אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ עַד לְכֶלֶב, הָא חַזְיָא לְכֶלֶב! קַשְׁיָא.
Celle-ci comme celle-là, c’est-à-dire les éléments des deux formes d’impureté, transmettent l’impureté jusqu’à ce qu’ils ne soient plus propres à être mangés par un chien, cela pose une difficulté pour l’opinion de Rabbi Yirmeya, puisque cette masse convient à un chien. La Guemara conclut : En effet, c’est difficile.
גּוּפָא, בַּר פְּדָא אָמַר: טוּמְאָה חֲמוּרָה עַד לְגֵר, וְטוּמְאָה קַלָּה עַד לְכֶלֶב. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: אַחַת זוֹ וְאַחַת זוֹ עַד לְכֶלֶב. מַאי טַעְמָא דְּבַר פְּדָא? דִּכְתִיב: ״לֹא תֹאכְלוּ כׇל נְבֵלָה לְגֵר וְגוֹ׳״, הָרְאוּיָה לַגֵּר קְרוּיָה ״נְבֵילָה״, וְשֶׁאֵינָהּ רְאוּיָה לַגֵּר אֵינָהּ קְרוּיָה ״נְבֵילָה״.
La Guemara traite de la question elle-même. Bar Padda dit : Un objet atteint d’une impureté rituelle grave transmet l’impureté à des substances jusqu’à ce qu’il ne soit plus propre à être mangé par un guèrtoshav, mais un objet atteint d’une impureté légère transmet l’impureté à des substances jusqu’à ce qu’il ne soit plus propre à être mangé par un chien. Et Rabbi Yoḥanan dit : L’un comme l’autre transmettent l’impureté jusqu’à ce qu’ils ne soient plus propres à être mangés par un chien. La Guemara demande : Quelle est la raison de la décision de Bar Padda ? Comme il est écrit : « Vous ne mangerez d’aucune charogne ; tu pourras la donner au guèr qui est dans tes portes » (Deutéronome 14:21). Bar Padda comprend de ce verset qu’un objet qui est propre à un guèrtoshav est appelé charogne, et ce qui n’est pas propre à un guèrtoshav n’est pas appelé charogne.
וְאִידַּךְ? לְמַעוֹטֵי הֵיכָא דְּהִסְרִיחָה מֵעִיקָּרָא. וְאִידַּךְ? הִסְרִיחָה מֵעִיקָּרָא לָא צְרִיכָא קְרָא לְמַעוֹטֵי, עַפְרָא בְּעָלְמָא הוּא.
La Guemara demande : Et en ce qui concerne l’autre Sage, Rabbi Yoḥanan, comment interprète-t-il ce verset ? Il soutient qu’il sert à exclure une carcasse qui était décomposée dès le départ, par exemple si la chair a commencé à se décomposer alors que l’animal était encore vivant, en raison d’une blessure grave. Mais si la carcasse était initialement comestible puis s’est décomposée, elle continue à transmettre l’impureté rituelle à condition qu’elle soit propre à un chien. La Guemara demande : Et en ce qui concerne l’autre Sage, bar Padda, comment répond-il à cette affirmation ? Un verset n’est pas nécessaire pour exclure un tel cas où la carcasse était décomposée dès le départ, car elle n’est que comme de la poussière et, de toute évidence, ne transmet pas l’impureté.
תְּנַן: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: בְּהֵמָה גַּסָּה שֶׁשָּׁפְעָה חֲרָרַת דָּם, הֲרֵי זוֹ תִּקָּבֵר, וְנִפְטֶרֶת מִן הַבְּכוֹרָה. וְתָנֵי רַבִּי חִיָּיא: אֵינָהּ מְטַמְּאָה לֹא בְּמַגָּע וְלֹא בְּמַשָּׂא. וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִשּׁוּם בִּיטּוּל בְּרוֹב נָגְעוּ בָּהּ.
Nous avons appris dans notre michna que Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Dans le cas d’un gros animal qui a expulsé une masse de sang coagulé, cette masse doit être enterrée, et l’animal est exempté de voir toute future progéniture comptée comme premier-né. Et Rabbi Ḥiyya enseigne : Cette masse de sang coagulé ne transmet pas d’impureté rituelle, ni par contact physique ni par portage. Et Rabbi Yoḥanan dit : C’est en raison de l’annulation halakhique d’une substance interdite dans une majorité de substances permises que les Sages l’ont évoqué, afin de l’exclure de l’impureté par contact ou portage.
מַאי אִירְיָא מִשּׁוּם בִּיטּוּל בְּרוֹב? תִּיפּוֹק לִי דְּלָא אִיתְחֲזִי כְּלָל! הָא נָמֵי אִיתְחֲזִי מֵעִיקָּרָא אַגַּב אִימֵּיהּ.
La Guemara demande : Pourquoi Rabbi Yoḥanan a-t-il dit que cette halakha est due spécifiquement à la nullification d’une substance dans un mélange par la majorité du mélange ? Qu’on dérive la halakha du fait que la masse n’est pas propre à la consommation du tout, et ne l’a jamais été. La Guemara explique : Cela aussi était initialement propre du fait de sa mère, c’est-à-dire que, si l’on avait abattu la mère avant que l’embryon ne soit expulsé, il aurait été comestible comme faisant partie de la mère.
תְּנַן הָתָם: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: צִיר טָהוֹר שֶׁנָּפַל לְתוֹכוֹ מַיִם כׇּל שֶׁהוּא — טָמֵא. אָמַר רַב נַחְמָן אָמַר רַבָּה בַּר אֲבוּהּ: זֹאת אוֹמֶרֶת נֶחְשְׁדוּ עַמֵּי הָאָרֶץ לְעָרֵב מֶחֱצָה בַּצִּיר. וּלְמָה לִי מֶחֱצָה? אֲפִילּוּ בְּצִיר מִמֶּחֱצָה נָמֵי! וְהָנֵי מַשֶּׁהוּ — הָוֵה לֵיהּ פַּלְגָא, וּפַלְגָא לָא בְּטִיל.
Nous avons appris dans une michna ailleurs (Makhshirin 6:3) que Rabbi Eliezer ben Yaakov dit : Une saumure rituellement pure, prise d’un am ha’aretz, dans laquelle est tombée n’importe quelle quantité d’eau, devient impure. Rav Naḥman dit que Rabba bar Avuh dit : Cela veut dire que les amei ha’aretz sont soupçonnés de mélanger la moitié d’une portion d’eau dans la saumure, ce qui signifie que, lorsque l’eau supplémentaire y tombe, l’impureté annulée dans la saumure est réveillée par elle et rend tout le mélange impur. La Guemara demande : Mais pourquoi faut-il dire qu’ils sont soupçonnés de mélanger précisément la moitié d’une portion d’eau ? Même s’ils mélangent moins de la moitié, la saumure aussi deviendra impure au contact de l’eau ajoutée, car cette petite quantité, combinée avec un peu moins d’une demi-portion d’eau, constitue la moitié du mélange, et la moitié d’un mélange n’est pas annulée par l’autre moitié.
אֵימָא: עַד מֶחֱצָה. אִיבָּעֵית אֵימָא: טוּמְאַת עַם הָאָרֶץ דְּרַבָּנַן, טוּמְאַת מַשְׁקִין דְּרַבָּנַן. בְּרוּבָּא גְּזַרוּ רַבָּנַן, בְּפַלְגָא וּפַלְגָא לָא גְּזַרוּ בַּהּ רַבָּנַן.
La Guemara répond : Dis plutôt qu’un am ha’aretz est soupçonné de mélanger de l’eau jusqu’à ce qu’elle constitue un peu moins de la moitié du mélange. Et si tu veux, dis plutôt : L’impureté des aliments appartenant à un am ha’aretz s’applique par loi rabbinique, et l’impureté des liquides s’applique également par loi rabbinique. En conséquence, l’impureté de la saumure dans ce cas est due à deux décrets rabbiniques distincts. Lorsque la majorité est de l’eau, les Sages ont décrété que la saumure est impure, mais dans un cas où la moitié du mélange est de la saumure pure de poisson et l’autre moitié est de l’eau, les Sages n’ont pas décrété que la saumure est impure.
מַתְנִי׳ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הַלּוֹקֵחַ בְּהֵמָה מְנִיקָה מִן הַגּוֹי — אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל אַחֶרֶת הָיָה. נִכְנָס לְתוֹךְ עֶדְרוֹ וְרָאָה אֶת הַמַּבְכִּירוֹת מְנִיקוֹת, וְשֶׁאֵינָן מַבְכִּירוֹת מְנִיקוֹת — אֵין חוֹשְׁשִׁין שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל זוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל זוֹ, אוֹ שֶׁמָּא בְּנָהּ שֶׁל זוֹ בָּא לוֹ אֵצֶל זוֹ.
MISHNA :Rabban Shimon ben Gamliel dit : Dans le cas de quelqu’un qui achète un animal femelle allaitant à un non-Juif, il n’a pas besoin de s’inquiéter, c’est-à-dire de prendre en compte la possibilité que peut-être elle était en train d’allaiter le petit d’un autre animal. Au contraire, l’acheteur peut supposer qu’elle avait déjà mis bas auparavant. Dans le cas de quelqu’un qui entre au milieu de son troupeau et voit des mères qui ont mis bas pour la première fois et qui allaitaient, et voit aussi des mères qui n’ont pas mis bas pour la première fois et qui allaitaient elles aussi, il n’a pas besoin de s’inquiéter que peut-être le petit de cette bête soit allé vers cette autre bête pour téter, ou que peut-être le petit de cette autre bête soit venu vers cette bête pour téter.
גְּמָ׳ אָמַר רַב נַחְמָן מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: הִלְכְתָא בְּכוּלֵּיהּ פִּירְקִין, בַּר מִפְּלוּגְתָּא. אָמַר רַב שֵׁשֶׁת: אָמֵינָא כִּי נָיֵים וְשָׁכֵיב רַב אָמַר לְהָא שְׁמַעְתָּא! אַהֵיָיא? אִילֵּימָא אַרֵישָׁא — (מפליגי) [מִיפְלָג פְּלִיגִי] רַבִּי יִשְׁמָעֵאל וְרַבִּי עֲקִיבָא!
GUEMARA :Rav Naḥman a dit au nom de Rav : La halakha est conforme à l’opinion du tanna anonyme dans les mishnayottout au long du chapitre entier, sauf là où il y a une divergence d’opinion consignée dans cette michna. Rav Sheshet dit : Je dis que Rav somnolait ou dormait lorsqu’il a énoncé cette halakha. Après tout, à quelle michna cela fait-il référence ? Si nous disons que cela fait référence à la première michna du chapitre (19b), alors sa décision ne s’applique pas, car Rabbi Yishmael et Rabbi Akiva sont en désaccord dans cette michna.
אֶלָּא אַדְּרַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב — מִשְׁנַת רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב ״קַב וְנָקִי״.
Plutôt, vous direz que cela fait référence à la décision de Rabbi Eliezer ben Yaakov (21b). Cela aussi pose problème, puisqu’il est déjà connu que la halakha est conforme à son opinion, car il existe un principe établi selon lequel l’enseignement de Rabbi Eliezer ben Ya’akov ne mesure qu’un kav mais est pur et précis, et par conséquent la halakha est conforme à ses opinions.
אֶלָּא אַדְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל מִפְלָג פְּלִיג בְּבָרַיְיתָא! אֶלָּא אַדְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשׁוּלָּם — הָא אָמַר רַב חֲדָא זִימְנָא, דְּאָמַר רַב: הִלְכְתָא כְּרַבִּי יוֹסֵי בֶּן הַמְשׁוּלָּם! אֶלָּא אַשְּׂעַר בַּעַל מוּם מִיפְלָג פְּלִיגִי עֲקַבְיָא בֶּן מַהֲלַלְאֵל וְרַבָּנַן!
Plutôt, tu diras que cela fait référence à la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel dans la michna ici. Cela aussi est difficile, car il y a un tanna qui n’est pas d’accord, dans la baraita citée en 24a. Plutôt, tu diras que cela fait référence à la déclaration de Rabbi Yosei ben HaMeshullam dans la michna suivante (24b). Mais Rav n’a-t-il pas déjà dit cela une fois ? Comme Rav l’a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yosei ben HaMeshullam. Plutôt, tu diras que cela fait référence à la question du poil d’un premier-né atteint d’un défaut discutée dans la michna en 25b. Mais ce cas aussi fait l’objet d’un désaccord, car Akavya ben Mahalalel et les Sages sont en désaccord dans cette michna.
לְעוֹלָם אַדְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, וְהָא קָא מַשְׁמַע לַן: דְּבָרַיְיתָא לָא פְּלוּגְתָּא הִיא.
La Guemara répond : En réalité, la déclaration de Rav fait référence à la déclaration de Rabban Shimon ben Gamliel ici, et Rav nous enseigne ceci : Que si une michna est contredite par une opinion dissidente citée dans une baraita, cela n’est pas considéré comme un différend, et la halakha suit donc l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel.
וְכֵיוָן דְּאָמַר רַב: הִלְכְתָא בְּכוּלֵּיהּ פִּירְקִין בַּר מִפְּלוּגְתָּא,
La Guemara demande : Mais puisque Rav a dit que la halakha est conforme à l’opinion du tanna anonyme dans les mishnayottout au long du chapitre entier sauf là où il y a une divergence d’opinion,