וְחוֹזֵר וְאוֹמֵר: הֲרֵי הֵן מְחוּלָּלִין עַל מְעוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בַּבַּיִת. טַעְמָא דְּאֵין בְּיָדוֹ מָעוֹת, הָא אִם יֵשׁ בְּיָדוֹ מָעוֹת – לַיקְנֵי לְהוּ לְאִידַּךְ בִּמְשִׁיכָה וּפָרֵיק, דְּהָכִי עֲדִיף, דְּהָוֵה לֵיהּ נֻכְרַאי.
et alors il dit : Cette production du second dîme qui t’appartient désormais est par les présentes désacralisée sur des pièces que j’ai à la maison. La Guemara en déduit : La raison pour laquelle il est nécessaire d’employer cet artifice est qu’il n’a pas de pièces en main. Mais s’il a des pièces en main, qu’il transfère la propriété des pièces à l’autre personne au moyen de la transaction de traction, et alors cette autre personne désacralisera la production du second dîme. La raison en est que cette procédure est préférable, car celui qui désacralise la production est un étranger, et non le propriétaire de la production. Par conséquent, cela ressemble moins à un artifice destiné à contourner le paiement du cinquième supplémentaire.
וְאִי אָמְרַתְּ מַטְבֵּעַ נִקְנֶה בַּחֲלִיפִין: נִיקְּנוֹ לֵיהּ מָעוֹת לְהַיְאךְ אַגַּב סוּדָר, וְלִפְרוֹק! דְּלֵית לֵיהּ סוּדָר. וְנַקְנִינְהוּ נִהֲלֵיהּ אַגַּב קַרְקַע! דְּלֵית לֵיהּ קַרְקַע.
La Guemara continue d’exposer son objection à l’opinion de Rav Pappa. Et si vous dites qu’une pièce est acquise par le biais d’une transaction d’échange, alors, même si le propriétaire des produits n’a pas d’argent en main, que le propriétaire transfère la propriété des pièces, où qu’elles se trouvent, à l’autre personne au moyen d’un tissu, car il peut effectuer une transaction symbolique d’échange avec un tissu ; et alors que l’autre personne désacralise les produits. La Guemara répond : Le cas dans la baraita est celui où il n’a pas de tissu. La Guemara objecte : Et que le propriétaire transfère la propriété des pièces à l’autre personne au moyen d’un terrain, c’est-à-dire qu’il accomplisse un acte de transaction concernant le terrain et inclue les pièces dans la transaction. La Guemara répond : Le cas dans la baraita est celui où il n’a pas de terrain.
וְהָא עוֹמֵד בַּגּוֹרֶן קָתָנֵי! בְּגוֹרֶן שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ. וְאִיכְּפַל תַּנָּא לְאַשְׁמוֹעִינַן גַּבְרָא עַרְטִילַאי דְּלֵית לֵיהּ וְלָא כְּלוּם? אֶלָּא לָאו, שְׁמַע מִינַּהּ: אֵין מַטְבֵּעַ נִקְנֶה בַּחֲלִיפִין. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans la baraita qu’il se tient sur l’aire de battage ? La Guemara répond : Il se tient sur une aire de battage qui ne lui appartient pas. La Guemara demande : Et le tanna s’est-il donné toute cette peine uniquement pour nous enseigner le cas d’un homme nu, c’est-à-dire quelqu’un qui n’a absolument rien ? Il est peu probable qu’une baraita soit consacrée à un cas aussi éloigné. Au contraire, ne faut-il pas en conclure que l’argent n’est pas acquis au moyen d’une transaction d’échange ? La Guemara confirme : Apprends-en que telle est la halakha.
וְאַף רַב פָּפָּא הֲדַר בֵּיהּ. כִּי הָא דְּרַב פָּפָּא הֲווֹ לֵיהּ תְּרֵיסַר אַלְפֵי דִּינָרֵי בֵּי חוֹזָאֵי, אַקְנִינְהוּ לְרַב שְׁמוּאֵל בַּר אַחָא אַגַּב אַסִּיפָּא דְּבֵיתֵיהּ. כִּי אֲתָא, נְפַק לְאַפֵּיהּ עַד תְּווֹךְ.
La Guemara raconte : Et même Rav Pappa se rétracta de sa déclaration précédente selon laquelle les pièces s’acquièrent au moyen d’une transaction d’échange, comme dans ce cas où Rav Pappa avait douze mille dinars qu’il avait prêtés à un autre à Bei Ḥozai. Il transféra la propriété des dinars à son agent, Rav Shmuel bar Aḥa, au moyen de l’octroi de l’acquisition du seuil de sa maison, afin de permettre à l’agent d’exiger le remboursement du prêt en son propre nom. Cela évitait qu’il ait besoin de consulter Rav Pappa pour chaque éventualité, ce qui aurait compliqué les choses. Il ressort du fait que la transaction fut effectuée au moyen de l’octroi de l’acquisition du seuil que Rav Pappa concède que les pièces ne s’acquièrent pas au moyen d’une transaction d’échange. Lorsque Rav Shmuel bar Aḥa vint après le remboursement du prêt, Rav Pappa fut si heureux qu’il sortit jusqu’à Tevakh pour aller à la rencontre de lui.
וְכֵן אָמַר עוּלָּא: אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין. וְכֵן אָמַר רַב אַסִּי: אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין, וְכֵן אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין.
La Guemara ajoute : De même, Ulla dit : l’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange. De même, Rav Asi dit : l’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange. De même, Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : l’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange.
אֵיתִיבֵיהּ רַבִּי אַבָּא לְעוּלָּא: הֲרֵי שֶׁהָיוּ חֲמָרָיו וּפוֹעֲלָיו תּוֹבְעִין אוֹתוֹ בַּשּׁוּק, וְאָמַר לַשּׁוּלְחָנִי: תֵּן לִי בְּדִינָר מָעוֹת וַאֲפַרְנְסֵם, וַאֲנִי אַעֲלֶה לְךָ יָפֶה דִּינָר וּטְרֵיסִית מִמָּעוֹת שֶׁיֵּשׁ לִי בְּבֵיתִי. אִם יֵשׁ לוֹ מָעוֹת – מוּתָּר, וְאִם לָאו – אָסוּר. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין, הָוְיָא לֵיהּ הַלְוָאָה, וְאָסוּר! אִשְׁתִּיק.
Rabbi Abba souleva une objection à l’opinion de Ulla à partir d’une baraita : En ce qui concerne quelqu’un dont les conducteurs d’ânes ou les ouvriers réclamaient de lui le paiement de leurs salaires sur le marché, et il dit au changeur : Donne-moi des pièces d’une valeur de un dinar et je pourvoirai à leurs besoins, et plus tard je te donnerai des pièces d’une valeur d’un dinar et d’un tereisit, une pièce de moindre valeur, à partir de l’argent que j’ai chez moi, alors s’il a de l’argent chez lui à ce moment-là, cela est permis, car ce n’est pas considéré comme un prêt et, par conséquent, le paiement supplémentaire n’est pas un intérêt. Mais si il n’a pas d’argent chez lui à ce moment-là, c’est un prêt et le paiement supplémentaire est interdit comme intérêt. Et s’il te vient à l’esprit que l’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange, alors même dans le cas où l’employeur avait de l’argent chez lui, puisque le changeur n’acquiert pas l’argent de l’employeur qui est chez lui au moyen d’un échange, c’est un prêt et le paiement supplémentaire est interdit comme intérêt. Ulla garda le silence.
אֲמַר לֵיהּ: דִּלְמָא אִידֵּי וְאִידֵּי בִּפְרוּטָטוֹת שָׁנוּ, דְּלֵיכָּא עֲלַיְיהוּ טִבְעָא. וְאִידֵּי וְאִידֵּי פֵּירָא הָווּ, וּמִשּׁוּם הָכִי נִקְּנוֹ בַּחֲלִיפִין. אֲמַר לֵיהּ: אִין, דַּיְקָא נָמֵי, דְּקָתָנֵי: יָפֶה דִּינָר וּטְרֵיסִית, וְלָא קָתָנֵי: דִּינָר יָפֶה וּטְרֵיסִית. שְׁמַע מִינַּהּ.
Rabbi Abba dit alors la suggestion suivante à Oulla : Peut-être les Sages ont-ils enseigné cette halakhadans un cas où à la fois ces pièces qui sont dans sa maison et ces autres pièces qu’il a prises au changeur sont des perotetot, de petites perutot non frappées, et le statut juridique de ces pièces comme de ces autres pièces est celui d’une marchandise ; et en raison de ce statut elles sont acquises au moyen d’une transaction d’échange. Oulla lui dit : Oui, tel est le cas dans la baraita, et le langage de la baraita est également précis, puisqu’elle enseigne : Je te donnerai des pièces d’une valeur d’un dinar et d’un tereisit, et elle n’enseigne pas : Je te donnerai un dinar sans défaut et un tereisit. De toute évidence, la baraita ne parle pas du fait de donner une véritable pièce de dinar, mais d’autres pièces de moindre valeur qui équivalent à cette valeur. La Guemara confirme : Apprends-en que tel est bien le cas.
רַב אָשֵׁי אָמַר: לְעוֹלָם בְּדָמִים וּבִפְרוּטָטוֹת, כֵּיוָן דְּאִית לֵיהּ, נַעֲשֶׂה כְּאוֹמֵר: הַלְוֵינִי עַד שֶׁיָּבֹא בְּנִי אוֹ עַד שֶׁאֶמְצָא מַפְתֵּחַ.
Rav Ashi a dit : En réalité, on peut expliquer qu’il n’y a pas de transaction au moyen d’un échange dans ce cas. Il s’agit plutôt d’un achat avec de l’argent et le tanna fait référence à perotetot, et malgré cela, il n’y a pas de violation de l’interdiction de l’intérêt. Puisqu’il a de l’argent chez lui, c’est comme s’il disait : Prête-moi de l’argent jusqu’à ce que mon fils vienne ou jusqu’à ce que je trouve la clé. Ce n’est pas un prêt, et les halakhot de l’intérêt ne s’appliquent pas.
תָּא שְׁמַע: כׇּל הַנַּעֲשֶׂה דָּמִים בְּאַחֵר, כֵּיוָן שֶׁזָּכָה זֶה – נִתְחַיֵּיב זֶה בַּחֲלִיפִין. כׇּל הַנַּעֲשֶׂה דָּמִים בְּאַחֵר, מַאי נִיהוּ – מַטְבֵּעַ, וּשְׁמַע מִינַּהּ מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין!
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée d’une michna (Kiddushin 28a) : En ce qui concerne tous les objets utilisés comme valeur monétaire pour un autre objet, c’est-à-dire qu’au lieu qu’un acheteur paie de l’argent au vendeur, ils échangent entre eux des objets de valeur, dès qu’une des parties à la transaction acquiert l’objet qu’elle reçoit, cette partie est obligée à l’égard de l’objet échangé contre lui. La Guemara analyse cette michna : En ce qui concerne tous les objets utilisés comme valeur monétaire pour un autre objet, que signifie la michna dans cette expression ? Elle signifie une pièce, et apprends de la michna qu’une pièce peut être un objet utilisé pour effectuer un échange.
אָמַר רַב יְהוּדָה, הָכִי קָאָמַר:
Rav Yehouda a dit : Ceci est ce que la michna dit :