וּמְשַׁלֵּם לֵיהּ דְּמֵי כִּיסֵי.
Et il lui paie la valeur du houblon mélangé à des épines selon son profit.
מַתְנִי׳ הַמַּפְקִיד מָעוֹת אֵצֶל שׁוּלְחָנִי, אִם צְרוּרִין – לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן, לְפִיכָךְ אִם אָבְדוּ אֵינוֹ חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָן. מוּתָּרִין – יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן, לְפִיכָךְ אִם אָבְדוּ חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָן. אֵצֶל בַּעַל הַבַּיִת, בֵּין צְרוּרִין וּבֵין מוּתָּרִין – לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן, לְפִיכָךְ אִם אָבְדוּ אֵינוֹ חַיָּיב בְּאַחְרָיוּתָן. חֶנְוָנִי כְּבַעַל הַבַּיִת, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: חֶנְוָנִי כַּשּׁוּלְחָנִי.
MICHNA : Dans le cas de quelqu’un qui dépose de l’argent chez un changeur, si l’argent est lié, le changeur ne peut pas l’utiliser. Par conséquent, s’il est perdu, il n’en porte pas la responsabilité. Si l’argent n’était pas lié, le changeur peut l’utiliser. Par conséquent, s’il est perdu, il en porte la responsabilité. S’il a déposé de l’argent chez un propriétaire, que l’argent soit lié ou qu’il ne soit pas lié, le propriétaire ne peut pas l’utiliser, car le déposant n’a jamais envisagé que le propriétaire puisse utiliser l’argent. Par conséquent, si le propriétaire a perdu l’argent, il n’en porte pas la responsabilité. Si le dépositaire est un boutiquier, son statut est comme celui d’un propriétaire ; telle est la déclaration de Rabbi Meïr. Rabbi Yehouda dit : Si le dépositaire est un boutiquier, son statut est comme celui d’un changeur.
גְּמָ׳ מִשּׁוּם דִּצְרוּרִין לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן? אָמַר רַב אַסִּי אָמַר רַב יְהוּדָה: בִּצְרוּרִין וַחֲתוּמִין שָׁנוּ. רַב מָרִי אָמַר: בְּקֶשֶׁר מְשׁוּנֶּה. אִיכָּא דְאָמְרִי, בָּעֵי רַב מָרִי: קֶשֶׁר מְשׁוּנֶּה מַאי? תֵּיקוּ.
GUEMARA : La Guemara demande : Pourquoi, du fait que l’argent est attaché, le changeur ne peut-il pas l’utiliser ? Les gens n’attachent-ils pas habituellement leur argent ? Le fait de l’attacher n’indique pas que l’intention de celui qui a déposé l’argent est qu’il ne soit pas utilisé. Rav Assi a dit que Rav Yehouda a dit : Il s’agit d’un cas où l’argent est attaché et scellé, indication claire qu’il ne veut pas que le paquet soit ouvert ; c’est de ce cas que la michna parle. Rav Mari dit : Il s’agit d’un cas où l’argent est attaché avec un nœud inhabituel, ce qui indique également qu’il ne veut pas que le paquet soit ouvert. Il y en a qui disent qu’il existe une autre version : Rav Mari soulève une question : Quel est le statut juridique de l’argent attaché avec un nœud inhabituel ? Est-il comme celui de l’argent scellé ou non ? La Guemara conclut : la question reste sans résolution.
מוּתָּרִין יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן כּוּ׳. אָמַר רַב הוּנָא: וַאֲפִילּוּ נֶאֶנְסוּ. וְהָא ״אָבְדוּ״ קָתָנֵי! כִּדְרַבָּה דְּאָמַר רַבָּה: ״נִגְנְבוּ״ – בְּלִסְטֵיס מְזוּיָּין, ״אָבְדוּ״ – שֶׁטָּבְעָה סְפִינָתוֹ בַּיָּם.
§ La michna enseigne que si l’argent est non attaché, le changeur peut l’utiliser, et il en assume donc la responsabilité s’il est perdu. Rav Houna dit : Et même s’il a été pris de lui dans des circonstances indépendantes de sa volonté, il est tenu de payer. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans la michna : Il est perdu, d’où l’on peut déduire que ce n’est que si l’argent a été perdu qu’il en assume la responsabilité, mais non s’il a été pris par la force ? La Guemara répond : Cela doit être compris conformément à ce que Rabba a déclaré dans un autre contexte, comme Rabba dit : Ils ont été volés ; cela fait référence à un cas où les objets ont été volés par la force par des bandits armés. Ils ont été perdus ; cela fait référence à un cas où son navire a coulé en mer.
וְרַב נַחְמָן אָמַר: נֶאֶנְסוּ לָא. אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: לְדִידָךְ דְּאָמְרַתְּ נֶאֶנְסוּ לָא, אַלְמָא לָא הָוֵי שׁוֹאֵל עֲלַיְיהוּ, אִי שׁוֹאֵל לָא הָוֵי שׁוֹמֵר שָׂכָר נָמֵי לָא הָוֵי! אֲמַר לֵיהּ: בְּהָא מוֹדֵינָא לָךְ, דְּהוֹאִיל וְנֶהֱנָה מַהֲנֶה, בְּהָהוּא הֲנָאָה דְּאִי מִיתְרְמֵי לֵיהּ זְבִינָא דְּאִית בֵּהּ רַוְוחָא זָבֵן בְּהוּ, הָוֵי עֲלַיְיהוּ שׁוֹמֵר שָׂכָר.
Et Rav Naḥman dit : Si cela a été pris de lui dans des circonstances indépendantes de sa volonté, il n’est pas tenu de payer. Rava dit à Rav Naḥman : Selon ton avis, puisque tu as dit que, si cela a été pris de lui en raison de circonstances indépendantes de sa volonté, il n’est pas tenu de payer ; apparemment, le changeur n’est pas considéré comme un emprunteur à l’égard de l’argent. S’il n’est pas emprunteur, il n’est pas non plus dépositaire rémunéré. Pourquoi, alors, porte-t-il la responsabilité de l’argent s’il est perdu ? Son statut devrait être celui d’un dépositaire non rémunéré, et il devrait être exempté. Rav Naḥman lui dit : Dans ce cas, je reconnais qu’il est un dépositaire rémunéré, puisqu’il tire profit de l’argent. C’est par l’avantage que le changeur tire, du fait que si un achat profitable venait à se présenter à lui, il peut l’acheter avec l’argent déposé, qu’il est considéré comme un dépositaire rémunéré à l’égard de l’argent.
אֵיתִיבֵיהּ רַב נַחְמָן לְרַב הוּנָא: הַמַּפְקִיד מָעוֹת אֵצֶל שׁוּלְחָנִי, אִם צְרוּרִין – לֹא יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן, לְפִיכָךְ אִם הוֹצִיא – לֹא מָעַל הַגִּזְבָּר. וְאִם מוּתָּרִין – יִשְׁתַּמֵּשׁ בָּהֶן, לְפִיכָךְ אִם הוֹצִיא – מָעַל הַגִּזְבָּר.
Rav Naḥman souleva une objection à l’opinion de Rav Huna à partir d’une michna (Me’ila 21b) : En ce qui concerne le trésorier du Temple qui dépose de l’argent chez un changeur, si l’argent est lié, le changeur ne peut pas l’utiliser. Par conséquent, s’il dépense l’argent, le trésorier du Temple n’est pas responsable de l’usage abusif des biens du Temple, car c’est le changeur qui est responsable. Si l’argent n’était pas lié, le changeur peut l’utiliser. Par conséquent, si le changeur dépense l’argent, le trésorier du Temple est responsable de l’usage abusif des biens du Temple, puisque le changeur agit comme agent du trésorier.
וְאִי אָמְרַתְּ אֲפִילּוּ נֶאֶנְסוּ, מַאי אִירְיָא הוֹצִיא? אֲפִילּוּ לֹא הוֹצִיא נָמֵי!
Rav Naḥman explique son objection : Et si tu dis que même si l’argent a été pris au changeur dans des circonstances indépendantes de sa volonté, il en porte la responsabilité, pourquoi le tanna enseigne-t-il spécifiquement que le trésorier du Temple porte la responsabilité si le changeur a dépensé l’argent ? Même s’il ne l’a pas dépensé, le trésorier devrait porter la responsabilité. Puisque le trésorier du Temple lui a donné de l’argent non lié, cela équivaut à un prêt. Le trésorier devrait être responsable de détournement au moment où il a donné de l’argent non lié au changeur.
אֲמַר לֵיהּ: הוּא הַדִּין אַף עַל גַּב דְּלֹא הוֹצִיא, וְאַיְּידֵי דִּתְנָא רֵישָׁא ״הוֹצִיא״, תְּנָא סֵיפָא נָמֵי ״הוֹצִיא״.
Rav Houna lui dit : Il en va de même même s’il n’a pas dépensé l’argent, et le trésorier est responsable dès le moment où il remet l’argent au changeur. Et puisque le tannaa enseigné dans la première clause de la michna que le changeur est responsable s’il a dépensé l’argent, le tannaa également enseigné dans la dernière clause de la michna aussi que le trésorier est responsable s’il a dépensé l’argent, bien qu’il soit responsable même s’il n’a pas dépensé l’argent.
מַתְנִי׳ הַשּׁוֹלֵחַ יָד בְּפִקָּדוֹן, בֵּית שַׁמַּאי אוֹמְרִים: יִלְקֶה בְּחָסֵר וּבְיָתֵר. וּבֵית הִלֵּל אוֹמְרִים: כִּשְׁעַת הוֹצָאָה. רַבִּי עֲקִיבָא אוֹמֵר: כִּשְׁעַת הַתְּבִיעָה.
MICHNA : En ce qui concerne celui qui s’approprie indûment un dépôt, Beit Shammaï disent : Il est pénalisé pour sa diminution et son augmentation. Si la valeur du dépôt diminue, le dépositaire est tenu de payer selon sa valeur au moment de l’appropriation indue. Si elle augmente en valeur, il est tenu de payer selon sa valeur au moment du remboursement. Et Beit Hillel disent : Il paie selon sa valeur au moment du retrait. Rabbi Akiva dit : Il paie selon sa valeur au moment de la réclamation.
גְּמָ׳ אָמַר רַבָּה: הַאי מַאן דִּגְזַל חָבִיתָא דְחַמְרָא מֵחַבְרֵיהּ, מֵעִיקָּרָא שָׁוְיָא זוּזָא, הַשְׁתָּא שָׁוְיָא אַרְבְּעָה. תַּבְרַהּ אוֹ שַׁתְיַיהּ – מְשַׁלֵּם אַרְבְּעָה, אִיתְּבַר מִמֵּילָא – מְשַׁלֵּם זוּזָא.
GUEMARA :Rabba dit : Dans le cas de quelqu’un qui a volé à un autre un tonneau de vin, alors qu’au départ il valait un dinar et qu’à présent il en vaut quatre dinars ; si le voleur a brisé le tonneau ou a bu le vin, il paie quatre dinars. Si il s’est brisé de lui-même, il paie un dinar.
מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דְּאִי אִיתַהּ הָדְרָא לְמָרַהּ בְּעֵינָא, הָהִיא שַׁעְתָּא דְּקָא שָׁתֵי לַיהּ אוֹ דְּקָא תָּבַר לַהּ, קָא גָזֵל מִינֵּיהּ, וּתְנַן: כׇּל הַגַּזְלָנִין מְשַׁלְּמִין כִּשְׁעַת הַגְּזֵילָה. אִיתְּבַר מִמֵּילָא מְשַׁלֵּם זוּזָא. מַאי טַעְמָא? הַשְׁתָּא לָא עָבֵיד לַהּ וְלָא מִידֵּי, אַמַּאי קָא מְחַיְּיבַתְּ לֵיהּ? אַהָהִיא שַׁעְתָּא דְּגַזְלַהּ, הָהִיא שַׁעְתָּא זוּזָא הוּא דְּשָׁוְיָא.
La Guemara explique : Quelle est la raison de la différence ? Puisque si le tonneau était intact, il retournerait à son propriétaire dans son état original et il ne serait pas nécessaire d’en calculer le prix, ce moment où il l’a bu ou ce moment où il l’a brisé est le moment où il a volé au propriétaire du vin. Et nous avons appris dans une michna (Bava Kamma 93b) : Tous les voleurs paient selon la valeur de l’objet volé au moment du vol. Ici, cela fait quatre dinars. Si le tonneau s’est brisé de lui-même, le voleur paie un dinar. Quelle est la raison de cela ? Il n’a rien fait maintenant au tonneau . Pourquoi le tiens-tu pour responsable de payer ? Parce que de ce moment où il l’a volé à l’autre. À ce moment-là, il ne valait qu’un dinar.
תְּנַן: בֵּית הִלֵּל אוֹמְרִים כִּשְׁעַת הוֹצָאָה. מַאי כִּשְׁעַת הוֹצָאָה? אִילֵימָא כִּשְׁעַת הוֹצָאָה מִן הָעוֹלָם.
Nous avons appris dans la michna que Beit Hillel disent : Celui qui détourne un dépôt paie selon sa valeur au moment du retrait. La Guemara demande : Quel est le sens de : Selon sa valeur au moment du retrait ? Si nous disons que cela signifie selon sa valeur au moment de sa disparition du monde, lorsqu’il a bu le vin ou cassé le tonneau, cela est difficile.
וּבְמַאי? אִי בְּחָסֵר, מִי אִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר? וְהָא תְּנַן: כׇּל הַגַּזְלָנִין מְשַׁלְּמִין כִּשְׁעַת הַגְּזֵילָה! וְאִי בְּיָתֵר – הַיְינוּ בֵּית שַׁמַּאי!
La Guemara clarifie la difficulté : Et à quel cas cela fait-il référence ? Si c’est à propos d’un cas où il y a eu une diminution de valeur avant son retrait, y a-t-il quelqu’un qui dise que le dépositaire paie le prix inférieur ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna : Tous les voleurs paient conformément à la valeur de l’objet volé au moment du vol, et pas moins que cela ? Et si c’est à propos d’un cas où il y a eu une augmentation de valeur avant son retrait, c’est là l’opinion de Beit Shammai, car celui qui s’approprie indûment un dépôt paie toujours la valeur la plus élevée, et non l’opinion de Beit Hillel.