רִיבָּה לָהֶן. וּמַעֲשֶׂה נָמֵי בְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן מַתְיָא שֶׁאָמַר לִבְנוֹ צֵא שְׂכוֹר לָנוּ פּוֹעֲלִים, הָלַךְ וּפָסַק לָהֶן מְזוֹנוֹת. וּכְשֶׁבָּא אֵצֶל אָבִיו, אָמַר לוֹ: בְּנִי, אֲפִילּוּ אַתָּה עוֹשֶׂה לָהֶן כִּסְעוּדַת שְׁלֹמֹה בִּשְׁעָתוֹ, לֹא יָצָאתָ יְדֵי חוֹבָתְךָ עִמָּהֶן, שֶׁהֵן בְּנֵי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב.
il a accru son obligation envers eux, car, s’il avait eu l’intention de ne leur donner pas plus que le montant accepté, il n’aurait fait aucune stipulation. La michna poursuit ensuite : Et il y a aussi un incident à l’appui concernant Rabbi Yoḥanan ben Matya, qui dit à son fils : Sors et embauche des ouvriers pour nous. Son fils partit, les embaucha et s’engagea à leur fournir de la nourriture comme condition de leur emploi, sans en préciser les détails. Et lorsqu’il revint vers son père et rapporta ce qu’il avait fait, Rabbi Yoḥanan ben Matya lui dit : Mon fils, même si tu leur préparais un festin semblable à celui du roi Salomon en son temps, tu n’aurais pas rempli ton obligation envers eux, car ils sont les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob.
לְמֵימְרָא דִּסְעוּדְתָּא דְּאַבְרָהָם אָבִינוּ עֲדִיפָא מִדִּשְׁלֹמֹה? וְהָכְתִיב: ״וַיְהִי לֶחֶם שְׁלֹמֹה לְיוֹם אֶחָד שְׁלֹשִׁים כֹּר סֹלֶת וְשִׁשִּׁים כֹּר קָמַח. עֲשָׂרָה בָּקָר בְּרִאִים וַעֲשָׂרָה בָּקָר רְעִי וּמֵאָה צֹאן לְבַד מֵאַיָּל וּצְבִי וְיַחְמוּר וּבַרְבֻּרִים אֲבוּסִים״! וְאָמַר גּוּרְיוֹן בֶּן אֲסִטְיוֹן מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב: הַלָּלוּ לַעֲמִילָן שֶׁל טַבָּחִים. וְרַבִּי יִצְחָק אָמַר: הַלָּלוּ לְצִיקֵי קְדֵירָה.
La Guemara demande : cela veut-il dire que le festin d’Abraham, notre patriarche, était supérieur à celui du roi Salomon ? Mais n’est-il pas écrit : « Et la provision de Salomon pour un jour était de trente mesures de fleur de farine, et soixante mesures de farine ; dix bœufs gras, et vingt bœufs de pâturage, et cent moutons, sans compter les cerfs, les gazelles, les chevreuils et les volailles engraissées » (I Rois 5:2–3). Et Guryon ben Asteyon dit au nom de Rav : Ces mesures de farine mentionnées dans le verset étaient utilisées seulement pour la pâte bien travaillée des boulangers [la’amilan] qui était placée dans la marmite pour absorber la vapeur. Et Rabbi Yitzḥak dit : Ces mesures de farine étaient utilisées pour du pudding de viande, un mélange de vin, de farine et de restes de viande, dans une marmite.
וְאָמַר רַבִּי יִצְחָק: אֶלֶף נָשִׁים הָיוּ לִשְׁלֹמֹה, כׇּל אַחַת וְאַחַת עָשְׂתָה לוֹ בְּבֵיתָה כָּךְ. מַאי טַעְמָא – זוֹ סְבוּרָה שֶׁמָּא אֶצְלִי סוֹעֵד הַיּוֹם, וְזוֹ סְבוּרָה שֶׁמָּא אֶצְלִי סוֹעֵד הַיּוֹם. וְאִילּוּ גַּבֵּי אַבְרָהָם כְּתִיב: ״וְאֶל הַבָּקָר רָץ אַבְרָהָם וַיִּקַּח בֶּן בָּקָר רַךְ וָטוֹב״. וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: ״בֶּן בָּקָר״ – אֶחָד, ״רַךְ״ – שְׁנַיִם, ״וְטוֹב״ – שְׁלֹשָׁה!
Et Rabbi Yitzḥak dit encore : Le roi Salomon avait mille épouses, dont chacune lui préparait chez elle un festin de telles proportions. Quelle est la raison pour laquelle elles faisaient cela ? Cette épouse se disait : Peut-être festoiera-t-il avec moi aujourd’hui, et cette autre épouse se disait : Peut-être festoiera-t-il avec moi aujourd’hui. Mais au sujet d’Abraham, il est écrit : « Abraham courut au troupeau et prit un veau tendre et bon » (Genèse 18:7), et Rav Yehuda dit que Rav dit, pour expliquer le verset : « Un veau » indique un ; le mot « tendre » signifie un de plus, c’est-à-dire deux ; « et bon » en indique encore un autre. Cela fait un total de trois veaux, un festin considérablement plus modeste que celui de Salomon.
הָתָם תְּלָתָא תּוֹרֵי לִתְלָתָא גַּבְרֵי, הָכָא לְכׇל יִשְׂרָאֵל וִיהוּדָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יְהוּדָה וְיִשְׂרָאֵל רַבִּים כַּחוֹל אֲשֶׁר עַל הַיָּם״.
La Guemara répond : Là-bas, en ce qui concerne Abraham, il a préparé trois bœufs pour trois personnes, tandis qu’ici, dans le cas de Salomon, ses femmes préparaient un festin pour l’ensemble des royaumes d’Israël et de Juda, comme il est dit : « Juda et Israël étaient nombreux, comme le sable qui est au bord de la mer en multitude, mangeant, buvant et se réjouissant » (I Rois 4:20). Le festin d’Abraham était proportionnellement plus grand que celui de Salomon.
מַאי ״בַּרְבּוּרִים אֲבוּסִים״? אָמַר רַב: שֶׁאוֹבְסִים אוֹתָן בְּעַל כׇּרְחָן. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: שֶׁאֲבוּסִים וְעוֹמְדִים מֵאֲלֵיהֶם. וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: מְבִיאִין תּוֹר מִמַּרְעִיתוֹ בִּדְלָא אֲנִיס, וְתַרְנְגוֹלֶת מֵאַשְׁפָּתָהּ בִּדְלָא אֲנִיסָא.
Concernant le verset cité au sujet du roi Salomon, la Guemara demande : Quelle est la signification du terme « volaille engraissée [avusim] » ? Rav dit : Cela signifie qu’elles sont gavées [ovsim] de force. Shmuel dit : Cela signifie qu’elles étaient engraissées [avusim] et se maintenaient d’elles-mêmes, c’est-à-dire qu’elles étaient naturellement grasses. Rabbi Yoḥanan dit : Les festins de Salomon étaient d’une grande qualité, car on apportait de son troupeau un bœuf qui n’avait jamais été forcé à travailler, et on apportait aussi une poule de son poulailler qui n’avait jamais été forcée à pondre des œufs, et on les utilisait pour la cuisine.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מוּבְחָר שֶׁבַּבְּהֵמוֹת – שׁוֹר, מוּבְחָר שֶׁבָּעוֹפוֹת – תַּרְנְגוֹלֶת. אָמַר אַמֵּימָר: זָגְתָּא אוּכַּמְתָּא בֵּי בַטְנִיתָא דְּמִשְׁתַּכְחָא בֵּינֵי עַצְרֵי, דְּלָא מָצְיָא פָּסְיָא קַנְיָא.
La Guemara cite une déclaration connexe de Rabbi Yoḥanan. Rabbi Yoḥanan dit : Le meilleur du bétail est le bœuf. Le meilleur de la volaille est la poule. En ce qui concerne le type de poule auquel cela fait référence, Ameimar dit : C’est une poule noire engraissée [zagta] que l’on trouve parmi les cuves de vin, qui consomme tant de pépins de raisin qu’elle ne peut faire un pas de la longueur d’un roseau, en raison de sa corpulence.
״וְאֶל הַבָּקָר רָץ אַבְרָהָם״, אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: ״בֶּן בָּקָר״ – אֶחָד, ״רַךְ״ – שְׁנַיִם, ״וְטוֹב״ – שְׁלֹשָׁה. וְאֵימָא חַד, כִּדְאָמְרִי אִינָשֵׁי: רַכִּיךְ וְטָב!
La Guemara revient discuter le verset dans la Genèse : « Et Abraham courut vers le troupeau, et prit un veau tendre et bon » (Genèse 18:7). Rav Yehouda dit que Rav dit : « Un veau », c’est un ; « tendre » en indique un supplémentaire, soit deux ; « et bon » en indique encore un autre, pour un total de trois veaux. La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas dire que le verset ne parle que d’un seul veau, comme les gens disent en décrivant un seul élément, qu’il est tendre et bon ?
אִם כֵּן, לִכְתּוֹב ״רַךְ טוֹב״, מַאי ״וָטוֹב״ – שְׁמַע מִינַּהּ לִדְרָשָׁה. אֵימָא תְּרֵי! מִדְּ״טוֹב״ לִדְרָשָׁה, ״רַךְ״ נָמֵי לִדְרָשָׁה.
La Guemara répond : Si tel est le cas, que le verset écrive : tendre, bon. Quelle est la signification du terme « et bon », qui indique un ajout ? Concluez de cela que le verset est énoncé pour une interprétation et qu’il se réfère à plus d’un veau. La Guemara objecte : Mais on peut encore dire qu’il n’y avait que deux veaux. La Guemara répond : Du fait que le mot « bon » est écrit pour une interprétation, afin d’inclure un veau supplémentaire, on peut déduire que le terme « tendre » est également écrit pour une interprétation et indique encore un autre veau.
מֵתִיב רַבָּה בַּר עוּלָּא, וְאִיתֵּימָא רַב הוֹשַׁעְיָא, וְאִיתֵּימָא רַב נָתָן בְּרַבִּי הוֹשַׁעְיָא: ״וַיִּתֵּן אֶל הַנַּעַר וַיְמַהֵר לַעֲשׂוֹת אֹתוֹ״, כֹּל חַד וְחַד יַהֲבֵיהּ לְנַעַר חַד. ״וַיִּקַּח חֶמְאָה וְחָלָב וּבֶן הַבָּקָר אֲשֶׁר עָשָׂה וַיִּתֵּן לִפְנֵיהֶם״, דְּקַמָּא קַמָּא דִּמְטָיא, אַיְיתִי לְקַמַּיְיהוּ.
Rabba bar Ulla soulève une objection, et certains disent qu’il s’agit de Rav Hoshaya, et certains disent qu’il s’agit de Rav Natan, fils de Rabbi Hoshaya, qui soulève l’objection : Le verset déclare : « Et il le donna au serviteur ; et il se hâta de le préparer » (Genèse 18:7). Le terme singulier « le » indique qu’il n’y avait qu’un seul veau. La Guemara répond : Abraham donna chacun et tous les veaux à un serviteur, c’est-à-dire qu’il donna les trois veaux à trois serviteurs différents. La Guemara soulève une question à partir du verset : « Et il prit du caillé, et du lait, et le veau qu’il avait préparé, et les plaça devant eux » (Genèse 18:8), ce qui indique de nouveau qu’il n’y avait qu’un seul veau. La Guemara répond : Le verset signifie qu’à mesure que chaque veau arrivait préparé, il le leur apportait, et il ne servit pas les trois veaux en même temps.
וּלְמָה לִי תְּלָתָא? תִּסְגֵּי בְּחַד. אָמַר רַב חָנָן בַּר רָבָא: כְּדֵי לְהַאֲכִילָן שָׁלֹשׁ לְשׁוֹנוֹת בְּחַרְדָּל. אָמַר רַבִּי תַּנְחוּם בַּר חֲנִילַאי: לְעוֹלָם אַל יְשַׁנֶּה אָדָם מִן הַמִּנְהָג, שֶׁהֲרֵי מֹשֶׁה עָלָה לַמָּרוֹם וְלֹא אָכַל לֶחֶם, מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת יָרְדוּ לְמַטָּה וְאָכְלוּ לֶחֶם. וְאָכְלוּ סָלְקָא דַּעְתָּךְ?! אֶלָּא אֵימָא: נִרְאוּ כְּמִי שֶׁאָכְלוּ וְשָׁתוּ.
La Guemara demande : Et pourquoi ai-je besoin de trois veaux ? Un veau devrait suffire pour trois invités. Rav Ḥanan bar Rava a dit : Abraham a préparé trois veaux afin de servir aux invités trois langues avec de la moutarde, une délicatesse particulière. À propos de cet incident, Rabbi Tanḥum bar Ḥanilai dit : Une personne ne devrait jamais s’écarter de la coutume locale, car Moïse monta au ciel dans les hauteurs et ne mangea pas de pain pendant qu’il s’y trouvait, tandis que les anges serviteurs descendirent dans ce monde, comme des invités rendant visite à Abraham, et ils mangèrent du pain. Vous dites : Et ils mangèrent du pain ? Cela peut-il vous venir à l’esprit qu’ils aient réellement mangé de la nourriture ? Il faut plutôt dire qu’ils ont simplement donné l’apparence de manger et de boire.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: כׇּל מַה שֶּׁעָשָׂה אַבְרָהָם לְמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת בְּעַצְמוֹ – עָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְבָנָיו בְּעַצְמוֹ. וְכׇל מַה שֶּׁעָשָׂה אַבְרָהָם עַל יְדֵי שָׁלִיחַ – עָשָׂה הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְבָנָיו עַל יְדֵי שָׁלִיחַ.
Rav Yehuda dit que Rav dit : Toute action qu’Abraham a accomplie lui-même pour les anges serviteurs, le Saint, béni soit-Il, l’a accomplie Lui-même pour les descendants d’Abraham. Et toute action qu’Abraham a accomplie par l’intermédiaire d’un messager, le Saint, béni soit-Il, de même l’a accomplie pour ses descendants par l’intermédiaire d’un messager.
״וְאֶל הַבָּקָר רָץ אַבְרָהָם״, ״וְרוּחַ נָסַע מֵאֵת ה׳״. ״וַיִּקַּח חֶמְאָה וְחָלָב״, ״הִנְנִי מַמְטִיר לָכֶם לֶחֶם מִן הַשָּׁמָיִם״.
La Guemara développe : En ce qui concerne Abraham, le verset déclare : « Et Abraham courut au troupeau » (Genèse 18:7), apportant lui-même la viande, et au sujet des actions de Dieu pour les descendants d’Abraham, le verset déclare : « Et un vent partit de la part du Seigneur, et amena des cailles de la mer » (Nombres 11:31), c’est-à-dire que Dieu leur apporta de la viande. Au sujet d’Abraham, le verset déclare : « Et il prit du caillé et du lait » (Genèse 18:8), et Dieu dit au peuple juif : « Voici, Je ferai pleuvoir pour vous du pain du ciel » (Exode 16:4), ce qui montre que Dieu a donné de la nourriture au peuple juif.
״וְהוּא עֹמֵד עֲלֵיהֶם תַּחַת הָעֵץ״, ״הִנְנִי עֹמֵד לְפָנֶיךָ שָּׁם עַל הַצּוּר [וְגוֹ׳]״. ״וְאַבְרָהָם הֹלֵךְ עִמָּם לְשַׁלְּחָם״, ״וַה׳ הֹלֵךְ לִפְנֵיהֶם יוֹמָם״.
En ce qui concerne Abraham, le verset déclare : « Et il se tenait près d’eux sous l’arbre, et ils mangèrent » (Genèse 18:8), et au sujet de Dieu, le verset déclare : « Voici, je me tiendrai devant toi là sur le rocher à Horeb ; et tu frapperas le rocher, et il en sortira de l’eau » (Exode 17:6). Dans le cas d’Abraham, il est écrit : « Et Abraham alla avec eux pour les accompagner » (Genèse 18:16), et le verset déclare : « Et le Seigneur allait devant eux le jour » (Exode 13:21).
״יֻקַּח נָא מְעַט מַיִם״, ״וְהִכִּיתָ בַצּוּר וְיָצְאוּ מִמֶּנּוּ מַיִם וְשָׁתָה הָעָם״.
En revanche, Abraham accomplit certaines actions par l’intermédiaire d’un agent. Il dit : « Qu’on apporte maintenant un peu d’eau » (Genèse 18:4), et en correspondance, le verset déclare au sujet de Moïse, messager de Dieu : « Et tu frapperas le rocher, et il en sortira de l’eau, afin que le peuple boive » (Exode 17:6).
וּפְלִיגָא דְּרַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא. דְּאָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא, וְכֵן תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בִּשְׂכַר שְׁלֹשָׁה – זָכוּ לִשְׁלֹשָׁה. בִּשְׂכַר ״חֶמְאָה וְחָלָב״ – זָכוּ לַמָּן; בִּשְׂכַר ״וְהוּא עֹמֵד עֲלֵיהֶם״ – זָכוּ לְעַמּוּד הֶעָנָן; בִּשְׂכַר ״יֻקַּח נָא מְעַט מַיִם״ – זָכוּ לִבְאֵרָהּ שֶׁל מִרְיָם.
La Guemara note : Et en affirmant cela, Rav est en désaccord avec cette déclaration de Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina. Car Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit, et de même l’école de Rabbi Yishmaël a enseigné : En récompense de trois actes d’hospitalité qu’Abraham accomplit pour les anges, ses descendants méritèrent trois récompenses. La Guemara développe : En récompense de leur avoir fourni du lait caillé et du lait, le peuple juif mérita la manne ; en récompense de : « Et il se tenait [omed] près d’eux, » les Juifs méritèrent la colonne [amud] de nuée ; en récompense de la parole d’Abraham : « Qu’on apporte maintenant un peu d’eau, » ils méritèrent le puits de Myriam. Cette déclaration ne distingue pas entre les actions accomplies par Abraham lui-même et celles accomplies par l’intermédiaire d’un messager.
״יֻקַּח נָא מְעַט מַיִם וְרַחֲצוּ רַגְלֵיכֶם״, אָמַר רַבִּי יַנַּאי בְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, אָמְרוּ לוֹ: וְכִי בְּעַרְבִיִּים חֲשַׁדְתָּנוּ, שֶׁהֵם מִשְׁתַּחֲוִים לַאֲבַק רַגְלֵיהֶם, כְּבָר יָצָא מִמֶּנּוּ יִשְׁמָעֵאל.
La Guemara poursuit son analyse du verset : « Qu’on apporte donc un peu d’eau et lavez-vous les pieds » (Genèse 18:4). Rabbi Yannai, fils de Rabbi Yishmael, a dit que les invités dirent à Abraham : Nous soupçonnes-tu d’être des Arabes qui se prosternent devant la poussière de leurs pieds ? Yishmael est déjà issu de lui, c’est-à-dire que ton propre fils agit déjà de cette manière.
״וַיֵּרָא אֵלָיו ה׳ בְּאֵלֹנֵי מַמְרֵא וְהוּא יֹשֵׁב פֶּתַח הָאֹהֶל כְּחֹם הַיּוֹם״. מַאי ״כְּחוֹם הַיּוֹם״? אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: אוֹתוֹ הַיּוֹם יוֹם שְׁלִישִׁי שֶׁל מִילָה שֶׁל אַבְרָהָם הָיָה, וּבָא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לִשְׁאוֹל בְּאַבְרָהָם, הוֹצִיא הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא חַמָּה מִנַּרְתִּיקָהּ כְּדֵי שֶׁלֹּא יַטְרִיחַ אוֹתוֹ צַדִּיק בְּאוֹרְחִים.
§ La Guemara expose un autre verset concernant Abraham : « Et le Seigneur lui apparut aux térébinthes de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de la tente, à la chaleur du jour » (Genèse 18:1). La Guemara demande : Que signifie « à la chaleur du jour » ? Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit : Ce jour-là était le troisième jour après la circoncision d’Abraham, et le Saint, béni soit-Il, vint s’enquérir du bien-être d’Abraham. Le Saint, béni soit-Il, retira le soleil de son fourreau afin de ne pas importuner ce juste avec des invités, c’est-à-dire que Dieu rendit ce jour extrêmement chaud pour permettre à Abraham de se remettre de sa circoncision, car il ne serait pas dérangé par des voyageurs de passage qu’il inviterait dans sa tente.
שַׁדְּרֵיהּ לֶאֱלִיעֶזֶר לְמִיפַּק לְבָרָא. נְפַק וְלָא אַשְׁכַּח, אָמַר: לָא מְהֵימְנָא לָךְ. הַיְינוּ דְּאָמְרִי תַּמָּן: לֵית הֵימָנוּתָא בְּעַבְדֵי. נְפַק אִיהוּ חַזְיֵיהּ לְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא דְּקָאֵי אַבָּבָא. הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״אַל נָא תַעֲבֹר מֵעַל עַבְדֶּךָ״.
Malgré la chaleur intense, Abraham voulait inviter des invités. Il envoya Éliézer, son serviteur, dehors pour voir s’il y avait des passants. Éliézer sortit mais ne trouva personne. Abraham lui dit : Je ne te crois pas. La Guemara commente : Cela démontre l’adage populaire selon lequel les gens là-bas, c’est-à-dire en Eretz Yisrael, disent : Les esclaves n’ont aucune crédibilité. La Guemara poursuit : Abraham lui-même sortit et vit le Saint, béni soit-Il, se tenant à l’entrée de sa tente. C’est comme il est écrit : « Mon Seigneur, si maintenant j’ai trouvé grâce à Tes yeux, ne quitte pas Ton serviteur” (Genèse 18:3), c’est-à-dire que la présence de Dieu était là, et Abraham Lui demanda la permission de s’occuper des voyageurs.
כֵּיוָן דַּחֲזָא דְּקָא אָסַר וְשָׁרֵי, אֲמַר: לָאו אוֹרַח אַרְעָא לְמֵיקַם הָכָא. הַיְינוּ דִּכְתִיב: ״וַיִּשָּׂא עֵינָיו וַיַּרְא וְהִנֵּה שְׁלֹשָׁה אֲנָשִׁים נִצָּבִים עָלָיו וַיַּרְא וַיָּרׇץ לִקְרָאתָם״. מֵעִיקָּרָא אֲתוֹ קָמוּ עֲלֵיהּ, כִּי חַזְיוּהּ דַּהֲוָה לֵיהּ צַעֲרָא, אֲמַרוּ: לָאו אוֹרַח אַרְעָא לְמֵיקַם הָכָא.
Une fois Dieu vit Abraham attacher et détacher le bandage de sa circoncision, Dieu dit : Il ne convient pas de se tenir ici, c’est-à-dire qu’il n’est pas respectueux envers Abraham que même Dieu se tienne là. C’est comme il est écrit : « Il leva les yeux et regarda, et voici, trois hommes se tenaient près de lui ; et lorsqu’il les vit, il courut à leur rencontre » (Genèse 18:2). Le verset dit d’abord qu’ils se tenaient près de lui, puis il dit qu’il courut à leur rencontre. La Guemara réconcilie cette contradiction apparente : Au début, ils vinrent et se tinrent près de lui. Lorsqu’ils virent qu’il souffrait, ils dirent : Il ne convient pas de se tenir ici.
מַאן נִינְהוּ שְׁלֹשָׁה אֲנָשִׁים – מִיכָאֵל וְגַבְרִיאֵל וּרְפָאֵל. מִיכָאֵל שֶׁבָּא לְבַשֵּׂר אֶת שָׂרָה, רְפָאֵל שֶׁבָּא לְרַפֵּא אֶת אַבְרָהָם, גַּבְרִיאֵל אֲזַל לְמֶהְפְּכַיהּ לִסְדוֹם. וְהָא כְּתִיב: ״וַיָּבֹאוּ שְׁנֵי הַמַּלְאָכִים סְדֹמָה בָּעֶרֶב״! דַּאֲזַל מִיכָאֵל בַּהֲדֵיהּ לְשֵׁזְבֵיהּ לְלוֹט. דַּיְקָא נָמֵי, דִּכְתִיב: ״וַיַּהֲפֹךְ אֶת הֶעָרִים הָאֵל״, וְלָא כְּתִיב ״וַיַּהַפְכוּ״ – שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara continue : Qui sont ces trois hommes ? Ce sont les anges Mikhaël, Gabriel et Raphaël : Mikhaël, qui est venu annoncer à Sarah qu’elle allait enfanter un fils ; Raphaël, qui est venu guérir Abraham après sa circoncision ; et Gabriel, qui est allé renverser Sodome. La Guemara demande : Mais n’est-il pas écrit : « Et les deux anges arrivèrent à Sodome le soir » (Genèse 19:1) ? La Guemara répond que Mikhaël est allé avec Gabriel à Sodome pour sauver Loth. La Guemara note : Le langage est également précis, comme il est écrit : « Et il renversa ces villes » (Genèse 19:25), et il n’est pas écrit : Ils renversèrent ces villes. Concluez-en qu’un seul ange a renversé Sodome.
מַאי שְׁנָא לְגַבֵּי אַבְרָהָם, דִּכְתִיב: ״כֵּן תַּעֲשֶׂה כַּאֲשֶׁר דִּבַּרְתָּ״, וּמַאי שְׁנָא לְגַבֵּי לוֹט, דִּכְתִיב:
La Guemara demande : Qu’y a-t-il de différent concernant l’incident impliquant Abraham, où les anges ont immédiatement acquiescé à sa demande de rester avec lui, comme il est écrit : « Fais ainsi que tu l’as dit » (Genèse 18:5), et qu’y a-t-il de différent concernant Lot, où ils ont d’abord montré de la réticence, comme il est écrit :