אוֹ דִלְמָא בְּכׇל סְעוּדָה וּסְעוּדָה? אִם תִּימְצֵי לוֹמַר בִּסְעוּדָה רִאשׁוֹנָה — קוֹדֶם אֲכִילָה אוֹ לְאַחַר אֲכִילָה? קוֹדֶם אֲכִילָה וַדַּאי מְעַלֵּי לֵיהּ כְּסַמָּא, לְאַחַר אֲכִילָה מַאי? קוֹדֶם שְׁתִיָּה אוֹ לְאַחַר שְׁתִיָּה? וְקוֹדֶם שְׁתִיָּה וַדַּאי מְעַלֵּי לֵיהּ כִּשְׂעָרֵי, לְאַחַר שְׁתִיָּה מַאי?
ou peut-être cela signifie-t-il qu’on lui donne la quantité correspondant au volume d’une figue à chacun des repas? Si vous dites qu’on lui donne un volume de figue seulement au premier repas, lui donne-t-on ce fourrage avant son repas habituel ou après avoir mangé? La Guemara développe : Avant de manger, cela est certainement efficace pour lui comme un remède, que les gens prennent avant leurs repas. En ce qui concerne après avoir mangé, quelle est la halakha ? Est-ce une manière efficace d’examiner l’animal ? La Guemara demande en outre : Donne-t-on à l’animal ce fourrage comme remède avant de boire ou après avoir bu? Avant de boire, cela est certainement efficace pour lui, comme l’orge, qu’on donne à un animal avant qu’il boive. En ce qui concerne après avoir bu, quelle est la halakha ?
קָשׁוּר אוֹ מוּתָּר? מוּתָּר — וַדַּאי מְעַלֵּי לֵיהּ, קָשׁוּר מַאי? לְבַדּוֹ אוֹ עִם חֲבֵירוֹ? עִם חֲבֵירוֹ — וַדַּאי מְעַלֵּי לֵיהּ, לְבַדּוֹ מַאי?
La Guemara continue d’examiner la question : donne-t-on au bétail le fourrage lorsqu’il est attaché ou détaché ? La Guemara explique : lorsqu’il est détaché, le fourrage est certainement efficace pour cet animal. Lorsqu’il est attaché, quelle est la halakha ? En outre, lui donne-t-on le fourrage lorsqu’il est seul, ou avec un autre animal ? Lorsqu’il est avec un autre animal, le fourrage est certainement efficace pour cet animal, car il est à l’aise. Lorsqu’il est seul, quelle est la halakha ?
בָּעִיר (וּבַשָּׂדֶה) [אוֹ בַּשָּׂדֶה]? בַּשָּׂדֶה — וַדַּאי מְעַלֵּי לֵיהּ, בָּעִיר — מַאי? בָּעֵי רַב אָשֵׁי: אִם תִּימְצֵי לוֹמַר בַּשָּׂדֶה — גִּינָּה הַסְּמוּכָה לָעִיר מַאי? תֵּיקוּ.
De même, l’animal est-il nourri avec cela dans la ville ou dans le champ ? Lorsqu’il est dans le champ, le fourrage est certainement efficace pour cet animal, car il est calme. Lorsqu’il est dans la ville, quelle est la halakha ? Rav Ashi soulève un autre dilemme : Si vous dites que ce traitement n’est efficace que lorsqu’il est dans le champ, et non lorsqu’il est dans la ville, quelle est la halakha concernant un jardin adjacent à la ville ? Aucune résolution n’est trouvée pour aucune de ces questions, et à l’égard de chacune d’elles, la Guemara déclare que le dilemme restera sans résolution.
רַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר. אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: וּבִלְבַד שֶׁיְּהוּ מְשׁוּלָּשִׁים.
§ La michna enseigne au sujet de taches pâles constantes que Rabbi Ḥananya ben Antigonus dit : On examine l’animal trois fois en l’espace de quatre-vingts jours. Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Et telle est la halakhaà condition qu’ils soient divisés en tiers égaux, c’est-à-dire qu’il doit y avoir un intervalle égal entre chacun de ces examens.
בָּעֵי מִינֵּיהּ פִּנְחָס, אֲחוּהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל, מִשְּׁמוּאֵל: אֲכַל וְלָא אִיתַּסִּי — לְמַפְרֵעַ הָוֵי מוּמָא, אוֹ מִיכָּן וּלְהַבָּא הָוֵי מוּמָא?
En ce qui concerne l'affirmation de la michna selon laquelle des larmes constantes sont examinées en nourrissant l'animal avec du fourrage humide puis sec pendant une période de trois mois, Pineḥas, le frère de Mar Shmuel, soulève un dilemme devant Shmuel : Si l'animal a mangé le fourrage de la manière requise et n'a pas été guéri, ce qui signifie qu'il a un défaut, s'agit-il d'un défaut rétroactif à partir du jour où il a été découvert, ou est-ce un défaut à partir de ce moment-là et pour l'avenir ?
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִימְעַל בְּפִדְיוֹנוֹ. אִי אָמְרַתְּ לְמַפְרֵעַ הָוֵי מוּמָא — מָעֵיל,
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique ? La Guemara répond : Il s’agit de savoir si quelqu’un a violé l’interdiction de mauvaise utilisation d’un bien consacré concernant l’argent de son rachat dans un cas où un animal consacré a été racheté avant la fin des trois mois d’examen et où quelqu’un a tiré profit de l’argent payé pour son rachat. Si vous dites que c’est un défaut rétroactif, alors il fait une mauvaise utilisation d’un bien consacré, car le rachat a été effectif et l’argent appartient au trésor du Temple.
וְאִי מִיכָּן וּלְהַבָּא הָוֵי מוּמָא — לָא מָעֵיל, מַאי? קָרֵי שְׁמוּאֵל עֲלֵיהּ: ״פִּסְחִים בָּזְזוּ בַז״.
Mais s’il s’agit d’un défaut à partir de ce moment-là, alors celui qui a tiré profit de l’argent payé avant ce moment n’a pas fait un usage abusif d’un bien consacré, car un animal sans défaut ne peut pas être racheté, et l’argent reste profane. Quelle est donc, la halakha ? Shmuel a lu ce verset au sujet de son frère : « Les boiteux prennent le butin » (Isaïe 33:23), c’est-à-dire que quelqu’un qui n’est pas versé dans la Torah a réussi à poser une question à laquelle je n’ai pas de réponse.
מַתְנִי׳ חוֹטְמוֹ שֶׁנִּיקַּב, וְשֶׁנִּפְגַּם, וְשֶׁנִּסְדַּק. שְׂפָמוֹ שֶׁנִּיקְּבָה, שֶׁנִּפְגְּמָה, שֶׁנִּסְדְּקָה.
MICHNA : Pour ces défauts supplémentaires, on peut abattre un animal premier-né en dehors du Temple : Son nez qui a été percé, ou qui a été endommagé et auquel il manque une partie, ou qui a été fendu. De même, sa lèvre qui a été percée, ou qui a été endommagée, ou qui a été fendue est considérée comme un défaut.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: נִיקְּבוּ חֳוטָמִין זֶה לְתוֹךְ זֶה — מִבַּחוּץ הֲרֵי זֶה מוּם, מִבִּפְנִים אֵינוֹ מוּם. שְׂפָתוֹ שֶׁנִּיקְּבָה וְשֶׁנִּפְגְּמָה וְשֶׁנִּסְדְּקָה, אָמַר רַב פָּפָּא: תּוֹרָא בָּרָא דְּשִׂיפְתֵּיהּ.
GUEMARA : En ce qui concerne le cas du nez qui a été percé, les Sages ont enseigné dans une baraita : Dans un cas où ses narines ont été percées l’une vers l’autre, si la perforation est visible à l’extérieur de la narine, c’est un défaut ; si elle n’est visible que à l’intérieur de la narine, ce n’est pas un défaut. En ce qui concerne le cas de : Sa lèvre qui a été percée, ou qui a été endommagée, ou qui a été fendue, Rav Pappa dit : Cela fait référence à la rangée extérieure, c’est-à-dire à la partie avant et saillante de sa lèvre.
מַתְנִי׳ חוּטִין הַחִיצוֹנוֹת שֶׁנִּפְגְּמוּ, וְשֶׁנִּגְמְמוּ, הַפְּנִימִיִּם שֶׁנֶּעֶקְרוּ. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר: אֵין בּוֹדְקִין מִן הַתְּיוֹמֶת וְלִפְנִים, וְאַף לֹא אֶת הַתְּיוֹמֶת.
MICHNA : La michna énumère des défauts supplémentaires qui permettent l’abattage du premier-né : Les gencives externes qui ont été endommagées et auxquelles il manque quelque chose ou qui ont été égratignées, ainsi que les gencives internes qui ont été extraites. Rabbi Ḥanina ben Antigonus dit : On n’examine pas à partir des dents doubles, c’est-à-dire les grosses molaires qui paraissent comme deux dents, et vers l’intérieur, et on n’examine même pas l’endroit des dents doubles elles-mêmes. En effet, même si elles ont été extraites, c’est un défaut caché, et il ne permet pas l’abattage du premier-né.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: הַתְּיוֹמֶת, אֵיזֶהוּ תְּיוֹמֶת? מִן הַתְּיוֹמֶת וְלִפְנִים, וּתְיוֹמֶת עַצְמָהּ כְּלִפְנִים. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קַפּוֹצַאי אוֹמֵר: אֵין שׁוֹחֲטִין אֶלָּא עַל הַחִיצוֹנוֹת בִּלְבַד. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר: אֵין מַשְׁגִּיחִין עַל הַתְּיוֹמֶת כׇּל עִיקָּר.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné dans une baraita : Lorsque la michna parle des dents doubles, que sont les dents doubles ? La zone à partir des dents doubles vers l’intérieur, et les dents doubles elles-mêmes, est considérée comme l’intérieur, c’est-à-dire l’emplacement d’un défaut caché, pour lequel on ne peut pas abattre l’animal. Rabbi Yehoshua ben Kefutzai dit : On n’abat le premier-né que pour un défaut des dents extérieures בלבד. Rabbi Ḥanina ben Antigonus dit : On ne tient absolument pas compte des dents doubles.
מַאי קָאָמַר? וְתוּ, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קַפּוֹצַאי הַיְינוּ תַּנָּא קַמָּא!
La Guemara note que la baraita pose une question au sujet des dents doubles, mais n’y répond pas : Que dit le tanna ? Et de plus, l’opinion de Rabbi Yehoshua ben Kefutzai est la même que celle du premier tanna, car tous deux soutiennent qu’un défaut des dents doubles est considéré comme un défaut caché.
חַסּוֹרֵי מִיחַסְּרָא וְהָכִי קָתָנֵי: אֵיזֶהוּ הַפְּנִימִית? מִן הַתְּיוֹמֶת וְלִפְנִים, וּתְיוֹמֶת עַצְמָהּ כְּלִפְנִים. בַּמֶּה דְּבָרִים אֲמוּרִים? שֶׁנִּפְגְּמוּ וְשֶׁנִּגְמְמוּ, אֲבָל נֶעְקְרוּ — שׁוֹחֲטִין.
La Guemara répond que la baraitaest incomplète, et voici ce qu'elle enseigne : Que sont les gencives internes, pour lesquelles un premier-né n'est pas abattu si un défaut y a été trouvé ? Les gencives internes se trouvent à partir de l'endroit des dents doubles vers l'intérieur, et les dents doubles elles-mêmes sont considérées comme la partie intérieure. Dans quel cas cette affirmation est-elle dite, à savoir qu'on n'abat pas l'animal ? Cela est dit dans un cas où les gencives internes ont été endommagées ou éraflées. Mais si elles ont été arrachées, on abat le premier-né pour ce défaut.
רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קַפּוֹצַאי אוֹמֵר: אֵין שׁוֹחֲטִין אֶלָּא עַל הַחִיצוֹנוֹת, אֲבָל פְּנִימִיּוֹת שֶׁנֶּעֶקְרוּ — מִישְׁחָט עֲלַיְיהוּ לָא שָׁחֲטִינַן, אֲבָל אִפְּסוֹלֵי מִיפְּסֵל. רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס אוֹמֵר: אֵין מַשְׁגִּיחִין עַל הַתְּיוֹמֶת כׇּל עִיקָּר, וַאֲפִילּוּ אִיפְּסוֹלֵי לָא אִיפְּסִיל.
La Guemara poursuit son interprétation de la baraita. Rabbi Yehoshua ben Kefutzai dit : On abat le premier-né uniquement pour un défaut des dents extérieures. Mais, en ce qui concerne les gencives intérieures qui ont été arrachées, on n’abat pas l’animal pour elles, mais il est disqualifié comme offrande. Rabbi Ḥanina ben Antigonus dit : On ne prête aucune attention aux dents doubles, et un défaut à cet endroit ne disqualifie même pas le premier-né du sacrifice.
בָּעֵי רַב אַחָדְבוּי בַּר אַמֵּי: יֵשׁ מְחוּסַּר אֵבֶר מִבִּפְנִים, אוֹ אֵין מְחוּסַּר אֵבֶר מִבִּפְנִים? לְמַאי? אִי לִבְכוֹר — ״פִּסֵּחַ אוֹ עִוֵּר״ כְּתִיב,
§ Rav Aḥadvoi bar Ami soulève un dilemme : y a-t-il une signification halakhique à l’absence d’un membre qui est interne, ou n’y a-t-il pas de signification halakhique à l’absence d’un membre qui est interne ? La Guemara demande : À propos de quoi a-t-il soulevé ce dilemme ? Si c’était à propos de la question de savoir si un tel défaut permet l’abattage d’un premier-né en dehors du Temple, il est écrit : « Boiterie ou cécité » (Deutéronome 15:21), ce qui indique que le défaut doit être visible.
אִי לְקָדָשִׁים, ״עַוֶּרֶת אוֹ שָׁבוּר״ כְּתִיב! לְאִישְּׁחוֹטֵי וּלְאִיפְּרוֹקֵי לָא אִיבַּעְיָא לַן, כִּי מִיבַּעְיָא לַן לְאִיפְּסוֹלֵי — מַאי?
Si le dilemme a été soulevé concernant la question de savoir si d’autres animaux sacrificiels présentant un tel défaut sont de ce fait disqualifiés pour être sacrifiés et peuvent être rachetés, il est écrit : « Aveugle ou brisé » (Lévitique 22:22), qui sont également des types de défauts apparents. La Guemara explique que nous ne soulevons pas ce dilemme concernant l’abattage du premier-né ou le rachat d’autres animaux sacrificiels, car il est clair que cela n’est pas considéré comme un défaut à ce point. Au contraire, nous soulevons le dilemme concernant la disqualification de l’animal pour le sacrifice. Quelle est la halakha ?
״תָּמִים יִהְיֶה לְרָצוֹן״ אָמַר רַחֲמָנָא, תָּמִים — אִין, חֶסְרוֹן — לֹא. אוֹ דִלְמָא ״תָּמִים יִהְיֶה לְרָצוֹן״, ״כׇּל מוּם לֹא יִהְיֶה בּוֹ״ — מָה מוּם מֵאַבָּרַאי, אַף חֶסְרוֹן מֵאַבָּרַאי.
La Guemara clarifie le dilemme. Le Miséricordieux déclare : « Il sera complet pour être accepté » (Lévitique 22:21), ce qui indique qu’un animal complet, oui, est apte comme sacrifice, mais s’il est déficient de quelque manière que ce soit, même intérieurement, il n’est pas apte. Ou peut-être faut-il interpréter cette phrase : « Il sera complet pour être accepté », à la lumière de ce qui est dit immédiatement après : « Il n’y aura en lui aucun défaut. » De même qu’un défaut est à l’extérieur, comme l’enseigne le verset suivant, qui dit : « Aveugle ou brisé », de même, le statut de membre manquant ne s’applique que s’il manque à l’extérieur.
תָּא שְׁמַע: ״וְאֶת שְׁתֵּי הַכְּלָיוֹת״ — וְלֹא בַּעַל כּוּלְיָא אַחַת, וְלֹא בַּעַל שָׁלֹשׁ כּוּלְיוֹת. וְתַנְיָא אִידַּךְ: ״יְסִירֶנָּה״ — לְרַבּוֹת בַּעַל כּוּלְיָא אַחַת.
La Guemara suggère : Viens et écoute que cette question fait l’objet d’un débat. Il est enseigné dans une baraita : Lorsqu’il est dit au sujet de la combustion des portions sacrificielles d’une offrande de paix : « Et les deux reins » (Torah 3:4), cela enseigne qu’on ne sacrifie qu’un animal qui a deux reins, mais non un animal qui a un rein, ni un animal qui a trois reins. Et il est enseigné dans une autre baraita que lorsque ce verset dit : « Et les deux reins…il l’enlèvera, » la forme singulière sert à inclure un animal qui a un rein, lequel peut être sacrifié. De toute évidence, ces tanna’im sont en désaccord quant à savoir si un animal auquel il manque un rein est apte à être sacrifié.
סַבְרוּהָ, דְּכוּלֵּי עָלְמָא אֵין בְּרִיָּה בְּאַחַת, דְּהָא מִיחְסָר חָסַר. לֵימָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: דְּמָר סָבַר, חֶסְרוֹן מִבִּפְנִים שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן, וּמָר סָבַר, חֶסְרוֹן מִבִּפְנִים לָא שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן.
Les Sages ont d’abord supposé que tout le monde est d’accord qu’il n’existe aucune entité née avec un rein, et qu’un seul rein est trouvé parce que cette offrande est devenue privée d’un rein seulement après la naissance. Si tel est le cas, disons qu’ils sont en désaccord sur ceci : Que un Sage, le tanna de la première baraita, soutient que l’absence d’un membre interne est considérée comme une carence, et un Sage, le tanna de la seconde baraita, soutient que l’absence d’un membre interne n’est pas considérée comme une carence.
אָמַר רַב חִיָּיא בַּר יוֹסֵף: דְּכוּלֵּי עָלְמָא יֵשׁ בְּרִיָּה בְּאַחַת, וְחֶסְרוֹן מִבִּפְנִים שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן — כְּשֶׁנִּבְרְאָה בִּשְׁתַּיִם וְחָסְרוּ, כָּאן — כְּשֶׁנִּבְרְאָה בְּאַחַת מֵעִיקָּרָא.
Rav Ḥiyya bar Yosef dit : Il n’y a pas de désaccord ici, car tout le monde convient qu’il existe un tel être né avec un rein, et tout le monde convient aussi que l’absence d’un membre interne est considérée comme une carence qui disqualifie l’animal. Et la contradiction entre les deux baraitot n’est pas difficile : Ici, dans la première baraita, où il a été créé avec deux reins et l’un manque, l’animal est disqualifié. Tandis que là-bas, où il a été créé avec un rein dès le départ, il ne lui manque rien et il est donc apte.
וְהָא דּוּמְיָא דְּשָׁלֹשׁ קָתָנֵי, מָה שָׁלֹשׁ מֵעִיקָּרָא, אַף אַחַת מֵעִיקָּרָא!
La Guemara demande : Mais la première baraita enseigne le cas d’un animal qui a un rein comme semblable à celui d’un animal qui a trois reins. On peut donc en déduire : De même que ces trois reins étaient présents dès le départ, puisqu’un animal ne fait pas pousser de nouveaux membres, de même l’animal avec un seul rein était ainsi dès le départ.
אֶלָּא, הָכָא בְּיֵשׁ בְּרִיָּה מֵעִיקָּרָא קָמִיפַּלְגִי, מָר סָבַר: יֵשׁ בְּרִיָּה בְּאַחַת, וּמַר סָבַר: אֵין בְּרִיָּה בְּאַחַת.
Au contraire, tous s’accordent à dire que l’absence d’un membre interne est considérée comme un manque, et ici les tanna’im sont en désaccord au sujet de la question de savoir s’il existe un être créé avec un rein dès l’origine. Un Sage, le tanna de la seconde baraita, soutient qu’il existe un être créé avec un rein, et l’on peut présumer qu’il s’agit d’un tel animal, et qu’il ne lui manque pas de membre. Et un Sage, le tanna de la première baraita, soutient qu’il n’existe pas d’être créé avec un rein, et cet animal manque d’un membre et est disqualifié pour le sacrifice.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אֲמַר: דְּכוּלֵּי עָלְמָא אֵין בְּרִיָּה בְּאַחַת, וְחֶסְרוֹן מִבִּפְנִים שְׁמֵיהּ חֶסְרוֹן. וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן שֶׁחָסְרָה קוֹדֶם שְׁחִיטָה, כָּאן שֶׁחָסְרָה לְאַחַר שְׁחִיטָה. וּלְאַחַר שְׁחִיטָה קוֹדֶם קַבָּלָה מִי שְׁרֵי?
Et Rabbi Yoḥanan dit : Tous s’accordent sur le fait qu’il n’existe pas d’être qui naisse avec un rein, et que l’absence d’un membre interne est considérée comme un manque, et pourtant cela ne pose pas de difficulté. Ici, dans la première baraita, il s’agit d’un cas où il lui manquait un rein avant son abattage rituel. Tandis que là-bas, la seconde baraita traite d’un cas où il lui manquait un rein seulement après son abattage rituel, et il est donc apte. La Guemara demande : Et si l’animal manquait d’un rein après son abattage rituel mais avant le recueil du sang dans un récipient pour l’aspersion, est-il permis de l’offrir en sacrifice ?