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שְׁמוֹנָה פּוּנְדְּיוֹנוֹת, שְׁנֵי פּוּנְדְּיוֹנוֹת לְדִינָר.
La dépréciation acceptée est de huit pundeyon, soit un taux de deux pundeyon par dinar, ou un sixième de dinar.
עַד מָתַי מוּתָּר לְהַחְזִיר? בִּכְרַכִּים – עַד כְּדֵי שֶׁיַּרְאֶה לַשּׁוּלְחָנִי, בִּכְפָרִים – עַד עַרְבֵי שַׁבָּתוֹת. אִם הָיָה מַכִּירָהּ – אֲפִילּוּ לְאַחַר שְׁנֵים עָשָׂר חֹדֶשׁ מְקַבְּלָהּ הֵימֶנּוּ, וְאֵין לוֹ עָלָיו אֶלָּא תַּרְעוֹמֶת.
La michna continue : Jusqu’à quand est-il permis de rendre une pièce usée une fois qu’on se rend compte qu’elle est défectueuse ? Dans les villes [bakerakim], on ne peut la rendre que jusqu’à ce qu’un délai se soit écoulé qui lui permettrait de la montrer à un changeur, qui est un expert en matière de pièces. Dans les villages, où il n’y a pas de changeur, on ne peut la rendre que jusqu’aux veilles de Chabbat, lorsque les gens achètent ce dont ils ont besoin pour Chabbat. Bien que ce soient là les limites de l’usure nécessaire d’une pièce pour qu’il y ait exploitation, si celui qui a donné la pièce à la partie lésée l’a reconnue, il doit l’accepter de retour de sa part même après douze mois, peu importe à quel point l’usure a peu affecté sa valeur. Et il n’a contre lui qu’un grief, comme l’expliquera la Guemara.
וְנוֹתְנָהּ לְמַעֲשֵׂר שֵׁנִי וְאֵינוֹ חוֹשֵׁשׁ, שֶׁאֵינוֹ אֶלָּא נֶפֶשׁ רָעָה.
Et on peut donner la pièce légèrement usée pour l’utiliser dans la désacralisation de la seconde dîme et il n’a pas besoin de s’inquiéter, car celui qui refuserait d’accepter une pièce légèrement usée n’est qu’une âme mesquine, tandis que la pièce est en fait valable pour tout usage.
גְּמָ׳ וּרְמִינְהִי: עַד כַּמָּה תְּהֵא הַסֶּלַע חֲסֵירָה וְיִהְיֶה בָּהּ אוֹנָאָה?
GUEMARA :Et la Guemara soulève une contradiction à la michna à partir d’une baraita dans laquelle les mêmes mesures de dépréciation sont énumérées, car dans cette baraita ces mesures sont introduites par la question : De combien la pièce de sela doit-elle s’user pour que son utilisation dans une transaction à sa valeur d’origine constitue une exploitation ? Cela est diamétralement opposé à la michna.
אָמַר רַב פָּפָּא, לָא קַשְׁיָא: תַּנָּא דִּידַן קָא חָשֵׁיב מִמַּטָּה לְמַעְלָה, תַּנָּא בָּרָא קָא חָשֵׁיב מִלְּמַעְלָה לְמַטָּה.
Rav Pappa dit : Cela n’est pas difficile. Le tanna de notre michna calcule les mesures du plus bas au plus élevé. Le tanna dit que cela ne constitue pas une exploitation jusqu’aux niveaux de dépréciation énumérés dans la michna, sans toutefois les inclure. À partir de ces niveaux de dépréciation, c’est une exploitation. Et le tanna externe, c’est-à-dire le tanna de la baraita, calcule du plus élevé au plus bas. Ce tanna dit que c’est une exploitation jusqu’aux niveaux de dépréciation énumérés dans la baraita, inclusivement. Ce n’est qu’en dessous de ces niveaux que cela n’est pas considéré comme une exploitation. Il n’y a pas de divergence halakhique entre les deux tanna’im.
מַאי שְׁנָא בְּסֶלַע דִּפְלִיגִי, וּמַאי שְׁנָא בְּטַלִּית דְּלָא פְּלִיגִי?
La Guemara revient discuter la michna et demande : Qu’est-ce qui est différent concernant un sela, pour que les tanna’imsoient en désaccord au sujet du niveau de dépréciation qui constitue une exploitation, et qu’est-ce qui est différent concernant un vêtement, pour que les tanna’imne soient pas en désaccord quant à savoir si l’écart entre la valeur et le prix qui constitue une exploitation est d’un sixième ou de moins d’un sixième ?
אָמַר רָבָא: מַאן תְּנָא טַלִּית – רַבִּי שִׁמְעוֹן הִיא. אַבָּיֵי אָמַר: טַלִּית – עַד שְׁתוּת מָחֵיל אִינִישׁ. דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: עֲשִׁיק לְגַבָּיךְ וְשָׁוֵי לִכְרֵסָיךְ. סֶלַע, כֵּיוָן דְּלָא סַגִּי לֵיהּ – לָא מָחֵיל.
Rava a dit : Qui est le tanna qui a enseigné les halakhot de l’exploitation concernant un vêtement dans les mishnayot citées plus haut dans ce chapitre ? C’est Rabbi Shimon, qui soutient que même dans le cas d’un sela, la mesure de l’exploitation est d’un sixième. Abaye a dit que les deux cas sont différents : En ce qui concerne un vêtement, une personne est susceptible de renoncer à l’écart jusqu’à un sixième, comme on dit : Paie plus et acquiers un article pour ton dos, c’est-à-dire un vêtement, et acquiers au prix coûtant des articles pour ton estomac, c’est-à-dire de la nourriture. Puisqu’il vaut la peine d’acheter de beaux vêtements, l’écart n’est pas significatif. En revanche, en ce qui concerne le sela en question, comme il ne circule pas, il ne renonce pas même à la somme d’un écart moindre.
גּוּפָא: עַד כַּמָּה תְּהֵא הַסֶּלַע חֲסֵירָה וִיהֵא בָּהּ אוֹנָאָה? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: אַרְבָּעָה אִיסָּרוֹת, אִיסָּר לְדִינָר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אַרְבָּעָה פּוּנְדְּיוֹנוֹת, פּוּנְדְּיוֹן לְדִינָר. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שְׁמוֹנָה פּוּנְדְּיוֹנוֹת, שְׁנֵי פּוּנְדְיוֹנִים לְדִינָר. יָתֵר עַל כֵּן – מוֹכְרָהּ בְּשׇׁוְיָהּ.
§ En ce qui concerne la question de l’exploitation et des pièces elle-même, la Guemara développe : Jusqu’à quel point la pièce de sela sera-t-elle usée et son usage dans une transaction constituera-t-il une exploitation ? Rabbi Meir dit : quatre issar, soit un taux de un issar par dinar. Rabbi Yehouda dit : quatre pundeyon, un pundeyon par dinar. Rabbi Shimon dit : huit pundeyon, deux pundeyon par dinar. Si la dépréciation est supérieure à cela, il peut vendre la pièce à sa valeur en tant que métal, et non à sa valeur d’origine.
עַד כַּמָּה תִּיפָּחֵת וִיהֵא רַשַּׁאי לְקַיְּימָהּ? בְּסֶלַע – עַד שֶׁקֶל. בְּדִינָר – עַד רוֹבַע. פָּחוֹת מִכֵּן אִיסָּר – אָסוּר לְהוֹצִיאָהּ. הֲרֵי זֶה לֹא יִמְכְּרֶנָּה לֹא לַתַּגָּר וְלֹא לְחָרָם וְלֹא לְהָרָג, מִפְּנֵי שֶׁמְּרַמִּין בָּהּ אֶת אֲחֵרִים. אֶלָּא יִקֳּבֶנָּה וְיִתְלֶנָּה בְּצַוַּאר בְּנוֹ אוֹ בְּצַוַּאר בִּתּוֹ.
Jusqu’à quel point la pièce peut-elle s’user tout en restant permise pour qu’on la conserve comme pièce ? En ce qui concerne un sela, on peut l’utiliser comme un sela jusqu’à ce que son usure fasse tomber sa valeur à un shekel, c’est-à-dire un demi-sela. En ce qui concerne un dinar, on peut l’utiliser comme un dinar jusqu’à ce que son usure fasse tomber sa valeur à un quart. Une fois qu’elle s’est usée au point que sa valeur soit d’un issar inférieure à cela, il est interdit de la dépenser. Il ne peut pas vendre la pièce invalidée à un marchand, ni à un homme violent, ni à un meurtrier, car ils trompent les autres avec elle ou les forcent à l’accepter. Au contraire, il doit la percer et la suspendre comme ornement au cou de son fils ou au cou de sa fille.
אָמַר מָר: בְּסֶלַע עַד שֶׁקֶל, בְּדִינָר עַד רוֹבַע. מַאי שְׁנָא בְּסֶלַע עַד שֶׁקֶל, וּמַאי שְׁנָא בְּדִינָר עַד רוֹבַע?
La Guemara poursuit son analyse de la baraita. Le Maître a dit : En ce qui concerne un sela, il peut être utilisé comme un selajusqu’à ce qu’il s’use au point que sa valeur atteigne un shekel, c’est-à-dire un demi-sela. En ce qui concerne un dinar, il peut être utilisé comme un dinar jusqu’à ce qu’il s’use au point que sa valeur atteigne un quart. La Guemara demande : Quelle est la différence pour laquelle, en ce qui concerne un sela, il peut être utilisé comme un selajusqu’à ce qu’il s’use au point que sa valeur atteigne un shekel, qui est la moitié d’un sela, et quelle est la différence pour laquelle, en ce qui concerne un dinar, il peut être utilisé comme un dinar jusqu’à ce qu’il s’use au point que sa valeur atteigne un quart [rova] ?
אָמַר אַבָּיֵי: מַאי ״רוֹבַע״ דְּקָתָנֵי – נָמֵי רוֹבַע שֶׁקֶל. אָמַר רָבָא: דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָא תָּנֵי ״רוֹבַע״, וְלָא קָתָנֵי ״רְבִיעַ״. שְׁמַע מִינַּהּ.
Abaye dit : Quelle est la signification de rova que la baraita enseigne ? Cela aussi fait référence à une pièce appelée rova, qui vaut un quart de shekel, soit un demi-dinar. Rava a dit : Le langage de la baraita est également précis à cet égard, car le tanna enseigne rova et n’enseigne pas un quart [revia]. La Guemara conclut : Apprends de cette inférence que la référence du tanna de la baraita est à la pièce appelée rova, qui est un demi-dinar.
לְמָה לֵיהּ לְמִתְלְיֵיהּ לְדִינָר בְּשֶׁקֶל? מִלְּתָא אַגַּב אוֹרְחֵיהּ קָא מַשְׁמַע לַן, דְּאִיכָּא דִּינָר דְּאָתֵי מִשֶּׁקֶל.
La Guemara demande : Pourquoi le tanna énonce-t-il sa décision de telle sorte que la quantité d’usure qui invalide un dinar dépende d’un shekel ? Pourquoi le tanna exprime-t-il la mesure comme un quart de shekel, au lieu de l’énoncer comme un demi-dinar ? La Guemara explique : Ce faisant, le tanna nous enseigne incidemment un point, à savoir qu’il existe des cas où un dinar provient d’un shekel, par exemple un shekel qui s’est usé et vaut maintenant la moitié de sa valeur initiale, c’est-à-dire un dinar.
מְסַיַּיע לֵיהּ לְרַבִּי אַמֵּי. דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי: דִּינָר הַבָּא מִשֶּׁקֶל – מוּתָּר לְקַיְּימוֹ. דִּינָר הַבָּא מִסֶּלַע – אָסוּר לְקַיְּימוֹ.
Cela soutient l’opinion de Rabbi Ami, car Rabbi Ami dit : En ce qui concerne un dinar provenant d’un shekel, il est permis de le conserver et de l’utiliser comme un dinar. D’après sa taille et sa forme, il n’y a pas lieu de craindre que les gens le confondent avec un shekel. En ce qui concerne un dinar provenant d’un sela, il est interdit de le conserver et de l’utiliser comme un dinar. Étant donné que, même après l’usure, la pièce reste de la taille d’un sela, qui est clairement plus grand qu’un dinar, on craint que les gens ne la considèrent à tort comme ayant plus de valeur qu’un dinar.
פָּחוֹת מִכֵּן אִיסָּר – אָסוּר לְהוֹצִיאָהּ. מַאי קָאָמַר? אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: פָּחֲתָה סֶלַע יוֹתֵר מִכְּדֵי אוֹנָאָה אִיסָּר – אָסוּר. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִי הָכִי – אֲפִילּוּ מַשֶּׁהוּ נָמֵי! אֶלָּא אָמַר רָבָא: פָּחֲתָה סֶלַע אִיסָּר לְדִינָר – אָסוּר, וּסְתָמָא כְּרַבִּי מֵאִיר.
§ La Guemara poursuit son analyse de la baraita, qui enseigne : Une fois qu’elle s’est usée au point que sa valeur atteint un issar de moins que cela, il est interdit de la dépenser. La Guemara demande : Que dit le tanna dans cette déclaration ? Abaye a dit que voici ce que le tanna dit : Si un sela s’est usé d’un montant de un issar supérieur à la mesure de la surexploitation, il est interdit de le dépenser à sa valeur d’origine. Rava dit à Abaye : Si c’est le cas, alors même n’importe quel montant supérieur à la mesure de la surexploitation devrait également être interdit. Au contraire, Rava a dit que voici ce que le tanna dit : Si un sela s’est usé d’un montant de un issar par dinar, il est interdit de le dépenser, et cette baraita non attribuée est conforme à l’opinion de Rabbi Meir, qui dit dans la michna que la mesure de la surexploitation est d’un issar par dinar.
תְּנַן הָתָם: סֶלַע שֶׁנִּפְסְלָה וְהִתְקִינָהּ שֶׁיְּהֵא שׁוֹקֵל בָּהּ מִשְׁקָלוֹת – טְמֵאָה. עַד כַּמָּה תִּיפָּחֵת וִיהֵא רַשַּׁאי לְקַיְּימָהּ? (לַסֶּלַע) שְׁנֵי דִּינָרִים, פָּחוֹת מִכֵּן – יָקוֹץ.
Nous avons appris dans une michna là-bas (Kelim 12:7) : Un sela qui a été invalidé pour servir de pièce, et qu’une personne a désigné afin de peser avec lui des objets nécessitant une pesée, est susceptible de devenir rituellement impur. Sa désignation en a fait un ustensile comme tout autre poids. Jusqu’à quel point la pièce peut-elle s’user et sera-t-il encore permis de la conserver ? Pour un sela, il s’agit d’une usure de deux dinars, soit la moitié de sa valeur. Si elle s’est usée au point de valoir moins que cela, il doit la couper en morceaux afin d’éviter qu’on ne la confonde avec une pièce valide.
יָתֵר עַל כֵּן מַאי? אָמַר רַב הוּנָא: פָּחוֹת מִכֵּן – יָקוֹץ, יָתֵר עַל כֵּן – יָקוֹץ. רַבִּי אַמֵּי אָמַר: פָּחוֹת מִכֵּן – יָקוֹץ, יָתֵר עַל כֵּן – יְקַיֵּים.
La Guemara demande : si elle s’est érodée mais que sa valeur actuelle est supérieure à un shekel, quelle est la halakha ? Rav Houna dit : Si elle s’est érodée et a perdu moins d’un shekel, il doit la couper en morceaux, et si elle s’est érodée et a perdu plus que cela, il doit aussi la couper en morceaux. Rabbi Ami dit : Si elle s’est érodée et a perdu moins d’un shekel, il doit la couper en morceaux, et si elle s’est érodée et a perdu plus que cela, il peut la conserver, car il n’y a pas lieu de craindre que l’on confonde une pièce qui s’est érodée à ce point avec un sela.
מֵיתִיבִי:
La Guemara soulève une objection à partir de la baraita :

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