חָשׁוּד עַל הַמַּעֲשֵׂר, וּמַאן חֲכָמִים? רַבִּי יְהוּדָה, וְחַד אָמַר: הֶחָשׁוּד עַל הַמַּעֲשֵׂר חָשׁוּד עַל הַשְּׁבִיעִית, וּמַאן חֲכָמִים? רַבִּי מֵאִיר.
est suspect à l’égard de la dîme. Et qui sont les Sages désignés ici comme les Rabbins ? C’est Rabbi Yehouda, car dans sa localité on traitait avec rigueur l’interdiction des produits de l’Année sabbatique. Et l’autre dit : Celui qui est suspect à l’égard de la dîme est suspect à l’égard des produits de l’Année sabbatique. Et qui sont les Sages désignés ici comme les Rabbins ? C’est Rabbi Meir.
דְּתַנְיָא: עַם הָאָרֶץ שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי חֲבֵירוּת, וְנֶחְשַׁד לְדָבָר אֶחָד — נֶחְשַׁד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. וַחֲכָמִים אוֹמְרִים: אֵינוֹ נֶחְשָׁד אֶלָּא לְאוֹתוֹ דָּבָר בִּלְבַד.
Comme il est enseigné dans une baraita (Tosefta, Demai 2:4) : En ce qui concerne un am ha’aretz, c’est-à-dire une personne qui n’est pas digne de confiance en matière d’impureté rituelle et de dîmes, qui accepte sur elle-même l’engagement d’observer les règles associées au statut de ḥaver, c’est-à-dire qu’elle sera rigoureuse dans toutes les questions observées par les ḥaverim, y compris la teruma, les dîmes et la ḥalla, et qu’elle s’engage aussi à ne manger que des aliments rituellement purs, et les Sages l’ont acceptée comme digne de confiance mais par la suite elle a été soupçonnée au sujet d’une seule chose dans laquelle d’autres l’ont vue agir de manière impropre, elle est soupçonnée à l’égard de toute la Torah. Telle est la déclaration de Rabbi Meïr. Et les Sages disent : Elle n’est soupçonnée qu’à l’égard de cette chose particulière.
הַגֵּר שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו דִּבְרֵי תוֹרָה, אֲפִילּוּ נֶחְשַׁד לְדָבָר אֶחָד — הָוֵי חָשׁוּד לְכׇל הַתּוֹרָה כּוּלָּהּ, וַהֲרֵי הוּא כְּיִשְׂרָאֵל מְשׁוּמָּד. נָפְקָא מִינַּהּ, דְּאִי קַדֵּישׁ — קִידּוּשָׁיו קִידּוּשִׁין.
Il est également enseigné dans une baraita (Tosefta, Demai 2:4) : En ce qui concerne un converti qui a accepté sur lui-même lors de sa conversion les matières de la Torah, c’est-à-dire toutes les mitsvot, même s’il est suspect à l’égard d’une seule matière, il est suspect à l’égard de toute la Torah, et il est considéré comme un transgresseur juif [meshummad], qui transgresse habituellement les mitsvot. La Guemara explique que la différence pratique résultant du fait qu’il soit considéré comme un transgresseur juif est que s’il épouse une femme, ses fiançailles sont des fiançailles valides, et ils sont mariés. Bien qu’il soit suspect à l’égard de toute la Torah, il ne retourne pas à son ancien statut de gentil.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת, חוּץ מִדָּבָר אֶחָד — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתוֹ. גּוֹי שֶׁבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי תוֹרָה, חוּץ מִדָּבָר אֶחָד — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתוֹ. רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ דִּקְדּוּק אֶחָד מִדִּבְרֵי סוֹפְרִים.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Dans le cas de quelqu’un qui vient accepter sur lui-même l’engagement d’observer les questions associées au statut de ḥaver, sauf une question, qu’il ne souhaite pas observer, il n’est pas accepté, et il n’est pas digne de confiance même en ce qui concerne les questions qu’il souhaite bien accepter sur lui-même. De même, dans le cas d’un gentil qui vient se convertir et prend sur lui d’accepter les paroles de la Torah sauf une question, il n’est pas accepté comme converti. Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : Même s’il refuse d’accepter un détail de la loi rabbinique, il n’est pas accepté.
וְכֵן בֶּן לֵוִי שֶׁבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי לְוִיָּה, וְכֹהֵן שֶׁבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי כְהוּנָּה, חוּץ מִדָּבָר אֶחָד — אֵין מְקַבְּלִין אוֹתוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הַמַּקְרִיב אֶת דַּם הַשְּׁלָמִים וְגוֹ׳״, הָעֲבוֹדָה הַמְּסוּרָה לִבְנֵי אַהֲרֹן, כׇּל כֹּהֵן שֶׁאֵינוֹ מוֹדֶה בָּהּ — אֵין לוֹ חֵלֶק בַּכְּהוּנָּה.
La baraita continue : De même, dans le cas d’un Lévite qui vient accepter les obligations d’un Lévite, ou d’un prêtre qui vient accepter les obligations de la prêtrise, à l’exception d’un seul point, il n’est pas accepté. Comme il est dit : « Celui parmi les fils d’Aaron, qui offre le sang des sacrifices d’offrandes de paix, et la graisse, aura la cuisse droite pour portion » (Lévitique 7:33). Cela signifie qu’en ce qui concerne le service du Temple, qui est confié aux fils d’Aaron, tout prêtre qui ne l’admet pas dans son intégralité n’a pas de part dans la prêtrise.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת, אִם רְאִינוּהוּ שֶׁנּוֹהֵג בְּצִינְעָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ — מְקַבְּלִין אוֹתוֹ, וְאַחַר כָּךְ מְלַמְּדִין אוֹתוֹ. וְאִם לָאו — מְלַמְּדִין אוֹתוֹ, וְאַחַר כָּךְ מְקַבְּלִין אוֹתוֹ. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַי אוֹמֵר: בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ מְקַבְּלִין אוֹתוֹ, וְהוּא לָמֵד כְּדַרְכּוֹ וְהוֹלֵךְ.
La Guemara poursuit sur un sujet similaire. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Dans le cas de quelqu’un qui vient accepter sur lui-même un engagement à observer les questions associées au statut de ḥaver, si nous avons vu qu’il pratique ces questions en privé, dans sa maison, il est accepté, puis on lui enseigne les détails précis du fait d’être un ḥaver. Mais si nous ne l’avons pas vu agir comme un ḥaver dans sa maison, on lui enseigne d’abord puis il est accepté. Rabbi Shimon ben Yoḥai dit : Que ce soit dans ce cas ou dans cet autre cas, il est d’abord accepté, et il continue ensuite à apprendre de la manière habituelle, c’est-à-dire qu’en tant que ḥaver, il apprend des autres comment se conduire.
תָּנוּ רַבָּנַן: מְקַבְּלִין לִכְנָפַיִם, וְאַחַר כָּךְ מְקַבְּלִין לִטְהָרוֹת, וְאִם אָמַר: ״אֵינִי מְקַבֵּל אֶלָּא לִכְנָפַיִם״ — מְקַבְּלִין אוֹתוֹ. קִיבֵּל לַטְּהָרוֹת וְלֹא קִיבֵּל לַכְּנָפַיִם — אַף לַטְּהָרוֹת לֹא קִיבֵּל.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Un am ha’aretz qui souhaite devenir un ḥaverest accepté d’abord en ce qui concerne les mains, c’est-à-dire qu’on présume qu’il est rigoureux quant à la pureté rituelle de ses mains en veillant à se les laver avant de manipuler des objets purs, et ensuite il est accepté comme digne de confiance pour la pureté en général. Et s’il dit : Je souhaite accepter la pureté uniquement en ce qui concerne les mains, il est accepté pour cela. S’il souhaite accepter sur lui-même les rigueurs d’un ḥaveren ce qui concerne la pureté rituelle mais n’accepte pas sur lui-même les rigueurs en ce qui concerne les mains, c’est-à-dire se laver les mains, ce qui est un acte simple, il n’est pas accepté même pour la pureté en général.
תָּנוּ רַבָּנַן: עַד כַּמָּה מְקַבְּלִין אוֹתוֹ? בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לְמַשְׁקִין — שְׁלֹשִׁים יוֹם, לִכְסוּת — שְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה — לִשְׁנֵים עָשָׂר חוֹדֶשׁ.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Jusqu’à quand est-il accepté, c’est-à-dire combien de temps doit s’écouler avant qu’il soit considéré comme digne de confiance en tant que ḥaver ? Beit Shammaï disent : En ce qui concerne les liquides, trente jours. En ce qui concerne l’impureté des vêtements, au sujet de laquelle les ḥaverim étaient également vigilants, douze mois. Et Beit Hillel disent : Pour les deux, tant en ce qui concerne ceci, les liquides, que cela, les vêtements, il doit maintenir cette pratique pendant douze mois avant d’être pleinement accepté comme ḥaver.
אִם כֵּן, הָוֵה לֵיהּ מִקּוּלֵּי בֵּית שַׁמַּאי וּמֵחוּמְרֵי בֵּית הִלֵּל, אֶלָּא בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים: אֶחָד זֶה וְאֶחָד זֶה לִשְׁלשִׁים.
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, c’est l’un des rares cas des indulgences de Beit Shammai et des rigueurs de Beit Hillel, et pourtant il n’est pas inclus dans le traité Eduyyot, qui énumère tous les cas où Beit Shammai sont plus indulgents que Beit Hillel. Au contraire, le texte de la baraita doit être amendé afin qu’il se lise ainsi : Beit Hillel disent : Les deux, en ce qui concerne ceci, les liquides, et cela, les vêtements, il doit maintenir la pratique pendant trente jours avant d’être pleinement accepté comme un ḥaver.
(סִימָן: חָבֵר, תַּלְמִיד, תְּכֵלֶת, מֶכֶס, חָזַר, גַּבַּאי, בְּעַצְמוֹ).
§ La Guemara fournit un moyen mnémotechnique pour se souvenir des sujets d’ici jusqu’à la fin du chapitre : Ḥaver ; étudiant ; teinture bleu azur [tekhelet] ; taxe ; retour ; percepteur d’impôts ; par lui-même.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת — צָרִיךְ לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים, וּבָנָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ אֵינָן צְרִיכִין לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: אַף בָּנָיו וּבְנֵי בֵיתוֹ צְרִיכִין לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים, לְפִי שֶׁאֵינוֹ דּוֹמֶה חָבֵר שֶׁקִּיבֵּל לְבֶן חָבֵר שֶׁקִּיבֵּל.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui qui vient accepter sur lui-même un engagement à observer les questions associées au statut de ḥaver doit l’accepter en présence de trois ḥaverim. Mais ses enfants et les membres de sa maison ne sont pas tenus d’accepter séparément le statut de ḥaver en présence de trois ḥaverim. Rabban Shimon ben Gamliel dit : Même ses enfants et les membres de sa maison doivent accepter le statut de ḥaver en présence de trois ḥaverim, car un ḥaver, qui l’a accepté lui-même en présence de trois autres, n’est pas comparable au fils d’un ḥaver, qui a accepté ce statut uniquement du fait de son père mais ne l’a pas accepté explicitement lui-même, et leur acceptation du statut hors de la présence de trois personnes est insuffisante.
תָּנוּ רַבָּנַן: הַבָּא לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת — צָרִיךְ לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים, וַאֲפִילּוּ תַּלְמִיד חָכָם צָרִיךְ לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים. זָקֵן וְיוֹשֵׁב בִּישִׁיבָה — אֵינוֹ צָרִיךְ לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים, שֶׁכְּבָר קִיבֵּל עָלָיו מִשָּׁעָה שֶׁיָּשַׁב. אַבָּא שָׁאוּל אוֹמֵר: אַף תַּלְמִיד חָכָם אֵינוֹ צָרִיךְ לְקַבֵּל בִּפְנֵי שְׁלֹשָׁה חֲבֵירִים, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁאֲחֵרִים מְקַבְּלִין לְפָנָיו.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Celui qui vient accepter sur lui-même l’engagement d’observer les règles associées au statut de ḥaver doit l’accepter en présence de trois ḥaverim, et même un érudit de Torah qui souhaite devenir un ḥaverdoit accepter le statut de ḥaveren présence de trois ḥaverim. Mais un ancien qui s’assied et étudie la Torah dans une yeshiva n’est pas tenu d’accepter le statut de ḥaveren présence de trois ḥaverim, car il l’a déjà accepté sur lui-même dès le moment où il s’est assis et s’est consacré à l’étude de la Torah dans la yeshiva. Abba Shaul dit : Même un érudit de Torah n’est pas tenu d’accepter le statut de ḥaveren présence de trois ḥaverim ; et non seulement il a le statut de ḥaver sans déclaration explicite en présence de trois ḥaverim, mais d’autres peuvent accepter qu’ils souhaitent devenir un ḥaveren sa présence.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בִּימֵי בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס נִשְׁנֵית מִשְׁנָה זוֹ. רַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי אִיסְתַּפַּק לְהוּ מִילְּתָא בִּטְהָרוֹת, שַׁדַּרוּ רַבָּנַן לְגַבֵּי בְּנוֹ שֶׁל רַבִּי חֲנִינָא בֶּן אַנְטִיגְנוֹס, אֵזִילוּ אֱמַרוּ לֵיהּ: לְעַיֵּין בַּהּ. אַשְׁכְּחוּהּ דְּקָא טָעֵין טְהָרוֹת, אוֹתֵיב רַבָּנַן מִדִּידֵיהּ לְגַבַּיְיהוּ, וְקָאֵי אִיהוּ לְעַיּוֹנֵי בַּהּ.
Rabbi Yoḥanan dit : Cette michna, c’est-à-dire la décision selon laquelle un érudit de la Torah doit déclarer son intention de devenir un ḥaver en présence de trois ḥaverim, a été enseignée à l’époque du fils de Rabbi Ḥanina ben Antigonus. À ce moment-là, Rabbi Yehuda et Rabbi Yosei avaient un doute au sujet d’une certaine question de pureté rituelle. Les Sages envoyèrent une délégation de leurs élèves au fils de Rabbi Ḥanina ben Antigonus et leur dirent d’aller et de lui dire d’examiner cette question. Les élèves le trouvèrent alors qu’il portait des objets rituellement purs. Le fils de Rabbi Ḥanina ben Antigonus fit asseoir des Sages de sa propre yeshiva à côté de les élèves venus poser la question, car il ne faisait pas confiance à ces élèves pour garder ses objets purs. Et il se leva et examina la question.
אֲתוֹ אָמְרִי לֵיהּ לְרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי, אֲמַר לְהוּ רַבִּי יְהוּדָה: אָבִיו שֶׁל זֶה בִּיזָּה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים, אַף הוּא מְבַזֶּה תַּלְמִידֵי חֲכָמִים!
Les étudiants revinrent et vinrent raconter à Rabbi Yehuda et à Rabbi Yosei que le fils de Rabbi Ḥanina ben Antigonus les avait traités comme s’ils avaient le statut de amei ha’aretz. Rabbi Yehuda leur dit avec colère : Le père de celui-ci, c’est-à-dire Rabbi Ḥanina ben Antigonus, a rabaissé les érudits de la Torah en ne leur faisant pas confiance pour les questions de pureté rituelle. Et lui aussi, le fils de Rabbi Ḥanina ben Antigonus, rabaisse les érudits de la Torah.
אָמַר לוֹ רַבִּי יוֹסֵי: כְּבוֹד זָקֵן יְהֵא מוּנָּח בִּמְקוֹמוֹ, אֶלָּא מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ נָהֲגוּ כֹּהֲנִים סִילְסוּל בְּעַצְמָן, שֶׁאֵין מוֹסְרִין אֶת הַטְּהָרוֹת לְכׇל אָדָם.
Rabbi Yosei lui dit : Que l’honneur de l’ancien, c’est-à-dire celui du père comme celui du fils, reste à sa place. Il n’a pas agi ainsi pour rabaisser les érudits de la Torah. Au contraire, depuis le jour où le Temple fut détruit, les prêtres avaient l’habitude d’agir selon une norme plus élevée pour eux-mêmes, et ils décidèrent qu’ils ne transmettraient pas d’objets rituellement purs à aucune autre personne. Par conséquent, le fils de Rabbi Ḥanina, étant prêtre, agit de manière appropriée.
תָּנוּ רַבָּנַן: חָבֵר שֶׁמֵּת — אִשְׁתּוֹ וּבָנָיו וּבְנֵי בֵּיתוֹ הֲרֵי הֵן בְּחֶזְקָתָן, עַד שֶׁיֵּחָשֵׁדוּ. וְכֵן חָצֵר שֶׁמּוֹכְרִין בָּהּ תְּכֵלֶת — הֲרֵי הִיא בְּחֶזְקָתָהּ, עַד שֶׁתִּיפָּסֵל.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Dans le cas de la mort d’un ḥaver, sa femme, ses enfants et les membres de sa maisonnée conservent leur statut présumé jusqu’à ce qu’ils soient soupçonnés de se livrer à des actes inappropriés. De même, dans le cas d>une cour où l’on vend de la teinture bleu azur, elle conserve son statut présumé comme lieu où l’on vend de la teinture bleu azur valable jusqu’à ce qu’elle soit disqualifiée en raison du comportement peu scrupuleux du marchand.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵשֶׁת עַם הָאָרֶץ שֶׁנִּשֵּׂאת לְחָבֵר, וְכֵן בִּתּוֹ שֶׁל עַם הָאָרֶץ שֶׁנִּשֵּׂאת לְחָבֵר, וְכֵן עַבְדּוֹ שֶׁל עַם הָאָרֶץ שֶׁנִּמְכַּר לְחָבֵר — כּוּלָּן צְרִיכִין לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת בַּתְּחִלָּה. אֲבָל אֵשֶׁת חָבֵר שֶׁנִּשֵּׂאת לְעַם הָאָרֶץ, וְכֵן בִּתּוֹ שֶׁל חָבֵר שֶׁנִּשֵּׂאת לְעַם הָאָרֶץ, וְכֵן עַבְדּוֹ שֶׁל חָבֵר שֶׁנִּמְכַּר לְעַם הָאָרֶץ — אֵין צְרִיכִין לְקַבֵּל דִּבְרֵי חֲבֵירוּת בַּתְּחִלָּה.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : L’ex-épouse d’un am ha’aretz qui ensuite épouse un ḥaver, de même que la fille d’un am ha’aretz qui épouse un ḥaver, et de même que l’esclave d’un am ha’aretz qui est vendu à un ḥaver, doivent tous accepter sur eux-mêmes l’engagement d’observer les règles associées au statut de ḥaver. Mais, en ce qui concerne l’ex-épouse d’un ḥaver qui ensuite épouse un am ha’aretz, de même que la fille d’un ḥaver qui épouse un am ha’aretz, et de même que l’esclave d’un ḥaver qui a été vendu à un am ha’aretz, ces personnes n’ont pas besoin d’accepter sur elles-mêmes l’engagement d’observer les règles associées au statut de ḥaver ab initio, car chacune d’elles est déjà habituée à se comporter comme un ḥaver.
רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַף הֵן צְרִיכִין לְקַבֵּל עֲלֵיהֶן דִּבְרֵי חֲבֵירוּת לְכַתְּחִלָּה. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי מֵאִיר: מַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה אַחַת שֶׁנִּשֵּׂאת לְחָבֵר וְהָיְתָה קוֹמַעַת לוֹ תְּפִילִּין עַל יָדוֹ, נִשֵּׂאת לְעַם הָאָרֶץ וְהָיְתָה קוֹשֶׁרֶת לוֹ קִשְׁרֵי מוֹכֵס עַל יָדוֹ.
La baraita continue : Rabbi Meir dit : Eux aussi doivent accepter sur eux-mêmes l’engagement d’observer les règles associées au statut de ḥaver dès le départ. De même, Rabbi Shimon ben Elazar avait l’habitude de illustrer ce point et de dire au nom de Rabbi Meir : Il y eut un incident concernant une certaine femme qui épousa un ḥaver et lui attachait [koma’at] les phylactères sur la main, puis elle épousa un collecteur d’impôts et lui attachait des sceaux fiscaux sur la main, ce qui montre que son nouveau mari exerçait une grande influence sur son niveau de piété.