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וּלְדוֹרוֹת מְנָלַן? אָמַר קְרָא: ״וְהָיוּ לִי הַלְוִיִּם״, ״וְהָיוּ״ — בַּהֲוָויָיתָן יְהוּ.
La Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que les prêtres et les Lévites sont exemptés du fait que leur descendance soit comptée comme premier-né pour toutes les générations ? La Guemara répond que le verset déclare : « Et les Lévites יהיו à Moi » (Nombres 3:12). Le terme « seront » indique que ils seront, c’est-à-dire qu’ils demeureront, dans leur actuel état de sainteté. De même que le statut de premier-né ne s’appliquait ni aux prêtres ni aux Lévites dans le désert, il ne s’applique pas non plus aux prêtres ou aux Lévites dans les générations suivantes.
וּמִמַּאי דִּבְשֶׂה? אָמַר רַב חִסְדָּא: נֶאֱמַר כֶּסֶף לְדוֹרוֹת, וְנֶאֱמַר שֶׂה לְדוֹרוֹת.
§ Rav Safra (4a) a fait référence au fait que la sainteté des ânes premiers-nés des Israélites a été abrogée par les agneaux des Lévites. La Guemara demande : D’où est-il dérivé que cette abrogation a été accomplie avec un agneau ? Rav Ḥisda dit : Le mot « argent » est énoncé au sujet du rachat du fils premier-né d’une femme pour les générations futures dans le verset : « Et l’argent de leur rachat… sera, selon ton estimation, de cinq sicles d’argent » (Nombres 18:16). Et, de plus, le mot « agneau » est énoncé au sujet du rachat d’un âne premier-né pour les générations futures dans le verset : « Et tout ânon premier-né, tu le rachèteras avec un agneau » (Exode 13:13).
מָה כֶּסֶף הָאָמוּר לְדוֹרוֹת — בּוֹ פָּדוּ לְדוֹרוֹת, בּוֹ פָּדוּ לְאוֹתָהּ שָׁעָה, אַף שֶׂה הָאָמוּר לְדוֹרוֹת — בּוֹ פָּדוּ לְדוֹרוֹת, בּוֹ פָּדוּ בְּאוֹתָהּ שָׁעָה.
Par conséquent, on peut déduire que de même que concernant l’argent, qui a été mentionné au sujet des générations ultérieures, les Israélites rachetaient avec lui dans les générations ultérieures et ils rachetaient aussi avec lui à cette époque, puisque les premiers-nés excédentaires dans le désert furent rachetés avec cinq sicles (voir Nombres 3:47), de même aussi concernant l’agneau, qui a été mentionné au sujet des générations ultérieures, ils rachetaient avec lui dans les générations ultérieures, et ils rachetaient avec lui à cette époque.
מָה לְכֶסֶף — שָׁכֵן פּוֹדִין בּוֹ הֶקְדֵּשׁוֹת וּמַעֲשֵׂר שֵׁנִי!
La Guemara rejette la comparaison : Qu’y a-t-il de remarquable dans l’argent ? Il est remarquable en ce qu’il est aussi utilisé pour le rachat dans d’autres cas, car on peut racheter avec lui des biens consacrés et des produits de la seconde dîme, ce qui n’est pas la halakha en ce qui concerne les agneaux.
אֶלָּא, אָמַר קְרָא: ״אַךְ פָּדֹה תִפְדֶּה אֶת בְּכוֹר הָאָדָם וְאֵת בְּכוֹר הַבְּהֵמָה הַטְּמֵאָה תִּפְדֶּה״, מָה בְּכוֹר אָדָם לֹא חִלַּקְתָּ בֵּין לְדוֹרוֹת בֵּין לְאוֹתָהּ שָׁעָה — בְּכֶסֶף, אַף בְּהֵמָה טְמֵאָה לֹא תַּחְלוֹק בּוֹ בֵּין לְדוֹרוֹת בֵּין לְאוֹתָהּ שָׁעָה — בְּשֶׂה.
Au contraire, cela peut être déduit du fait que le verset déclare : « Toutefois, tu rachèteras le premier-né de l’homme, et tu rachèteras le premier-né des animaux non casher » (Nombres 18:15). La juxtaposition des deux cas démontre que de même que, en ce qui concerne le fils premier-né d’une femme, tu n’as pas distingué entre la halakhapour les générations ultérieures et la halakhapour cette époque-là, puisque le rachat est effectué avec de l’argent dans les deux cas, de même, en ce qui concerne le rachat d’un animal non casher, tu ne dois pas distinguer entre la halakhapour les générations ultérieures et pour cette époque-là, puisqu’il doit être effectué avec un agneau dans les deux situations.
אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: שֶׂה אֶחָד שֶׁל בֶּן לֵוִי פָּטַר כַּמָּה פִּטְרֵי חֲמוֹרִים מִיִּשְׂרָאֵל. אָמַר אַבָּיֵי: תֵּדַע, שֶׁהֲרֵי מָנָה הַכָּתוּב עוֹדְפִים בְּאָדָם, וְלֹא מָנָה עוֹדְפִין בִּבְהֵמָה.
§ La Guemara reprend sa discussion de la procédure de rachat des premiers-nés des ânes dans le désert : Rabbi Ḥanina dit qu’un agneau d’un Lévite dans le désert a exempté plusieurs premiers-nés des ânes des Israélites des obligations liées au statut de premier-né. Abaye dit : Sache qu’il en est ainsi, car le verset énumère l’excédent des premiers-nés humains lorsqu’il dit qu’il y avait 273 premiers-nés israélites de plus que de Lévites, qui devaient être rachetés avec de l’argent (voir Nombres 3:46) ; mais le verset n’énumère pas d’excédent de bétail israélite.
מִמַּאי? דִּילְמָא לָא הָוֵי נְפִישִׁי לְהוּ בְּהֵמוֹת טוּבָא? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ! דִּכְתִיב: ״וּמִקְנֶה רַב הָיָה לִבְנֵי רְאוּבֵן וְלִבְנֵי גָד״.
La Guemara demande : D’où cela est-il prouvé ? Peut-être que les Israélites n’avaient pas beaucoup d’animaux, et que leurs premiers-nés des ânes n’étaient pas plus nombreux que les agneaux des Lévites. La Guemara répond : Que cette possibilité ne te vienne pas à l’esprit, car il est écrit : « Les enfants de Ruben et les enfants de Gad avaient une très grande multitude de bétail » (Nombres 32:1).
דִּילְמָא אֲפִילּוּ הָכִי, פְּשׁוּטִים דִּלְוִיִּם הֲווֹ קָיְימִי לְבַהֲדֵי בְּכוֹרֵי יִשְׂרָאֵל! אָמַר קְרָא: ״וְאֶת בֶּהֱמַת הַלְוִיִּם תַּחַת בְּהֶמְתָּם״, בְּהֵמָה אַחַת תַּחַת בְּהֵמוֹת הַרְבֵּה.
La Guemara objecte : Peut-être malgré tout, le nombre d’animaux ordinaires des Lévites qui n’étaient pas premiers-nés correspondait au nombre d’animaux premiers-nés appartenant aux Israélites. La Guemara explique que le verset déclare : « Prends les Lévites à la place de tous les premiers-nés parmi les enfants d’Israël, et l’animal de [behemat] les Lévites à la place de leurs animaux [behemtam] » (Nombres 3:45). L’emploi du mot behemat au singulier indique que la transaction impliquait un animal des Lévites en échange de nombreux animaux des Israélites.
וְאֵימָא בְּהֵמָה רַבָּה? אִם כֵּן, לִיכְתּוֹב קְרָא אוֹ ״בְּהֵמָה תַּחַת בְּהֵמָה״ אוֹ ״בְּהֶמְתָּם תַּחַת בְּהֶמְתָּם״! מַאי ״בֶּהֱמַת... תֵּחַת בְּהֶמְתָּם״? שְׁמַע מִינַּהּ חַד פָּטַר טוּבָא.
La Guemara demande : Et dis que le mot behemat fait référence à de nombreux animaux, comme dans l’expression : « Et de nombreux animaux [uvhema rabba] » (Jonas 4:11). La Guemara répond : Si tel est le cas, que le verset écrive soit : Behema des Lévites en échange de behema, soit : Behemtam en échange de behemtam. Quelle est la signification de l’expression « behemat des Lévites en échange de behemtam » ? Apprends-en qu’un agneau d’un Lévite a rendu exempts de nombreux ânes d’Israélites .
אָמַר רָבָא, אַף אֲנַן נָמֵי תְּנֵינָא: וּפוֹדֶה בּוֹ פְּעָמִים הַרְבֵּה. וְרַבִּי חֲנִינָא טַעְמָא דְמַתְנִיתִין מְפָרֵשׁ, וְהָכִי קָאָמַר: מַאי טַעְמָא פּוֹדֶה בּוֹ פְּעָמִים הַרְבֵּה? מִשּׁוּם דְּשֶׂה אֶחָד שֶׁל בֶּן לֵוִי פּוֹטֵר כַּמָּה פִּטְרֵי חֲמוֹרִים שֶׁל יִשְׂרָאֵל.
Rava a dit : Nous apprenons également dans une michna (9a) un appui à la déclaration de Rabbi Ḥanina : Et si le prêtre lui rend l’agneau, il peut racheter des premiers-nés d’ânes avec celui-ci plusieurs fois, s’il rachète de nouveau l’agneau au prêtre chaque fois au moment de racheter un âne. Et, en réalité, Rabbi Ḥanina n’exprime pas sa propre opinion, mais explique plutôt le raisonnement de la michna, et voici ce qu’il dit : Quelle est la raison pour laquelle le propriétaire peut racheter des premiers-nés d’ânes avec le même agneau plusieurs fois ? C’est parce qu’un agneau d’un Lévite exempte plusieurs premiers-nés d’ânes appartenant à un Israélite.
אִיתְּמַר, רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת בַּמִּדְבָּר, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: לֹא קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת בַּמִּדְבָּר.
§ Il a été déclaré au sujet de la sainteté du premier-né dans le désert : Rabbi Yoḥanan dit que les premiers-nés du bétail comme les fils premiers-nés nés dans le désert ont été sanctifiés, et Reish Lakish dit : Les premiers-nés qui sont nés dans le désert n’ont pas été sanctifiés.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת בַּמִּדְבָּר, דְּרַחֲמָנָא אָמַר לִיקְדְּשׁוּ, דִּכְתִיב: ״קַדֶּשׁ לִי כׇל בְּכוֹר״.
La Guemara explique la raison de chaque opinion : Rabbi Yoḥanan dit que les premiers-nés qui sont nés dans le désert ont été sanctifiés, puisque le Miséricordieux déclare qu’ils doivent être sanctifiés, comme il est écrit avant que les Juifs ne quittent l’Égypte : « Sanctifie-Moi tout premier-né » (Exode 13:2).
וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: לֹא קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת בַּמִּדְבָּר, מִדִּכְתִיב: ״וְהָיָה כִּי יְבִיאֲךָ״, וּכְתִיב בָּתְרֵיהּ: ״וְהַעֲבַרְתָּ״, מִכְּלָל דְּמֵעִיקָּרָא לָא קְדוּשׁ.
Et Reish Lakish dit : Bien que les premiers-nés en Égypte aient été sanctifiés, les premiers-nés qui sont nés dans le désert n’ont pas été sanctifiés, comme il est écrit : « Et ce sera lorsque le Seigneur t’aura fait entrer dans le pays des Cananéens » (Exode 13:11), et il est écrit ensuite : « Et tu mettras à part pour le Seigneur tout premier-né qui ouvre la matrice » (Exode 13:12). Par déduction, on peut en conclure qu’au départ, avant que le peuple juif n’entre en Eretz Yisrael, ceux qui sont nés dans le désert n’ont pas été sanctifiés.
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי יוֹחָנָן לְרֵישׁ לָקִישׁ: עַד שֶׁלֹּא הוּקַם הַמִּשְׁכָּן הָיוּ בָּמוֹת מוּתָּרוֹת וַעֲבוֹדָה בִּבְכוֹרוֹת! אֲמַר לֵיהּ: בְּאוֹתָן שֶׁיָּצְאוּ מִמִּצְרָיִם.
Rabbi Yoḥanan souleva une objection à l’opinion de Reish Lakish à partir d’une michna (Zevaḥim 112b) : Jusqu’à ce que le Tabernacle soit établi, les autels privés étaient permis et le service sacrificiel était accompli par les premiers-nés. Il est donc clair que les premiers-nés dans le désert furent sanctifiés. Reish Lakish lui dit : Cette michna fait référence à ceux des premiers-nés qui sont sortis d’Égypte, qui accomplissaient le service sacrificiel, et non à ceux qui sont nés dans le désert.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאִי לָא תֵּימָא הָכִי, בֶּן שָׁנָה בַּר מֶיעְבַּד עֲבוֹדָה הוּא?
La Guemara commente : Cela aussi est logique, car si tu ne dis pas cela, est-ce qu'un nourrisson dans sa première année est capable d'accomplir le service sacrificiel ? Puisque le Tabernacle n'a été établi qu'un an après la sortie d'Égypte du peuple juif, il est clair que les premiers-nés qui accomplissaient le service sacrificiel à ce moment-là étaient nés en Égypte.
וּדְקָאָרֵי לַהּ, מַאי קָאָרֵי לַהּ?
La Guemara demande : Et celui qui a posé cette question, pourquoi l’a-t-il posée ? N’est-il pas évident que les premiers-nés nés en Égypte accomplissaient le service sacrificiel durant les premières années du Tabernacle ?
הָכִי קָא קַשְׁיָא לֵיהּ: אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא דְּלָא פָּסֵיק קְדוּשְׁתַּיְיהוּ — הָנָךְ דְּמֵעִיקָּרָא נָמֵי לָא פָּקְעָא קְדוּשְׁתַּיְיהוּ, אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ דְּפָסֵק קְדוּשְׁתַּיְיהוּ — הָנָךְ דְּמֵעִיקָּרָא נָמֵי פָּקְעָא לֵיהּ קְדוּשְׁתַּיְיהוּ.
La Guemara répond : Telle était sa difficulté : Certes, si tu dis que la sainteté du premier-né n’a pas cessé depuis le moment où la mitsva : « Sanctifie-Moi tout premier-né » (Exode 13:2) a été donnée en Égypte, et que ceux qui sont nés dans le désert ont eux aussi été sanctifiés, alors en ce qui concerne ces premiers-nés qui étaient à l’origine en Égypte, leur sainteté non plus n’a pas pris fin. Par conséquent, ils pouvaient accomplir le service sacrificiel durant les premières années du Tabernacle. Mais si tu dis que la sainteté du premier-né a cessé et que les premiers-nés nés dans le désert n’ont pas été sanctifiés, alors en ce qui concerne ces premiers-nés qui étaient à l’origine nés en Égypte, leur sainteté aussi a pris fin.
וְאִידַּךְ: דִּקְדוּשׁ — קְדוּשׁ, דְּלָא קְדוּשׁ — לָא קְדוּשׁ.
Et l'autreamora, Reish Lakish, répondit : On ne peut tirer aucune preuve d’ici, car ceux qui furent sanctifiés en Égypte furent sanctifiés et ne perdirent pas ensuite leur sainteté dans le désert, tandis que ceux qui ne furent pas sanctifiés en Égypte ne furent pas sanctifiés dans le désert.
אֵיתִיבֵיהּ: אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן, קָרְבוּ בּוֹ לָהֶם בְּיִשְׂרָאֵל נְדָרִים וּנְדָבוֹת, חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת, בְּכוֹרוֹת וּמַעַשְׂרוֹת. הָכִי נָמֵי — בְּאוֹתָן שֶׁיָּצְאוּ מִמִּצְרָיִם. וּמִינַּהּ: אוֹתוֹ הַיּוֹם הוּא דִּקְרוּב, מִיכָּן וְאֵילָךְ לָא קְרוּב!
Rabbi Yoḥanan souleva une objection à l’opinion de Reish Lakish à partir d’une baraita : Le jour même où le Tabernacle fut érigé, de nombreux types d’offrandes furent sacrifiés par le peuple juif, y compris des offrandes de vœu et des offrandes de don, des expiatoires et des sacrifices de culpabilité, des offrandes d’animaux premiers-nés casher et des offrandes de la dîme animale. Si des offrandes d’animaux premiers-nés furent sacrifiées dans le désert, alors il est évident que les premiers-nés furent sanctifiés dans le désert. Reish Lakish lui répondit : Cela fait référence aussi à ceux des premiers-nés qui sortirent d’Égypte et qui y avaient déjà été sanctifiés. La Guemara commente : Et on peut comprendre de la baraita elle-même que l’opinion de Reish Lakish est correcte, car on peut en déduire ceci : Ce jour-là, les premiers-nés furent sacrifiés, mais par la suite ils ne furent pas sacrifiés.
אִיכָּא דְּאָמְרִי: אֵיתִיבֵיהּ רֵישׁ לָקִישׁ לְרַבִּי יוֹחָנָן: אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁהוּקַם הַמִּשְׁכָּן קָרְבוּ לָהֶם יִשְׂרָאֵל נְדָרִים וּנְדָבוֹת חַטָּאוֹת וַאֲשָׁמוֹת בְּכוֹרוֹת וּמַעַשְׂרוֹת. אוֹתוֹ הַיּוֹם — אִין, מִיכָּן וְאֵילָךְ — לָא! אֵימָא: מֵאוֹתוֹ הַיּוֹם וְאֵילָךְ.
Il y a ceux qui disent que la discussion s’est déroulée comme suit : Reish Lakish a soulevé une objection à l’opinion de Rabbi Yoḥanan : Le jour même où le Tabernacle fut érigé, de nombreux types d’offrandes furent sacrifiés par le peuple juif, y compris des offrandes de vœu et des offrandes volontaires, des expiatoires et des sacrifices de culpabilité, ainsi que des offrandes de premiers-nés casher et des offrandes de dîme animale. On peut en déduire que ce jour-là, oui, les premiers-nés furent sacrifiés, mais par la suite les premiers-nés ne furent pas sacrifiés, ce qui indique que les mâles premiers-nés dans le désert ne furent pas sanctifiés. La Guemara répond : On peut dire que la baraita signifie que depuis ce jour-là et par la suite, toutes ces offrandes furent sacrifiées.
וּמַאי קָמַשְׁמַע לַן? מֵאוֹתוֹ הַיּוֹם — אִין, מֵעִיקָּרָא — לָא. אַלְמָא חוֹבוֹת בְּבָמָה לָא קְרוּב.
La Guemara demande : Et qu’est-ce que, alors, nous enseigne la baraita ? La Guemara répond : Elle enseigne qu’à partir de ce jour, oui, le peuple juif apporta ces offrandes, mais initialement, avant l’établissement du Tabernacle, elles n’étaient pas apportées. De toute évidence, les offrandes obligatoires comme celles-ci n’étaient pas sacrifiées sur un autel privé ; seules les offrandes volontaires étaient sacrifiées sur de tels autels.
תָּא שְׁמַע, נִמְצֵאתָ אַתָּה אוֹמֵר: בִּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת קָדְשׁוּ בְּכוֹרוֹת לְיִשְׂרָאֵל — בְּמִצְרַיִם, וּבַמִּדְבָּר, וּבִכְנִיסָתָן יִשְׂרָאֵל לְאֶרֶץ. בְּמִצְרַיִם מַהוּ אוֹמֵר? ״קַדֶּשׁ לִי כׇל בְּכוֹר״. בַּמִּדְבָּר הוּא אוֹמֵר: ״כִּי לִי כׇל בְּכוֹר בִּבְנֵי יִשְׂרָאֵל״. בִּכְנִיסָתָם לָאָרֶץ הוּא אוֹמֵר: ״וְהָיָה כִּי יְבִיאֲךָ... וְהַעֲבַרְתָּ״.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve en faveur de l’opinion de Rabbi Yoḥanan à partir d’une baraita : Il s’avère que l’on peut dire que les premiers-nés du peuple juif furent sanctifiés en trois lieux : en Égypte, dans le désert, et lors de l’entrée du peuple juif en Eretz Yisrael. En Égypte, que dit le verset ? « Sanctifie-Moi tout premier-né » (Exode 13:2). Dans le désert, le verset dit : « Car tous les premiers-nés parmi les enfants d’Israël sont à Moi » (Nombres 8:17). En ce qui concerne leur entrée en Eretz Yisrael, le verset dit : « Et ce sera lorsque le Seigneur t’aura fait entrer dans le pays des Cananéens… tu mettras à part pour le Seigneur tout premier-né issu de la matrice » (Exode 13:11–12). Cette baraita indique que les premiers-nés nés dans le désert furent sanctifiés.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: בִּשְׁלֹשָׁה מְקוֹמוֹת הוּזְהֲרוּ עַל הַבְּכוֹרוֹת לִיקְדַּשׁ, וְלֹא קָדְשׁוּ. וּבְמִצְרַיִם נָמֵי לָא קְדוּשׁ? הָא קָאָמְרִינַן דִּקְדוּשׁ! הָכִי אָמַר: מֵהֶן קָדְשׁוּ, וּמֵהֶן לֹא קָדְשׁוּ.
La Guemara rejette cette preuve. Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : La baraita signifie que le peuple juif a reçu l’ordre en trois endroits au sujet du premier-né, c’est-à-dire de les sanctifier, mais ils ne les ont pas sanctifiés en pratique. La Guemara demande : Mais, selon cela, n’ont-ils pas non plus été sanctifiés en Égypte ? N’avons-nous pas dit qu’ils avaient été sanctifiés même selon Reish Lakish ? La Guemara répond : C’est ce que le tannadit : Ils ont reçu l’ordre en trois endroits de sanctifier le premier-né. Dans certains de ces cas, c’est-à-dire en Égypte et en Eretz Yisrael, ils les ont sanctifiés, et dans certains d’entre eux, c’est-à-dire dans le désert, ils ne les ont pas sanctifiés.
מַתְקֵיף לַהּ רַב פָּפָּא: וּבַמִּדְבָּר לֹא קָדְשׁוּ? וְהָכְתִיב: ״פְּקֹד כׇּל בְּכֹר זָכָר לִבְנֵי יִשְׂרָאֵל״! אֶלָּא, אִי אִיתְּמַר הָכִי אִיתְּמַר: רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: קָדְשׁוּ וְלֹא פָּסְקוּ, וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: קָדְשׁוּ
Rav Pappa objecte à cela : Et ne les a-t-on pas sanctifiés dans le désert ? Mais n’est-il pas écrit : « Compte tous les premiers-nés mâles des enfants d’Israël âgés d’un mois et plus » (Nombres 3:40), un commandement qui fut accompli (voir Nombres 3:42) ? Les premiers-nés mentionnés incluent certainement aussi ceux qui sont nés dans le désert, puisque ce dénombrement eut lieu la deuxième année après la sortie d’Égypte. Plutôt, si une controverse entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish a été énoncée à ce sujet, elle a été énoncée ainsi : Rabbi Yoḥanan dit que les premiers-nés nés dans le désert ont été sanctifiés et leur sainteté n’a pas cessé, et Reish Lakish dit qu’ils ont été sanctifiés seulement jusqu’au moment du dénombrement mentionné ci-dessus,

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