וְהָוֵינַן בַּהּ: מַאי שְׁנָא לְכָאן וּלְכָאן דְּלָא — דְּאֵין בְּרֵירָה, מִזְרָח וּמַעֲרָב נָמֵי אֵין בְּרֵירָה!
Et nous avons discuté la difficulté suivante à propos de cet enseignement d’Ayo : Quelle différence y a-t-il dans le cas où deux rabbins viennent aux deux endroits, l’un ici et l’autre là-bas, et où une personne place deux eiruvin, prévoyant de décider pendant le Chabbat à quel enseignement elle assistera ? Pourquoi Rabbi Yehouda a-t-il déclaré que cela ne peut pas être fait ? C’est parce qu’il soutenait qu’il n’y a pas de désignation rétroactive . Mais si c’est le cas, dans le premier cas aussi, où un seul rabbin vient, mais où le lieu de son enseignement n’était pas connu avant Chabbat, et où une personne a placé des eiruvin à l’est et à l’ouest, nous devrions dire qu’aucun des deux n’est valable, parce que l’emplacement du rabbin ne sera pas connu avant Chabbat, et qu’il n’y a pas de désignation rétroactive .
וְאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: וּכְבָר בָּא חָכָם. אַלְמָא: לֵית לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן בְּרֵירָה!
Et Rabbi Yoḥanan a dit en explication : Ce premier cas se rapporte à une situation dans laquelle le rabbin était déjà arrivé avant que le eiruv ne soit placé, mais celui qui place le eiruv ne connaît pas l’emplacement du rabbin. Par conséquent, il avait déjà été déterminé lequel des deux eiruvin serait effectif, bien que cela ne lui fût pas encore connu lorsque le Chabbat commença. Apparemment, donc, Rabbi Yoḥanan n’accepte pas le principe de la désignation rétroactive même dans les questions de loi rabbinique, puisqu’il affirme que si le rabbin arrivait après que le eiruv a été placé, cela ne serait pas effectif rétroactivement.
אֶלָּא: לְעוֹלָם לָא תֵּיפוֹךְ, וְכִי לֵית לֵיהּ לְרַבִּי אוֹשַׁעְיָא בְּרֵירָה — בִּדְאוֹרָיְיתָא, אֲבָל בִּדְרַבָּנַן — אִית לֵיהּ.
Au contraire, la Guemara rejette cette approche et déclare : En réalité, n’inversez pas les opinions de Rabbi Yoḥanan et de Rabbi Hoshaya ; c’est bien Rabbi Hoshaya, également connu sous le nom de Rabbi Oshaya, qui accepte la désignation rétroactive, et Rabbi Yoḥanan qui la rejette. Quant à la déclaration de Rabbi Oshaya concernant les entrées d’une maison qui contient un cadavre, on peut proposer la réponse suivante : Et quand Rabbi Oshaya n’accepte-t-il pas le principe de la désignation rétroactive ? Lorsqu’il s’agit de questions relevant de la Torah, comme l’impureté rituelle des morts. Mais en ce qui concerne les questions de droit rabbinique, telles que les limites du Chabbat et la mise en place des eiruvin, il accepte bien ce principe.
דָּרֵשׁ מָר זוּטְרָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי אוֹשַׁעְיָא.
Mar Zutra a enseigné dans une leçon publique : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Oshaya concernant la désignation rétroactive.
אָמַר שְׁמוּאֵל: שׁוֹר שֶׁל פַּטָּם — הֲרֵי הוּא כְּרַגְלֵי כׇּל אָדָם. שׁוֹר שֶׁל רוֹעֶה — הֲרֵי הוּא כְּרַגְלֵי אוֹתָהּ הָעִיר.
Shmuel a dit : Un bœuf d’un engraisseur, quelqu’un dont l’occupation est d’engraisser des bœufs afin de les vendre pour leur viande, est comme les pieds de tout le monde. Il est comme les pieds de celui qui acquiert l’animal pendant la Fête, même si l’acheteur vient d’une autre ville, car l’intention de l’engraisseur au début de la Fête est que le bœuf appartienne à quiconque l’achète. Mais un bœuf d’un berger, qui élève des bœufs pour lui-même mais les vend parfois à ses voisins ou à ses connaissances, est comme les pieds des habitants de cette ville, car son intention au début de la Fête est qu’il pourrait vendre l’animal à quelqu’un de la ville, mais non à quelqu’un de l’extérieur de la ville.
הַשּׁוֹאֵל כְּלִי מֵחֲבֵירוֹ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, שֶׁלֹּא מְסָרוֹ לוֹ אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב. מַהוּ דְּתֵימָא: לָאו בִּרְשׁוּתֵיהּ אוֹקְמֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן.
§ La michna énonce : Dans le cas de celui qui emprunte un ustensile à un autre la veille d’une fête, il est considéré selon les pieds de l’emprunteur. La Guemara demande : Il est évident qu’il en est ainsi, puisque le lieu de repos de l’ustensile a déjà été établi dans la possession de l’emprunteur. La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’énoncer cette halakha dans un cas où l’on ne le lui a pas remis l’ustensile avant la fête elle-même. De peur que tu ne dises : Puisque le prêteur ne l’a pas établi dans la possession de l’emprunteur possession avant le début de la fête, il devrait rester selon les pieds du prêteur ; la michna nous enseigne donc qu’il n’en est pas ainsi, mais qu’il est selon les pieds de l’emprunteur.
מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן, דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הַשּׁוֹאֵל כְּלִי מֵחֲבֵירוֹ מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב, אַף עַל פִּי שֶׁלֹּא נְתָנוֹ לוֹ אֶלָּא בְּיוֹם טוֹב — הֲרֵי הוּא כְּרַגְלֵי הַשּׁוֹאֵל.
La Guemara commente : Interprétée de cette manière, la michna soutient une déclaration de Rabbi Yoḥanan, car Rabbi Yoḥanan a dit : Celui qui emprunte un ustensile à un autre la veille d’une fête, même si celui-ci ne le lui a remis que pendant la fête elle-même, il est considéré selon les pas de l’emprunteur.
בְּיוֹם טוֹב — כְּרַגְלֵי הַמַּשְׁאִיל. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דִּרְגִיל וְשָׁאֵיל מִינֵּיהּ, מַהוּ דְּתֵימָא: בִּרְשׁוּתֵיהּ קָא מוֹקֵים לֵיהּ, קָא מַשְׁמַע לַן, מֵימָר אָמַר: דִּלְמָא מַשְׁכַּח אִינִישׁ אַחֲרִינָא וְאָזֵיל וְשָׁאֵיל מִינֵּיהּ.
§ Il est enseigné dans la michna : si quelqu’un a emprunté pendant le Festival lui-même, cela suit les pieds du prêteur. La Guemara s’interroge de nouveau : cela est évident. La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’énoncer cette halakha dans un cas où cet emprunteur a l’habitude d’emprunter de tels objets à ce prêteur. De peur que tu ne dises que, puisque ce prêt se produit régulièrement, le prêteur l’établit en sa possession à l’avance, et qu’il faudrait donc le considérer comme si le lieu de repos de l’objet était établi selon les pieds de l’emprunteur, la michna nous enseigne donc qu’il n’en est pas ainsi, car le prêteur se dit certainement à lui-même : Peut-être trouvera-t-il quelqu’un d’autre cette fois, et ira emprunter auprès de lui. Par conséquent, le prêteur ne transfère pas la possession de l’objet à l’emprunteur avant que celui-ci ne le prenne, et il ne peut être transporté que là où le prêteur peut aller.
וְכֵן הָאִשָּׁה שֶׁשָּׁאֲלָה מֵחֲבֶרְתָּהּ. כִּי סְלֵיק רַבִּי אַבָּא אָמַר: יְהֵא רַעֲוָא דְּאֵימָא מִלְּתָא דְּתִתְקַבַּל. כִּי סְלֵיק, אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי חֲנִינָא בַּר פַּפִּי וְרַבִּי זֵירָא, וְאָמְרִי לַהּ רַבִּי אֲבָהוּ וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן פַּזִּי וְרַבִּי יִצְחָק נַפָּחָא, וְיָתְבִי וְקָאָמְרִי: אַמַּאי? וְלִבְטִיל מַיִם וָמֶלַח לְגַבֵּי עִיסָּה! אֲמַר לְהוּ רַבִּי אַבָּא:
§ Il est enseigné dans la michna : Et de même, une femme qui a emprunté des épices à une autre pour les mettre dans un plat, ou de l’eau et du sel pour les mettre dans sa pâte, ceux-ci sont selon les pieds des deux. La Guemara raconte : Lorsque Rabbi Abba monta de Babylonie en Eretz Israël, il dit : Puisse-ce être la volonté de Dieu que je dise une parole de halakha qui sera acceptée par mes auditeurs en Eretz Israël, afin que je ne sois pas couvert de honte. Lorsqu’il monta, il trouva Rabbi Yoḥanan, Rabbi Ḥanina bar Pappi et Rabbi Zeira, et certains disent qu’il trouva Rabbi Abbahu, Rabbi Shimon ben Pazi et Rabbi Yitzḥak Nappaḥa, et ils étaient assis et disaient dans une discussion de la michna : Pourquoi telle est la halakha concernant la pâte ? Mais que l’eau et le sel soient considérés comme annulés dans la pâte, et que le statut de la pâte suive sa farine plutôt que ses ingrédients mineurs, tels que l’eau et le sel. Rabbi Abba leur dit :