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הַרְסָנָא עִיקָּר, קָא מַשְׁמַע לַן קִמְחָא עִיקָּר.
la graisse du poisson, qu'il est permis de manger même si elle a été cuite par des gentils, est l'élément essentiel. Par conséquent, il nous enseigne que la farine est l'élément essentiel, et le gentil a créé un plat nouveau et significatif, qui est par conséquent interdit.
אָמַר רַבִּי אַבָּא: עֵרוּבֵי תַבְשִׁילִין צְרִיכִין כְּזַיִת. אִיבַּעְיָא לְהוּ: כְּזַיִת אֶחָד לְכֻלָּן, אוֹ דִלְמָא כְּזַיִת לְכׇל אֶחָד וְאֶחָד? תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַבִּי אַבָּא אָמַר רַב: עֵרוּבֵי תַבְשִׁילִין צְרִיכִין כְּזַיִת בֵּין לְאֶחָד, בֵּין לְמֵאָה.
Rabbi Abba a dit : Une association de plats cuits nécessite un volume d’olive de nourriture. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : suffit-il d’avoir un volume d’olive pour tous les membres du foyer qui s’appuient sur cet eirouv, ou peut-être faut-il un volume d’olive distinct pour chacun des membres du foyer ? Viens et écoute ce qu’a dit Rabbi Abba, à savoir que Rav a dit : Une association de plats cuits nécessite un volume d’olive, que cela soit préparé pour une seule personne ou pour cent personnes.
תְּנַן: אֲכָלוֹ אוֹ שֶׁאָבַד — לֹא יְבַשֵּׁל עָלָיו בַּתְּחִלָּה, שִׁיֵּיר מִמֶּנּוּ כׇּל שֶׁהוּא — סוֹמֵךְ עָלָיו לְשַׁבָּת. מַאי כׇּל שֶׁהוּא? לָאו אַף עַל גַּב דְּלֵיכָּא כְּזַיִת? לָא, דְּאִית בֵּיהּ כְּזַיִת.
La Guemara commente : Nous avons appris dans la michna : Si quelqu’un a mangé l’association de plats cuits qu’il avait préparée, ou si elle a été perdue, il ne peut pas s’appuyer dessus et cuire de prime abord avec l’intention de cuisiner pour Chabbat ; mais s’il a laissé une partie quelconque du eiruv, il peut s’appuyer dessus pour cuisiner pour Chabbat. La Guemara demande : Quel est le sens de : N’importe quelle partie de celui-ci ? Cela ne signifie-t-il pas que c’est valable même s’il n’y a pas un volume d’olive ? La Guemara répond : Non, l’expression : N’importe quelle partie de celui-ci, signifie qu’il reste au moins un volume d’olive.
תָּא שְׁמַע: תַּבְשִׁיל — זֶה צָלִי, וַאֲפִילּוּ כָּבוּשׁ שָׁלוּק וּמְבוּשָּׁל, וְקוֹלְיָיס הָאִסְפְּנִין שֶׁנָּתַן עָלָיו חַמִּין מֵעֶרֶב יוֹם טוֹב — תְּחִלָּתוֹ וְסוֹפוֹ אֵין לוֹ שִׁיעוּר. מַאי לָאו, אֵין לוֹ שִׁיעוּר כְּלָל? לָא, אֵין לוֹ שִׁיעוּר לְמַעְלָה, אֲבָל יֵשׁ לוֹ שִׁיעוּר לְמַטָּה.
La Guemara tente d’apporter une autre preuve. Viens et écoute : Le plat cuit requis pour un eirouv de plats cuits peut être rôti, ou même mariné, ou bien cuit, ou bouilli de la manière habituelle, ou peut même être du poisson de mer espagnol tendre [koleyas ha’ispenin] sur lequel on a versé de l’eau chaude la veille de la Fête, le rendant cuit. Quant à son commencement et sa fin, c’est-à-dire sa taille requise ab initio et après qu’il a été réduit parce qu’une partie a été perdue ou mangée, l’eirouvn’a pas de mesure requise. Quoi, n’est-ce pas qu’il n’a aucune mesure du tout, pas même une mesure minimale ? La Guemara rejette cela : Non, cela signifie qu’il n’a pas de mesure maximale, mais il a une mesure minimale, à savoir le volume d’une olive.
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: עֵרוּבֵי תַבְשִׁילִין צְרִיכִין דַּעַת. פְּשִׁיטָא, דַּעַת מַנִּיחַ בָּעֵינַן; דַּעַת מִי שֶׁהִנִּיחוּ לוֹ בָּעֵינַן, אוֹ לָא בָּעֵינַן?
Rav Houna a dit que Rav a dit : Une association de plats cuits requiert la connaissance, c’est-à-dire qu’il faut être conscient du eirouv pour qu’il soit valable. La Guemara commente : Il est évident que nous exigeons la connaissance de celui qui prépare le eirouv ; la question est : exigeons-nous aussi la connaissance de celui pour qui l’eirouv est préparé, ou ne l’exigeons-nous pas ?
תָּא שְׁמַע: דַּאֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל מְעָרֵב אַכּוּלַּהּ נְהַרְדְּעָא, רַבִּי אַמֵּי וְרַבִּי אַסִּי מְעָרְבִי אַכּוּלַּהּ טְבֶרְיָא. מַכְרִיז רַבִּי יַעֲקֹב בַּר אִידִי: מִי שֶׁלֹּא הִנִּיחַ עֵרוּבֵי תַבְשִׁילִין, יָבֹא וְיִסְמוֹךְ עַל שֶׁלִּי. וְעַד כַּמָּה? אָמַר רַב נְחוּמִי בַּר זְכַרְיָה מִשְּׁמֵיהּ דְּאַבָּיֵי: עַד תְּחוּם שַׁבָּת.
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée des témoignages suivants : le père de Shmuel avait l’habitude de préparer un eirouv pour toute la ville de Neharde’a, et Rabbi Ami et Rabbi Assi avaient l’habitude de préparer un eirouv pour toute la ville de Tibériade. De même, Rabbi Ya’akov bar Idi avait l’habitude de annoncer : Quiconque n’a pas préparé une association de plats cuits pour lui-même doit venir et s’appuyer sur le mien. La Guemara demande : Et jusqu’à quelle distance peut-on s’y fier, c’est-à-dire à quelle distance peut-on se trouver d’un tel eirouv et continuer à s’y fier ? Rav Neḥumi bar Zekharya a dit au nom d’Abaye : On peut être aussi loin que la limite de Shabbat.
הָהוּא סַמְיָא דַּהֲוָה מְסַדַּר מַתְנְיָתָא קַמֵּיהּ דְּמָר שְׁמוּאֵל, חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה עֲצִיב, אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי עֲצִיבַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: דְּלָא אוֹתִיבִי עֵרוּבֵי תַבְשִׁילִין. אָמַר לֵיהּ: סְמוֹךְ אַדִּידִי. לְשָׁנָה חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה עֲצִיב, אֲמַר לֵיהּ: אַמַּאי עֲצִיבַתְּ? אֲמַר לֵיהּ: דְּלָא אוֹתִיבִי עֵרוּבֵי תַּבְשִׁילִין. אֲמַר לֵיהּ: פּוֹשֵׁעַ אַתְּ. לְכוּלֵּי עָלְמָא שְׁרֵי, לְדִידָךְ אֲסִיר.
La Guemara raconte : En ce qui concerne l’aveugle qui présentait des mishnayot devant Mar Shmuel, ce dernier remarqua qu’il était triste. Mar Shmuel lui dit : Pourquoi es-tu triste ? Il lui dit : Parce que je n’ai pas préparé de eirouv tavchilin avant la fête. Mar Shmuel lui dit : Alors appuie-toi sur le mien. L’année suivante, il remarqua de nouveau qu’il était triste. Il lui dit : Pourquoi es-tu triste ? Il lui dit : Parce que je n’ai pas préparé de eirouv tavchilin. Mar Shmuel lui dit : Si c’est le cas, tu es constamment négligent à cet égard. Par conséquent, pour tout le monde, c’est-à-dire pour toute autre personne sauf toi, il est permis de s’appuyer sur mon eirouv s’ils ont oublié d’en préparer un, mais pour toi cela est interdit, car je n’avais pas l’intention d’inclure dans mon eirouv des personnes négligentes comme toi.
תָּנוּ רַבָּנַן: יוֹם טוֹב שֶׁחָל לִהְיוֹת בְּעֶרֶב שַׁבָּת — אֵין מְעָרְבִין לֹא עֵרוּבֵי תְחוּמִין וְלֹא עֵרוּבֵי חֲצֵרוֹת.
Les Sages ont enseigné : Si une fête tombe la veille de Shabbat, on ne peut pas préparer un eiruv ce jour-là, ni une jonction de limites de Shabbat [eiruv teḥumin] ni une jonction de cours [eiruv ḥatzerot], pour Shabbat. Si quelqu’un ne les a pas préparés avant la fête, il ne peut pas le faire pendant la fête elle-même.
רַבִּי אוֹמֵר: מְעָרְבִין עֵרוּבֵי חֲצֵרוֹת, אֲבָל לֹא עֵרוּבֵי תְחוּמִין. מִפְּנֵי שֶׁאַתָּה אוֹסְרוֹ בְּדָבָר הָאָסוּר לוֹ, וְאִי אַתָּה אוֹסְרוֹ בְּדָבָר הַמּוּתָּר לוֹ.
Rabbi Yehouda HaNassi dit : Lors d’une fête qui tombe un vendredi, on peut préparer un eirouv pour une association de cours, mais non pour une association de limites de Shabbat. Son raisonnement est le suivant : Il existe une distinction entre les deux types d’eirouv, car tu peux lui interdire une chose qui lui est interdite, par exemple s’aventurer au-delà de la limite de Shabbat, ce qui est interdit pendant une fête comme pendant Shabbat, mais tu ne peux pas lui interdire une chose qui lui est permise, par exemple transporter d’un domaine à un autre, ce qui est permis pendant une fête. Par conséquent, pendant une fête, on ne peut pas préparer une association des limites de Shabbat afin de permettre de s’aventurer au-delà de la limite lors du Shabbat qui suit la fête. Cependant, on peut préparer une association de cours pendant la fête afin de permettre de transporter d’un domaine à un autre lors du Shabbat qui suit la fête.
אִתְּמַר, רַב אָמַר: הֲלָכָה כְּתַנָּא קַמָּא. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: הֲלָכָה כְּרַבִּי.
Il a été déclaré que les amora’im étaient en désaccord quant à la décision finale. Rav a dit : La halakha est conforme à l’opinion du premier tanna, qui a dit qu’il est interdit de préparer les deux types d’eiruvin, et Shmuel a dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, et il est permis de préparer une association de cours pendant une fête.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: הֲלָכָה כְּרַבִּי לְקוּלָּא אוֹ לְחוּמְרָא? פְּשִׁיטָא דִּלְקוּלָּא קָאָמַר! מִשּׁוּם דְּשָׁלַח רַבִּי אֶלְעָזָר לַגּוֹלָה: לֹא כְּשֶׁאַתֶּם שׁוֹנִין בְּבָבֶל רַבִּי מַתִּיר וַחֲכָמִים אוֹסְרִין, אֶלָּא רַבִּי אוֹסֵר וַחֲכָמִים מַתִּירִין. מַאי?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : affirmer que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda HaNassi constitue-t-il une indulgence ou une rigueur ? La Guemara s’étonne de cette question : Il est évident qu’il l’a énoncée comme une indulgence. La Guemara explique : la question a été posée parce que Rabbi Elazar envoya un message de la Terre d’Israël à la Diaspora : Cette baraita n’est pas telle que vous l’enseignez en Babylonie, à savoir que Rabbi Yehouda HaNassi permet de préparer un érouv de cours un jour de fête et que les Sages l’interdisent. Au contraire, il faut inverser les opinions, de sorte que Rabbi Yehouda HaNassi interdit cela et que les Sages le permettent. Dès lors, la question s’est posée : Quelle est la décision définitive pour cette halakha ? Est-elle indulgente ou rigoureuse ?
תָּא שְׁמַע, דְּרַב תַּחְלִיפָא בַּר אַבְדִּימִי עֲבַד עוֹבָדָא כְּוָתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, וְאָמַר רַב: תְּחִלַּת הוֹרָאָה דְּהַאי צוּרְבָּא מֵרַבָּנַן — לְקִלְקוּלָא. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לְקוּלָּא קָאָמַר — הַיְינוּ קִלְקוּלָא. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ לְחוּמְרָא — מַאי קִלְקוּלָא אִיכָּא?
La Guemara tente de citer une preuve : Viens et entends que Rav Taḥlifa bar Avdimi a agi conformément à l’opinion de Shmuel, qui a statué que la halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda HaNasi, et Rav a dit avec colère à ce sujet : La première décision publique de ce jeune érudit de la Torah est d’apporter une corruption à la halakha. La Guemara analyse cette déclaration : Soit, si tu dis que Rabbi Yehuda HaNasi a dit cela comme une indulgence, cela explique la corruption de la halakha en cause, car Rav s’est mis en colère contre un jeune érudit qui s’est fié à son propre jugement pour rendre une décision indulgente sur une question controversée. Cependant, si tu dis que Rabbi Yehuda HaNasi l’entendait comme une rigueur, quelle corruption de la halakhay a-t-il dans la décision de ce jeune érudit ?
כֵּיוָן דְּמִקַּלְקְלִי בַּהּ רַבִּים,
La Guemara répond : Parce que cela corrompt le comportement des masses, car, s'ils s'abstiennent de préparer un érouv de cours pendant la fête bien qu'il soit permis de le faire, ils pourraient par erreur transporter d'un domaine à un autre pendant le Chabbat,

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