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יִתְעַשְּׂרוּ מִזֶּה עַל זֶה! אֲמַר לֵיהּ: אָמַר קְרָא ״הָעֲשִׂירִי״, תֵּן עֲשִׂירִי לָזֶה וְתֵן עֲשִׂירִי לָזֶה. אִי הָכִי, כְּבָשִׂים וְעִזִּים נָמֵי? ״וָצֹאן״ מַשְׁמַע כׇּל צֹאן אֶחָד.
qu’ils soient prélevés à la dîme l’un par rapport à l’autre. Abaye lui dit que le verset déclare : « Le dixième sera sacré pour le Seigneur » (Lévitique 27:32). Cela indique qu’il faut donner le dixième animal de ceci, du petit bétail, et donner le dixième animal de cela, du gros bétail, chacun étant compté et donné séparément. La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, les brebis et les chèvres devraient elles aussi être prélevées à la dîme séparément. La Guemara répond que le verset déclare : « Ou le petit bétail, » ce qui signifie que toutes les chèvres et les brebis forment un seul troupeau et peuvent être prélevées à la dîme ensemble.
הָכָא נָמֵי לֵימָא מַשְׁמַע כׇּל דָּגָן אֶחָד! אָמַר אַבָּיֵי: ״רֵאשִׁיתָם״, וְכֵן אָמַר רַבִּי אִילְעָא: ״רֵאשִׁיתָם״.
La Guemara soulève une difficulté supplémentaire : Ici aussi, en ce qui concerne la terouma et les dîmes, disons que le terme « grain » (Nombres 18:12) signifie que tous les différents types de grain sont considérés comme un seul grain, et peuvent être prélevés ensemble pour la dîme. Abaye répondit que là-bas c’est différent, car le verset déclare : « Leurs prémices » (Nombres 18:12), au pluriel, ce qui enseigne qu’il faut donner la première part de chaque type de produit séparément. Et Rabbi Ile’a dit de même que « leurs prémices » enseigne qu’il faut donner la première part de chaque type de produit séparément.
רָבָא אָמַר: בְּלָא ״רֵאשִׁיתָם״ נָמֵי מַשְׁמַע כׇּל דָּגָן אֶחָד — לָא מָצֵית אָמְרַתְּ. בִּשְׁלָמָא הָתָם אָמְרִינַן: ״וָצֹאן״ מַשְׁמַע כׇּל צֹאן אֶחָד, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כְּבָשִׂים וְעִזִּים נָמֵי — לִכְתּוֹב ״וְכׇל מַעְשַׂר בְּהֵמָה״.
Rava a dit qu’il existe une autre réponse : Même sans l’expression « leur première partie », il n’y a pas non plus de difficulté, car on ne peut pas dire que le terme « grain » signifie que tous les différents types de grain sont considérés comme un seul grain. Rava explique : Certes, là-bas, en ce qui concerne les brebis et les chèvres, nous disons que le terme « ou le troupeau » signifie que toutes les chèvres et les brebis forment un seul troupeau. Car si l’on envisage que brebis et chèvres ne puissent pas non plus être prélevées à la dîme l’une pour l’autre, comme le gros bétail et le troupeau, que le verset écrive : Et toute la dîme animale, sans distinguer entre gros bétail et troupeau.
וְכִי תֵּימָא: אִי כְּתִיב ״כׇּל מַעְשַׂר בְּהֵמָה״, הֲוֵי אָמֵינָא אֲפִילּוּ חַיָּה — ״תַּחַת״ ״תַּחַת״ מִקֳּדָשִׁים גָּמַר.
Et si tu disais que si le verset avait écrit : Toute la dîme du bétail, je dirais que l’obligation de prélever la dîme sur les animaux s’applique même aux animaux sauvages, il n’en est pas ainsi. La raison est qu’on dérive la halakha de la dîme animale des animaux sacrificiels, au moyen d’une analogie verbale entre les termes « sous » et « sous ». En ce qui concerne les animaux sacrificiels, il est dit : « Lorsqu’un taureau, ou un mouton, ou une chèvre naît, il restera sept jours sous sa mère, mais à partir du huitième jour il pourra être agréé comme offrande consumée par le feu pour le Seigneur » (Lévitique 22:27), et en ce qui concerne la dîme animale, il est dit : « Et toute la dîme du gros ou du petit bétail, tout ce qui passe sous la verge, le dixième sera consacré au Seigneur » (Lévitique 27:32). Il est dérivé de cette analogie verbale que, de même qu’un animal sauvage ne peut pas être consacré comme offrande, de même il ne peut pas être soumis à la dîme.
וְאָתֵי בְּקַל וָחוֹמֶר מֵחָדָשׁ וְיָשָׁן, ״בָּקָר וָצֹאן״ לְמָה לִי? בָּקָר וָצֹאן הוּא דְּאֵין מִתְעַשְּׂרִין מִזֶּה עַל זֶה, אֲבָל כְּבָשִׂים וְעִזִּים מִתְעַשְּׂרִין.
Rava poursuit son explication : Et, puisqu’on n’aurait pas pensé que les animaux non domestiqués sont inclus dans la dîme animale, le verset aurait pu dire : Et toute la dîme animale, et l’on déduirait alors qu’une espèce ne peut pas être prélevée comme dîme pour une autre par un raisonnement a fortiori du grain nouveau et de l’ancien grain, comme expliqué plus haut : Si la dîme du grain ne peut pas être prélevée du grain nouveau pour l’ancien, bien que l’interdiction des espèces mélangées ne s’applique pas, à plus forte raison en ce qui concerne différentes espèces animales, qui sont interdites comme espèces mélangées ; la dîme animale ne peut pas être prélevée de l’une pour l’autre. Si tel est le cas, pourquoi ai-je besoin que le verset dise : « Les gros troupeaux ou le petit bétail » ? Cela enseigne que les troupeaux de gros bétail et les troupeaux de moutons ou de chèvres ne peuvent pas être prélevés comme dîme l’un pour l’autre, mais les moutons et les chèvres, qui sont tous deux appelés petit bétail, peuvent être prélevés comme dîme l’un pour l’autre.
אֲבָל הָכָא, מִי סַגִּיא דְּלָא כְּתִיב ״דָּגָן״? לְמַעוֹטֵי שְׁאָר מִינִין.
Rava conclut : Mais ici, dans le cas du grain, serait-il suffisant si la Torah n’avait pas écrit : « Grain », pour exclure d’autres types d’aliments de l’obligation des dîmes selon la loi de la Torah ? En d’autres termes, le terme « grain » doit servir à exclure d’autres types d’aliments, car on ne peut pas prétendre qu’ils auraient pu être exclus d’une autre manière.
מַתְקֵיף לַהּ רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן: אֵימָא לְעָרְבוּ לְבָקָר בְּצֹאן! אֲמַר לֵיהּ מָר זוּטְרָא בְּרֵיהּ דְּרַב נַחְמָן לְרָבָא: אִית לֵיהּ נָמֵי ״הָעֲשִׂירִי״.
Rav Houna, fils de Rav Naḥman, objecte à cette affirmation de Rava, selon laquelle on déduit des mots « troupeau de gros bétail » et « troupeau de menu bétail » que le gros et le menu bétail ne peuvent pas être prélevés pour la dîme ensemble. On peut dire au contraire que cela enseigne que l’on doit mêler le gros bétail du troupeau avec le menu bétail du troupeau et les soumettre tous ensemble à la dîme. Mar Zutra, fils de Rav Naḥman, dit à Rav Houna, fils de Rav Naḥman : Rava accepte aussi l’opinion d’Abaye selon laquelle le verset « Le dixième sera sacré au Seigneur » enseigne que le gros et le menu bétail doivent être prélevés pour la dîme séparément, et il n’admet donc pas cette dérivation.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רָבָא: בְּלֹא ״עֲשִׂירִי״ נָמֵי לָא מָצֵית אָמְרַתְּ בָּקָר וָצֹאן מִתְעַשְּׂרִין מִזֶּה עַל זֶה, דְּאִיתַּקַּשׁ מַעְשַׂר בְּהֵמָה לְמַעֲשֵׂר דָּגָן — מָה מַעְשַׂר דָּגָן מִמִּין עַל שֶׁאֵינוֹ מִינוֹ לָא, אַף מַעְשַׂר בְּהֵמָה מִמִּין עַל שֶׁאֵינוֹ מִינוֹ לָא.
Il y a ceux qui disent que Rava a dit : Même sans le verset « Le dixième sera sacré pour le Seigneur » tu ne peux pas non plus dire qu'un troupeau de gros bétail et un troupeau de petit bétail doivent être prélevés à la dîme l'un pour l'autre, car la dîme animale est juxtaposée à la dîme du grain : De même que la dîme du grain ne peut pas être prélevée d'un type de grain pour un autre grain qui n'est pas de son type, de même la dîme animale ne peut pas être prélevée d'un type d'animal pour une autre espèce d'animal qui n'est pas de son type.
וְהָא רָבָא הוּא דְּאָמַר: ״שָׁנָה״ לְשָׁנָה הִקַּשְׁתִּיו, וְלֹא לְדָבָר אַחֵר! הֲדַר בֵּיהּ רָבָא מֵהַהִיא. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: חֲדָא (מיניה) [מִינַיְהִי] רַב פָּפָּא אַמְרַהּ.
La Guemara demande : Mais n’est-ce pas Rava lui-même qui a dit que l’expression : « Année après année » (Deutéronome 14:22) enseigne que j’ai juxtaposé les deux types de dîme en ce qui concerne l’année où ils sont nés, enseignant qu’on ne peut pas prélever la dîme sur des troupeaux anciens et nouveaux ensemble, mais non en ce qui concerne une autre question, c’est-à-dire qu’il n’y a pas d’interdiction de prélever la dîme sur deux types ensemble ? La Guemara répond : Rava s’est rétracté de cette première opinion et soutient que la juxtaposition s’applique même au prélèvement de la dîme sur deux types ensemble. Et si tu veux, dis plutôt que l’une des opinions a été dite par Rav Pappa, et non par Rava. Puisque Rav Pappa était l’élève le plus proche de Rava et a pris la tête de l’académie après la mort de Rava, ses déclarations étaient parfois prises à tort pour celles de Rava lui-même.
מַתְנִי׳ מַעְשַׂר בְּהֵמָה מִצְטָרֵף כִּמְלֹא רֶגֶל בְּהֵמָה רוֹעָה, וְכַמָּה הִיא רֶגֶל בְּהֵמָה רוֹעָה? שִׁשָּׁה עָשָׂר מִיל. הָיוּ בֵּין אֵלּוּ לְאֵלּוּ שְׁלֹשִׁים וּשְׁנַיִם מִיל — אֵין מִצְטָרְפִין. הָיוּ לוֹ בָּאֶמְצַע — מֵבִיא וּמְעַשְּׂרָן בָּאֶמְצַע. רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: הַיַּרְדֵּן מַפְסִיק לְמַעְשַׂר בְּהֵמָה.
MISHNA : Les animaux soumis à l’obligation de la dîme animale se joignent si la distance entre eux n’est pas supérieure à la distance qu’un animal au pâturage peut parcourir tout en restant sous la garde d’un seul berger. Et quelle est la distance qu’un animal au pâturage parcourt ? Elle est de seize mil. Si la distance entre ces animaux et ces autres animaux était de trente-deux mil, ils ne se joignent pas. Si il avait aussi des animaux au milieu de cette distance de trente-deux mil, il amène les trois troupeaux dans un enclos et en prélève la dîme au milieu. Rabbi Meir dit : Le Jourdain sépare les animaux situés des deux côtés du fleuve en ce qui concerne la dîme animale, même si la distance entre eux est minime.
גְּמָ׳ מְנָא הָנֵי מִילֵּי?
GUEMARA : La michna enseigne que les animaux sont regroupés aux fins de la dîme si la distance entre eux n’est pas supérieure à la distance qu’un animal au pâturage peut parcourir tout en restant sous la garde d’un seul berger. La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? Quelle est la source établissant qu’il s’agit de la distance maximale à laquelle ils peuvent être prélevés ensemble pour la dîme ?
אָמַר רַבָּה בַּר שֵׁילָא: דְּאָמַר קְרָא ״עוֹד תַּעֲבֹרְנָה הַצֹּאן עַל יְדֵי מוֹנֶה״, וְקִים לְהוּ לְרַבָּנַן דְּשִׁיתְּסַר מִיל קָא שָׁלְטָא בֵּיהּ עֵינָא דְּרוֹעֶה.
Rabba bar Sheila a dit que le verset déclare : « Ainsi parle le Seigneur des armées : Il y aura encore dans ce lieu, qui est désolé, sans homme et sans bête, et dans toutes ses villes, une demeure de bergers faisant coucher leurs troupeaux. Dans les villes de la montagne, dans les villes de la plaine, et dans les villes du sud, et dans le pays de Benjamin, et aux environs de Jérusalem, et dans les villes de Juda, le troupeau passera encore sous les mains de celui qui les compte, dit le Seigneur » (Jérémie 33:12–13). Il en est déduit que les animaux qui peuvent passer sous les mains d’un seul berger sont appelés un seul troupeau et peuvent être comptés ensemble pour la dîme animale. Et les Sages ont une tradition acceptée selon laquelle l’œil du berger peut voir jusqu’à une distance de seize mil.
הָיוּ בֵּין אֵלּוּ לְאֵלּוּ שְׁלֹשִׁים וּשְׁנַיִם מִיל אֵין מִצְטָרְפִין וְכוּ׳. שְׁלֹשִׁים וּשְׁנַיִם הוּא דְּאֵין מִצְטָרְפִין, הָא בְּצִיר מֵהָכִי מִצְטָרְפִין? וְהָא קָתָנֵי: שִׁשָּׁה עָשָׂר מִיל, טְפֵי לָא! מִשּׁוּם דְּקָא בָעֵי לְמִיתְנֵא סֵיפָא: הָיוּ לוֹ בָּאֶמְצַע — מֵבִיא וּמְעַשְּׂרָן בָּאֶמְצַע.
§ La michna enseigne que si la distance entre ces animaux et ces autres animaux était de trente-deux mil, ils ne s’associent pas. La Guemara en déduit : C’est seulement si la distance entre eux est de trente-deux mil qu’ils ne s’associent pas, d’où l’on peut déduire que si la distance entre eux est inférieure à cela, ils s’associent. Mais la michna plus haut enseigne : seize mil, ce qui indique : Et pas davantage. La Guemara répond : On ne peut pas déduire que si la distance est inférieure à trente-deux mil, les animaux s’associent. La michna mentionne trente-deux mil seulement parce qu’elle veut enseigner dans la dernière clause : Si lui aussi avait des animaux au milieu de cette distance de trente-deux mil, il les amène tous dans un enclos et en prélève la dîme au milieu.
וְכַמָּה? אָמַר רַב: חָמֵשׁ מִכָּאן וְחָמֵשׁ מִכָּאן וְחָמֵשׁ מֵאֶמְצַע, דְּהָנֵי חָמֵשׁ חַזְיָא לְהָכָא וְחַזְיָא לְהָכָא.
La Guemara demande : Et combien d’animaux doit-il avoir des deux côtés et au milieu afin de les prélever comme une seule unité pour la dîme ? Rav dit : Cinq d’ici, cinq de là-bas et cinq au milieu. La raison est que ces cinq au milieu sont aptes à se joindre avec les animaux d’ici et sont également aptes à se joindre avec les animaux de là-bas, pour atteindre un total de dix, auxquels s’applique l’obligation de la dîme animale. Pour cette raison, les trois troupeaux sont considérés comme un seul troupeau.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ חָמֵשׁ מִכָּאן וְחָמֵשׁ מִכָּאן וְאֶחָד בָּאֶמְצַע, חָזֵינַן לְרוֹעֶה כְּמַאן דְּקָאֵי הָכָא, וְקָרֵינַן בֵּיהּ ״מוֹנֶה״.
Et Shmuel dit : Même s'il y en a cinq d'ici et cinq de là et seulement un au milieu, ils peuvent être prélevés ensemble pour la dîme. La raison est que nous considérons le berger comme quelqu'un qui se tient ici au milieu et nous appliquons à son sujet le verset : « Celui qui les compte » (Jérémie 33:13). Puisqu'il peut voir et compter les deux côtés depuis sa position au milieu, ils sont tous considérés comme un seul troupeau.

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