אֶלָּא מַשְׁכּוֹן דְּנָקֵיט לְמָה לֵיהּ? אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינֵּיהּ: מַאי ״אֵינוֹ מְשַׁמֵּט״ דְּקָאָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל – אֵינוֹ מְשַׁמֵּט בְּכוּלּוֹ, וּמַאי ״מְשַׁמֵּט״ דְּקָאָמַר רַבִּי יְהוּדָה הַנָּשִׂיא – לְהָךְ פַּלְגָא דְּלָא נָקֵיט עֲלֵיהּ מַשְׁכּוֹן.
Si cette moitié aussi est annulée, alors pourquoi a-t-il besoin du gage qu’il détient ? Le prêteur a clairement pris le gage afin de lui permettre de recouvrer au moins une partie de sa dette après l’Année sabbatique. Au contraire, ne concluons-nous pas de cela : Quel est le sens de l’affirmation : L’Année sabbatique n’abroge pas le prêt, que dit Rabban Shimon ben Gamliel ? Cela signifie que l’Année sabbatique n’abroge pas la totalité du prêt. Et quel est le sens de : L’Année sabbatique abroge le prêt, que dit Rabbi Yehuda HaNasi ? Cela fait référence à cette moitié du prêt qu’il n’a pas prise sur la base d’un gage.
וּבְהָא קָמִיפַּלְגִי, דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: כְּנֶגֶד כּוּלּוֹ הוּא קוֹנֶה, וְרַבִּי יְהוּדָה הַנָּשִׂיא סָבַר: כְּנֶגְדּוֹ הוּא קוֹנֶה.
Et ils sont en désaccord à ce sujet : de même que Rabban Shimon ben Gamliel soutient qu’un acompte effectue l’acquisition de la marchandise à hauteur de la somme totale de la transaction, et Rabbi Yehuda HaNasi soutient qu’un acompte effectue l’acquisition de la marchandise à hauteur de sa valeur. Apparemment, la controverse amoraïque est parallèle à la controverse tannaïtique.
לָא, מַאי ״אֵינוֹ מְשַׁמֵּט״ דְּקָאָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל – לְהָךְ פַּלְגָא דְּנָקֵיט עֲלֵיהּ מַשְׁכּוֹן, מִכְּלָל דְּרַבִּי יְהוּדָה הַנָּשִׂיא סָבַר: לְהָךְ פַּלְגָא דְּנָקֵיט עֲלֵיהּ מַשְׁכּוֹן נָמֵי מְשַׁמֵּט. אֶלָּא מַשְׁכּוֹן דְּנָקֵיט, לְמָה לֵיהּ? לְזִכְרוֹן דְּבָרִים בְּעָלְמָא.
La Guemara rejette ce parallèle : Non, quel est le sens de l'affirmation : L'année sabbatique n'annule pas le prêt, que Rabban Shimon ben Gamliel énonce ? Cela fait référence à cette moitié du prêt qu'il a prise sur lui sur la base d'un gage. Cela indique par inférence que Rabbi Yehuda HaNasi soutient : L'année sabbatique annule aussi cette moitié du prêt qu'il a prise sur lui sur la base d'un gage. La Guemara demande : Alors pourquoi a-t-il besoin du gage qu'il détient ? La Guemara répond : Il en a besoin seulement comme simple rappel pour accroître la probabilité que le prêt soit remboursé, et cela n'empêche pas l'annulation d'un prêt.
רַב כָּהֲנָא יְהַבוּ לֵיהּ זוּזֵי אַכִּיתָּנָא, לְסוֹף אִיַּיקַּר כִּיתָּנָא. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב. אֲמַר לֵיהּ: בְּמַאי דִּנְקִיטַתְּ זוּזֵי – הַב לְהוּ, וְאִידַּךְ – דְּבָרִים נִינְהוּ, וּדְבָרִים אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם מְחוּסְּרֵי אֲמָנָה.
§ La Guemara raconte : Des acheteurs ont donné de l’argent à Rav Kahana pour acheter du lin. Finalement, le prix du lin a augmenté. Rav Kahana se présenta devant Rav pour demander son avis. Rav lui dit : Donne-leur une quantité de lin équivalente en valeur à l’argent que tu as reçu, et quant au reste, ton engagement verbal n’est qu’une déclaration, et se rétracter d’un engagement verbal qui n’était pas accompagné d’un acte d’acquisition ne constitue pas un acte de mauvaise foi.
דְּאִיתְּמַר: דְּבָרִים, רַב אָמַר: אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם מְחוּסְּרֵי אֲמָנָה, וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: יֵשׁ בָּהֶם מִשּׁוּם מְחוּסְּרֵי אֲמָנָה.
La Guemara commente : C’est comme il a été déclaré : Il existe une controverse amoraïque concernant le fait de se rétracter d’un engagement verbal qui n’était pas accompagné d’un acte d’acquisition. Rav dit : Cela ne constitue pas un acte de mauvaise foi. Et Rabbi Yoḥanan dit : Cela constitue un acte de mauvaise foi.
מֵיתִיבִי, רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: מָה תַּלְמוּד לוֹמַר ״הִין צֶדֶק״, וַהֲלֹא ״הִין״ בִּכְלַל אֵיפָה הָיָה? אֶלָּא לוֹמַר לָךְ: שֶׁיְּהֵא הֵן שֶׁלְּךָ צֶדֶק, וְלָאו שֶׁלְּךָ צֶדֶק. אָמַר אַבָּיֵי: הָהוּא שֶׁלֹּא יְדַבֵּר אֶחָד בַּפֶּה וְאֶחָד בַּלֵּב.
La Guemara soulève une objection : Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : Que signifie le fait que le verset déclare : « Une épha juste, et un hin juste, vous aurez » (Lévitique 19:36) ? Mais un hin n’était-il pas inclus dans une épha ? Pourquoi est-il nécessaire de mentionner les deux ? Au contraire, c’est une allusion qui vient te dire que ton oui [hen] doit être juste, et ton non doit être juste. Apparemment, c’est une mitsva pour une personne d’accomplir ses promesses. Abaye dit : Ce verset signifie qu’une personne ne doit pas dire une chose avec sa bouche et penser une autre chose dans son cœur. Il est interdit à une personne de prendre un engagement qu’elle n’a pas l’intention d’accomplir. Rav Kahana a pris son engagement de bonne foi et s’est rétracté en raison d’un changement de circonstances. Cela n’est pas interdit.
מֵיתִיבִי, רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ טַלִּית קוֹנָה דִּינַר זָהָב, וְאֵין דִּינַר זָהָב קוֹנֶה טַלִּית, מִכׇּל מָקוֹם כָּךְ הֲלָכָה. אֲבָל אָמְרוּ: מִי שֶׁפָּרַע מֵאַנְשֵׁי דּוֹר הַמַּבּוּל וּמֵאַנְשֵׁי דּוֹר הַפְּלַגָּה הוּא עָתִיד לִיפָּרַע מִמִּי שֶׁאֵינוֹ עוֹמֵד בְּדִיבּוּרוֹ!
La Guemara soulève une objection. Rabbi Shimon dit : Bien que les Sages aient dit que, lorsqu’une partie prend possession d’un vêtement, l’autre partie acquiert un dinar d’or, mais lorsqu’une partie prend possession d’un dinar d’or, l’autre partie n’acquiert pas un vêtement, en tout état de cause, c’est ce que la halakha serait. Mais les Sages ont dit au sujet de celui qui se rétracte d’une transaction dans laquelle l’une des parties a tiré le dinar d’or en sa possession : Celui qui a exigé paiement des gens de la génération du déluge, et des gens de la génération de la dispersion, et des habitants de Sodome et Gomorrhe, et des Égyptiens dans la mer Rouge, exigera à l’avenir paiement de quiconque ne respecte pas sa parole. Et celui qui négocie, lorsque la négociation aboutit à une déclaration par laquelle il s’engage à acquérir l’objet, n’a pas acquis l’objet sans un acte formel d’acquisition. Mais en ce qui concerne celui qui se rétracte de son engagement, les Sages sont mécontents de lui. Apparemment, celui qui se rétracte est considéré comme ayant agi de mauvaise foi.
תַּנָּאֵי הִיא. דִּתְנַן: מַעֲשֶׂה בְּרַבִּי יוֹחָנָן בֶּן מַתְיָא שֶׁאָמַר לִבְנוֹ: צֵא וּשְׂכוֹר לָנוּ פּוֹעֲלִים. הָלַךְ וּפָסַק לָהֶם מְזוֹנוֹת. וּכְשֶׁבָּא אֵצֶל אָבִיו, אָמַר לוֹ: בְּנִי, אֲפִילּוּ אַתָּה עוֹשֶׂה לָהֶם כִּסְעוּדַת שְׁלֹמֹה בִּשְׁעָתוֹ לֹא יָצָאתָ יְדֵי חוֹבָתְךָ עִמָּהֶם, שֶׁהֵן בְּנֵי אַבְרָהָם יִצְחָק וְיַעֲקֹב. אֶלָּא עַד שֶׁלֹּא יַתְחִילוּ בִּמְלָאכָה, צֵא וֶאֱמוֹר לָהֶם: עַל מְנָת שֶׁאֵין לָכֶם עָלַי אֶלָּא פַּת וְקִטְנִית בִּלְבַד.
La Guemara explique : Cette question est un différend entre tannaïm, comme nous l’avons appris dans une michna (Bava Metzia 83a) : Il y eut un incident impliquant Rabbi Yoḥanan ben Matya, qui dit à son fils : Va et embauche des ouvriers pour nous. Son fils alla et leur attribua une subsistance, dans le cadre des conditions de leur emploi, sans préciser le type de subsistance. Et lorsqu’il revint vers son père, son père lui dit : Mon fils, même si tu leur prépares un repas semblable au festin de Salomon en son temps, tu ne t’acquitteras pas de ton obligation envers eux, car ils sont les descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, et en raison de ce statut ils méritent n’importe quel repas qu’ils désirent. Au contraire, voici ce que tu dois faire : Avant qu’ils ne commencent à s’engager dans leur travail, va leur dire : Votre emploi est à la condition que vous ayez le droit de réclamer de moi seulement le repas habituel de pain et de légumineuses.
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּבָרִים יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם מְחוּסְּרֵי אֲמָנָה, הֵיכִי אֲמַר לֵיהּ זִיל הֲדַר בָּךְ? שָׁאנֵי הָתָם, דְּפוֹעֲלִים גּוּפַיְיהוּ לָא סָמְכָא דַּעְתַּיְיהוּ. מַאי טַעְמָא – מִידָּע יָדְעִי דְּעַל אֲבוּהּ סָמֵךְ.
La Guemara demande : Et s’il te vient à l’esprit que se rétracter d’un engagement verbal non accompagné d’un acte d’acquisition constitue un acte de mauvaise foi, comment Rabbi Yoḥanan ben Matya a-t-il dit à son fils de se rétracter ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; là-bas, c’est différent dans ce cas, car les ouvriers eux-mêmes ne se fient pas au fils. Quelle en est la raison pour laquelle ils ne se fient pas au fils ? C’est parce qu’ils savent qu’il s’est fié à son père pour donner son approbation lorsqu’il s’est engagé à les nourrir.
אִי הָכִי, אֲפִילּוּ הִתְחִילוּ בִּמְלָאכָה נָמֵי? הִתְחִילוּ בִּמְלָאכָה, וַדַּאי סָמְכִי דַּעְתַּיְיהוּ, אֲמַרוּ: מֵימָר אָמַר קַמֵּיהּ דַּאֲבוּהּ וְנִיחָא לֵיהּ.
La Guemara demande : Si c’est le cas, alors même si les ouvriers ont commencé à s’engager dans leur travail, ils ne se fieraient toujours pas au fils. Pourquoi, alors, son père lui a-t-il spécifiquement ordonné de leur parler du changement avant qu’ils ne commencent leur travail ? La Guemara répond : Une fois qu’ils ont commencé à s’engager dans leur travail, ils se fieraient certainement à l’engagement du fils, car ils diraient : Il doit être venu avant son père et avoir énoncé les conditions de leur emploi, et son père y consent. Il était donc nécessaire de les en informer avant qu’ils ne commencent à travailler.
וּמִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן הָכִי? וְהָאָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ מַתָּנָה אֲנִי נוֹתֵן לָךְ – יָכוֹל לַחֲזוֹר בּוֹ. יָכוֹל, פְּשִׁיטָא! אֶלָּא: מוּתָּר לַחֲזוֹר בּוֹ. אָמַר רַב פָּפָּא: וּמוֹדֶה רַבִּי יוֹחָנָן בְּמַתָּנָה מוּעֶטֶת, דְּסָמְכָא דַּעְתַּיְיהוּ.
La Guemara demande : Et est-ce bien cela que Rabbi Yoḥanan a dit, à savoir que celui qui se rétracte d’un engagement verbal a agi de mauvaise foi ? Mais Rabba bar bar Ḥana n’a-t-il pas dit que Rabbi Yoḥanan dit : Celui qui dit à un autre : Je te donne un cadeau, peut se rétracter de son engagement ? La Guemara demande : Peut-il se rétracter ? Il est évident qu’il peut se rétracter, car en l’absence d’un acte d’acquisition, personne ne peut le contraindre à donner le cadeau. Au contraire, cela signifie : il lui est permis de se rétracter de son engagement. Apparemment, celui qui se rétracte d’une garantie verbale n’est pas considéré comme ayant agi de mauvaise foi. Rav Pappa a dit : Et Rabbi Yoḥanan concède que dans le cas d’un petit cadeau, on ne peut pas se rétracter, car les bénéficiaires comptent sur lui pour tenir son engagement verbal. En revanche, dans le cas d’un grand cadeau, les bénéficiaires savent qu’une personne peut reconsidérer sa décision ; ils ne se fient donc pas à sa déclaration et ne supposent pas que sa décision soit définitive.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יִשְׂרָאֵל שֶׁאָמַר לְבֶן לֵוִי: כּוֹר מַעֲשֵׂר יֵשׁ לְךָ בְּיָדִי. בֶּן לֵוִי רַשַּׁאי לַעֲשׂוֹתוֹ תְּרוּמַת מַעֲשֵׂר עַל מָקוֹם אַחֵר. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא לָא מָצֵי לְמִיהְדַּר בֵּיהּ – מִשּׁוּם הָכִי רַשַּׁאי. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ מָצֵי לְמִיהְדַּר בֵּיהּ, אַמַּאי רַשַּׁאי? אִישְׁתְּכַח דְּקָא אָכֵיל טְבָלִים!
La Guemara commente : De même, il est raisonnable de dire que telle est l’opinion de Rabbi Yoḥanan, comme Rabbi Abbahu dit que Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne un Israélite qui a dit à un Lévite : Tu as un kor de première dîme qui est en ma possession et que j’ai séparée de ma production, le Lévite peut prélever tout ou partie de ce kor comme terouma de la dîme pour de la première dîme qu’il a dans un autre endroit. Certes, si tu dis que l’on ne peut pas, c’est-à-dire qu’il ne lui est pas permis, se rétracter, c’est pour cette raison que le Lévite peut la prélever comme terouma de la dîme pour un autre produit. Mais si tu dis que l’on peut, c’est-à-dire qu’il lui est permis, se rétracter, pourquoi peut-il la prélever comme terouma de la dîme pour un autre produit ? Le propriétaire du produit pourrait se rétracter, et dans ce cas il s’ensuivra qu’il consomme un produit non dîmé, puisque la terouma de la dîme qu’il a séparée ne lui appartenait pas.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁנְּטָלוֹ מִמֶּנּוּ וְחָזַר וְהִפְקִידוֹ אֶצְלוֹ.
La Guemara répond : De quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas où le lévite a pris de lui les produits de la première dîme puis les a déposés chez lui, de sorte qu’ils appartiennent déjà au lévite.
אִי הָכִי אֵימָא סֵיפָא: נְתָנוֹ לְבֶן לֵוִי אַחֵר – אֵין לוֹ עָלָיו אֶלָּא תַּרְעוֹמֶת. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ כְּגוֹן שֶׁנְּטָלוֹ מִמֶּנּוּ וְחָזַר וְהִפְקִידוֹ אֶצְלוֹ, אַמַּאי אֵין לוֹ עָלָיו אֶלָּא תַּרְעוֹמֶת? כֵּיוָן דְּמַשְׁכֵיהּ מָמוֹנָא אִית לֵיהּ גַּבֵּיהּ! אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ בִּדְלָא נְטָלוֹ. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara demande : Si tel est le cas, que c’est la circonstance visée dans la déclaration de Rabbi Yoḥanan, dis la clause finale de cette halakha : Si le propriétaire des produits a donné les produits de la première dîme à un autre Lévite, le premier Lévite n’a qu’un grief contre le propriétaire, mais aucune revendication juridique. Et s’il te vient à l’esprit qu’il s’agit d’un cas où le premier Lévite a pris les produits de la première dîme du propriétaire puis les a déposés chez lui, pourquoi le Lévite n’a-t-il qu’un grief contre lui ? Une fois que le premier Lévite a tiré les produits dans sa possession, ils sont à lui et, par conséquent, il a des biens en la possession du propriétaire des produits. Plutôt, ne faut-il pas conclure de cela qu’il s’agit d’un cas où le Lévite n’a pas pris les produits ni ne les a déposés ? La Guemara confirme : Conclue de cela qu’il n’y avait qu’un engagement verbal, et cela prouve que se rétracter d’un engagement verbal constitue un acte de mauvaise foi.
הָהוּא גַּבְרָא דִּיהַיב זוּזֵי אַשּׁוּמְשְׁמֵי. לְסוֹף אִיַּיקַּר שׁוּמְשְׁמֵי. הֲדַרוּ בְּהוּ וַאֲמַרוּ לֵיהּ: לֵית לַן שׁוּמְשְׁמֵי, שְׁקוֹל זוּזָךְ. לָא שְׁקֵיל זוּזֵיהּ, אִיגְּנוּב. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרָבָא. אֲמַר לֵיהּ: כֵּיוָן דְּאָמְרִי לָךְ שְׁקוֹל זוּזָךְ וְלָא שְׁקַלְיתְּ, לָא מִבַּעְיָא שׁוֹמֵר שָׂכָר דְּלָא הָוֵי, אֶלָּא אֲפִילּוּ שׁוֹמֵר חִנָּם נָמֵי לָא הָוֵי. אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן לְרָבָא: וְהָא בָּעֵי לְקַבּוֹלֵי עֲלֵיהּ ״מִי שֶׁפָּרַע״? אֲמַר לְהוּ: הָכִי נָמֵי.
La Guemara raconte : Il y avait un certain homme qui donna de l’argent comme paiement pour du sésame. Finalement, le prix du sésame augmenta, et les vendeurs se rétractèrent et lui dirent : Nous n’avons pas de sésame ; prends ton argent. L’acheteur ne prit pas son argent, et l’argent fut volé. Ils vinrent devant Rava pour trancher l’affaire. Rava dit à l’acheteur : Puisqu’ils t’ont dit : Prends ton argent, et que tu ne l’as pas pris, il n’est pas nécessaire de dire que leur statut juridique n’est pas celui d’un dépositaire rémunéré. Mais ma décision est que leur statut juridique n’est même pas celui d’un dépositaire non rémunéré. Les Sages dirent à Rava : Mais les vendeurs qui se sont rétractés ne sont-ils pas tenus d’accepter sur eux-mêmes la malédiction : Celui qui a exigé paiement ? Rava leur dit : En effet, ils doivent payer ou accepter la malédiction.
אָמַר רַב פַּפֵּי, אָמַר לִי רָבִינָא: לְדִידִי אֲמַר לִי הָהוּא מֵרַבָּנַן וְרַב טָבוּת שְׁמֵיהּ, וְאָמְרִי לַהּ רַב שְׁמוּאֵל בַּר זוּטְרָא שְׁמֵיהּ, דְּאִי הֲווֹ יָהֲבִי לֵיהּ כֹּל חֲלָלָא דְעָלְמָא לָא (הֲוֵי קָא) [הָוֵה] מְשַׁנֵּי בְּדִבּוּרֵיהּ. בְּדִידִי הֲוָה עוֹבָדָא: הָהוּא יוֹמָא אַפַּנְיָא דְּמַעֲלֵי שַׁבְּתָא הֲוָה, וַהֲוָה יָתֵיבְנָא, וַאֲתָא הָהוּא גַּבְרָא וְקָאֵי אַבָּבָא. אֲמַר לִי: אִית לָךְ שׁוּמְשְׁמֵי לְזַבּוֹנֵי?
Rav Pappi dit que Ravina m’a dit : L’un des Sages, et Rav Tavot est son nom, et certains disent que Rav Shmuel bar Zutra est son nom, et c’est quelqu’un qui même si on lui donnait toute l’étendue du monde, ne s’écarterait pas de la vérité dans sa parole, m’a dit : Il y eut un incident dans lequel j’étais impliqué. Ce jour-là, c’était le crépuscule à la veille de Chabbat, et j’étais assis, lorsqu’un certain homme vint et se tint à l’entrée. Il me dit : As-tu du sésame à vendre ?