnés, il y a ici encore quatre-vingt-seize maneh, ce qui équivaut à un talent et trente-six maneh supplémentaires, et le verset ne les compte que selon la valeur de petites monnaies. Apprends-en qu’une maneh du Sanctuaire était double du montant d’une maneh standard, et c’est pourquoi le nombre de sicles mentionné n’équivalait pas à un talent complet.
וְדִילְמָא פְּרָטָא רַבָּה קָא חָשֵׁיב בְּכַכְּרֵי, פְּרָטָא זוּטָא לָא קָחָשֵׁיב בְּכַכְּרֵי!
La Guemara rejette également cette preuve : Mais peut-être que le verset fait référence à un maneh standard, et le verset calcule une grande unité, c’est-à-dire des dizaines de talents, en talents, tandis que le verset ne calcule pas une petite unité, c’est-à-dire tout montant inférieur à dix talents, en talents.
אֶלָּא אָמַר רַב חִסְדָּא: מֵהָכָא, ״וְהַשֶּׁקֶל עֶשְׂרִים גֵּרָה עֶשְׂרִים שְׁקָלִים חֲמִשָּׁה וְעֶשְׂרִים שְׁקָלִים עֲשָׂרָה וַחֲמִשָּׁה שֶׁקֶל הַמָּנֶה יִהְיֶה לָכֶם״.
Au contraire, Rav Ḥisda dit que l’affirmation selon laquelle une maneh du Sanctuaire était deux fois plus grande qu’une maneh standard est dérivée d’ici : « Et le shekel sera de vingt gera ; vingt shekels, vingt-cinq shekels, dix et cinq shekels, seront votre maneh » (Ézéchiel 45:12). Dans ce verset, Ézéchiel définit les différents poids utilisés dans le Temple et déclare que chaque shekel d’argent se compose de vingt gera. De plus, la combinaison de vingt, vingt-cinq, dix et cinq shekels donne une somme totale de soixante shekels, qui est la valeur d’une maneh. Une maneh, à son tour, équivaut à cent deniers.

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