מַהוּ לְמִינְקַט וּמֵיכַל מִינַּיְיהוּ: כְּמַאן דְּשַׁדְיָין בְּכַדָּא דָּמֵי, וּשְׁרִינְהוּ עוֹמֶר, אוֹ דִלְמָא בַּטְּלִינְהוּ אַגַּב אַרְעָא? תֵּיקוּ.
Voici le dilemme de Rava : Quelle est la halakha ? Est-il permis à quelqu’un de prendre une partie des grains et d’en manger ? Leur statut juridique est-il comme celui de grains jetés dans une jarre, et le sacrifice de l’offrande du omer a-t-il rendu leur consommation permise ? Ou peut-être les a-t-il subordonnés au sol, et leur statut juridique est alors celui de semences qui n’ont pas pris racine, et elles sont donc interdites. La Guemara conclut : Les dilemmes resteront sans résolution.
אָמַר רָבָא: אָמַר רַב חַסָּא, בָּעֵי רַבִּי אַמֵּי: אוֹנָאָה אֵין לָהֶם, בִּיטּוּל מִקָּח יֵשׁ לָהֶם אוֹ אֵין לָהֶן? אָמַר רַב נַחְמָן: הֲדַר אָמַר רַב חַסָּא, פָּשֵׁיט רַבִּי אַמֵּי: אוֹנָאָה אֵין לָהֶם, בִּיטּוּל מִקָּח יֵשׁ לָהֶם. רַבִּי יוֹנָה אָמַר אַהֶקְדֵּשׁוֹת, רַבִּי יִרְמְיָה אָמַר אַקַּרְקָעוֹת, וְתַרְוַיְיהוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמְרוּ: אוֹנָאָה אֵין לָהֶם, בִּיטּוּל מִקָּח יֵשׁ לָהֶן.
§ Rava a dit que Rav Ḥasa a dit que Rabbi Ami soulève un dilemme concernant les questions qui ne sont pas soumises aux halakhot de l’exploitation : la halakha est-elle qu’elles ne sont pas soumises à l’exploitation lorsque l’écart de prix est d’un sixième, mais qu’elles sont soumises à l’annulation de la transaction lorsqu’il est supérieur à cela ? Ou, peut-être qu’elles ne sont pas non plus soumises à l’annulation de la transaction. Rav Naḥman a dit : Rav Ḥasa a alors dit que Rabbi Ami a résolu ce dilemme et a dit : Elles ne sont pas soumises à l’exploitation ; elles sont soumises à l’annulation de la transaction. Rabbi Yona a dit : Cette décision s’applique aux biens consacrés. Rabbi Yirmeya a dit : Elle s’applique à la terre. Et tous deux l’ont dit au nom de Rabbi Yoḥanan : Elles ne sont pas soumises à l’exploitation ; elles sont soumises à l’annulation de la transaction.
מַאן דְּאָמַר אַהֶקְדֵּשׁוֹת, כׇּל שֶׁכֵּן אַקַּרְקָעוֹת. מַאן דְּאָמַר אַקַּרְקָעוֹת, אֲבָל אַהֶקְדֵּשׁוֹת לָא. כְּדִשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הֶקְדֵּשׁ שָׁוֶה מָנֶה שֶׁחִילְּלוֹ עַל שָׁוֶה פְּרוּטָה – מְחוּלָּל.
La Guemara commente : celui qui affirme que cette règle s’applique aux biens consacrés, à plus forte raison elle s’applique à la terre. Celui qui affirme que cette règle s’applique à la terre ne l’affirme qu’à l’égard de la terre, mais elle ne s’applique pas aux biens consacrés, conformément à l’opinion de Shmuel, car Shmuel dit : Un bien consacré d’une valeur de cent dinars, que l’on a désacralisé sur une pièce d’une valeur d’une perouta, est désacralisé. Puisque les biens consacrés ne sont aucunement soumis aux halakhot de l’exploitation, ils sont désacralisés sur des pièces de n’importe quelle valeur.
תְּנַן הָתָם: אִם הָיָה קוֹדֶשׁ בַּעַל מוּם, יָצָא לְחוּלִּין, וְצָרִיךְ לַעֲשׂוֹת לוֹ דָּמִים. אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יָצָא לְחוּלִּין – דְּבַר תּוֹרָה, וְצָרִיךְ לַעֲשׂוֹת לוֹ דָּמִים – מִדִּבְרֵיהֶם. וְרֵישׁ לָקִישׁ אָמַר: אַף צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת לוֹ דָּמִים מִן הַתּוֹרָה.
Nous avons appris dans une michna là-bas (Temoura 26b) : Si l’animal consacré avait un défaut et qu’un autre fut substitué à sa place, l’animal défectueux sort de son état de consécration et prend un statut profane, et il faut évaluer la différence de valeur monétaire entre les deux animaux et la payer au trésor du Temple. Rabbi Yoḥanan dit : Il sort de son état de consécration et prend un statut profane selon la loi de la Torah, et il faut évaluer la différence de valeur monétaire et la payer au trésor du Temple selon la loi rabbinique. Et Reish Lakish dit : Même la halakha selon laquelle il faut évaluer la différence de valeur monétaire et la payer au trésor du Temple relève de la loi de la Torah.
בְּמַאי עָסְקִינַן? אִילֵימָא בִּכְדֵי אוֹנָאָה, בְּהָא לֵימָא רֵישׁ לָקִישׁ: צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת לוֹ דָּמִים דְּבַר תּוֹרָה? וְהָתְנַן: אֵלּוּ דְּבָרִים שֶׁאֵין לָהֶם אוֹנָאָה: הַקַּרְקָעוֹת, וְהָעֲבָדִים, וְהַשְּׁטָרוֹת, וְהַהֶקְדֵּשׁוֹת!
La Guemara demande : De quoi s’agit-il ? Si nous disons que la différence entre la valeur de l’animal de substitution et la valeur de l’animal consacré était la mesure de l’exploitation, Reish Lakish dit-il dans ce cas : Il est tenu de calculer la différence de valeur monétaire et de la payer au trésor du Temple selon la loi de la Torah ? Mais n’avons-nous pas appris dans la michna : Voici les choses qui ne sont pas soumises aux halakhot de l’exploitation : les terres, les esclaves, les documents et les biens consacrés ?
אֶלָּא בִּיטּוּל מִקָּח, בְּהָא לֵימָא רַבִּי יוֹחָנָן צָרִיךְ לַעֲשׂוֹת לוֹ דָּמִים מִדִּבְרֵיהֶם? וְהָאָמַר רַבִּי יוֹנָה אַהֶקְדֵּשׁוֹת, וְרַבִּי יִרְמְיָה אָמַר אַקַּרְקָעוֹת, וְתַרְוַיְיהוּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמְרִי: אוֹנָאָה אֵין לָהֶם, בִּיטּוּל מִקָּח יֵשׁ לָהֶם! לְעוֹלָם בְּבִיטּוּל מִקָּח, וְאֵיפוֹךְ דְּרַבִּי יוֹחָנָן – לְרֵישׁ לָקִישׁ, וּדְרֵישׁ לָקִישׁ – לְרַבִּי יוֹחָנָן.
Au contraire, la différence portait sur la mesure de l’annulation de la transaction. Dans ce cas, Rabbi Yoḥanan dirait-il : Il est tenu de calculer la différence en valeur monétaire et de la payer au trésor du Temple selon la loi rabbinique ? Mais Rabbi Yona n’a-t-il pas dit que cette décision s’applique aux biens consacrés, et Rabbi Yirmeya n’a-t-il pas dit qu’elle s’applique à la terre, et tous deux disent au nom de Rabbi Yoḥanan : Ils ne sont pas soumis à l’exploitation ; ils sont soumis à l’annulation de la transaction ? La Guemara répond : En réalité, la différence portait sur la mesure de l’annulation de la transaction. Et inverse l’attribution des opinions, de sorte que l’opinion de Rabbi Yoḥanan soit attribuée à Reish Lakish, et l’opinion de Reish Lakish soit attribuée à Rabbi Yoḥanan.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? בְּדִשְׁמוּאֵל, דְּאָמַר שְׁמוּאֵל: הֶקְדֵּשׁ שָׁוֶה מָנֶה שֶׁחִילְּלוֹ עַל שָׁוֶה פְּרוּטָה – מְחוּלָּל. מָר אִית לֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, וּמָר לֵית לֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל.
La Guemara demande : Au sujet de quoi Reish Lakish et Rabbi Yoḥanan sont-ils en désaccord ? Ils sont en désaccord au sujet de la halakha de Shmuel, car Shmuel dit : Un bien consacré d’une valeur de cent dinars que l’on a désacralisé sur une pièce d’une valeur d’une perouta est désacralisé. Un Sage, Reish Lakish, accepte l’opinion de Shmuel, et par conséquent l’objet consacré est désacralisé selon la loi de la Torah, et l’exigence de calculer et de payer la différence relève de la loi rabbinique. Et un Sage, Rabbi Yoḥanan, n’accepte pas l’opinion de Shmuel, et il soutient donc que l’exigence de calculer et de payer la différence relève de la loi de la Torah.
אִיבָּעֵית אֵימָא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא אִית לְהוּ דִּשְׁמוּאֵל, וְהָכָא בְּהָא קָמִיפַּלְגִי: מָר סָבַר שֶׁחִילְּלוֹ – אִין, לְכַתְּחִילָּה – לָא. וּמָר סָבַר: אֲפִילּוּ לְכַתְּחִלָּה.
Si vous le souhaitez, dites plutôt que tous acceptent l’opinion de Shmuel, et qu’ici ils sont en désaccord sur ce point : Un Sage, Rabbi Yoḥanan, soutient que oui, un bien consacré d’une valeur de cent dinars que l’on a désacralisé sur une pièce valant une peruta est désacralisé a posteriori, mais a priori, non, on ne peut pas faire cela. Par conséquent, il faut néanmoins payer la différence au trésor du Temple selon la loi de la Torah. Et un Sage, Reish Lakish, soutient que l’opinion de Shmuel s’applique même a priori. Par conséquent, l’obligation de payer la différence au trésor du Temple relève de la loi rabbinique.
אִיבָּעֵית אֵימָא: לְעוֹלָם בִּכְדֵי אוֹנָאָה, וְלָא תֵּיפוֹךְ, וּבִדְרַב חִסְדָּא קָמִיפַּלְגִי, דְּאָמַר: מַאי אֵין לָהֶם אוֹנָאָה? אֵינָן בְּתוֹרַת אוֹנָאָה,
Si vous le souhaitez, dites plutôt : En réalité, la différence entre la valeur réelle de l’animal et le montant utilisé pour le désacraliser était dans la mesure de l’exploitation, et n’inversez pas l’attribution des opinions de Reish Lakish et de Rabbi Yoḥanan. Et ils sont en désaccord au sujet de l’opinion de Rav Ḥisda, qui a dit : Que signifie : Ils ne sont pas soumis aux halakhot de l’exploitation ? Cela signifie qu’ils ne sont pas soumis au principe de l’exploitation du tout. Au contraire, une norme plus stricte s’applique,