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אָסוּר לִלְווֹת דִּינָר בְּדִינָר.
Il est interdit d’emprunter un dinar et de rembourser le prêt avec un dinar, car si la valeur du dinar change entre-temps, tant l’emprunteur que le prêteur auront enfreint l’interdiction de l’intérêt.
דִּינָר דְּמַאי? אִילֵּימָא דִּינָר שֶׁל כֶּסֶף בְּדִינָר שֶׁל כֶּסֶף, לְגַבֵּי נַפְשֵׁיהּ מִי אִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר לָאו טִבְעָא הָוֵי? אֶלָּא פְּשִׁיטָא דִּינָר שֶׁל זָהָב בְּדִינָר שֶׁל זָהָב, וּלְמַאן? אִי לְבֵית הִלֵּל – הָא אָמְרִי טִבְעָא הָוֵי. אֶלָּא לָאו לְבֵית שַׁמַּאי, וּשְׁמַע מִינַּהּ רַבִּי יוֹחָנָן הוּא דְּאָמַר: אֵין מְחַלְּלִין!
La Guemara développe : La référence est à un dinar de quel type de métal ? Si nous disons que la référence est à quelqu’un qui a emprunté un dinar d’argent et a remboursé le prêt avec un dinar d’argent, y a-t-il quelqu’un qui dise que l’argent par rapport à lui-même n’est pas une monnaie ? Au contraire, il est évident que la référence est à quelqu’un qui a emprunté un dinar d’or et a remboursé le prêt avec un dinar d’or. La Guemara poursuit son analyse : Et conformément à l’opinion de qui Rabbi Yoḥanan énonce-t-il cette halakha ? Si c’est conformément à l’opinion de Beit Hillel, ne disent-ils pas qu’un dinar d’or est une monnaie ? Au contraire, n’est-ce pas conformément à l’opinion de Beit Shammai ? Et apprends-en que c’est Rabbi Yoḥanan qui a dit que selon Beit Shammai nous ne désacralisons pas des produits avec des dinars d’or, car il soutient qu’ils ne sont pas considérés comme une monnaie.
לָא, לְעוֹלָם אֵימָא לָךְ רַבִּי יוֹחָנָן הוּא דְּאָמַר מְחַלְּלִין, וְשָׁאנֵי הַלְוָאָה כֵּיוָן דִּלְעִנְיַן מִקָּח וּמִמְכָּר שַׁוְּיוּהּו רַבָּנַן כִּי פֵירָא, דְּאָמְרִינַן: אִיהוּ נִיהוּ דְּאוֹקֵיר וְזִיל – לְגַבֵּי הַלְוָאָה נָמֵי פֵּירָא הָוֵי.
La Guemara rejette cette preuve : Non, en réalité je te dirai que c’est Rabbi Yoḥanan qui a dit que même selon Beit Shammaï nous désacralisons des produits avec des dinars d’or. Et la halakha d’un prêt est différente de la halakha de la désacralisation de la seconde dîme, car en matière d’achat et de vente, les Sages ont considéré le statut juridique d’un dinar d’or comme celui d’une marchandise. Comme nous le disons : c’est l’or qui monte et baisse en valeur, conformément à la halakha de la michna : Lorsque l’une des parties prend possession des pièces d’or, l’autre partie acquiert les pièces d’argent. En ce qui concerne un prêt également, le statut juridique d’un dinar d’or est comme celui d’une marchandise, et il y a donc lieu de craindre qu’ils ne violent l’interdiction de l’intérêt.
הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא, דְּכִי אֲתָא רָבִין אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ אָסוּר לִלְווֹת דִּינָר בְּדִינָר, אֲבָל מְחַלְּלִין מַעֲשֵׂר שֵׁנִי עָלָיו. שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara commente : De même, il est raisonnable de dire que c’est l’opinion de Rabbi Yoḥanan, car lorsque Ravin est venu d’Eretz Israël, il a dit que Rabbi Yoḥanan dit : Bien qu’ils aient dit qu’il est interdit d’emprunter un dinar d’or et de rembourser le prêt avec un dinar d’or, néanmoins, on peut désacraliser la seconde dîme avec un dinar d’or. Concluez-en que c’est Rabbi Yoḥanan qui a dit qu’on désacralise les produits de la seconde dîme avec un dinar d’or.
תָּא שְׁמַע: הַפּוֹרֵט סֶלַע מִמְּעוֹת מַעֲשֵׂר שֵׁנִי, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: בְּכׇל הַסֶּלַע מָעוֹת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: בְּשֶׁקֶל כֶּסֶף, בְּשֶׁקֶל מָעוֹת. הַשְׁתָּא לְבֵית שַׁמַּאי לְגַבֵּי פְּרִיטֵי מְחַלְּלִינַן, לְגַבֵּי דַּהֲבָא מִיבַּעְיָא? שָׁאנֵי פְּרִיטֵי בְּאַתְרָא דְּסָגַיִין חֲרִיפֵי.
À propos du rachat des produits du second dîme avec de l’or, la Guemara cite une preuve tirée d’une michna (Ma’aser Sheni 2:8). Viens et entends : En ce qui concerne quelqu’un qui échange des pièces de cuivre de l’argent du second dîme contre une pièce d’argent, un sela, afin d’en faciliter le transport à Jérusalem, Beit Shammai disent : Il peut échanger les pièces de cuivre contre la totalité du sela d’argent. Et Beit Hillel disent : Il peut échanger les pièces de cuivre contre un shekel d’argent, qui équivaut à la moitié d’un sela, et en ce qui concerne l’autre shekel, il doit conserver les pièces de cuivre. Or, si selon Beit Shammai on désacralise les produits du second dîme avec des perutot de cuivre, est-il nécessaire de mentionner le fait qu’on peut les désacraliser avec des pièces d’or ? La Guemara rejette cette preuve : les perutot sont différentes, car dans un endroit où elles ont cours, elles circulent plus facilement que les pièces d’argent.
לִישָּׁנָא אַחֲרִינָא אָמְרִי לַהּ, רַבִּי יוֹחָנָן וְרֵישׁ לָקִישׁ. חַד אָמַר: מַחְלוֹקֶת בִּסְלָעִין עַל דִּינָרִים, דְּבֵית שַׁמַּאי סָבְרִי: ״הַכֶּסֶף״ – כֶּסֶף רִאשׁוֹן וְלֹא כֶּסֶף שֵׁנִי.
§ Il existe une autre version de cette discussion, et certains disent qu’il s’agit du différend entre Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish. L’un a dit : Le différend entre Beit Shammai et Beit Hillel porte sur l’échange de pièces d’argent sela contre des dinars d’or, car Beit Shammai soutiennent que, lorsque le verset déclare : « Tu donneras l’argent et tu lieras l’argent dans ta main » (Deutéronome 14:25), le terme « l’argent » désigne le premier argent, c’est-à-dire l’argent même avec lequel le produit de la seconde dîme a été désacralisé, et ne désigne pas le second argent, par exemple des pièces d’or devenues argent de la seconde dîme du fait de leur échange contre des pièces d’argent sela de la seconde dîme. Il est donc évident que l’argent avec lequel le produit de la seconde dîme a été désacralisé doit être apporté à Jérusalem et ne peut pas être échangé contre d’autres pièces.
וּבֵית הִלֵּל סָבְרִי: ״הַכֶּסֶף״, ״כֶּסֶף״, רִיבָּה – וַאֲפִילּוּ כֶּסֶף שֵׁנִי. אֲבָל פֵּירוֹת עַל דִּינָרִין – דִּבְרֵי הַכֹּל מְחַלְּלִינַן, דְּאַכַּתִּי כֶּסֶף רִאשׁוֹן הוּא.
Et Beit Hillel soutiennent que, puisqu’il est écrit : « l’argent, » et que cette seconde mention de l’argent dans ce verset est superflue, l’expression « l’argent » sert à inclure même un second argent. En conséquence, le verset enseigne que l’argent avec lequel le produit a été désacralisé peut être échangé contre un autre argent qui sera apporté à Jérusalem. La Guemara poursuit sa citation de cette première explication du différend entre Beit Shammaï et Beit Hillel : Mais, en ce qui concerne la désacralisation de produit avec des dinars, tout le monde est d’accord pour dire que nous désacralisons le produit de cette manière, car les dinars d’or sont encore le premier argent utilisé pour la désacralisation, puisque tout type d’argent peut être utilisé pour désacraliser le produit de la seconde dîme.
וְחַד אָמַר: אַף בְּפֵירוֹת עַל דִּינָרִין נָמֵי מַחְלוֹקֶת.
Et l’un dit : Il y a un différend entre Beit Shammai et Beit Hillel même en ce qui concerne la désacralisation de produits avec des dinars, quant à savoir si la désacralisation doit être effectuée avec de l’argent ou si elle peut être effectuée même avec de l’or.
וּלְמַאן דְּאָמַר סְלָעִין עַל דִּינָרִין מַחְלוֹקֶת, אַדְּמִיפַּלְגִי בִּסְלָעִין עַל דִּינָרִין, לִיפְלוֹג בִּסְלָעִין עַל סְלָעִין!
La Guemara objecte : Mais selon celui qui dit : La controverse entre Beit Shammaï et Beit Hillel porte sur l’échange de pièces d’argent sela contre des dinars d’or, plutôt que sur un désaccord au sujet de l’échange de pièces d’argent sela contre des dinars d’or, que Beit Shammaï et Beit Hillel soient en désaccord au sujet de le cas plus simple de l’échange de pièces de sela contre pièces de sela, car selon ceux qui interdisent d’échanger un sela contre des dinars, échanger un sela contre un sela est également interdit, puisqu’on ne peut pas transférer la sainteté de la seconde dîme sur un second argent.
אִי אִפְּלוּג בִּסְלָעִין עַל סְלָעִין, הֲוָה אָמֵינָא: הָנֵי מִילֵּי בִּסְלָעִין עַל סְלָעִין, אֲבָל בִּסְלָעִין עַל דִּינָרִין – מוֹדוּ לְהוּ בֵּית הִלֵּל לְבֵית שַׁמַּאי דְּדַהֲבָא לְגַבֵּי כַּסְפָּא פֵּירָא הָוֵי וְלָא מְחַלְּלִינַן, קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara explique : S'ils avaient été en désaccord au sujet de l'échange de pièces de sela contre des pièces de sela, j'aurais dit : Cette règle ne s'applique que concernant l'échange de pièces de sela contre des pièces de sela, mais concernant l'échange de pièces de sela contre des dinars, Beit Hillel concède à Beit Shammaï que les pièces d'or par rapport aux pièces d'argent sont une marchandise, et nous ne désacralisons pas une monnaie au moyen d'une marchandise. Par conséquent, le tanna nous enseigne qu'ils sont également en désaccord dans le cas de l'échange de pièces d'argent sela contre des dinars d'or.
תָּא שְׁמַע: הַפּוֹרֵט סֶלַע שֶׁל מַעֲשֵׂר שֵׁנִי בִּירוּשָׁלַיִם, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: בְּכׇל הַסֶּלַע מָעוֹת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: בְּשֶׁקֶל כֶּסֶף, בְּשֶׁקֶל מָעוֹת. הַשְׁתָּא כַּסְפָּא לְגַבֵּי פְּרִיטֵי מְחַלְּלִינַן, וְלָא אָמְרִינַן ״כֶּסֶף רִאשׁוֹן וְלֹא כֶּסֶף שֵׁנִי״, לְגַבֵּי דַּהֲבָא דַּחֲשִׁיב מִינֵּיהּ, מִי אָמְרִינַן ״כֶּסֶף רִאשׁוֹן וְלֹא כֶּסֶף שֵׁנִי״?
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve de la décision correcte dans cette controverse à partir d’une michna (Ma’aser Sheni 2:9) : En ce qui concerne celui qui échange un sela d’argent de l’argent du second dîme contre des pièces de cuivre à Jérusalem, Beit Shammaï disent : Avec le sela entier il effectue l’échange contre des pièces de cuivre ; et Beit Hillel disent : Il peut échanger la moitié du selacontre un shekel d’argent, et l’autre moitié du sela contre des pièces de cuivre d’une valeur de un shekel. La Guemara analyse la michna : Or, si nous lui permettons de désacraliser des pièces d’argent contre des perutot, et que nous ne disons pas qu’il existe un décret de la Torah de premier argent et non second argent, alors en ce qui concerne l’or, qui a plus de valeur que l’argent, dirons-nous qu’il existe un décret de la Torah de premier argent et non second argent ?
אָמַר רָבָא: יְרוּשָׁלַיִם קָמוֹתְבַתְּ? שָׁאנֵי יְרוּשָׁלַיִם, דִּכְתִיב בֵּיהּ ״וְנָתַתָּה הַכֶּסֶף בְּכֹל אֲשֶׁר תְּאַוֶּה נַפְשְׁךָ בַּבָּקָר וּבַצֹּאן״.
Rava dit en réponse : Soulèves-tu une objection à partir de la halakha de l’échange de pièces à l’intérieur de Jérusalem pour l’appliquer à la halakha de l’échange de pièces en dehors de Jérusalem ? Le statut juridique de Jérusalem est différent en ce qui concerne l’échange des pièces du second dîme, comme il est écrit au sujet de Jérusalem : « Tu donneras l’argent pour tout ce que ton âme désire, pour du gros bétail ou pour du petit bétail » (Deutéronome 14:26). On peut utiliser l’argent à Jérusalem de toute manière que l’on choisit.
תָּא שְׁמַע: הַפּוֹרֵט סֶלַע מִמְּעוֹת מַעֲשֵׂר שֵׁנִי – בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: בְּכׇל הַסֶּלַע מָעוֹת, וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: בְּשֶׁקֶל כֶּסֶף, בְּשֶׁקֶל מָעוֹת!
Viens et écoute une preuve tirée de la michna (Ma’aser Sheni 2:8) : En ce qui concerne celui qui échange des pièces de cuivre du second dîme contre une pièce d’argent d’un sela afin d’en faciliter le transport à Jérusalem, Beit Shammai disent : Il peut échanger les pièces de cuivre contre la totalité du sela d’argent. Et Beit Hillel disent : Il peut échanger les pièces de cuivre contre un shekel d’argent, qui équivaut à la moitié d’un sela, et en ce qui concerne l’autre shekel, il doit conserver les pièces de cuivre telles quelles. Cela constitue une preuve que tous s’accordent à dire qu’on peut échanger des pièces du second dîme contre d’autres pièces.
אֶלָּא דְּכוּלֵּי עָלְמָא ״הַכֶּסֶף״ ״כֶּסֶף״ רִיבָּה, וַאֲפִילּוּ כֶּסֶף שֵׁנִי. אֶלָּא אִי אִיתְּמַר דְּרַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן לָקִישׁ, הָכִי אִיתְּמַר: חַד אָמַר מַחְלוֹקֶת בִּסְלָעִין עַל דִּינָרִין, דְּבֵית שַׁמַּאי סָבְרִי: גָּזְרִינַן
Au contraire, la Guemara abandonne son explication précédente du différend et affirme que tout le monde est d’accord sur le fait que, puisqu’il est écrit : « l’argent », et que cette seconde mention de l’argent dans ce verset est superflue, l’expression « l’argent » sert à inclure même le second argent. Mais si le différend entre Rabbi Yoḥanan et Rabbi Shimon ben Lakish a été énoncé, il a été énoncé ainsi : L’un a dit : Le différend entre Beit Shammaï et Beit Hillel porte sur l’échange de pièces d’argent sela contre des dinars d’or. Car Beit Shammaï soutiennent : nous promulguons un décret l’interdisant,

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