שֶׁמָּא יְשַׁהֶה עֲלִיּוֹתָיו, דְּזִימְנִין דְּלָא מָלוּ זוּזֵי בְּדִינָרָא וְלָא מַסֵּיק. וּבֵית הִלֵּל סָבְרִי: לָא גָּזְרִינַן שֶׁמָּא יְשַׁהֶה עֲלִיּוֹתָיו, דְּכִי לָא מָלוּ נָמֵי בְּדִינָרָא אַסּוֹקֵי מַסֵּיק לְהוּ. אֲבָל בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין – דִּבְרֵי הַכֹּל מְחַלְּלִינַן, דְּכֵיוָן דְּמַרְקְבִי לָא מְשַׁהֵי לְהוּ.
de peur qu’il ne retarde sa montée à Jérusalem à cause de cet échange, car parfois les pièces d’argent n’atteignent pas le dinar d’or entier, et il ne montera pas à Jérusalem avant d’avoir réuni assez de dinars d’argent pour les échanger contre un dinar d’or. Et Beit Hillel soutiennent : Nous ne décrétons pas qu’il pourrait retarder sa montée, car même si les pièces d’argent n’atteignent pas le dinar d’or entier, il montera avec les pièces d’argent. Mais en ce qui concerne la désacralisation des produits avec des dinars, tous s’accordent à dire que nous désacralisons les produits de cette manière, du fait que puisque les produits pourrissent, il ne retarde certainement pas le fait d’apporter les produits à Jérusalem jusqu’à ce qu’ils équivalent à un dinar d’or entier.
וְחַד אָמַר: אֲפִילּוּ בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין נָמֵי מַחְלוֹקֶת.
Et l’un dit : Même en ce qui concerne l’échange de produits contre des dinars, il y a un différend, en raison de la crainte que l’on retarde l’apport de ses produits à Jérusalem jusqu’à ce que la valeur des produits de son second dixième soit égale à celle d’une pièce d’or.
בִּשְׁלָמָא לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמְרַתְּ דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא מִשְׁרָא שְׁרֵי וְרַבָּנַן הוּא דִּגְזַרוּ בֵּיהּ – הַיְינוּ דְּקָתָנֵי ״יַעֲשֶׂה״ וְ״לֹא יַעֲשֶׂה״, אֶלָּא לְהָךְ לִישָּׁנָא דְּאָמְרַתְּ דְּמִדְּאוֹרָיְיתָא פְּלִיגִי: מְחַלְּלִינַן וְלָא מְחַלְּלִינַן מִבְּעֵי לֵיהּ? קַשְׁיָא.
La Guemara demande : Soit, selon cette version de la controverse dans laquelle tu as dit que tout le monde convient que l’échange de pièces d’argent sela contre des dinars d’or est permis par la loi de la Torah et que ce sont les Sages qui ont décrété de l’interdire, c’est la raison pour laquelle la controverse entre Beit Hillel et Beit Shammaï est enseignée sous la formulation : On peut faire, et : On ne peut pas faire, car c’est le langage d’une interdiction ab initio. Mais selon cette version de la controverse dans laquelle tu as dit que c’est au sujet de la halakha selon la loi de la Torah qu’ils sont en désaccord, cela aurait dû être formulé ainsi : Nous désacralisons, et : Nous ne désacralisons pas, puisque, si la pratique est interdite par la loi de la Torah, l’échange de pièces d’argent sela contre des dinars d’or est sans effet même après coup. La Guemara conclut : En effet, selon la dernière version, cela est difficile.
אִיתְּמַר: רַב וְלֵוִי, חַד אָמַר: מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין, וְחַד אָמַר: אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין. אָמַר רַב פָּפָּא: מַאי טַעְמָא דְּמַאן דְּאָמַר אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין – מִשּׁוּם דְּדַעְתֵּיהּ אַצּוּרְתָּא, וְצוּרְתָּא עֲבִידָא דְּבָטְלָא.
§ Il a été déclaré qu’il existe un différend entre Rav et Levi. L’un a dit : L’argent peut être un objet utilisé pour effectuer un échange. Et l’un a dit : L’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange, car cette forme de transaction n’est efficace qu’à l’égard d’objets tels que des produits et des ustensiles. Rav Pappa a dit : Quelle est la raison de l’opinion de celui qui dit que l’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange ? C’est parce que l’esprit de celui qui acquiert la pièce est fixé sur la forme frappée sur la pièce, et non sur la valeur du métal, et la valeur due à la forme est susceptible d’être annulée par les autorités. Par conséquent, aux yeux de la partie qui l’acquiert, la pièce elle-même n’a pas de valeur réelle et ne peut donc pas être un objet utilisé pour effectuer un échange.
תְּנַן: הַזָּהָב קוֹנֶה אֶת הַכֶּסֶף, מַאי לָאו בַּחֲלִיפִין, וּשְׁמַע מִינַּהּ מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין? לֹא, בְּדָמִים. אִי הָכִי הַזָּהָב קוֹנֶה אֶת הַכֶּסֶף, מְחַיֵּיב מִבְּעֵי לֵיהּ! תְּנִי: הַזָּהָב מְחַיֵּיב.
Nous avons appris dans la michna : Lorsque l’une des parties prend possession des pièces d’or, l’autre partie acquiert les pièces d’argent. Quoi, la référence n’est-elle pas à un cas où les pièces d’or ont été données afin d’acquérir les pièces d’argent au moyen d’un échange, et par conséquent on peut en apprendre qu’une pièce peut être un objet utilisé pour effectuer un échange ? La Guemara rejette cette preuve : Non, il s’agit d’un achat ordinaire effectué au moyen de la remise d’argent. La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, le langage de la michna est imprécis, car quel est le sens de : Lorsque l’une des parties prend possession des pièces d’or, l’autre partie acquiert les pièces d’argent ? Il aurait fallu dire : Lorsque l’une des parties prend possession des pièces d’or, cela l’oblige à donner les pièces d’argent. La Guemara répond : Amende le texte et enseigne : Lorsque l’une des parties prend possession des pièces d’or, cela l’oblige à donner les pièces d’argent.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: הַכֶּסֶף אֵינוֹ קוֹנֶה אֶת הַזָּהָב. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּדָמִים – הַיְינוּ דְּאָמְרִינַן דַּהֲבָא פֵּירָא, וְכַסְפָּא טִבְעָא, וְטִבְעָא פֵּירָא לָא קָנֵי. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בַּחֲלִיפִין, תַּרְוַיְיהוּ לִקְנוֹ אַהֲדָדֵי.
La Guemara commente : De même, il est raisonnable d’interpréter la michna de cette manière, du fait qu’elle enseigne dans la clause finale de la michna : Lorsqu’une partie prend possession de l’argent, l’autre partie n’acquiert pas l’or. Certes, si vous dites qu’il s’agit d’un achat effectué au moyen de donner de l’argent, tel est le sens de ce que nous avons dit : l’or est une marchandise, et l’argent est une monnaie, et la monnaie n’effectue pas l’acquisition d’une marchandise. Mais si vous dites que la michna parle d’une acquisition effectuée au moyen d’un échange, alors que les deux acquièrent les pièces simultanément l’un de l’autre.
וְעוֹד, תַּנְיָא: הַכֶּסֶף אֵינוֹ קוֹנֶה אֶת הַזָּהָב, כֵּיצַד? מָכַר לוֹ עֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה דִּינָר שֶׁל כֶּסֶף בְּדִינָר שֶׁל זָהָב, אַף עַל פִּי שֶׁמָּשַׁךְ אֶת הַכֶּסֶף – לֹא קָנָה עַד שֶׁיִּמְשׁוֹךְ אֶת הַזָּהָב. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בְּדָמִים – מִשּׁוּם הָכִי לָא קָנֵי. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בַּחֲלִיפִין – נִקְנֵי.
De plus, il est enseigné dans une baraita : Lorsque l’une des parties prend possession des pièces d’argent, l’autre partie n’acquiert pas les pièces d’or. Comment cela ? Si l’un a vendu vingt-cinq dinars d’argent à un autre pour un dinar d’or, bien qu’il ait tiré l’argent en sa possession, il ne l’acquiert pas jusqu’à ce que l’autre personne tire l’or en sa possession. Soit, si tu dis qu’il s’agit d’un achat effectué au moyen de la remise d’argent, c’est pour cette raison qu’il n’acquiert pas les pièces d’or ; la transaction n’est effective que par la prise de possession de l’objet acheté. Mais si tu dis qu’il s’agit d’une acquisition effectuée au moyen d’un échange, qu’il acquière l’or en tirant l’argent ; dans une transaction d’échange, les deux parties acquièrent les deux objets simultanément.
אֶלָּא מַאי, בְּדָמִים? אִי הָכִי אֵימָא רֵישָׁא: הַזָּהָב קוֹנֶה אֶת הַכֶּסֶף, כֵּיצַד? מָכַר לוֹ דִּינָר שֶׁל זָהָב בְּעֶשְׂרִים וַחֲמִשָּׁה דִּינָר שֶׁל כֶּסֶף, כֵּיוָן שֶׁמָּשַׁךְ אֶת הַזָּהָב נִקְנָה כֶּסֶף בְּכׇל מָקוֹם שֶׁהוּא.
La Guemara continue : Mais quelle est alors la nature de la transaction ? S’agit-il d’un achat effectué au moyen de donner de l’argent ? Si oui, alors énonce la première clause de la baraita : Lorsqu’une partie prend possession des pièces d’or, l’autre partie acquiert les pièces d’argent. Comment cela ? Si quelqu’un a vendu un dinar d’or à un autre pour vingt-cinq dinars d’argent, dès qu’il a tiré la pièce d’or en sa possession, les pièces d’argent sont acquises où qu’elles se trouvent.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא בַּחֲלִיפִין, הַיְינוּ דְּקָתָנֵי ״נִקְנֶה כֶּסֶף בְּכׇל מָקוֹם שֶׁהוּא״. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ בְּדָמִים, הַאי ״נִקְנֶה כֶּסֶף בְּכׇל מָקוֹם שֶׁהוּא״, נִתְחַיֵּיב גַּבְרָא מִיבְּעֵי לֵיהּ.
La Guemara objecte : Certes, si tu dis qu’il s’agit d’une acquisition effectuée au moyen d’un échange, tel est le sens de ce qui est enseigné : Les pièces d’argent sont acquises partout où elles se trouvent, car telle est la nature de la transaction d’échange. Mais si tu dis qu’il s’agit d’un achat effectué au moyen de donner de l’argent, cette expression : Les pièces d’argent sont acquises partout où elles se trouvent, est incorrecte, car le tannaaurait dû déclarer : Dès qu’il a tiré la pièce d’or en sa possession, l’homme est tenu de payer son acquisition, car il n’est pas tenu de payer avec ces pièces d’argent particulières.
אָמַר רַב אָשֵׁי: לְעוֹלָם בְּדָמִים. וּמַאי ״בְּכׇל מָקוֹם שֶׁהוּא״? כְּמוֹת שֶׁהוּא, כְּדַאֲמַר לֵיהּ. אִי אֲמַר לֵיהּ: מֵאַרְנָקִי חֲדָשָׁה יָהֲבִינָא לָךְ, לָא מָצֵי יָהֵיב לֵיהּ מֵאַרְנָקִי יְשָׁנָה, אַף עַל גַּב דַּעֲדִיפִי מִינַּיְיהוּ. מַאי טַעְמָא, דְּאָמַר לֵיהּ: לְיַשְּׁנָן קָא בָעֵינָא לְהוּ.
Rav Ashi a dit : En réalité, il s’agit d’un achat effectué au moyen de la remise d’argent. Et que signifie : Où qu’elles soient ? Cela signifie, telles qu’elles sont, c’est-à-dire exactement comme le propriétaire de l’argent lui a dit, et il ne peut pas les remplacer par une autre catégorie de pièces. Comment cela ? Si le propriétaire des pièces d’argent a dit au propriétaire de la pièce d’or : Je te donnerai le paiement d’une bourse dans laquelle il y a des pièces neuves, il ne peut pas lui donner le paiement d’une bourse dans laquelle il y a des pièces anciennes, bien que les pièces anciennes soient préférables par rapport aux pièces neuves, parce que les gens ont confiance que les pièces usées sont authentiques. Quelle est la raison pour laquelle le propriétaire de l’or préférerait des pièces d’argent neuves ? C’est parce qu’il dit au propriétaire de l’argent : J’en ai besoin afin de les faire vieillir ; c’est-à-dire que ces pièces resteront en ma possession pendant longtemps, et les pièces anciennes noirciront dans ces circonstances.
אָמַר רַב פָּפָּא: אֲפִילּוּ לְמַאן דְּאָמַר אֵין מַטְבֵּעַ נַעֲשֶׂה חֲלִיפִין – מֶיעְבָּד הוּא דְּלָא עָבֵיד חֲלִיפִין, אַקְנוֹיֵי מִיקְּנוּ בַּחֲלִיפִין, מִידֵּי דְּהָוֵה אַפֵּירֵא לְרַב נַחְמָן. פֵּירֵא לְרַב נַחְמָן, לָאו אַף עַל גַּב דְּאִינְהוּ לָא עָבְדִי חֲלִיפִין – אַקְנוֹיֵי מִקְּנוּ בַּחֲלִיפִין, טִבְעָא נָמֵי לָא שְׁנָא.
Rav Pappa dit : Même selon celui qui dit : L’argent ne peut pas être l’objet utilisé pour effectuer une transaction au moyen d’un échange, cela signifie seulement que l’argent n’effectue pas une transaction d’échange ; mais il concède que l’argent est acquis par le moyen d’une transaction d’échange. Si l’une des parties tire un ustensile en sa possession, l’autre partie acquiert des pièces d’argent en échange, tout comme c’est le cas en ce qui concerne le produit, selon l’opinion de Rav Naḥman. N’est-ce pas le cas que, même si selon l’opinion de Rav Naḥman le produit lui-même n’effectue pas une transaction d’échange, néanmoins le produit est acquis par le moyen d’une transaction d’échange ? La monnaie aussi n’est pas différente.
מֵיתִיבִי: הָיָה עוֹמֵד בַּגּוֹרֶן וְאֵין בְּיָדוֹ מָעוֹת, אוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ: הֲרֵי פֵּירוֹת הַלָּלוּ נְתוּנִים לְךָ בְּמַתָּנָה,
La Guemara soulève une objection à l’opinion de Rav Pappa à partir d’une baraita : Quelqu’un se tenait sur l’aire de battage et n’avait pas d’argent en main, et voulait désacraliser les produits de son second dîme sans payer un cinquième supplémentaire. La halakha est que celui qui désacralise ses propres produits doit ajouter un cinquième à leur valeur. Cet homme veut recourir à un artifice, comme s’il avait vendu les produits à un autre, lui permettant ainsi de les désacraliser sans ajouter un cinquième. À cette fin, il dit à un autre : Ces produits te sont par les présentes donnés en cadeau,