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מַתְנִי׳ מְבִיאִין עֵצִים מִן הַשָּׂדֶה — מִן הַמְכוּנָּס, וּמִן הַקַּרְפֵּף — אֲפִילּוּ מִן הַמְפוּזָּר. אֵיזֶהוּ קַרְפֵּף — כׇּל שֶׁסָּמוּךְ לְעִיר, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה. רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל שֶׁנִּכְנָסִין לוֹ בְּפוֹתַחַת, וַאֲפִילּוּ בְּתוֹךְ תְּחוּם שַׁבָּת.
MICHNA :On peut apporter du bois coupé d’un arbre la veille d’un champ non clôturé, mais seulement de ce qui a été rassemblé en tas avant la Fête afin de l’utiliser pour allumer le feu. Cependant, le bois dispersé est muktze et ne peut pas être manipulé. Et si l’on apporte du bois d’un karpef utilisé pour le stockage, on peut en apporter même du bois dispersé, car cela est considéré comme une cour gardée plutôt qu’un champ, et l’on ne détourne pas son esprit même des objets dispersés s’ils sont entreposés dans une telle enceinte. La michna explique : Qu’est-ce qu’un karpef ? C’est toute enceinte proche d’une ville, mais si elle est éloignée d’une ville, elle est considérée comme un champ ; telle est l’opinion de Rabbi Yehouda. Rabbi Yossei dit : Toute enceinte clôturée dans laquelle on ne peut entrer qu’avec une clé est un karpef, même si elle est située loin d’une ville, à condition qu’elle soit dans la limite de Chabbat.
גְּמָ׳ אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: אֵין מְבִיאִין עֵצִים אֶלָּא מִן הַמְכוּנָּסִין שֶׁבַּקַּרְפֵּף. וְהָא אֲנַן תְּנַן: מִן הַקַּרְפֵּף — וַאֲפִילּוּ מִן הַמְפוּזָּרִים! מַתְנִיתִין יְחִידָאָה הִיא.
GUEMARA :Rav Yehouda a dit que Shmuel a dit : On ne peut apporter du bois que du bois qui a été rassemblé dans un karpef. La Guemara objecte : Mais n’avons-nous pas appris dans la michna : Et d’un karpef, même du bois dispersé ? La Guemara répond : La michna suit une opinion individuelle.
דְּתַנְיָא, אָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: לֹא נֶחְלְקוּ בֵּית שַׁמַּאי וּבֵית הִלֵּל עַל הַמְפוּזָּרִים שֶׁבַּשָּׂדוֹת — שֶׁאֵין מְבִיאִין, וְעַל הַמְכוּנָּסִין שֶׁבַּקַּרְפֵּף — שֶׁמְּבִיאִין. עַל מָה נֶחְלְקוּ — עַל הַמְפוּזָּרִים שֶׁבַּקַּרְפֵּף וְעַל הַמְכוּנָּסִין שֶׁבַּשָּׂדוֹת, שֶׁבֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: לֹא יָבִיא, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: יָבִיא.
On ne peut pas s’y fier, comme cela ressort clairement d’une autre source selon laquelle l’opinion majoritaire est différente, comme il est enseigné dans une baraita que Rabbi Shimon ben Elazar a dit : Beit Shammai et Beit Hillel n’ont pas divergé au sujet de bois éparpillé dans les champs, qu’on ne peut pas apporter pendant une fête à sa maison pour allumer un feu, ni au sujet de bois rassemblé dans un karpef, qu’on peut apporter. Au sujet de quoi ont-ils divergé ? C’est au sujet du bois éparpillé dans un karpef et du bois rassemblé dans les champs, car Beit Shammai disent : On ne peut pas l’apporter, et Beit Hillel disent : On peut l’apporter. Bien que l’opinion indulgente au sujet du bois rassemblé dans un champ soit attribuée à Beit Hillel, cela n’est vrai que selon l’opinion minoritaire de Rabbi Shimon ben Elazar. Cependant, la majorité des Sages est en désaccord et dit qu’on ne peut pas du tout apporter du bois d’un champ, même selon Beit Hillel.
אָמַר רָבָא: עֲלֵי קָנִים וַעֲלֵי גְפָנִים, אַף עַל גַּב דִּמְכַנְּפִי לְהוּ וּמוֹתְבִי, כֵּיוָן דְּאִי מִדְּלֵי זִיקָא מְבַדַּר לְהוּ — כִּמְפוּזָּרִים דָּמוּ וַאֲסוּרִין. וְאִי אַתְנַח מָנָא מֵאֶתְמוֹל עֲלַיְיהוּ — שַׁפִּיר דָּמֵי.
Rava a dit : En ce qui concerne les feuilles de roseau et les feuilles de vigne, bien qu’elles soient rassemblées ensemble et placées au même endroit, puisque, si un vent survient, il les dispersera, elles sont déjà considérées comme dispersées et sont donc interdites. Étant donné qu’il est probable qu’elles soient dispersées par le vent, on n’a pas l’intention de les utiliser. Cependant, si quelqu’un a placé un récipient sur elles la veille pour empêcher qu’elles ne soient dispersées par le vent, cela est considéré comme approprié et c’est permis.
אֵיזֶהוּ קַרְפֵּף וְכוּ׳. אִבַּעְיָא לְהוּ: הֵיכִי קָאָמַר, כׇּל שֶׁסָּמוּךְ לָעִיר — וְהוּא דְּאִית לֵיהּ פּוֹתַחַת, וַאֲתָא רַבִּי יוֹסֵי לְמֵימַר: כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ פּוֹתַחַת — אֲפִילּוּ בְּתוֹךְ תְּחוּם שַׁבָּת נָמֵי.
La michna a abordé la question : Qu’est-ce qu’un karpef ? Rabbi Yehouda déclare que c’est tout enclos situé près d’une ville, tandis que, selon l’opinion de Rabbi Yossei, c’est tout endroit clôturé dans lequel on ne peut entrer qu’avec une clé, à condition qu’il se trouve dans la limite de Chabbat d’une ville. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : de quel cas la michna parle-t-elle ? Rabbi Yehouda veut-il dire qu’un karpef est tout endroit situé près d’une ville, à condition qu’il ait une clé, sinon ce n’est pas du tout un karpef ; et Rabbi Yossei vient dire : puisqu’il a une clé, même s’il n’est pas près d’une ville, tant qu’il se trouve dans la limite de Chabbat, il est aussi considéré comme un karpef ? Selon cette compréhension, l’opinion de Rabbi Yossei est plus indulgente que celle de Rabbi Yehouda.
אוֹ דִלְמָא הָכִי קָאָמַר: כׇּל שֶׁסָּמוּךְ לָעִיר — בֵּין דְּאִית לֵיהּ פּוֹתַחַת, בֵּין דְּלֵית לֵיהּ פּוֹתַחַת, וַאֲתָא רַבִּי יוֹסֵי לְמֵימַר: אֲפִילּוּ בְּתוֹךְ תְּחוּם שַׁבָּת, וְדַוְקָא דְּאִית לֵיהּ פּוֹתַחַת, אֲבָל לֵית לֵיהּ פּוֹתַחַת — אֲפִילּוּ סָמוּךְ לָעִיר נָמֵי לָא.
Ou peut-être est-ce là ce que Rabbi Yehouda dit : Tout enclos qui est proche d’une ville est un karpef, qu’il ait une clé ou qu’il n’en ait pas, et Rabbi Yossei vient dire : En ce qui concerne la distance, c’est un karpefmême s’il n’est pas proche d’une ville, à condition qu’il soit dans la limite de Chabbat, mais précisément s’il a une clé. Cependant, s’il n’a pas de clé, même s’il est proche d’une ville, il n’est pas non plus considéré comme un karpef. Selon cette compréhension, l’opinion de Rabbi Yossei n’est pas nécessairement la plus indulgente ; au contraire, pour lui, la question déterminante est de savoir s’il y a ou non une clé, indépendamment de la distance.
תָּא שְׁמַע: מִדְּקָתָנֵי, רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: כׇּל שֶׁנִּכְנָסִין לוֹ בְּפוֹתַחַת — וַאֲפִילּוּ בְּתוֹךְ תְּחוּם שַׁבָּת, שְׁמַע מִינַּהּ רַבִּי יוֹסֵי תַּרְתֵּי לְקוּלָּא קָאָמַר. שְׁמַע מִינַּהּ. אָמַר רַב סַלָּא אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: הֲלָכָה כְּרַבִּי יוֹסֵי לְהָקֵל.
La Guemara répond : Viens et entends du fait qu’il est enseigné dans la michna que Rabbi Yossei dit : Tout endroit dans lequel on entre avec une clé, même à l’intérieur de la limite de Chabbat, et il ne dit pas : Si l’on entre, mais plutôt : Tout endroit dans lequel on entre, cela montre que la clé n’est pas le facteur déterminant. On peut apprendre de cela que Rabbi Yossei a énoncé deux conditions comme des indulgences. En d’autres termes, il n’est plus strict que Rabbi Yehouda dans aucune situation ; il est indulgent dans tous les cas. La Guemara conclut : En effet, apprends d’ici que c’est bien le cas. Rav Salla a dit que Rabbi Yirmeya a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yossei comme indulgence ; il faut comprendre Rabbi Yossei de cette manière, et il faut trancher en conséquence.
מַתְנִי׳ אֵין מְבַקְּעִין עֵצִים לֹא מִן הַקּוֹרוֹת וְלֹא מִן הַקּוֹרָה שֶׁנִּשְׁבְּרָה בְּיוֹם טוֹב. וְאֵין מְבַקְּעִין לֹא בְּקַרְדּוֹם וְלֹא בִּמְגֵרָה וְלֹא בְּמַגָּל, אֶלָּא בְּקוֹפִיץ.
MICHNA :On ne peut pas couper du bois pendant une fête ni à partir de poutres destinées à la construction ni d’une poutre qui s’est brisée pendant une fête, bien qu’elle ne serve plus à rien. Et on ne peut pas couper du bois pendant une fête ni avec une hache, ni avec une scie, ni avec une faucille, car ce sont clairement des outils d’artisan utilisés en semaine. Au contraire, on peut couper seulement avec un couperet. L’usage de cet outil diffère grandement de la manière habituelle de couper le bois en semaine.

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