וּמַעֲשֶׂה נָמֵי שֶׁלְּחִי הַתַּחְתּוֹן עוֹדֵף עַל הָעֶלְיוֹן, שָׁאַל רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל לַחֲכָמִים וְאָמְרוּ: הֲרֵי זֶה מוּם.
La Guemara poursuit cette version de la michna : Et il y eut aussi un cas où la mâchoire inférieure du premier-né dépassait la supérieure, et Rabban Shimon ben Gamliel demanda aux Sages une décision, et ils dirent : C’est un défaut qui permet l’abattage du premier-né.
וְהָא גַּבֵּי אָדָם הוּא דִּתְנַן: שְׂפָתוֹ הָעֶלְיוֹנָה עוֹדֶפֶת עַל הַתַּחְתּוֹנָה, אוֹ שֶׁתַּחְתּוֹנָה עוֹדֶפֶת עַל הָעֶלְיוֹנָה — הֲרֵי זֶה מוּם. גַּבֵּי אָדָם הוּא דִּכְתִיב: ״אִישׁ אִישׁ מִזֶּרַע אַהֲרֹן״, אִישׁ שֶׁשָּׁוֶה בְּזַרְעוֹ שֶׁל אַהֲרֹן, אֲבָל בִּבְהֵמָה לָא!
La Guemara objecte : Mais c’est au sujet des défauts d’une personne que nous avons appris dans une michna (44a) : Si sa lèvre supérieure dépasse l’inférieure ou si sa lèvre inférieure dépasse la supérieure, c’est un défaut. Et ce n’est que concernant une personne qu’il est écrit : « Tout homme de la descendance d’Aaron » (Lévitique 22:4), ce qui enseigne que, pour être apte au service du Temple, un prêtre doit être un homme qui correspond à la descendance d’Aaron, c’est-à-dire qu’il a une apparence ordinaire comme les autres prêtres. Mais cette exigence n’est pas énoncée concernant un animal, et par conséquent un animal ne doit pas être considéré comme ayant un défaut si sa lèvre inférieure dépasse la lèvre supérieure.
אָמַר רַב פָּפָּא: לָא קַשְׁיָא, הָא דְּאִית בַּהּ עֶצֶם, הָא דְּלֵית בַּהּ עֶצֶם.
Rav Pappa dit en réponse : Cela n’est pas difficile ; cette michna fait référence à un cas où la mâchoire inférieure contient un os plus long que la mâchoire supérieure, auquel cas c’est un défaut même pour un animal, tandis que cette autre michna fait référence à un cas où la mâchoire inférieure ne contient pas d’os, et par conséquent, c’est un défaut seulement dans le cas d’une personne.
מַתְנִי׳ אוֹזֶן הַגְּדִי הָיְתָה כְּפוּלָה, אָמְרוּ חֲכָמִים: בִּזְמַן שֶׁהוּא עֶצֶם אֶחָד — מוּם, בִּזְמַן שֶׁאֵין בּוֹ עֶצֶם — אֵינוֹ מוּם. רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: זְנַב הַגְּדִי שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְשֶׁל חֲזִיר, וְשֶׁאֵין בָּהּ שְׁלֹשׁ חוּלְיוֹת — הֲרֵי זֶה מוּם.
MICHNA : En ce qui concerne l’oreille du chevreau qui était dédoublée et paraissait comme deux oreilles, les Sages ont dit : Lorsque l’oreille supplémentaire est un os, c’est-à-dire qu’elle a son propre cartilage, c’est un défaut ; lorsqu’elle n’a pas son propre os, ce n’est pas un défaut. Rabbi Ḥananya ben Gamliel dit : Dans le cas de la queue d’un chevreau qui est semblable à celle d’un porc, ou qui est si courte qu’elle n’a pas trois articulations, c’est un défaut.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: פִּיו בָּלוּם וְרַגְלָיו מְבוּלָּמוֹת, מֵחֲמַת הָרוּחַ — אֵינוֹ מוּם, מֵחֲמַת הָעֶצֶם — הֲרֵי זֶה מוּם. אׇזְנָיו כְּפוּלוֹת, בְּחַסְחֲסוּת אַחַת — הֲרֵי זֶה מוּם, בִּשְׁתֵּי חַסְחֲסֻיוֹת — אֵינוֹ מוּם.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Dans un cas où la bouche d’un animal premier-né est enflée, et de même, si ses pattes sont enflées, la distinction suivante s’applique : Si elle est enflée à cause du vent, c’est-à-dire qu’elle a simplement gonflé, ce n’est pas un défaut. Si elle est enflée à cause d’un os particulièrement grand, c’est un défaut. Si ses oreilles sont doublées, dans un cas où il a un cartilage, c’est un défaut ; dans un cas où il a deux cartilages, ce n’est pas un défaut.
רַבָּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: זְנַב הַגְּדִי שֶׁהוּא דּוֹמֶה לְשֶׁל חֲזִיר. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא תֵּימָא דְּקַטִּינָא, אֶלָּא דִּכְרִיכָא, אַף עַל גַּב דַּאֲלִימָא.
§ La michna enseigne que Rabban Gamliel dit : En ce qui concerne la queue d’un chevreau qui ressemble à celle d’un porc, c’est un défaut. Rav Pappa dit : Ne dis pas que c’est un défaut seulement lorsque sa queue est fine comme celle d’un porc ; plutôt, si elle est ronde, c’est-à-dire recourbée comme la queue d’un porc, même si elle est épaisse, comme la queue d’une chèvre, cela est considéré comme un défaut.
אוֹ שֶׁאֵין בָּהּ שָׁלֹשׁ חוּלְיוֹת וְכוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: בַּגְּדִי — שְׁתַּיִם הֲרֵי זֶה מוּם, שָׁלֹשׁ אֵינוֹ מוּם. בַּטָּלֶה — שָׁלֹשׁ הֲרֵי זֶה מוּם, אַרְבַּע אֵינוֹ מוּם. מֵיתִיבִי: בַּגְּדִי — אַחַת הֲרֵי זֶה מוּם, שְׁתַּיִם אֵינוֹ מוּם. בַּטָּלֶה — שְׁתַּיִם הֲרֵי זֶה מוּם, שָׁלֹשׁ אֵינוֹ מוּם. תְּיוּבְתָּא דְרַב הוּנָא.
§ La michna a déclaré : Ou, si la queue d’un chevreau est si courte qu’elle n’a pas trois articulations, c’est un défaut. Rav Houna dit : Dans le cas de la queue d’un chevreau, si elle a deux articulations, c’est un défaut ; si elle a trois articulations, ce n’est pas un défaut. En ce qui concerne un agneau, s’il a trois articulations, c’est un défaut ; s’il a quatre articulations, ce n’est pas un défaut. La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : Dans le cas d’un chevreau, si sa queue a une articulation, c’est un défaut ; si elle a deux articulations, ce n’est pas un défaut. En ce qui concerne un agneau, s’il a deux articulations, c’est un défaut ; s’il a trois articulations, ce n’est pas un défaut. La Guemara conclut : C’est une réfutation concluante de l’opinion de Rav Houna.
וְרַב הוּנָא, מַתְנִיתִין אַטְעִיתֵיהּ; אִיהוּ סָבַר: מִדְּרֵישָׁא בִּגְדִי — סֵיפָא נָמֵי בִּגְדִי, וְלָא הִיא — רֵישָׁא בִּגְדִי, וְסֵיפָא בְּטָלֶה.
La Guemara commente : Et Rav Huna a formulé sa déclaration parce que la michna l’a induit en erreur. Il pensait que, du fait que la première clause se réfère à un chevreau, dont la queue est semblable à celle d’un porc, on peut déduire que la clause suivante, avec sa mention de trois articulations, se réfère elle aussi à un chevreau. Mais il n’en est pas ainsi. Au contraire, la première clause se réfère à un chevreau, tandis que la clause suivante se réfère à un agneau, comme expliqué dans la baraita.
מַתְנִי׳ רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר: אֶת שֶׁיַּבֶּלֶת בְּעֵינָיו, וְשֶׁנִּפְגַּם עֶצֶם יָדוֹ וְרַגְלוֹ, וְשֶׁנִּפְרַק עַצְמוֹ שֶׁל פִּיו, עֵינוֹ אַחַת גְּדוֹלָה וְאַחַת קְטַנָּה, אׇזְנוֹ אַחַת גְּדוֹלָה וְאַחַת קְטַנָּה, בַּמַּרְאֶה אֲבָל לֹא בַּמִּדָּה. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: שְׁתֵּי בֵּיצָיו, אַחַת גְּדוֹלָה כִּשְׁתַּיִם שֶׁבַּחֲבֶירְתָּהּ, וְלֹא הוֹדוּ לוֹ חֲכָמִים.
MISHNA :Rabbi Ḥanina ben Antigonus dit que voici les animaux blemis : Celui qui a une verrue dans les yeux ; et celui dont l’os de la patte avant ou arrière a été endommagé ; et celui dont l’os de la bouche, c’est-à-dire la mâchoire, a été déboîté ; et un animal avec un de ses yeux grand et l’autre petit, ou une de ses oreilles grande et l’autre petite lorsque la différence de taille est perceptible à l’œil, mais non si elle n’est perceptible que par mesure. Rabbi Yehouda dit : Un animal est blemi si, concernant ses deux testicules, l’un est aussi grand que deux de l’autre, mais les Sages n’ont pas accepté son avis.
גְּמָ׳ לְמֵימְרָא דְּיַבֶּלֶת הָוֵי מוּמָא? וּרְמִינְהוּ: וְאֵלּוּ שֶׁאֵין שׁוֹחֲטִין עֲלֵיהֶן לֹא בְּמִקְדָּשׁ וְלֹא בַּמְּדִינָה — בַּעַל גָּרָב וּבַעַל יַבֶּלֶת!
GUEMARA : La michna enseigne que si un animal a une verrue dans les yeux, il est considéré comme ayant un défaut. La Guemara demande : Faut-il dire qu’une verrue est considérée comme un défaut ? Et on peut soulever une contradiction à partir de la michna (41a) : Et voici les défauts pour lesquels on n’abat pas le premier-né à cause d’eux, ni dans le Temple ni dans le reste du pays, car ceux-ci ne sont pas considérés comme des défauts à part entière… un animal avec des furoncles humides à l’intérieur et à l’extérieur, et un avec des verrues.
וְתִסְבְּרָא? הָא כְּתִיבָא ״יַבֶּלֶת״ בְּאוֹרָיְיתָא! אֶלָּא, לָא קַשְׁיָא: הָא — בְּגוּפוֹ, הָא — בְּעֵינוֹ.
La Guemara répond : Et comment pouvez-vous comprendre qu’une verrue n’est pas un défaut ? Après tout, une verrue est écrite dans la Torah dans sa liste des défauts (voir Lévitique 22:22). Au contraire, ce n’est pas difficile, car cette michna, qui affirme qu’une verrue n’est pas un défaut à part entière, parle d’un défaut sur le corps de l’animal, tandis que cette mention d’une verrue dans la Torah et la michna ici parle d’une verrue dans son œil.
מִכְּדֵי קְרָא סְתָמָא, מָה לִי בְּגוּפוֹ וּמָה לִי בְּעֵינוֹ? אֶלָּא לָא קַשְׁיָא, הָא דְּאִית בַּהּ עֶצֶם, הָא דְּלֵית בַּהּ עֶצֶם.
La Guemara demande : À présent, considère que le verset est écrit de manière non spécifiée. Quelle différence cela fait-il pour moi si la verrue est sur son corps, et quelle différence cela fait-il pour moi si la verrue est dans son œil ? Comment cette distinction est-elle dérivée du verset ? La Guemara propose une autre explication : Plutôt, ce n’est pas difficile, car cela fait référence à une verrue qui a un os, et cela fait référence à une verrue qui n’a pas d’os.
דִּקְרָא — דְּאִית בַּהּ עֶצֶם, מַתְנִיתִין — דְּלֵית בַּהּ עֶצֶם; בְּעֵינוֹ — הָוֵי מוּמָא, בְּגוּפָא — לָא הָוֵי מוּמָא.
La Guemara précise : la verrue mentionnée dans le verset et dans la michna ici est une verrue qui a un os, tandis que la verrue évoquée par la michna là-bas est une verrue qui n’a pas d’os. Par conséquent, si la verrue est dans son œil, c’est un défaut, comme indiqué dans le verset et dans la michna ici, mais si elle est sur son corps, ce n’est pas un défaut, bien que l’animal soit disqualifié pour être sacrifié, conformément à la décision de la michna là-bas.
וְלֵית לַהּ עֶצֶם בְּגוּפָא פְּסוּלָה? הֲרֵי תִּלְתּוּל בְּעָלְמָא הוּא, דִּתְנַן: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: בַּעֲלֵי הַתִּילּוּלִין פְּסוּלִין בָּאָדָם וּכְשֵׁירִין בַּבְּהֵמָה! אֶלָּא, אִידֵּי וְאִידֵּי בְּעֵינוֹ, וְלָא קַשְׁיָא: הָא — בַּשָּׁחוֹר, הָא — בַּלָּבָן.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne une verrue qui n’a pas d’os et qui est sur le corps, l’animal est-il disqualifié pour être sacrifié ? Ce n’est que de la chair pendante, comme nous l’avons appris dans une michna (45b) où Rabbi Eliezer dit : En ce qui concerne ceux qui ont de la chair ou de la peau pendante de leur corps, un tel défaut disqualifie une personne, mais en ce qui concerne un tel animal, il est apte. Plutôt, à la fois cette michna ici et cette michna là-bas parlent d’une verrue dans l’œil de l’animal, et cela ne pose pas de difficulté, car cette michna parle d’une verrue dans la partie noire de l’œil, la pupille, tandis que cette autre michna parle d’une verrue dans la partie blanche de l’œil.
וְהָא אֵין מוּמִין בַּלָּבָן! אֶלָּא: אִידֵּי וְאִידֵּי בַּלָּבָן, וְאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: לָא קַשְׁיָא, הָא — דְּאִית בַּהּ שֵׂעָר, הָא — דְּלֵית בַּהּ שֵׂעָר.
La Guemara demande : Mais il a été établi qu’il n’y a pas de défauts dans la partie blanche de l’œil, ce qui indique que l’animal n’est même pas disqualifié pour être sacrifié sur l’autel. Au contraire, tant cette affirmation selon laquelle il n’y a pas de défauts dans la partie blanche de l’œil que cette décision de la michna selon laquelle une verrue disqualifie l’animal pour le sacrifice se réfèrent à une verrue dans la partie blanche de l’œil. Et Reish Lakish dit : Ce n’est pas difficile ; ceci se réfère à une verrue qui a un poil, et par conséquent l’animal est impropre à l’autel, tandis que cela se réfère à un cas où la verrue n’a pas de poil. Quant à la michna ici, qui statue qu’une verrue est un défaut à part entière, elle se réfère à une verrue dans la pupille de l’œil, comme expliqué.
עֵינוֹ אַחַת גְּדוֹלָה וְכוּ׳. תָּנָא: גְּדוֹלָה כְּשֶׁל עֵגֶל, קְטַנָּה כְּשֶׁל אַוָּוז.
§ La michna enseigne, au sujet d’un animal dont l’un des yeux est grand et l’autre petit, que cela constitue un défaut. À cet égard, il est enseigné dans une baraita : Lorsque la michna emploie le terme grand, cela signifie que l’œil est aussi grand que l’œil d’un veau, et lorsqu’elle emploie le terme petit, cela signifie qu’il est aussi petit que celui d’une oie.
אׇזְנוֹ אַחַת גְּדוֹלָה וְכוּ׳. וְרַבָּנַן עַד כַּמָּה? תַּנְיָא, אֲחֵרִים אוֹמְרִים: אֲפִילּוּ אֵינָהּ לַשְּׁנִיָּה אֶלָּא כְּפוֹל — כְּשֵׁירָה.
La michna enseigne : Ou bien l’une de ses oreilles est grande et l’autre est petite, ce qui est décelable à l’œil nu, mais non si cela n’est décelable que par mesure. Rabbi Yehouda dit : Un animal est blemi si, concernant ses deux testicules, l’un est aussi grand que deux de l’autre, mais les Sages n’ont pas accepté son avis. La Guemara demande : Et selon les Sages, quelle taille peut avoir la différence entre les deux testicules sans que cet écart soit considéré comme un défaut ? La Guemara répond qu’il est enseigné dans une baraita que Aḥerim disent : Même si le second, le plus petit testicule, n’est pas plus gros qu’un haricot, l’animal est apte.
מַתְנִי׳ זְנַב הָעֵגֶל — שֶׁאֵינָהּ מַגַּעַת לָעַרְקוֹב, אָמְרוּ חֲכָמִים: כֹּל מַרְבִּית עֲגָלִים כֵּן, כׇּל זְמַן שֶׁיְּהוּ מְגַדְּלִין — הֵן נִמְתָּחוֹת. אֵיזֶהוּ עַרְקוֹב שֶׁאָמְרוּ? רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר: בְּעַרְקוֹב שֶׁבְּאֶמְצַע הַיָּרֵךְ.
MISHNA: Dans le cas de la queue d’un veau qui n’atteint pas l’articulation de la jambe [la’arkov], les Sages ont dit : c’est un défaut, car toute la croissance des veaux se fait de cette manière :Tant qu’ils grandissent, leurs queues s’étendent sous l’articulation de la jambe. Quelle est l’articulation de la jambe au sujet de laquelle les Sages ont parlé ? Rabbi Ḥanina ben Antigonus dit : Ils font référence à l’articulation de la jambe qui se trouve au milieu de la cuisse.