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הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשׁוּלָּם לְמָה לִי?
pourquoi ai-je besoin qu'il déclare que la halakha est conforme à l'opinion de Rabbi Yosei ben HaMeshullam ?
אִי אָמַר הִלְכְתָא דְּכוּלֵּיהּ פִּירְקִין, וְלָא אָמַר הִלְכְתָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשׁוּלָּם, הֲוָה אָמֵינָא: אַדְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשׁוּלָּם קָאֵי, וּמַאי ״בְּכוּלֵּיהּ פִּירְקִין״? דְּרַבִּי יוֹסֵי תַּרְתֵּי אָמַר, וּפְלוּגְתָּא דְּבָרַיְיתָא פְּלוּגְתָּא הִיא.
La Guemara explique : Si Rav n’avait dit que la halakha est conforme à l’opinion du tanna anonyme dans les mishnayot tout au long du chapitre, sans dire explicitement que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei ben HaMeshullam, j’aurais dit : Rav fait référence spécifiquement à l’opinion de Rabbi Yossei ben HaMeshullam. Et quel est le sens de l’expression : Tout au long du chapitre, qui indique qu’il parle de plus d’un cas ? Cela renvoie au fait que Rabbi Yossei a dit deux déclarations distinctes dans le chapitre. Et cela indiquerait, concernant la déclaration de Rav, que si une mishna est contredite par une opinion dissidente citée dans une baraita, cela est considéré comme un différend.
אַשְׁמְעִינַן הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי — לְאַשְׁמוֹעִינַן דְּאַדְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל קָאֵי, וּפְלוּגְתָּא דְּבָרַיְיתָא לָאו פְּלוּגְתָּא הִיא.
Rav a enseigné que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei afin de nous enseigner que sa déclaration concernant tout le chapitre se réfère à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, et quant à la déclaration de Rav, si une michna est contredite par une opinion dissidente citée dans une baraita, cela n’est pas considéré comme un différend.
מַאי בָּרַיְיתָא? דְּתַנְיָא: הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה מְנִיקָה מִן הַגּוֹי, הַבָּא אַחֲרָיו בְּכוֹר מִסָּפֵק, מִפְּנֵי שֶׁמְּרַחֶמֶת אַף עַל פִּי שֶׁאֵינָהּ יוֹלֶדֶת. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: דָּבָר בְּחֶזְקָתוֹ.
Qu’est-ce que la baraita mentionnée précédemment ? Comme il est enseigné dans une baraita : Dans le cas de quelqu’un qui achète un animal femelle allaitant à un non-Juif, le petit qui naît après la progéniture actuellement allaitée est considéré comme premier-né en raison de l’incertitude quant à savoir s’il est la progéniture de l’animal, car un animal peut faire preuve de compassion et allaiter un autre animal même s’il n’a pas mis bas du tout. Rabban Shimon ben Gamliel dit : La question demeure dans son statut présumé, c’est-à-dire que l’on présume que l’animal allaitant est la mère de la progéniture allaitée.
וְכֵן הָיָה רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הַנִּכְנָס לְתוֹךְ עֶדְרוֹ בַּלַּיְלָה וְרָאָה כְּעֶשֶׂר כַּחֲמֵשׁ עֶשְׂרֵה, מַבְכִּירוֹת וְשֶׁאֵינָן מַבְכִּירוֹת, יוֹלְדוֹת, לְמָחָר הִשְׁכִּים וּמָצָא זְכָרִים (תְּלוּיוֹת) [תְּלוּיִין] בְּשֶׁאֵין מַבְכִּירוֹת, וּנְקֵבוֹת תְּלוּיוֹת בְּמַבְכִּירוֹת — אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל זוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל זוֹ.
La baraita continue : De même, Rabban Shimon ben Gamliel disait : Celui qui entre au milieu de son troupeau la nuit et voit environ dix ou environ quinze animaux, dont certains ont une progéniture qui est un premier-né et d’autres dont la progéniture n’est pas un premier-né, et tous étaient en train de mettre bas, et le lendemain, il se leva et constata que les petits mâles tétaient les mères dont la progéniture n’est pas un premier-né, et les petits femelles tétaient les mères dont la progéniture est un premier-né, il n’a pas à craindre que peut-être le petit de cette mère soit venu téter chez cette autre mère. Il peut plutôt présumer que chaque animal allaite son propre petit.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: דָּבָר בְּחֶזְקָתוֹ דְּקָאָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, דְּאֵינָהּ מְרַחֶמֶת אֶלָּא אִם כֵּן יוֹלֶדֶת — הָא הֵיכָא דְּאוֹלִיד חָיְישִׁינַן לְרַחוֹמֵי, אוֹ דִלְמָא: דִּידַהּ מְרַחֲמָא, דְּלָא דִּידַהּ לָא מְרַחֲמָא לֵיהּ?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : quel est le sens précis de l’expression : L’affaire demeure dans son statut présumé, comme l’a déclaré Rabban Shimon ben Gamliel ? Cela signifie-t-il qu’un animal ne fait preuve de compassion que s’il a mis bas, et par conséquent, dans un cas l’animal a mis bas, nous craignons la possibilité qu’il puisse faire preuve de compassion et allaiter un petit qui n’est pas le sien ? Ou peut-être cela signifie-t-il qu’un animal peut faire preuve de compassion seulement envers sa propre progéniture, mais ne montre aucune compassion envers un animal qui n’est pas le sien ?
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? לְמִלְקֵא עֲלַהּ מִשּׁוּם ״אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ״. אִי אָמְרַתְּ דִּידַהּ מְרַחֲמָא, דְּלָא דִּידַהּ לָא מְרַחֲמָא — לָקֵי, וְאִי אָמְרַתְּ דְּלָא דִּידַהּ נָמֵי מְרַחֲמָא — לָא לָקֵי.
La Guemara demande : Quelle différence y a-t-il en pratique sur la base de cette distinction ? Dans tous les cas, on suppose que l’animal qui allaite a déjà mis bas, et sa future progéniture ne sera pas considérée comme un premier-né. La Guemara répond qu’il y a une différence en ce qui concerne la question de savoir si l’on reçoit la flagellation pour l’avoir abattu en raison de la violation de l’interdiction d’abattre une mère et son petit le même jour. Si vous dites qu’un animal est miséricordieux seulement envers sa propre progéniture mais n’est pas miséricordieux envers un animal qui n’est pas le sien, alors on reçoit la flagellation s’il abat délibérément un animal et le petit qu’il allaite. Mais si vous dites qu’il est aussi miséricordieux envers un animal qui n’est pas le sien, alors on ne reçoit pas la flagellation dans un tel cas.
מַאי? תָּא שְׁמַע, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה מִן הַגּוֹי — אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל אַחֶרֶת הָיָה. מִי קָתָנֵי ״הוּא״? ״הָיָה״ קָתָנֵי! הָכִי קָאָמַר: אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל אַחֶרֶת, אֶלָּא אִם כֵּן הָיָה לָהּ וָלָד מֵעִיקָּרָא.
La Guemara revient à sa question initiale. Quel est le sens précis de la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel ? Viens et entends une preuve tirée de la michna, car Rabban Shimon ben Gamliel dit : Dans le cas de quelqu’un qui achète un animal femelle allaitant d’un gentil, il n’a pas besoin de craindre que le petit actuellement allaité soit le petit d’un autre animal. De toute évidence, Rabban Shimon ben Gamliel soutient qu’un animal n’allaite que son propre petit. La Guemara rejette cette preuve : Est-ce que la michna enseigne qu’il n’est pas nécessaire de craindre que peut-être ce soit le petit d’un autre animal ? Non, elle enseigne qu’il n’est pas nécessaire de craindre que peut-être c’était le petit d’un autre animal, et voici ce qu’elle dit : Quelle que soit la manière dont tu le considères, le petit suivant n’est pas un premier-né, car il n’est pas nécessaire de craindre que peut-être il était le petit d’un autre animal qu’elle allaite, puisqu’elle n’allaiterait pas à moins qu’elle n’ait déjà mis bas auparavant.
תָּא שְׁמַע: נִכְנַס בְּתוֹךְ עֶדְרוֹ וְרָאָה אֶת הַמַּבְכִּירוֹת מְנִיקוֹת, וְאֶת שֶׁאֵינָן מַבְכִּירוֹת מְנִיקוֹת — אֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל זוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל זוֹ, אוֹ שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל זוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל זוֹ.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée de la suite de la michna : Dans le cas de quelqu’un qui entre au milieu de son troupeau et voit des mères qui ont mis bas pour la première fois et qui allaitent, et voit aussi des mères qui n’ont pas mis bas pour la première fois et qui allaitent également, il n’a pas besoin de craindre que peut-être le petit de cette femelle soit allé vers cette autre femelle pour téter, ou que peut-être le petit de cette autre femelle soit venu vers cette femelle pour téter.
אַמַּאי? לֵיחוּשׁ דִּלְמָא רַחוֹמֵי רַחֵים! בִּמְקוֹם דִּידַהּ, לָא שָׁבְקָא דִּידַהּ וּמְרַחֲמָא דְּלָא דִּידַהּ.
La Guemara explique la preuve : Mais pourquoi pas ? Ne devons-nous pas craindre que peut-être l’animal qui allaite ait de la compassion pour un petit qui n’est pas le sien. De toute évidence, Rabban Shimon ben Gamliel soutient qu’un animal n’allaite que son propre petit, même s’il a déjà mis bas auparavant. La Guemara rejette cette preuve : Même si un animal montre effectivement de la compassion envers un petit qui n’est pas le sien, dans un endroit où il a son propre petit, il ne met pas de côté le sien et ne montre pas de compassion envers un petit qui n’est pas le sien.
תָּא שְׁמַע: דָּבָר בְּחֶזְקָתוֹ כּוּ׳. מַאי לָאו רֵישָׁא דּוּמְיָא דְּסֵיפָא? מָה סֵיפָא וַדַּאי דִּידַהּ, אַף רֵישָׁא וַדַּאי דִּידַהּ.
La Guemara suggère en outre : Viens et écoute une preuve tirée de la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel dans la baraita : Si quelqu’un achète un animal allaitant à un gentil, la question demeure dans son statut présumé. À partir de l’expression : Et de même, dans la suite de la baraita, la Guemara déduit : Quoi, n’est-ce pas que la première clause est semblable à la dernière clause ? De même que dans la dernière clause le petit qui tète est certainement considéré comme la progéniture propre de l’animal allaitant, de même, dans la première clause il est certainement considéré comme la progéniture propre de l’animal allaitant, malgré le fait que la mère animale ait pu mettre bas auparavant.
מִידֵּי אִירְיָא? הַאי כִּדְאִיתֵאּ, וְהַאי כִּדְאִיתֵאּ. וּמַאי ״וְכֵן״? אַפְּטוּרָה דִּבְכוֹרָה.
La Guemara rejette cette suggestion : Les cas sont-ils comparables ? Cette première clause de la baraita reste telle quelle et cette seconde clause de la baraita reste telle quelle, c’est-à-dire qu’elles se rapportent à des cas différents. Dans la seconde clause, où toute la progéniture se tient devant leurs mères, il est certain que chaque mère n’allaitera que son propre petit. En revanche, dans la première clause, il n’est pas certain que ce petit soit le sien. Mais si tel est le cas, quel est le sens de l’expression : Et de même ? Cela signifie que les deux clauses affirment que l’animal qui allaite est exempté de voir sa future progéniture comptée comme premier-né, car même si ce petit n’est pas celui de la mère, la mère ne l’allaiterait pas à moins d’avoir déjà mis bas auparavant.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: רָאָה חֲזִיר שֶׁכָּרוּךְ אַחַר רָחֵל, פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה, וְאָסוּר בַּאֲכִילָה ״עַד יָבֹא וְיוֹרֶה צֶדֶק לָכֶם״.
La Guemara analyse un cas similaire. Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : Si quelqu’un a vu un jeune animal ressemblant à un porc qui suivait une brebis, la brebis est exemptée de voir sa future progéniture comptée comme premier-né. Et l’animal ressemblant à un porc est interdit à la consommation « jusqu’à ce qu’il vienne et vous enseigne la justice » (Osée 10:12), c’est-à-dire jusqu’à ce que le prophète Élie arrive et tranche la halakha.
פָּטוּר מִן הַבְּכוֹרָה — כְּמַאן? כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, וְאָסוּר בַּאֲכִילָה — כְּרַבָּנַן.
La Guemara soulève une difficulté au sujet de la déclaration de Rabba bar bar Ḥana : D’une part, la brebis est exemptée de voir sa future progéniture comptée comme premier-né, ce qui est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel selon laquelle un animal qui tète chez un autre est présumé être sa progéniture. Mais, d’autre part, l’animal semblable à un porc est interdit à la consommation, ce qui est conforme à l’opinion des Sages selon laquelle un animal peut allaiter le petit d’un autre.
וְתוּ, אִי כְּרַבָּנַן, מַאי ״עַד יָבֹא וְיוֹרֶה צֶדֶק לָכֶם״? ״עַד שֶׁיִּוָּדַע לְךָ דָּבָר״ מִיבְּעֵי לֵיהּ!
De plus, si la halakha est conforme à l’opinion des Sages, et qu’il existe une inquiétude quant à l’identité de la mère de la progéniture, quelle est la raison de citer le verset : « Jusqu’à ce qu’il vienne et vous enseigne la justice » ? En le citant, la baraita indique que le statut de l’animal semblable à un porc est une incertitude halakhique qui ne peut être résolue que par Élie le prophète. Au contraire, elle aurait dû dire : Jusqu’à ce que la chose vous devienne connue, en référence à l’incertitude empirique quant à savoir si l’animal semblable à un porc est la progéniture de la brebis.
וְכִי תֵּימָא: מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אִי כְּרַבָּנַן, אִי מְסַפְּקָא לֵיהּ — אַמַּאי פְּטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה? וְתוּ: מִי מְסַפְּקָא לֵיהּ? וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: כׇּל מָקוֹם שֶׁשָּׁנָה רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל בְּמִשְׁנָתֵינוּ — הֲלָכָה כְּמוֹתוֹ, חוּץ מֵעָרֵב, וְצַיְדָן, וּרְאָיָה אַחֲרוֹנָה!
Et si tu disais qu’il est incertain que la halakha soit conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel ou conforme à l’opinion des Sages, cela ne peut pas être correct : Si cette question est incertaine, alors pourquoi la brebis est-elle exemptée de voir sa future progéniture comptée comme premier-né ? Et de plus, cette question de savoir quelle opinion est acceptée comme la halakha est-elle vraiment une incertitude ? Rabbi Yoḥanan ne dit-il pas, rapporté par Rabba bar bar Ḥana, que partout où Rabban Shimon ben Gamliel a enseigné une halakha dans le corpus de notre Mishna, la halakha est conforme à son opinion, sauf pour les trois cas suivants : la responsabilité du garant (voir Bava Batra 174a), et l’incident qui s’est produit dans la ville de Tzaidan (voir Gittin 74a), et le différend concernant la preuve dans la dernière controverse (voir Sanhedrin 31a) ?
לְעוֹלָם פְּשִׁיטָא לֵיהּ הֲלָכָה כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, מִיהוּ מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי סָבַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל יוֹלֶדֶת מְרַחֶמֶת, אוֹ אֵינָהּ מְרַחֶמֶת. אִי הָכִי, עַד דְּאַשְׁמְעִינַן חֲזִיר, לַישְׁמְעִינַן טָלֶה, וּלְמִילְקֵי עֲלֵיהּ מִשּׁוּם ״אוֹתוֹ וְאֶת בְּנוֹ״!
La Guemara répond : En réalité, il est évident pour Rabba bar bar Ḥana que la halakha est conforme à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel. Mais il n’est pas certain que Rabban Shimon ben Gamliel soutienne qu’un animal qui a déjà mis bas puisse faire preuve de compassion envers une progéniture qui n’est pas la sienne, ou qu’il soutienne qu’il n’éprouve pas de compassion envers la progéniture d’un autre. La Guemara rejette cette affirmation : Si tel est le cas, au lieu d’enseigner un cas impliquant un animal ayant l’apparence d’un porc, il aurait dû enseigner le cas plus courant d’une brebis mère allaitant un agneau. Et, par conséquent, au lieu de s’enquérir de l’interdiction de manger un animal non casher, il aurait dû demander si l’on est passible de flagellation pour cela en raison de la violation de l’interdiction d’abattre une mère et sa progéniture le même jour.
חֲזִיר אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, דְּאִי אַשְׁמְעִינַן טָלֶה, הֲוָה אָמֵינָא: אִם תִּמְצָא לוֹמַר דְּסָבַר יוֹלֶדֶת מְרַחֲמָא — דְּמִינַהּ, דְּלָא מִינַהּ — לָא. אַשְׁמְעִינַן חֲזִיר, דִּמְרַחֶמֶת, וַאֲפִילּוּ דְּלָאו מִינַהּ נָמֵי, דְּאִיכָּא לְמֵימַר דִּלְמָא מְרַחֲמָא.
La Guemara explique : Il était nécessaire que Rabba bar bar Ḥana enseigne le cas d'un porc, car, s'il avait enseigné un cas concernant un agneau, j'aurais dit : Même si vous dites que Rabban Shimon ben Gamliel soutient qu'un animal qui a mis bas peut faire preuve de compassion envers le petit d'un autre, cela n'est vrai que pour ce qui est de sa propre espèce, mais à l'égard d'un animal qui n'est pas de sa propre espèce, il ne ferait pas preuve de compassion et n'allaiterait pas le petit. Par conséquent, Rabba bar bar Ḥana nous enseigne le cas d'un porc, pour transmettre qu'un animal peut faire preuve de compassion, et cela est aussi vrai même lorsque le petit n'est pas de sa propre espèce, puisqu'on pourrait dire que peut-être l'animal a fait preuve de compassion dans un tel cas également.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בָּעֵי
Et c’est le sens de cela que Rabba bar bar Ḥana a dit que Rabbi Yoḥanan a dit : Un dilemme a été soulevé

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