וְהָתַנְיָא: רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יְהוּדָה אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן: מְחוּסַּר זְמַן נִכְנָס לַדִּיר לְהִתְעַשֵּׂר, וַהֲרֵי הֵן כִּבְכוֹר — מָה בְּכוֹר קָדוֹשׁ לִפְנֵי זְמַנּוֹ וְקָרֵב לְאַחַר זְמַנּוֹ, אַף מְחוּסַּר זְמַן קָדוֹשׁ לִפְנֵי זְמַנּוֹ וְקָרֵב לְאַחַר זְמַנּוֹ.
La Guemara ajoute : Et en effet, il est enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Yehuda dit au nom de Rabbi Shimon : Un animal dont le temps n’est pas encore arrivé entre dans l’enclos pour être dîmé. Et ces animaux sont comme un premier-né : De même qu’un premier-né est consacré avant son temps et est sacrifié après son temps, de même, un animal dont le temps n’est pas encore arrivé est consacré avant son temps et sacrifié après son temps.
וְאַדְּיָלֵיף מִבְּכוֹר, נֵילַיף מִקֳּדָשִׁים? מִסְתַּבְּרָא מִבְּכוֹר הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן: גּוֹאֵל, מוּם, תְּמוּרַת, אֲכִילָה.
La Guemara soulève une difficulté : Mais, plutôt que de dériver la halakha des animaux soumis à la dîme du premier-né, qu’on la dérive des animaux sacrificiels, qui ne peuvent pas être consacrés avant que leur moment n’arrive. La Guemara répond qu’il est raisonnable d’affirmer qu’il serait approprié de dériver la halakha des animaux soumis à la dîme du premier-né, car ils ont en commun les quatre aspects suivants : Premièrement, contrairement aux animaux sacrificiels, on ne peut pas racheter un premier-né ou un animal soumis à la dîme même s’il développe un défaut. Deuxièmement, un défaut ne les empêche pas d’être investis de sainteté. Troisièmement, un animal qui a été rendu substitut d’un premier-né ou d’un animal soumis à la dîme n’est pas sacrifié. Enfin, ils sont consommés sans avoir été rachetés, tandis que les autres animaux sacrificiels doivent d’abord être rachetés.
אַדְּרַבָּה, מִקֳּדָשִׁים הֲוָה לֵיהּ לְמֵילַף, שֶׁכֵּן זָכָר, קָדוֹשׁ, בְּמַתָּנוֹת, פָּשׁוּט. אֶלָּא רַבִּי שִׁמְעוֹן ״הַעֲבָרָה״ ״הַעֲבָרָה״ גְּמִיר.
La Guemara répond : Au contraire, il serait approprié de déduire la halakha des animaux soumis à la dîme des animaux sacrificiels, car ils ont en commun ce qui suit : Premièrement, contrairement aux premiers-nés, les animaux soumis à la dîme comme les animaux consacrés ne sont pas limités aux mâles. Deuxièmement, tous deux sont sanctifiés par une action humaine plutôt que d’être intrinsèquement consacrés. De plus, ils ne sont pas inclus parmi les dons au prêtre. Enfin, tous deux commencent leur vie comme des animaux ordinaires plutôt que comme des animaux ayant le statut unique d’être nés les premiers. La Guemara accepte cette objection : Au contraire, Rabbi Shimon déduit la halakha d’une analogie verbale entre le terme : « Tu feras passer » (Exode 13:12), écrit au sujet du premier-né, et le terme : « Tout ce qui passe sous la verge » (Lévitique 27:32), énoncé au sujet des animaux soumis à la dîme.
הֵיכִי דָּמֵי טִינּוּף? אָמַר רָבָא, כִּדְאָמְרִי רָעֲוָתָא: דְּצָלְתָּא אֲצַר חֵיוְתָא. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בַּעְבּוּעֵי דִּדְמָא. וְצָרִיךְ לְהַרְאוֹתוֹ לְחָכָם. חָכָם מְנָא יָדַע? אָמַר רַב פָּפָּא: רוֹעֶה חָכָם.
§ La michna enseigne qu’un écoulement trouble constitue une preuve d’un fœtus et dispense toute future progéniture d’être comptée comme premier-né. La Guemara demande : Qu’est-ce qui est considéré comme un écoulement trouble qui dispense la future progéniture du statut de premier-né ? Rava dit : Comme disent les bergers : un écoulement trouble [detzalta] provenant de l’utérus est le signe d’un fœtus que l’animal a supprimé dans son ventre. Et Shmuel dit : Ce sont des bulles de sang. La Guemara ajoute : Et il faut montrer l’écoulement à un sage [ḥakham] afin d’en déterminer le statut. La Guemara demande : Un sage ? Comment saurait-il en déterminer la nature ? Rav Pappa dit : Il s’agit d’un berger savant [ḥakham], qui connaît les différents types d’écoulement qu’un animal peut produire.
אָמַר רַב חִסְדָּא: הֲרֵי אָמְרוּ יְצִירַת הַוָּולָד בָּאִשָּׁה אַרְבָּעִים יוֹם. בָּעֵי רַב חִסְדָּא: בִּבְהֵמָה בְּכַמָּה? אֲמַר לֵיהּ רַב פָּפָּא לְאַבָּיֵי: לָאו הַיְינוּ דִּזְעֵירִי, דְּאָמַר זְעֵירִי: אֵין טִינּוּף פָּחוֹת מִשְּׁלֹשִׁים יוֹם? הַהוּא לְקַבֵּל אִיתְּמַר.
Rav Ḥisda dit : Ils ont dit que la formation d’un fœtus chez une femme prend quarante jours. Rav Ḥisda demande donc : Chez un animal, combien de jours faut-il pour que le fœtus se forme ? Rav Pappa dit à Abaye : Cette question n’est-elle pas résolue par ce qu’a dit Ze’eiri, car Ze’eiri a dit : Un écoulement trouble survient au moins trente jours après la conception ? La Guemara explique : Non ; cela a été dit au sujet des trente jours suivant l’expulsion d’un écoulement trouble, pendant lesquels une femelle ne montre pas de réceptivité envers un mâle et ne devient pas enceinte. La Guemara laisse la question de Rav Ḥisda sans réponse.
מָצִינוּ לוֹקֵחַ מִגּוֹי, לוֹקֵחַ מִיִּשְׂרָאֵל מַאי? אָמַר רַב: בְּכוֹר וַדַּאי, דְּאִם אִיתָא דְּבִכְּרָה — אִישְׁתַּבּוֹחֵי הֲוָה מִישְׁתַּבַּח לֵיהּ.
§ Nous avons constaté que la michna traite de la halakha de celui qui achète un animal d’un gentil. La Guemara demande : Quelle est la halakha concernant celui qui achète un animal d’un Juif et l’on ignore si l’animal avait déjà mis bas auparavant ? Rav dit : Sa progéniture est un premier-né certain, car s’il en était ainsi qu’il avait déjà auparavant mis bas un premier-né, le propriétaire s’en serait vanté auprès de l’acheteur en disant qu’il n’aurait pas à donner sa progéniture à un prêtre.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: בְּכוֹר סָפֵק, סָבַר לִשְׁחִיטָה קָא בָעֵי לֵיהּ. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: חוּלִּין וַדָּאִין, מַאי טַעְמָא? אִם אִיתָא דְּלֹא בִּכְּרָה, כֵּיוָן דְּאִיכָּא אִיסּוּרָא, אוֹדוֹעֵי הֲוָה מוֹדַע לֵיהּ.
Et Shmuel dit : Le statut de premier-né de sa progéniture est incertain, car même si elle avait déjà mis bas auparavant, le vendeur pense que l’acheteur la veut pour l’abattage, et il ne prend donc pas la peine de l’informer de son statut. Et Rabbi Yoḥanan dit : Sa progéniture est certainement un animal non consacré. Quelle en est la raison ? Si c’était le cas qu’elle n’avait pas mis bas auparavant, puisqu’il y a un interdit en jeu, on peut supposer que le vendeur aurait informé l’acheteur du statut de l’animal.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר חוּלִּין: אִם לֹא הוֹדִיעוֹ — הוֹלֵךְ וְשׁוֹחֵט וְאֵינוֹ נִמְנָע. לֵימָא תֶּיהְוֵי תְּיוּבְתָּא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל? הָתָם בְּמוֹכֵר תַּלְיָא מִילְּתָא, הָכָא בְּלוֹקֵחַ תַּלְיָא מִילְּתָא.
La Guemara note : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Rabbi Yoḥanan, qui dit que la progéniture est non sacrée : En ce qui concerne l’interdiction d’abattre une mère et sa progéniture le même jour, si le vendeur n’a pas informé l’acheteur que la mère ou la progéniture de l’animal qu’il achète a été vendue plus tôt ce jour-là, l’acheteur peut aller abattre l’animal et il n’a pas besoin de s’abstenir de le faire. Dirons-nous que cettebaraita est une réfutation concluante des opinions de Rav et Shmuel ? La Guemara rejette cette suggestion : Là-bas, en ce qui concerne l’abattage d’une mère et de sa progéniture, la question dépend du vendeur, car c’est à lui qu’incombe la responsabilité d’en informer l’acheteur. Ici, dans le cas d’un premier-né, la question dépend de l’acheteur, et c’est à lui qu’il incombe de se renseigner sur le statut de l’animal.
מַתְנִי׳ רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: בְּהֵמָה גַּסָּה שֶׁשָּׁפְעָה חֲרָרַת דָּם, הֲרֵי זוֹ תִּקָּבֵר, וּפְטוּרָה מִן הַבְּכוֹרָה.
MICHNA :Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Dans le cas d’un gros animal qui a expulsé une masse de sang coagulé, cette masse doit être enterrée. La raison en est qu’il y avait peut-être là un fœtus mâle qui a été consacré comme premier-né lorsqu’il est sorti, et l’animal est exempté de voir toute future progéniture considérée comme premier-né.
גְּמָ׳ תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: אֵינָהּ מְטַמְּאָה לֹא בְּמַגָּע וְלֹא בְּמַשָּׂא. וּמֵאַחַר דְּאֵינָהּ מְטַמְּאָה לֹא בְּמַגָּע וְלֹא בְּמַשָּׂא, אַמַּאי תִּקָּבֵר?
GUEMARA :Rabbi Ḥiyya enseigne : Cette masse de sang coagulé ne transmet pas l’impureté rituelle, ni par contact physique ni par port. La Guemara demande : Mais puisqu’elle ne transmet pas l’impureté, ni par contact ni par port, ce qui indique qu’elle n’est pas considérée comme un fœtus, pourquoi doit-elle être enterrée ?