וְנוֹטֵל אֶחָד מִן הָאֱלוּלִין וְהַשְּׁאָר פְּטוּרִין, מִמָּה נַפְשָׁךְ: אִי בְּאֶחָד בֶּאֱלוּל רֹאשׁ הַשָּׁנָה — דֶּאֱלוּל וְתִשְׁרִי מִצְטָרְפִין וּדְאָב פְּטוּרִים, וְאִי בְּאֶחָד בְּתִשְׁרִי רֹאשׁ הַשָּׁנָה — דְּאָב וֶאֱלוּל מִצְטָרְפִין דְּתִשְׁרִי פְּטוּרִין.
et il prend l’un des animaux nés en Eloul comme la dîme, et les autres sont exemptés, de quelque manière que vous l’envisagiez. Rava explique : Si le nouvel an pour la dîme du bétail est le premier d’Eloul, alors les animaux nés en Eloul et en Tichri se combinent pour former un total de dix, et les animaux nés en Av sont exemptés, car ils appartiennent à l’année précédente et ils sont moins de dix. Et si le nouvel an est le premier de Tichri, les animaux nés en Av et en Eloul se combinent pour former un total de dix, tandis que les animaux nés en Tichri sont exemptés.
מַאי אָמְרַתְּ: לִצְטַרְפוּ לְגוֹרֶן אַחֵר? עֲשִׂירִי וַדַּאי אָמַר רַחֲמָנָא, וְלֹא סָפֵק.
La Guemara soulève une difficulté à l’égard de l’opinion de Rava : Que dis-tu ? Pourquoi les cinq animaux nés en Tishrei sont-ils exemptés ? Qu’ils se combinent avec des animaux à un autre moment de rassemblement pour former un total de dix. Plutôt, quelle est la raison pour laquelle on n’est pas tenu de prélever la dîme sur ces cinq animaux nés en Tishrei ? C’est parce que le Miséricordieux déclare : « Et toute la dîme du gros bétail ou du petit bétail, tout ce qui passe sous la verge, le dixième sera consacré au Seigneur » (Lévitique 27:32), d’où il est déduit qu’un dixième certain doit être prélevé, et non un dixième incertain, c’est-à-dire un animal qui n’est pas définitivement le dixième. Si le premier d’Eloul est le nouvel an, alors les cinq nés en Tishrei se seraient combinés avec les cinq d’Eloul et sont exemptés. Par conséquent, l’obligation dans ce cas est incertaine.
פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא לִגְזוֹר, דִּילְמָא אָתֵי לְמִישְׁקַל מֵהָנָךְ, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rava a dit qu’il prend l’un des animaux nés en Eloul comme la dîme. La Guemara demande : N’est-il pas évident qu’il doit prendre l’un de ces animaux, puisque ce sont les seuls au sujet desquels l’obligation est certaine ? La Guemara répond : Il est nécessaire que Rava le précise de peur que tu ne dises que les Sages devraient décréter qu’on ne devrait même pas prendre l’un des animaux nés en Eloul comme dîme, car peut-être qu’il pourrait en venir à prendre parmi ceux qui sont nés en Av ou en Tichri par erreur. Par conséquent, Rava nous enseigne que les Sages ne se préoccupent pas de cette erreur.
מַתְנִי׳ בְּאֵי זֶה צַד מְעַשְּׂרִין? כּוֹנְסָן לַדִּיר, וְעוֹשֶׂה לָהֶם פֶּתַח קָטָן כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהוּ שְׁנַיִם יְכוֹלִין לָצֵאת כְּאֶחָת, וּמוֹנִין: אֶחָד, שְׁנַיִם, שְׁלֹשָׁה, אַרְבָּעָה, חֲמִשָּׁה, שִׁשָּׁה, שִׁבְעָה, שְׁמוֹנָה, תִּשְׁעָה, וְהַיּוֹצֵא עֲשִׂירִי סוֹקֵר בְּסִיקְרָא וְאוֹמֵר: ״הֲרֵי זֶה מַעֲשֵׂר״. לֹא סְקָרוֹ בְּסִיקְרָא, וְלֹא מְנָאָן בַּשֵּׁבֶט, אוֹ שֶׁמְּנָאָן רְבוּצִים אוֹ עוֹמְדִים — הֲרֵי אֵלּוּ מִתְעַשְּׂרִין.
MICHNA :De quelle manière prélève-t-on la dîme sur les animaux ? Il les rassemble dans un enclos et leur aménage une petite ouverture, c’est-à-dire étroite, afin que deux animaux ne puissent pas sortir ensemble. Et il compte les animaux à mesure qu’ils sortent : un, deux, trois, quatre, cinq, six, sept, huit, neuf ; puis il marque l’animal qui sort en dixième avec de la peinture rouge et déclare : Ceci est la dîme. Même si il ne l’a pas marqué avec de la peinture rouge, ou s’il n’a pas compté les animaux avec une verge conformément au verset : « Tout ce qui passe sous la verge, le dixième sera consacré au Seigneur » (Lévitique 27:32), ou s’il a compté les animaux alors qu’ils étaient couchés ou debout sur place et ne les a pas fait passer par une ouverture étroite, ces animaux sont considérés comme prélevés pour la dîme a posteriori.
הָיָה לוֹ מֵאָה וְנָטַל עֲשָׂרָה, עֲשָׂרָה וְנָטַל אֶחָד — אֵין זֶה מַעֲשֵׂר. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מַעֲשֵׂר. קָפַץ אֶחָד מִן הַמְּנוּיִין לְתוֹכָן — הֲרֵי אֵלּוּ פְּטוּרִין, מִן הַמְעוּשָּׂרִין לְתוֹכָן — כּוּלָּם יִרְעוּ עַד שֶׁיִּסְתָּאֲבוּ, וְיֵאָכְלוּ בְּמוּמָן לַבְּעָלִים.
Mais s’il avait cent animaux et qu’il en prenait dix comme dîme, ou s’il avait dix animaux et qu’il en prenait simplement un comme dîme, ce n’est pas une dîme, car il ne les a pas comptés un par un jusqu’à dix. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : même dans ce cas, c’est une dîme. Si, avant que le propriétaire n’ait achevé de prélever la dîme de ses animaux, l’un de ceux déjà comptés a sauté de nouveau dans l’enclos parmi les animaux qui n’avaient pas encore été comptés, tous ceux qui sont dans l’enclos sont exemptés de dîme, car chacun d’eux pourrait être l’animal déjà compté. Si l’un de ces animaux qui avaient déjà été prélevés comme dîme, c’est-à-dire désignés comme le dixième, a sauté de nouveau dans l’enclos parmi les animaux qui n’avaient pas encore été comptés, créant une incertitude quant à savoir, parmi tous les animaux présents, lequel est l’animal de la dîme, tous les animaux doivent paître jusqu’à devenir impropres au sacrifice, et chacun d’eux peut être mangé dans son état blemi par son propriétaire une fois qu’il développe un défaut.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: בְּאֵי זֶה צַד מְעַשֵּׂר? כּוֹנְסָן לַדִּיר, וְעוֹשֶׂה לָהֶם פֶּתַח קָטָן כְּדֵי שֶׁלֹּא יְהוּ שְׁנַיִם יְכוֹלִין לָצֵאת כְּאֶחָד, אִימּוֹתֵיהֶם מִבַּחוּץ וְהֵם מִבִּפְנִים, וְגוֹעוֹת, וְיוֹצְאוֹת לִקְרַאת אִמָּן.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita : De quelle manière une personne prélève la dîme de ses animaux ? Il les rassemble dans un enclos et leur aménage une petite ouverture, c’est-à-dire étroite, afin que deux animaux ne puissent pas sortir ensemble. Les mères de ces animaux se tiennent à l’extérieur, et les nouveau-nés devant être prélevés pour la dîme sont à l’intérieur de l’enclos. Et les mères bêlent et les petits sortent vers leurs mères.
וְלַפְּקִינְהוּ אִינְהוּ! ״יַעֲבוֹר״ כְּתִיב, וְלֹא שֶׁיַּעֲבִירוּהוּ.
La Guemara demande : Mais pourquoi cela est-il fait de cette manière ? Que le propriétaire simplement les fasse sortir de l’enclos en les poussant. La Guemara répond qu’il est écrit : « Tout ce qui passe sous la verge, le dixième sera consacré au Seigneur » (Lévitique 27:32). Cela signifie que l’animal doit passer sous la verge de son plein gré, et non que quelqu’un le fasse passer en le poussant hors de l’enclos.
וְלִשְׁדֵּי לְהוּ יַרְקָא וְלִיפְּקוּ לְוָתֵיהּ! אָמַר רַב הוּנָא: גְּזֵירָה מִשּׁוּם לָקוּחַ וּמִשּׁוּם יָתוֹם.
La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas simplement jeter aux animaux un légume à l’extérieur de l’enclos, et ils sortiront vers lui pour le manger ? Rav Houna a dit : l’usage des mères est un décret rabbinique en raison d’un animal acheté et en raison d’un orphelin, c’est-à-dire un petit animal dont la mère est morte avant sa naissance. Aucun de ces animaux n’est soumis à la dîme. Puisqu’un animal acheté comme un animal orphelin n’auront pas leur mère à l’extérieur en train de les appeler, ces animaux resteront dans l’enclos et ne seront pas soumis à la dîme par erreur.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״כׇּל אֲשֶׁר יַעֲבֹר תַּחַת״ — פְּרָט לַטְּרֵיפָה שֶׁאֵינָהּ עוֹבֶרֶת תַּחַת הַשָּׁבֶט. מִצְוָה לִמְנוֹתָן בְּשֵׁבֶט. לֹא מְנָאָן בְּשֵׁבֶט, אוֹ שֶׁמְּנָאָן רְבוּצִים אוֹ עוֹמְדִים, מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״הָעֲשִׂירִי קֹדֶשׁ״ — מִכׇּל מָקוֹם.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : « Tout ce qui passe sous la verge, le dixième sera sacré pour le Seigneur » (Lévitique 27:32) ; cela enseigne que tous les animaux peuvent être sanctifiés comme dîme animale, à l’exclusion d’une tereifa, car en raison de son état physique elle ne passe pas sous la verge. L’expression « sous la verge » enseigne que c’est une mitzva de les compter avec une verge. Si l’on ne les a pas comptés avec une verge, ou si on les a comptés alors qu’ils étaient couchés ou debout, d’où dérive-t-on que le dixième animal est néanmoins sanctifié ? Le verset déclare : « Le dixième sera sacré », indiquant que le dixième animal est sacré dans tous les cas, même s’il n’a pas été prélevé correctement.
וְאֵין לִי אֶלָּא שֶׁקְּרָא שְׁמוֹ ״עֲשִׂירִי״, לֹא קְרָא שְׁמוֹ ״עֲשִׂירִי״ מִנַּיִן? תַּלְמוּד לוֹמַר ״יִהְיֶה קֹּדֶשׁ״ מִכׇּל מָקוֹם. יָכוֹל הָיוּ לוֹ מֵאָה וְנָטַל עֲשָׂרָה, עֲשָׂרָה וְנָטַל אֶחָד, יָכוֹל יִהְיוּ מְעוּשָּׂרִין? תַּלְמוּד לוֹמַר ״עֲשִׂירִי״, וְאֵין זֶה עֲשִׂירִי. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מַעֲשֵׂר.
La baraita continue : Et je n’ai déduit que le cas d’un animal qu’une personne a explicitement appelé du nom du dixième, qui est la dîme animale. D’où déduis-je que le dixième animal est sanctifié même si on ne l’a pas explicitement appelé le dixième ? Le verset déclare : « Sera sacré. » Cela enseigne qu’il sera sacré dans tous les cas, même s’il n’a pas été appelé le dixième. On aurait pu penser, au sujet de quelqu’un qui avait cent animaux et en a simplement pris dix sans les compter, ou de quelqu’un qui avait dix animaux et en a pris un sans compter, on aurait pu penser qu’ils devraient être considérés comme prélevés pour la dîme. C’est pourquoi le verset déclare : « Le dixième », et cet animal qu’il a retiré n’est pas le dixième, puisqu’il n’a pas compté les animaux. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : Même s’il a simplement retiré un animal sur dix sans compter, cet animal est la dîme.
מַאי טַעְמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה? סָבַר לֵיהּ כְּאַבָּא אֶלְעָזָר בֶּן גּוֹמֵל, דְּתַנְיָא: אַבָּא אֶלְעָזָר בֶּן גּוֹמֵל אוֹמֵר: ״וְנֶחְשַׁב לָכֶם תְּרוּמַתְכֶם״ — בִּשְׁתֵּי תְרוּמוֹת הַכָּתוּב מְדַבֵּר, אַחַת תְּרוּמָה גְּדוֹלָה, וְאַחַת תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר.
La Guemara demande : Quelle est la raison de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda ? La Guemara répond : Il soutient conformément à l’opinion de Abba Elazar ben Gomel. Comme il est enseigné dans une baraita que Abba Elazar ben Gomel dit au sujet du verset : « Et votre teruma vous sera comptée comme si c’était le grain de l’aire » (Nombres 18:27), qu’en employant la forme plurielle du terme « votre », le verset parle de deux terumot. L’une est la teruma ordinaire, c’est-à-dire le grain de l’aire, et l’autre est la teruma de la dîme. Le verset met ces deux terumot sur un pied d’égalité.
כְּשֵׁם שֶׁהַתְּרוּמָה גְּדוֹלָה נִיטֶּלֶת בְּאוֹמֶד וּבְמַחְשָׁבָה —
Abba Elazar ben Gomel explique : De même que la teruma ordinaire est prélevée par estimation, puisqu’il n’est pas exigé que la quantité prélevée soit mesurée avec précision, et elle peut être prélevée par la pensée, puisqu’il n’est pas nécessaire de la séparer physiquement avant de consommer le reste de la production,