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מַתְנִי׳ אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסּוּכָּה, אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ.
MICHNA :On ne peut pas prendre du bois d’une sukka pendant aucune Fête, pas seulement pendant la fête de Souccot, car cela est considéré comme un démantèlement, mais on peut en prendre à proximité d’elle.
גְּמָ׳ מַאי שְׁנָא מִן הַסּוּכָּה דְּלָא — דְּקָא סָתַר אֻהְלָא, מִן הַסָּמוּךְ לָהּ נָמֵי — קָא סָתַר אֻהְלָא?
GUEMARA : La Guemara soulève une question au sujet de la michna : En quoi ce cas est-il différent ? Pourquoi la michna a-t-elle enseigné que de la soukka elle-même, on ne peut pas retirer du bois ? C’est parce que l’on démonte ainsi une tente, ce qui constitue un travail interdit. Mais dans ce cas, si l’on prend du bois également à proximité d’elle, n’est-ce pas ainsi démonter une tente ? Pourquoi, alors, la michna le permet-elle ?
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: מַאי סָמוּךְ — סָמוּךְ לַדְּפָנוֹת. רַב מְנַשְּׁיָא אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא בְּשֶׁאֵין סָמוּךְ לַדְּפָנוֹת, כִּי תַּנְיָא הָהִיא — בְּאִסּוּרְיָיתָא.
Rav Yehuda a dit que Shmuel a dit : Quel est le sens de : Près d’elle ? Cela signifie près des parois. Le bois placé près des parois peut être retiré parce qu’il ne fait pas partie de la soukka elle-même ; les parois elles-mêmes ne peuvent pas être retirées. Rav Menashya a dit : Même si tu dis qu’il s’agit d’un cas le bois n’est pas près des parois mais fait partie du toit de la soukka elle-même, lorsque cettebaraita a été enseignée, c’était au sujet de bottes de roseaux qui ne sont pas considérées comme faisant partie du toit de la soukka, puisqu’elles n’ont pas été déliées. Par conséquent, on peut les retirer.
תַּנְיָא רַבִּי חִיָּיא בַּר יוֹסֵף קַמֵּיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן: אֵין נוֹטְלִין עֵצִים מִן הַסּוּכָּה אֶלָּא מִן הַסָּמוּךְ לָהּ, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר. וְשָׁוִין בְּסוּכַּת הַחַג בֶּחָג — שֶׁאֲסוּרָה. וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ.
Rabbi Ḥiyya bar Yosef a enseigné la baraita suivante devant Rabbi Yoḥanan : On ne peut pas prendre du bois de la sukka elle-même, mais seulement du bois voisin. Et Rabbi Shimon permet de prendre du bois également de la sukka. Et tous sont d’accord, même Rabbi Shimon, que concernant la sukka qui a été construite pour la fête de Sukkot, pendant la Fête il est interdit d’en retirer du bois. Mais si, dès le départ, on a stipulé une condition à son sujet lui permettant de l’utiliser à d’autres fins, alors tout est conforme à sa stipulation.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר? וְהָא קָא סָתַר אֻהְלָא! אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הָכָא בְּסוּכָּה נוֹפֶלֶת עָסְקִינַן, וְרַבִּי שִׁמְעוֹן לְטַעְמֵיהּ, דְּלֵית לֵיהּ מוּקְצֶה. דְּתַנְיָא: מוֹתַר הַשֶּׁמֶן שֶׁבַּנֵּר וְשֶׁבַּקְּעָרָה — אָסוּר. וְרַבִּי שִׁמְעוֹן מַתִּיר.
La Guemara remet en question cette baraita : Et Rabbi Shimon permet-il de prendre du bois de la soucca elle-même ? Mais n’est-ce pas démonter une tente, ce qui constitue un travail interdit ? La Guemara répond que Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Ici, nous traitons d’une soucca qui s’est déjà effondrée. Par conséquent, la seule préoccupation potentielle est le mouktsé, et non le démontage. Et Rabbi Shimon suit sa ligne habituelle de raisonnement, car il n’est pas d’avis qu’il existe une interdiction de mouktsé, comme cela est enseigné dans une baraita : Si une mèche dans de l’huile a été allumée avant Chabbat et qu’elle s’est éteinte pendant Chabbat, le reste de l’huile dans une lampe ou dans un bol est interdit à l’usage, car c’est du mouktsé. Et Rabbi Shimon permet de l’utiliser. Par conséquent, Rabbi Shimon permet aussi de prendre du bois de la soucca.
מִי דָּמֵי? הָתָם אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי תִּכְבֶּה נֵרוֹ, הָכָא אָדָם יוֹשֵׁב וּמְצַפֶּה אֵימָתַי תִּפּוֹל סוּכָּתוֹ?
La Guemara rejette cette affirmation : Est-ce comparable ? Là-bas, dans le cas de l’huile dans une lampe, une personne reste assise et anticipe le moment où sa lampe s’éteindra. Il est clair pour elle qu’elle s’éteindra, et elle peut supposer en toute sécurité qu’une certaine quantité d’huile restera dans la lampe ou dans le bol. Ici, cependant, peut-on dire qu’une personne reste assise et anticipe le moment où sa soucca tombera ? Elle ne peut pas savoir à l’avance que sa soucca s’effondrera.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: הָכָא בְּסוּכָּה רְעוּעָה עָסְקִינַן, דְּמֵאֶתְמוֹל דַּעְתֵּיהּ עִלָּוַהּ.
Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Ici, nous traitons d’une soucca qui n’est pas solide, car depuis hier, la veille de la fête, on l’avait déjà à l’esprit. Il pensait qu’elle pourrait s’effondrer et, par conséquent, il n’a pas écarté de son esprit la possibilité d’utiliser son bois.
וְשָׁוִין בְּסוּכַּת הֶחָג בֶּחָג שֶׁהִיא אֲסוּרָה, וְאִם הִתְנָה עָלֶיהָ — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ. וּמִי מַהֲנֵי בַּהּ תְּנַאי?
§ La baraita ci-dessus énonce : Tous sont d’accord au sujet de la sukka qui a été construite pour la fête de Souccot, à savoir que pendant la Fête il est interdit d’en retirer du bois, mais si quelqu’un a stipulé une condition à son sujet, alors tout dépend de sa condition. La Guemara demande : Et une condition est-elle effective à son égard ?
וְהָאָמַר רַב שֵׁשֶׁת מִשּׁוּם רַבִּי עֲקִיבָא: מִנַּיִן לַעֲצֵי סוּכָּה שֶׁאֲסוּרִין כׇּל שִׁבְעָה — שֶׁנֶּאֱמַר: ״חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״, וְתַנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בְּתִירָא אוֹמֵר: מִנַּיִן שֶׁכְּשֵׁם שֶׁחָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַחֲגִיגָה, כָּךְ חָל שֵׁם שָׁמַיִם עַל הַסּוּכָּה — תַּלְמוּד לוֹמַר: ״חַג הַסּוּכּוֹת שִׁבְעַת יָמִים לַה׳״, מָה חַג לַה׳ — אַף סוּכָּה לַה׳.
Mais Rav Sheshet n’a-t-il pas dit au nom de Rabbi Akiva : D’où est-il dérivé que le bois d’une soukka est interdit à tout autre usage pendant les sept jours de la fête ? Comme il est dit : « La fête de Soukkot pour le Seigneur, sept jours » (Lévitique 23:34). Et il est enseigné dans une autre baraita, en explication de cela, que Rabbi Yehouda ben Beteira dit : D’où est-il dérivé que, de même que le nom du Ciel prend effet sur l’offrande de paix de la fête, de même le nom du Ciel prend effet sur la soukka ? Le verset dit : « La fête de Soukkot pour le Seigneur, sept jours » (Lévitique 23:34), d’où l’on apprend : De même que l’offrande de la fête est consacrée au Seigneur, de même la soukka est consacrée au Seigneur. Puisque le bois de la soukka est comparé à des objets consacrés, comment peut-on stipuler une condition à son sujet ?
אָמַר רַב מְנַשְּׁיָא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: סֵיפָא אֲתָאן לְסוּכָּה דְעָלְמָא, אֲבָל סוּכָּה דְמִצְוָה — לָא מַהֲנֵי בַּהּ תְּנָאָה.
Rav Menashya, fils de Rava, a dit : Dans la clause finale, où la stipulation est mentionnée, nous en sommes arrivés au cas d’une soukka ordinaire, une cabane utilisée toute l’année, et non spécifiquement pour la Fête. En ce qui concerne une telle soukka, on peut stipuler d’utiliser le bois comme on le souhaite ; mais quant à une soukka de mitsva, utilisée pour la Fête, une condition n’est pas effective à son égard.
וְסוּכָּה דְּמִצְוָה לָא? וְהָתַנְיָא: סִכְּכָהּ כְּהִלְכָתָהּ וְעִטְּרָהּ בִּקְרָמִים וּבִסְדִינִין הַמְצוּיָּירִין, וְתָלָה בָּהּ אֱגוֹזִים שְׁקֵדִים אֲפַרְסְקִים וְרִמּוֹנִים וּפַרְכִּילֵי עֲנָבִים, יֵינוֹת שְׁמָנִים וּסְלָתוֹת וְעַטְרוֹת שִׁבֳּלִים — אָסוּר לְהִסְתַּפֵּק מֵהֶן עַד מוֹצָאֵי יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג. וְאִם הִתְנָה עֲלֵיהֶם — הַכֹּל לְפִי תְנָאוֹ.
La Guemara pose une question sous un autre angle : Et une condition n’est-elle pas valable pour une soukka de mitsva ? Mais n’est-il pas enseigné dans la Tosefta : Dans le cas d’une soukka que l’on a couverte conformément à sa halakha, et décorée de tissus brodés et de draps à motifs, et à laquelle on a suspendu des noix, des amandes, des pêches, des grenades, et des grappes [parkilei] de raisin, ainsi que des récipients en verre remplis de vin, d’huile et de farine, et des couronnes d’épis pour la décoration, il est interdit de tirer profit de toutes ces choses jusqu’à la fin du dernier jour de fête. Mais si l’on a stipulé une condition à leur sujet par laquelle on s’autorise à les utiliser, alors tout dépend de sa condition. Cela montre que les conditions sont valables même en ce qui concerne une soukka de mitsva.
אַבָּיֵי וְרָבָא דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: בְּאוֹמֵר אֵינִי בּוֹדֵל מֵהֶם כׇּל בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, דְּלָא חָלָה קְדוּשָּׁה עֲלַיְיהוּ. אֲבָל עֲצֵי סוּכָּה, דְּחָלָה קְדוּשָּׁה עֲלַיְיהוּ — אִתַּקְצַאי לְשִׁבְעָה.
La Guemara répond sur la base de l’opinion de Abaye et Rava, qui disent tous deux qu’il s’agit d’un cas où quelqu’un dit : Je ne me retire pas d’eux pendant tout le crépuscule. En d’autres termes, il annonce dès le départ qu’il ne les met pas de côté uniquement comme décorations de la soucca, mais qu’il les utilisera aussi à d’autres fins. Dans ce cas, aucune sainteté ne s’applique à eux du tout, et il peut donc les utiliser pendant toute la fête. Cependant, en ce qui concerne le bois même d’une soucca, la sainteté s’y applique du seul fait de la construction de la soucca, et il a donc été mis à l’écart de l’usage pendant les sept jours.
וּמַאי שְׁנָא מֵהָא דְּאִתְּמַר: הִפְרִישׁ שִׁבְעָה אֶתְרוֹגִים לְשִׁבְעַת הַיָּמִים, אָמַר רַב: כׇּל אַחַת וְאַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְאַלְתַּר. וְרַב אַסִּי אָמַר: כׇּל אַחַת יוֹצֵא בָּהּ וְאוֹכְלָהּ לְמָחָר!
La Guemara demande : Et en quoi cela est-il différent de ce qui a été dit au sujet d’une autre halakha : Dans le cas de quelqu’un qui a mis à part sept etrogim pour chacun des sept jours de la fête, un pour chaque jour, Rav a dit : Il s’acquitte de son obligation avec chacun d’entre eux lorsqu’il récite la bénédiction sur le lulav et l’etrog, et, s’il le souhaite, il peut le manger immédiatement après la bénédiction. Et Rav Asi a dit : Il s’acquitte de son obligation avec chacun, et il peut le manger le lendemain, car il conserve sa sainteté pendant toute cette journée. En tout cas, tous s’accordent à dire que la sainteté de chaque etrog ne s’étend pas au lendemain. Si tel est le cas, pourquoi la sainteté de la sukka s’étend-elle sur les sept jours ?
הָתָם, דְּמַפְסְקוּ לֵילוֹת מִיָּמִים — כׇּל חַד וְחַד יוֹמָא מִצְוָה בְּאַפֵּי נַפְשֵׁיהּ הוּא. הָכָא, דְּלָא מַפְסְקוּ לֵילוֹת מִיָּמִים — כּוּלְּהוּ יוֹמֵי כַּחֲדָא יוֹמָא אֲרִיכְתָּא דָּמֵי.
La Guemara répond : Il y a une différence entre un etrog et une soukka. Là-bas, en ce qui concerne un etrog, les nuits sont séparées des jours, car la mitsva du etrog ne s’applique que pendant le jour et non la nuit. Cela signifie que chaque jour constitue sa propre mitsva, et donc un objet sanctifié pour un jour n’est pas nécessairement sanctifié pour le jour suivant. Cependant, ici, en ce qui concerne une soukka, les nuits ne sont pas séparées des jours, car la mitsva de soukka s’applique aussi la nuit, les sept jours sont considérés comme un seul long jour. Pendant toute la fête, il n’y a pas un seul moment où la sainteté de la soukka quitte le bois ; elle ne le quitte qu’à la conclusion de la fête.

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