אוֹרַח אַרְעָא קָא מַשְׁמַע לַן.
nous enseigne simplement la bienséance appropriée, même si aucune interdiction n’est en jeu.
כִּדְתַנְיָא: לֹא יֹאכַל אָדָם שׁוּם וּבָצָל מֵרֹאשׁוֹ, אֶלָּא מֵעָלָיו. וְאִם אָכַל — הֲרֵי זֶה רְעַבְתָּן. כַּיּוֹצֵא בוֹ: לֹא יִשְׁתֶּה אָדָם כּוֹסוֹ בְּבַת אַחַת, וְאִם שָׁתָה — הֲרֵי זֶה גַּרְגְּרָן. תָּנוּ רַבָּנַן: הַשּׁוֹתֶה כּוֹסוֹ בְּבַת אַחַת — הֲרֵי זֶה גַּרְגְּרָן, שְׁנַיִם — דֶּרֶךְ אֶרֶץ, שְׁלֹשָׁה — מִגַּסֵּי הָרוּחַ.
§ Les Sages enseignent les bonnes manières sans lien avec une quelconque interdiction, comme il est enseigné dans une baraita : Une personne ne doit pas manger d’ail ou d’oignon du côté de sa tête, c’est-à-dire ses racines, mais plutôt du côté de ses feuilles. Et s’il a mangé de cette manière, il donne l’apparence d’être un glouton. De même, une personne ne doit pas boire sa coupe de vin tout entière d’un seul trait, et s’il a bu de cette manière, il donne l’apparence d’être un buveur avide. Les Sages ont enseigné à ce sujet : Celui qui boit sa coupe tout entière d’un seul trait est un buveur avide ; s’il le fait en deux gorgées, c’est l’étiquette appropriée ; en trois gorgées, il est hautain d’esprit, car il se présente comme excessivement délicat et raffiné.
וְאָמַר רָמֵי בַּר אַבָּא: חֲצוּבָא — מְקַטַּע רַגְלֵיהוֹן דְּרַשִּׁיעַיָּא.
À propos de la discussion précédente, la Guemara note que Rami bar Abba a également dit : la scille maritime, une plante de la famille des lis dont les racines s’enfoncent profondément dans le sol, tranchera les pieds des méchants à l’avenir, au Jour du Jugement. Il était d’usage de planter la scille maritime aux bords des champs comme bornes de délimitation, car ses racines poussent droit vers le bas sans s’étendre. Ceux qui dépassaient les limites et empiétaient sur la propriété de leur voisin auraient dû prêter attention à ces marqueurs et s’abstenir.
נְטִיעָה — מְקַטַּע רַגְלֵיהוֹן דְּקַצָּבַיָּא וּדְבוֹעֲלֵי נִדּוֹת.
De même, les jeunes arbres couperont les pieds des bouchers et de ceux qui ont des relations avec des femmes menstruées. Après qu’un arbre est planté, il faut attendre trois ans avant d’en manger le fruit. Cela devrait servir de leçon à ces bouchers qui se hâtent de manger la viande de l’animal avant d’en retirer la peau, et à ceux qui ont des relations avec leurs épouses menstruées et n’attendent pas qu’elles atteignent la purification rituelle.
תּוֹרְמוֹסָא — מְקַטַּע רַגְלֵיהוֹן דְּשָׂנְאֵיהוֹן שֶׁל יִשְׂרָאֵל. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיּוֹסִיפוּ בְּנֵי יִשְׂרָאֵל לַעֲשׂוֹת הָרַע בְּעֵינֵי ה׳ וַיַּעַבְדוּ אֶת הַבְּעָלִים וְאֶת הָעַשְׁתָּרוֹת וְאֶת אֱלֹהֵי אֲרָם וְאֶת אֱלֹהֵי צִידוֹן וְאֵת אֱלֹהֵי מוֹאָב וְאֵת אֱלֹהֵי בְנֵי עַמּוֹן וְאֵת אֱלֹהֵי פְלִשְׁתִּים וַיַּעַזְבוּ אֶת ה׳ וְלֹא עֲבָדוּהוּ״.
Le lupin [turmus], une légumineuse extrêmement amère qui n’est comestible qu’après un long processus, coupera les pieds des ennemis du peuple juif, un euphémisme pour le peuple juif lui-même. Comme il est dit : « Et les enfants d’Israël continuèrent à faire le mal aux yeux du Seigneur, et servirent les Baals et les Astartés, et les dieux d’Aram et les dieux de Sidon et les dieux de Moab et les dieux des fils d’Ammon et les dieux des Philistins, et ils abandonnèrent le Seigneur et ne Le servirent pas » (Juges 10:6).
מִמַּשְׁמַע שֶׁנֶּאֱמַר ״וַיַּעַזְבוּ אֶת ה׳״, אֵינִי יוֹדֵעַ שֶׁלֹּא עֲבָדוּהוּ?! וּמָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״וְלֹא עֲבָדוּהוּ״ — אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר, אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲפִילּוּ כַּתּוֹרְמוֹס הַזֶּה שֶׁשּׁוֹלְקִין אוֹתוֹ שֶׁבַע פְּעָמִים וְאוֹכְלִין אוֹתוֹ בְּקִנּוּחַ סְעוּדָה לֹא עֲשָׂאוּנִי בָּנַי.
Par déduction de ce qui est énoncé : « Et ils abandonnèrent le Seigneur », ne sais-je pas qu’ils ne L’ont pas servi ? Plutôt, dans quel but le verset énonce-t-il les mots apparemment inutiles « et ne L’ont pas servi » ? Rabbi Elazar a dit : Le Saint, Béni soit-Il, a dit : Mes enfants ne M’ont même pas traité comme ce lupin, qui, parce qu’il est immangeable tel quel, doit être cuit dans l’eau sept fois afin d’adoucir son goût amer et finit par devenir si doux qu’on le mange en dessert après un repas. Ils ont adoré les sept types d’idolâtrie énumérés dans le verset, et même après que Je les ai punis pour chacun d’eux, ils ont encore refusé de se repentir de leurs mauvaises voies. Au contraire, ils sont restés rebelles et ne M’ont pas servi.
תָּנָא מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי מֵאִיר: מִפְּנֵי מָה נִתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — מִפְּנֵי שֶׁהֵן עַזִּין. תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: ״מִימִינוֹ אֵשׁ דָּת לָמוֹ״. אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רְאוּיִין הַלָּלוּ שֶׁתִּנָּתֵן לָהֶם דָּת אֵשׁ. אִיכָּא דְּאָמְרִי: דָּתֵיהֶם שֶׁל אֵלּוּ — אֵשׁ. שֶׁאִלְמָלֵא (לֹא) נִתְּנָה תּוֹרָה לְיִשְׂרָאֵל — אֵין כׇּל אוּמָּה וְלָשׁוֹן יְכוֹלִין לַעֲמוֹד בִּפְנֵיהֶם.
La Guemara considère un autre aspect du caractère du peuple juif. Il est enseigné dans une baraitaau nom de Rabbi Meir : Pour quelle raison la Torah a-t-elle été donnée au peuple juif ? C’est parce qu’ils sont impudents, et l’étude de la Torah les affaiblira et les rendra humbles. Un Sage de l’école de Rabbi Yishmaël a enseigné ce qui suit au sujet du verset : « De Sa main droite sortit pour eux une loi de feu » (Deutéronome 33:2) ; Le Saint, béni soit-Il, a dit : D’après leur nature et leur caractère, ces gens, les Juifs, sont aptes à recevoir une loi de feu, une foi dure et brûlante. Certains disent une version différente de cette baraita : Les voies et la nature de ces gens, les Juifs, sont comme le feu, car, n’eût été le fait que la Torah a été donnée au peuple juif, dont l’étude et l’observance les retiennent, aucune nation ni aucune langue ne pourrait leur résister.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, שְׁלֹשָׁה עַזִּין הֵן: יִשְׂרָאֵל בָּאוּמּוֹת, כֶּלֶב בַּחַיּוֹת, תַּרְנְגוֹל בָּעוֹפוֹת. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף עֵז בִּבְהֵמָה דַּקָּה. וְיֵשׁ אוֹמְרִים: אַף צָלָף בָּאִילָנוֹת.
Et cela est la même chose que ce qu’a dit Rabbi Shimon ben Lakish : Il y a trois effrontés : le peuple juif parmi les nations ; le chien parmi les animaux ; et le coq parmi les oiseaux. Et certains disent : Aussi la chèvre parmi le petit bétail. Et certains disent : Aussi le câprier parmi les arbres.
שְׁחָטָהּ בַּשָּׂדֶה — לֹא יְבִיאֶנָּה בַּמּוֹט. תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין הַסּוֹמֵא יוֹצֵא בְּמַקְלוֹ, וְלֹא הָרוֹעֶה בְּתַרְמִילוֹ. וְאֵין יוֹצְאִין בְּכִסֵּא — אֶחָד הָאִישׁ וְאֶחָד הָאִשָּׁה.
§ Il est enseigné dans la michna : Si quelqu’un a abattu un animal pendant une fête dans le champ, il ne peut pas l’apporter chez lui sur une perche, car cela ressemble à une activité de semaine. Les Sages ont enseigné dans une baraita : Une personne aveugle ne peut pas sortir pendant une fête avec sa canne, ni un berger avec sa besace. Et on ne peut pas sortir sur une chaise portée sur des perches par d’autres personnes, ni un homme ni une femme. Tout cela est considéré comme des activités de semaine, dont l’accomplissement manifesterait un manque de respect envers la fête.
אִינִי?! וְהָא שָׁלַח רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי: זָקֵן אֶחָד הָיָה בִּשְׁכוּנָתֵינוּ וְהָיָה יוֹצֵא בִּגְלוּדְקֵי שֶׁלּוֹ, וּבָאוּ וְשָׁאֲלוּ אֶת רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, וְאָמַר: אִם רַבִּים צְרִיכִין לוֹ — מוּתָּר.
La Guemara demande : Est-ce bien le cas ? Mais Rabbi Ya’akov bar Idi n’a-t-il pas envoyé la halakha suivante depuis Eretz Yisrael : Il y avait un vieil homme dans notre quartier qui sortait un jour de fête dans sa litière [gelodki], et l’on est allé demander à Rabbi Yehoshua ben Levi, l’autorité prééminente de l’époque, si cela était permis. Et Rabbi Yehoshua ben Levi leur a dit : Si beaucoup de gens ont besoin de lui pour qu’il vienne leur enseigner des questions de Torah, cela est permis de le transporter ainsi jusqu’à la maison d’étude.
וְסָמְכוּ רַבּוֹתֵינוּ עַל דִּבְרֵי אַחַי שָׁקְיָא, דְּאָמַר: אֲנָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְרַב הוּנָא מֵהִינֵי לְשִׁילֵי וּמִשִּׁילֵי לְהִינֵי. וְאָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֲנָא אַפֵּיקְתֵּיהּ לְמָר שְׁמוּאֵל מִשִּׁמְשָׁא לְטוּלָּא וּמִטּוּלָּא לְשִׁמְשָׁא! הָתָם כִּדְאָמַר טַעְמָא: אִם הָיוּ רַבִּים צְרִיכִין לוֹ — מוּתָּר.
De même, nos Sages se sont appuyés sur la déclaration de Aḥi Shakkaya, qui a dit : Moi, une fois, j’ai transporté Rav Huna pendant une fête de la ville de Hinei à la ville de Shilei et de Shilei de retour à Hinei sur une chaise de ce genre. Et Rav Naḥman bar Yitzḥak a dit : Moi, une fois, j’ai transporté Mar Shmuel sur un tel siège pendant une fête du soleil à l’ombre et de l’ombre au soleil. Tous ces incidents indiquent qu’il est en effet permis d’utiliser une telle chaise pendant une fête. La Guemara répond : Ces cas ne posent aucune difficulté, car là-bas, cela est conforme à la raison qu’a énoncée Rabbi Yehoshua ben Levi : Si beaucoup ont besoin de lui, cela est permis. Cependant, celui dont le public n’a pas besoin ne peut pas sortir sur une telle chaise.
אֲמַר לֵיהּ רַב נַחְמָן לְחָמָא בַּר אַדָּא שְׁלִיחַ צִיּוֹן: כִּי סָלְקַתְּ לְהָתָם, אַקֵּיף וְזִיל אַסּוּלָּמָא דְצוֹר, וְזִיל לְגַבֵּי דְּרַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי וּבְעִי מִינֵּיהּ: כִּסֵּא, מָה אַתּוּן בֵּיהּ?
Rav Naḥman dit à Ḥama bar Adda, émissaire des académies talmudiques de Sion, qui voyageait régulièrement d’Eretz Yisrael à Babylone et retour : Quand tu monteras là-bas, en Eretz Yisrael, fais un détour par la route, c’est-à-dire ne voyage pas par le chemin le plus court ; et va à l’Échelle de Tyr, et va voir Rabbi Ya’akov bar Idi, qui habite à Tyr, et soumets-lui ce dilemme : Que dis-tu au sujet d’une chaise portée sur des perches ; peut-on sortir dans une telle chaise un jour de fête ?
אַדַּאֲזַל לְהָתָם, נָח נַפְשֵׁיהּ דְּרַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי. כִּי סְלֵיק, אַשְׁכְּחֵיהּ לְרַבִּי זְרִיקָא, אֲמַר לֵיהּ: כִּסֵּא מָה אַתּוּן בֵּיהּ? אֲמַר לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַבִּי אַמֵּי: וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְכַתֵּף. מַאי וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְכַתֵּף? אָמַר רַב יוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרָבָא: בַּאֲלוּנְקִי.
Au moment où il arriva là-bas, Rabbi Ya’akov bar Idi était déjà décédé. Cependant, lorsqu’il monta en Eretz Yisrael, il trouva Rabbi Zerika et lui dit : Que dis-tu au sujet d’une chaise portée sur des perches ; quel est ton avis sur ce sujet ? Il lui dit : Rabbi Ami a dit ce qui suit : C’est permis, à condition qu’il ne soit pas porté sur les épaules, sur la chaise. La Guemara demande : Quel est le sens de : À condition qu’il ne soit pas porté sur les épaules ? Rav Yossef, fils de Rabba, a dit : Cela signifie sur des perches [alunkei] utilisées pour porter des charges sur les épaules de deux personnes. Ce mode de transport est très voyant et a l’apparence d’une activité profane de jour ouvrable, dont l’accomplissement manifeste un manque de respect envers la fête. Au contraire, les perches sur lesquelles la chaise est portée doivent être tenues dans les mains des porteurs, afin que le siège soit plus proche du sol et moins visible.
אִינִי?! וְהָא רַב נַחְמָן שְׁרָא לַהּ לְיַלְתָּא לְמִיפַּק אַאֲלוּנְקִי! שָׁאנֵי יַלְתָּא דִּבְעִיתָא.
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais Rav Naḥman n’a-t-il pas permis à sa femme Yalta de sortir pendant une fête sur une chaise portée par des barres reposant sur les épaules des porteurs ? La Guemara répond : Yalta est différente, car elle avait peur de tomber et avait donc besoin de cet arrangement spécial.
אַמֵּימָר וּמָר זוּטְרָא מְכַתְּפִי לְהוּ בְּשַׁבְּתָא דְרִגְלָא מִשּׁוּם בִּיעֲתוּתָא, וְאָמְרִי לַהּ מִשּׁוּם דּוּחְקָא דְצִבּוּרָא.
La Guemara rapporte que Ameimar et Mar Zutra étaient portés jusqu’à leurs places dans la salle d’étude sur les épaules de leurs élèves pour le cours public donné le Chabbat de la fête. Ils étaient portés de cette manière en raison de leur crainte de tomber. Et certains disent que la raison était à cause de la bousculade de la foule, car ces Sages craignaient d’être écrasés par le grand nombre de personnes assistant au cours.
מַתְנִי׳ בְּכוֹר שֶׁנָּפַל לַבּוֹר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: יֵרֵד מוּמְחֶה וְיִרְאֶה,
MICHNA : Un mâle premier-né de bovins, de moutons ou de chèvres appartenant à un Juif est sanctifié dès sa naissance et doit être donné à un prêtre pour être sacrifié sur l’autel dans le Temple. Si un animal premier-né a acquis un défaut physique qui le disqualifie pour être sacrifié comme offrande, il doit néanmoins être donné à un prêtre, mais il peut être racheté, abattu et mangé comme viande non sacrée. Si un premier-né est tombé dans une citerne pendant une fête, et qu’il y a lieu de craindre qu’il n’y meure, Rabbi Yehouda dit : Un expert en ces matières descend dans la citerne et examine l’animal.